31.10.2007
QUI EST JOSEPH ZIMET ?
Vous le croirez ou non, 60% au bas mot des internautes qui arrivent sur mon blog via google ou tout autre moteur de recherche y échouent pour avoir tapé "Joseph Zimet". Et ce du fait d'un innocent billet, au second degré bien sûr (qui a dit "menteur"?), que je commis il y a quelques mois relatif à la beauté incontestable de son épouse, Mme Rama Yade Zimet. Si, si, incontestable, je persiste et je signe. Je peux me renier, mais pas à ce point. Non mais.
Le souci, c'est que ces internautes respectables ont peu de chances de trouver leur compte dans ce fragment indécent d'admiration chaste. C'est donc par égard envers eux, et leur attente ciblée, que j'ai fait quelques recherches afin de synthétiser ce qu'il est possible de savoir sur l'homme l'Homme qui a su conquérir le coeur de Rama Yade. Mais non, je ne fulmine pas.
Ah, je vous vois venir : " - Comment ? Tu n'as donc pas lu le billet de Rose Noire à propos de ceux qui colportent les rumeurs et qui entretiennent une malsaine curiosité sur la vie privée de nos hommes politiques qui comme nous ont une âme et le droit conséquent d'en préserver les états du commun des mortels que nous respectons si peu en les encourageant dans leur démarche impudique ? "
Alors là, vous faites bien d'aborder le sujet. Tout d'abord, si, j'ai lu Rose Noire. Et c'est peu dire que je suis d'accord avec elle. C'est pourquoi je n'aborderai aucune rumeur, ni n'énoncerai dans le présent billet aucun point relatif à la vie conjugale de M. Zimet. D'une part parce que cela ne nous... regarde pas, d'autre part parce que je suis jaloux respectueux. C'est donc de Joseph Zimet, l'homme public, membre du gouvernement de la République, que je souhaiterais parler ce matin.
Car Joseph Zimet est en fait un membre du cabinet de Jean-Marie Bockel : son titre exact est en fait "chargé de mission de 1re catégorie (J.O. du 25/07/07), conseiller aide publique au développement". A l'instar de son secrétaire d'état de tutelle, il est l'un des représentants de l'ouverture sarkozyste : Joseph Zimet est lui aussi socialiste, à l'origine, de sensibilité strauss-kahnienne.
Son parcours ? Joseph Zimet fut notamment chargé de mission auprès de l'Agence Française de Développement. C'est à ce titre qu'il anima des cours et séminaires aux étudiants de mastères en carrière internationale à Science-Po, en tant que spécialiste des affaires internationales, notamment de l'humanitaire. L'un de ses cours s'intitulait « Les fondations internationales, nouveaux acteurs de la coopération Nord-Sud », et annonçait le livre qu'il publia en 2006 sur les ONG, Les ONG : De nouveaux acteurs pour changer le monde. Vous en trouverez un compte-rendu très bien fait sur clionaute.org, dont voici un extrait :
L’auteur replace les ONG dans le contexte nouveau de la fin d’un monde bipolaire et de la mondialisation (chapitre 1) : le monde a changé mais la pauvreté demeure et les ONG sont devenues des acteurs incontournables du développement. Bien que très diverses dans leur forme et leurs missions, leurs modes d’intervention (chapitre 3), elles ont tendance à converger dans des campagnes de plaidoyer international visant à modifier les opinions et influencer les décideurs, s’affirmant comme des contre-pouvoirs au-delà des actions de terrain qui suppléent souvent aux carences des Etats. La mondialisation est un facteur de mutation des ONG qui, dans un souci d’efficacité mais aussi du fait de la concurrence, tendent à se professionnaliser et se spécialiser et donc à jouer le jeu de la compétition pour capter les fonds publics et privés (chapitre 4).
Ainsi, après avoir contesté les mauvaises pratiques sociales ou environnementales des entreprises privées, les ONG ont tendance à se rapprocher de grands groupes en établissant des partenariats (WWF France avec le groupe Lafarge par exemple). Une stratégie financière mais une autre façon de peser sur les choix des grands acteurs économiques. L’ouvrage valorise largement le rôle des ONG, sans dénier toutefois de relever le faible poids des ONG françaises : la France est le pays européen qui appuie le moins ses ONG avec seulement 1 % du budget total de l’aide publique au développement (ADP) contre 5 % en moyenne dans les pays de l’UE (plus de 10 % dans certains pays du nord de l’Europe).
