23.11.2007

« Regardez les jeunes gens… », par Louis Aragon


  • Regardez les jeunes gens avec ce qu’ils traînent
  • La superstition qui s’attache à leurs pas
  • Comme une branche morte et comme à la carène
  • D’un bateau démâté le chant de la sirène
  • Contre quoi rien ne sert boussole ni compas
  • Regardez ces jeunes gens Qu’est-ce qui les pousse
  • Comme ça vers les bancs de sable les bas-fonds
  • Ils n’avaient après tout de neuf que la frimousse
  • Eux qui faisaient tantôt les farauds ils vont tous
  • Où les songes d’enfance à la fin se défont
  • Bon Dieu regardez-vous petits dans les miroirs
  • Vous avez le cheveu désordre et l’œil perdu
  • Vous êtes prêts à tout obéir tuer croire
  • Des comme vous le siècle en a plein ses tiroirs
  • On vous solde à la pelle et c’est fort bien vendu
  • Vous êtes de la chair à tout faire Une sorte
  • De matériel courant de brique bon marché
  • Avec vous pas besoin d’y aller de main morte
  • Vous êtes ce manger que les corbeaux emportent
  • Quand je pense à ce qu’ils disaient avant l’épreuve
  • La superbe l’éclat le refus claironné
  • Cette candeur de feu cette exigence neuve
  • Pile ou face à tout bout de champ qu’il vente ou pleuve
  • Pour un oui pour un nom toute la destinée
  • Et puis je les rencontre après les ans d’orage
  • Dans cette face éteinte où flambe le défi
  • Qu’ont-ils feint qu’ont-ils fui quels affronts quels outrages
  • Pour tomber dans quel gouffre et subir quel naufrage
  • Quelle faim leur a fait cette biographie

Louis Aragon (1897-1982), Le Roman Inachevé, 1956

19.11.2007

Discours de Steve Jobs aux étudiants de Stanford, le 12 juin 2005

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Challenges a décidé de mettre Steve Jobs en couverture de son n° 100. La rédaction s'en explique ainsi :

D’abord il y a eu l’idée. Fêter le centième numéro de notre hebdo en déclinant 100 mythes de ces 25 dernières années, puisque Challenges est né à l’automne 1982. Et puis il y a eu la sélection : décliner ces mythes en dix chapitres, choisir à chaque fois les dix évènements, dix patrons, dix villes, dix pubs… cultes qui ont jalonné ce quart de siècle. Et c’est là que Steve Jobs s’est imposé.

Sans que nous l’ayons programmé, Apple apparaissait partout : pour ses produits d’abord - plutôt trois fois qu’une, avec le Macintosh, l’iPod et le tout prochain iPhone ; pour sa pub Think different aussi, qui a marqué toute une génération ; pour son patron évidemment dont le discours de juin 2005 aux étudiants de Stanford est LE texte à lire et à faire lire au moment d’entrer dans la vie (voir ci-dessous) ; et pour son incroyable retour il y a dix ans à la tête de l’entreprise qu’il avait fondée en 1976, et qui l’avait chassé en 1985.

Pour ma part, sans être un inconditionnel de Steve Jobs - que je connaissais surtout pour "l'ensemble de son oeuvre", à dire vrai - j'apprécie ici l'authenticité de son regard rétrospectif. Et puis je savoure de plus en plus la mise en perspective des tranches de vie. Ce doit être l'âge. J'entendais l'autre jour Gonzague Saint Bris sur Europe 1 dire que l'on devrait lire des romans jusqu'à 30 ans, puis ensuite seulement des autobiographies. Il y a du vrai là-dedans... même si celui qui m'empêchera de lire des romans n'est pas né.

Quoi qu'il en soit, je trouve qu'il y a toujours quelque chose à dégager d'une vie que conte son personnage principal, que ce soit par la négative, s'il s'abuse lui-même de façon évidente, ou au contraire par la faculté qu'il a en à avoir retenu les leçons. Au travers des trois expériences qui jalonnent ici son discours - la naissance, le succès et l'échec, qu'il confond étrangement, et la mort - c'est une silhouette encore malléable de la condition humaine qu'y dessine Steve Jobs. On peut alors s'identifier à son esquisse, l'admirer, la mépriser, la rejeter même... mais il me semble que l'on en tire toujours quelque chose.

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Discours de Steve Jobs aux étudiants de Stanford, le 12 juin 2005

« C'est un honneur de me trouver parmi vous aujourd'hui et d'assister à une remise de diplômes dans une des universités les plus prestigieuses du monde. Je n'ai jamais terminé mes études supérieures. A dire vrai, je n'ai même jamais été témoin d'une remise de diplômes dans une université. Je veux vous faire partager aujourd'hui trois expériences qui ont marqué ma carrière. C'est tout. Rien d'extraordinaire. Juste trois expériences.

