02.11.2007

AH, LES PROBLEMES DE TAILLE...

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Coluche avait eu du nez, qui il y a plus de 20 ans tenait déjà à rassurer nos compatriotes masculins avec ses mots à lui, lorsqu'il s'écriait : "Ce ne sont pas ceux qui ont les plus grandes oreilles qui entendent le mieux". La plupart des femmes vous le diront, Messieurs, la taille ne fait pas tout : un mauvais pilote au volant d'un semi-remorque est souvent bien moins apprécié par les automobilistes qu'un conducteur attentionné au volant d'une berline très traditionnelle... mais ne vous inquiétez pas, je ne filerai pas la métaphore jusqu'à parler de formule 1. Indécent.

Pourquoi ce naufrage vers de telles considérations? Simplement pour introduire le récit d'une méprise tellement caractérisque des anti-sarkozystes qu'elle en devient pathétique. La campagne présidentielle avait montré cet attachement viscéral des partisans du TSS aux problèmes de physique : encore maintenant, Sarkozy est régulièrement désigné sous les termes de "nabot", "nain", etc., un peu comme si - nous y voilà - l'homme se définissait avant tout par une question... de taille. Benoit Hamon, porte-parole du PS, avait même tenté de relancer les attaques il y a peu en accusant Sarkozy d'être atteint du syndrôme du petit homme. Affligeant.

Ces personnes tendraient donc à faire émerger une nouvelle théorie politique dont l'aboutissement logique serait, selon leur degré de refoulement, l'arrivée au pouvoir après naturalisation - au choix - de Rocco Siffredi ou bien Leonid Stadnyk. D'où mon interrogation : comment ont-elles pu maintenir tant d'années à la tête du PS un homme de la stature de François Mitterrand, dont la taille, même lorsqu'elle était relativisée par son entourage, ne m'a jamais choquée ?

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Ce qui m'amène à ces considérations, c'est la découverte successive de plusieurs photos sur la blogosphère. La première figure Nicolas Sarkozy et Georges Bush, le premier se trouvant debout sur une mallette, tentant d'arriver à la hauteur du second. Elle fut publiée chez Serge Faubert, puis reprise entre autres par Sébastien Fontenelle, avant d'être allègrement relayée par Luc Mandret. PS, LCR et MoDem, même combat ! No Pasaran camarades !

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Et pourtant... à y regarder de plus près, on remarque quand même que ces messieurs ont un certain embonpoint, qui dépasse malgré tout la réalité. D'ailleurs, Luc Mandret, après s'être copieusement moqué de Sarkozy, annonce un peu piteusement qu'en fait la photo est un fake, un montage, une ineptie enfin, puisque la trace de l'originale a été retrouvée.

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Et voilà comment s'écroule le scoop du siècle, pour mieux mettre au grand jour les aléas de la vie sexuelle des protagonistes commentateurs dont, honnêtement, nous n'avions rien à savoir. Complexé à 15 ans, agressif à 25, viagra à 35... C'est toute une vie qui se raconte derrière cette jubilation centimétrique. Ah là là, et je ne vous parle même pas de ce qui se cache derrière la volonté de "mettre tout le monde au même niveau" dont se targue si souvent la gauche...

Si le nez de Cléopâtre avait été plus court, disait Pascal, la face de la Terre en aurait été changée. Soyez certains qu'à quelques centimètres près, celle de la vie politique française - et de ses commentateurs - pourrait l'être aussi...

12.10.2007

DEUX REACTIONS AU DUEL SOPO / ZEMMOUR

Deux extraits de réactions - parmi tant d'autres - à la polémique idéologique opposant Dominique Sopo, président d'SOS Racisme, à Eric Zemmour, journaliste.

La première est celle de Sébastien Fontenelle, journaliste et animateur du blog Vive le Feu, classé à gauche ; enfin, quand je dis à gauche... pour ceux qui ne le connaissent pas, Sébastien Fontenelle est à la gauche ce que l'abysse océanique est à la flaque d'eau consécutive à la giboulée de mars, c'est à dire un vertige insondable. Oui, mais voilà, au-delà de certaines de ses positions et analyses qui me sont insupportables politiquement - presque toutes, en fait - il a du talent. Donc j'avoue, je le lis. Je ne m'en cache pas, le lien vers son blog figure depuis longtemps dans ma blogroll. J'aime d'ailleurs à penser quelle serait sa fureur de se savoir lu par un sarkozyste assumé, droite décomplexée et tout et tout, lui qui les vomit au nom de la tolérance de gauche.

L'autre, de droite, est tirée d'un billet de Philippe Bilger, avocat général à la Cour d'appel de Paris, publiée aussi sur marianne2.fr. Je connais peu Philippe Bilger, mais L'Express le qualifie du titre de "plus brillant des avocats généraux de cour d'assises de France et de Navarre" et Maitre Eolas en pense le plus grand bien. Rien que ça.

Bonne lecture.

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Eric Z. Contre Le Komintern (Dans Un Pays Ravagé Par Les Haines "Ethniques")

Sébastien Fontenelle

[...] Zemmour, dans "Le Monde", se fait d'abord statisticien, pour nous révéler que: "Selon le ministère des affaires étrangères, 30 % à 80 % des actes d'état civil sont frauduleux en Afrique".

(30 %, 80 %: du point de vue de notre comptable, c'est du pareil au même.)

En quoi ce pourcentage africain nous concerne-t-il?

Zemmour nous l'explique: "Les mariages entre Français et étrangers représentent désormais près de 30 % des mariages transcrits dans notre état-civil; la moitié de ces 90 700 mariages ont été célébrés à l'étranger en 2005; la progression en dix ans des mariages de Français au Maghreb et en Turquie a explosé de 731 %".