Par ailleurs, si les ONG sont devenues des acteurs du développement, elles sont aussi questionnées sur leurs actions, parfois remises en cause (chapitre 5) : les scandales ont pointé le manque de transparence de certaines d’entre-elles, ou leur fonctionnement peu démocratique (les MYONGO ou « My Own personal NGO » désigne ainsi les ONG unipersonnelles et échappant à tout contrôle). C’est surtout leur déficit de légitimité, leur représentativité insuffisante et surtout leur neutralité perdue qui sont remises en question, et qui s’opposent à leur objectif de défense de l’intérêt général : l’argument fort pour les ONG reste celui des donateurs et des adhérents mais elles défendent aussi et de plus en plus un mandat de l’opinion publique qui les plébisciterait pour agir, et défendre un intérêt général « global », qui dépasserait l’intérêt des Etats. De ce fait, beaucoup sont présentes dans le cadre du Forum social mondial, ONG du Nord et du Sud et appuient l’altermondialisme.
Autant dire que par les temps qui courent, cela doit être au moins aussi précieux de l'avoir au sein d'un gouvernement qu'au sein d'un couple cabinet...
Quel regard portait-il sur l'engagement de son épouse auprès de Nicolas Sarkozy ? Plutôt bienveillant, en fait : "Je ne suis pas inquiet. [...] Elle n'est pas impressionnée, elle garde son indépendance et sa liberté de ton. Elle est de droite, mais révolutionnaire", disait-il au Monde.
Le Monde qui à cette occasion rappelait un détail qui me paraissait, dans ma grande naïveté républicaine, insignifiant : Rama Yade est noire et musulmane, d'origine sénégalaise ; Joseph Zimet est juif ashkénaze, fils du chanteur yiddish Ben Zimet. Au-delà de leurs engagements politiques respectifs, ils sont donc - bien malgré eux - les symboles d'un métissage à la fois ethnique et religieux qui ne laisse pas indifférent le commun des observateurs étrangers, notamment en Afrique du Nord et au Sénégal. Car si certains s'en réjouissent, les débats et commentaires parcourus ici, ici ou encore là montrent à ceux qui voudraient l'ignorer qu'en termes de racisme et d'antisémitisme, l'Europe ne bénéficie d'aucun monopole.
Alors, pour ne pas finir sur une note attristante, je vais citer une nouvelle fois Rama Yade. C'était le 14 janvier 2007, et c'était un discours qui, selon le Monde toujours (article cité plus haut), fit dire à un cadre du PS resté anonyme (perso je soupçonne Malek Boutih) :
Son discours au congrès de l'UMP, j'en ai tremblé. Rama fait l'unanimité à gauche. Le paradoxe, c'est qu'elle n'existerait pas au Parti socialiste. Les gens de talent et d'expérience appartenant aux minorités sont nombreux au PS, mais ils ne sont pas mis en avant. Sous prétexte de ne pas vouloir la discrimination positive, on ne sait pas représenter la diversité du pays. La droite, si.
Voici un extrait du discours en question :
Nation n’est pas un gros mot. On peut aimer la France, sans être réactionnaire. On peut aimer la France tout en ayant ses racines ailleurs. De cette passion tranquille pour un pays qui a accueilli ma famille, même lorsque, plus tard, elle s’est retrouvée au fond du trou. Car la France, je l’imagine regarder l’avenir dans sa diversité, défendre sa vision à l’extérieur par une francophonie moins ringarde, se voir telle qu’elle est, fière d’elle-même. Je rêve de voir cette nation se rassurer enfin sur ce qu’elle est. Se rassembler. Les jeunes, les femmes, les exclus, les anciens. Il faut en finir avec la fracture générationnelle, la fracture du genre, la fracture culturelle, la fracture sociale au profit de la solidarité, de la fraternité, et du patriotisme républicain.
En espérant que désormais les jaloux de Joseph Zimet trouveront ici matière à nourrir leur curiosité... On monte un club?
Oh, ça va, je plaisante...
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A noter que Rama Yade est aussi membre du Club du XXIème siècle, dont je vous recommande l'édito... même si je ne partage pas toutes les convictions de son auteur.
11:40 Publié dans Gouvernement | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : joseph zimet, rama yade
21.06.2007
NO COMMENT... OU PRESQUE
15:55 Publié dans Gouvernement | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : rama yade, joseph zimet