La première concerne les incidences imprévues. J'ai abandonné mes études au Reed College au bout de six mois, mais j'y suis resté auditeur libre pendant dix-huit mois avant de laisser tomber définitivement. Pourquoi n'ai-je pas poursuivi ?

Tout a commencé avant ma naissance. Ma mère biologique était une jeune étudiante célibataire, et elle avait choisi de me confier à des parents adoptifs. Elle tenait à me voir entrer dans une famille de diplômés universitaires, et tout avait été prévu pour que je sois adopté dès ma naissance par un avocat et son épouse. Sauf que, lorsque je fis mon apparition, ils décidèrent au dernier moment qu'ils préféraient avoir une fille. Mes parents, qui étaient sur une liste d'attente, reçurent un coup de téléphone au milieu de la nuit : « Nous avons un petit garçon qui n'était pas prévu. Le voulez-vous ? » Ils répondirent : « Bien sûr. » Ma mère biologique découvrit alors que ma mère adoptive n'avait jamais eu le moindre diplôme universitaire, et que mon père n'avait jamais terminé ses études secondaires. Elle refusa de signer les documents définitifs d'adoption et ne s'y résolut que quelques mois plus tard, quand mes parents lui promirent que j'irais à l'université.

Dix-sept ans plus tard, j'entrais donc à l'université. Mais j'avais naïvement choisi un établissement presque aussi cher que Stanford, et toutes les économies de mes parents servirent à payer mes frais de scolarité. Au bout de six mois, je n'en voyais toujours pas la justification. Je n'avais aucune idée de ce que je voulais faire dans la vie et je n'imaginais pas comment l'université pouvait m'aider à trouver ma voie. J'étais là en train de dépenser tout cet argent que mes parents avaient épargné leur vie durant. Je décidai donc de laisser tomber. Une décision plutôt risquée, mais rétrospectivement c'est un des meilleurs choix que j'aie jamais faits. Dès le moment où je renonçais, j'abandonnais les matières obligatoires qui m'ennuyaient pour suivre les cours qui m'intéressaient.

Tout n'était pas rose. Je n'avais pas de chambre dans un foyer, je dormais à même le sol chez des amis. Je ramassais des bouteilles de Coca-Cola pour récupérer le dépôt de 5 cents et acheter de quoi manger, et tous les dimanches soir je faisais 10 kilomètres à pied pour traverser la ville et m'offrir un bon repas au temple de Hare Krishna. Un régal. Et ce que je découvris alors, guidé par ma curiosité et mon intuition, se révéla inestimable à l'avenir. Laissez-moi vous donner un exemple : le Reed College dispensait probablement alors le meilleur enseignement de la typographie de tout le pays. Dans le campus, chaque affiche, chaque étiquette sur chaque tiroir était parfaitement calligraphiée. Parce que je n'avais pas à suivre de cours obligatoires, je décidai de m'inscrire en classe de calligraphie. C'est ainsi que j'appris tout ce qui concernait l'empattement des caractères, les espaces entre les différents groupes de lettres, les détails qui font la beauté d'une typographie. C'était un art ancré dans le passé, une subtile esthétique qui échappait à la science. J'étais fasciné.

Rien de tout cela n'était censé avoir le moindre effet pratique dans ma vie. Pourtant, dix ans plus tard, alors que nous concevions le premier Macintosh, cet acquis me revint. Et nous l'incorporâmes dans le Mac. Ce fut le premier ordinateur doté d'une typographie élégante. Si je n'avais pas suivi ces cours à l'université, le Mac ne posséderait pas une telle variété de polices de caractères ni ces espacements proportionnels. Et comme Windows s'est borné à copier le Mac, il est probable qu'aucun ordinateur personnel n'en disposerait. Si je n'avais pas laissé tomber mes études à l'université, je n'aurais jamais appris la calligraphie, et les ordinateurs personnels n'auraient peut-être pas cette richesse de caractères. Naturellement, il était impossible de prévoir ces répercussions quand j'étais à l'université. Mais elles me sont apparues évidentes dix ans plus tard.

On ne peut prévoir l'incidence qu'auront certains événements dans le futur ; c'est après coup seulement qu'apparaissent les liens. Vous pouvez seulement espérer qu'ils joueront un rôle dans votre avenir. L'essentiel est de croire en quelque chose - votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. Cette attitude a toujours marché pour moi, et elle a régi ma vie.

Ma deuxième histoire concerne la passion et l'échec. J'ai eu la chance d'aimer très tôt ce que je faisais. J'avais 20 ans lorsque Woz [Steve Wozniak, le co-fondateur d'Apple N.D.L.R.] et moi avons créé Apple dans le garage de mes parents. Nous avons ensuite travaillé dur et, dix ans plus tard, Apple était une société de plus de 4 000 employés dont le chiffre d'affaires atteignait 2 milliards de dollars. Nous venions de lancer un an plus tôt notre plus belle création, le Macintosh, et je venais d'avoir 30 ans.