Est-ce tout?

Non.

Ce n'est pas tout.

Zemmour précise encore "En 1994, ils étaient 1 129 ressortissants algériens à épouser un Français".

Or: "En 2005, ils sont 12 457".

Soit: "Onze fois plus".

Mon Dieu.

C'est une invasion.

Les Algériens, comme les Turcs, ont une arme secrète, pour nous étouffer sous le(ur) nombre: ils nous marient, par milliers.

Ils sont très forts.

Zemmour, après avoir ainsi quantifié un péril (maghrébin) qui se multiplie quand même par onze tous les onze ans (quand on y réfléchit c'est hyper-flippant), ôte sa blouse de mathématicien amateur, et se lance dans une espèce d'imprécation hallucinée, d'où il ressort, notamment, je vous jure que je n'invente rien, que: "Dans les cours de récréation de nos écoles, les enfants se regroupent par clans ethniques qui s'ignorent ou se détestent: "Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs ou les çaifrans"".

Et de préciser: "L'insulte suprême est: "Sale Français!"".

(Avec un point d'exclamation!)

Et c'est vrai que, là encore, ça fout gravement les jetons.

Sauf que.

Si je vérifie près de chez moi.

Dans les cours de récré de mes enfants, pleines de "rebeus" et de "reunois" et de "feujs" et de "noichs", etc, on signale si peu de clanismes "ethniques", voyez-vous, qu'on n'en signale même pas du tout.

"Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs et les çaifrans" jouent ensemble - et, parfois, se foutent ensemble sur la gueule, ainsi qu'il arrive, hélas, dans les cours de récré.

"Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs", sont même, tenez-vous bien, des Français comme les autres.

De sorte que l'insulte suprême n'est pas (du tout): "Sale Français!"

(Avec un point d'exclamation.)

Mais je n'espère plus que Zemmour puisse même envisager d'envisager une réalité si emblématique d'un "multiculturalisme" qu'il exècre - car il tient, manifestement, à détecter partout des haines "ethniques".

Ainsi, posément, il énonce que: "Des bandes ethniques s'affrontent à la gare du Nord".

(S'il vous plaît, retenez-le: une baston entre noirs dans une gare parisienne est l'affrontement de "bandes ethniques", alors qu'une bagarre entre blancs dans une fête villageoise, non.)

Puis, Zemmour lâche, dans un ahurissant débondage, que: "Lors de la présidentielle, on a vu à l'oeuvre un terrifiant vote ethnique".

Ah ouais?

Ah ouais.

Vraiment?

Vraiment.

La preuve - selon notre journaliste: "94 % des électeurs qui se disent musulmans ont voté Ségolène Royal ; 77 % de ceux qui se disent catholiques pratiquants ont voté Nicolas Sarkozy".

Pof.

Pof.

Pof.

J'ai lu ça, je me suis d'abord dit, ah, tiens, c'est la première fois qu'on me suggère d'envisager comme une ethnie les "catholiques pratiquants", c'est marrant, ça change, ça met de la nouveauté dans ma vie.

Puis j'ai pensé, attends, sous la plume du gars qui vient de nous effrayer avec du Maghrébin épouseur?

Sous la plume du gars qui vient de fustiger les "bandes ethniques" de la gare du Nord - mais qui manifestement ne considère pas leurs affrontements comme des guerres de religions?

Sous la plume de ce gars, ai-je conclu, cette invitation à ethniciser les "catholiques pratiquants" et les "musulmans" après "les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs ou les çaifrans" doit signifier quelque chose de très particulier.

Mais quoi?

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Réactionnaire, et alors !

Philippe Bilger

[...] Le réactionnaire authentique ne se contente pas de regarder en arrière, il ose aussi combattre l'idéologie qui gangrène l'humeur sociale et qui considère comme une vérité d'évidence qu'aujourd'hui est plus admirable qu'hier et moins que demain. Qu'il y a de l'indécence à ne pas saluer le nouveau et à faire grise mine devant l'inédit. Qu'il y a de la perversion à ne pas sauter sans cesse dans la modernité pourtant souvent vide de sens en cultivant les enchantements intellectuels et artistiques du révolu.

Le réactionnaire véritable, loin d'avoir peur, se sent pousser des ailes à notre époque où le courage est une vertu si rare qu'elle est nécessairement célébrée. Il lutte et, Sisyphe entêté, ne perd pas à tout coup.

Ce déclin qu'il craint de voir couler dans ses veines, après qu'il a affaibli le pays, il ne l'accueille pas, il le refuse. Il ne veut pas restaurer le passé parce qu'il serait le passé mais parce qu'il offrait des modèles d'excellence, de vigueur et de rigueur. Il ne pose pas sur ce qui a disparu un esprit attendri, une émotion mouillée, mais rêve d'une politique, d'une morale en action qui feraient refluer le cours mécanique du temps au profit d'une Histoire qui saurait se reconstruire sur les décombres d'un présent trop envahissant.

Zemmour, réactionnaire alors ? Je ne sais pas. Si cette famille existe, j'aimerais bien en être et y faire entrer des personnalités avec lesquelles il ferait bon penser, respirer et vivre. Cyrano, Finkielkraut, Muray, Régis Debray et Goldman par exemple. Des êtres qui réagissent, qui ne se laissent pas endormir dans le ronron de l'évolution, par le roulis de l'actualité. Des êtres qui insistent, répliquent, protestent, participent ou s'abstiennent, méprisent ou rendent gloire, qui ne se salissent jamais l'esprit et ne préféreront jamais un mensonge commode à une vérité difficile. Des êtres qui n'ont que faire des approbations ou des dénonciations de Dominique Sopo.

Celui-ci croit condamner en le, en les traitant de réactionnaires. Il les décore.