C'est alors que je fus viré. Comment peut-on vous virer d'une société que vous avez créée ? C'est bien simple, Apple ayant pris de l'importance, nous avons engagé quelqu'un qui me semblait avoir les compétences nécessaires pour diriger l'entreprise à mes côtés et, pendant la première année, tout se passa bien. Puis nos visions ont divergé, et nous nous sommes brouillés. Le conseil d'administration s'est rangé de son côté. C'est ainsi qu'à 30 ans je me suis retrouvé sur le pavé. Viré avec perte et fracas. La raison d'être de ma vie n'existait plus. J'étais en miettes.

Je restais plusieurs mois sans savoir quoi faire. J'avais l'impression d'avoir trahi la génération qui m'avait précédé - d'avoir laissé tomber le témoin au moment où on me le passait. C'était un échec public, et je songeais même à fuir la Silicon Valley. Puis j'ai peu à peu compris une chose - j'aimais toujours ce que je faisais. Ce qui m'était arrivé chez Apple n'y changeait rien. J'avais été éconduit, mais j'étais toujours amoureux. J'ai alors décidé de repartir de zéro.

Je ne m'en suis pas rendu compte tout de suite, mais mon départ forcé d'Apple fut salutaire. Le poids du succès fit place à la légèreté du débutant, à une vision moins assurée des choses. Une liberté grâce à laquelle je connus l'une des périodes les plus créatives de ma vie.

Pendant les cinq années qui suivirent, j'ai créé une société appelée NeXT et une autre appelée Pixar, et je suis tombé amoureux d'une femme exceptionnelle qui est devenue mon épouse. Pixar, qui allait bientôt produire le premier film d'animation en trois dimensions, Toy Story, est aujourd'hui la première entreprise mondiale utilisant cette technique. Par un remarquable concours de circonstances, Apple a acheté NeXT, je suis retourné chez Apple, et la technologie que nous avions développée chez NeXT est aujourd'hui la clé de la renaissance d'Apple. Et Laurene et moi avons fondé une famille merveilleuse.

Tout cela ne serait pas arrivé si je n'avais pas été viré d'Apple. La potion fut horriblement amère, mais je suppose que le patient en avait besoin. Parfois, la vie vous flanque un bon coup sur la tête. Ne vous laissez pas abattre. Je suis convaincu que c'est mon amour pour ce que je faisais qui m'a permis de continuer. Il faut savoir découvrir ce que l'on aime et qui l'on aime. Le travail occupe une grande partie de l'existence, et la seule manière d'être pleinement satisfait est d'apprécier ce que l'on fait. Sinon, continuez à chercher. Ne baissez pas les bras. C'est comme en amour, vous saurez quand vous aurez trouvé. Et toute relation réussie s'améliore avec le temps. Alors, continuez à chercher jusqu'à ce que vous trouviez.

Ma troisième histoire concerne la mort. A l'âge de 17 ans, j'ai lu une citation qui disait à peu près ceci : « Si vous vivez chaque jour comme s'il était le dernier, vous finirez un jour par avoir raison. » Elle m'est restée en mémoire et, depuis, pendant les trente-trois années écoulées, je me suis regardé dans la glace le matin en me disant : « Si aujourd'hui était le dernier jour de ma vie, est-ce que j'aimerais faire ce que je vais faire tout à l'heure ? » Et si la réponse est non pendant plusieurs jours à la file, je sais que j'ai besoin de changement.

Avoir en tête que je peux mourir bientôt est ce que j'ai découvert de plus efficace pour m'aider à prendre des décisions importantes. Parce que presque tout - tout ce que l'on attend de l'extérieur, nos vanités et nos fiertés, nos peurs de l'échec - s'efface devant la mort, ne laissant que l'essentiel. Se souvenir que la mort viendra un jour est la meilleure façon d'éviter le piège qui consiste à croire que l'on a quelque chose à perdre. On est déjà nu. Il n'y a aucune raison de ne pas suivre son cœur.

Il y a un an environ, on découvrait que j'avais un cancer. A 7 heures du matin, le scanner montrait que j'étais atteint d'une tumeur au pancréas. Je ne savais même pas ce qu'était le pancréas. Les médecins m'annoncèrent que c'était un cancer probablement incurable, et que j'en avais au maximum pour six mois. Mon docteur me conseilla de rentrer chez moi et de mettre mes affaires en ordre, ce qui signifie : « Préparez-vous à mourir. » Ce qui signifie dire à ses enfants en quelques mois tout ce que vous pensiez leur dire pendant les dix prochaines années. Ce qui signifie essayer de faciliter les choses pour votre famille. En bref, faire vos adieux.

J'ai vécu avec ce diagnostic pendant toute la journée. Plus tard dans la soirée, on m'a fait une biopsie, introduit un endoscope dans le pancréas en passant par l'estomac et l'intestin. J'étais inconscient, mais ma femme, qui était présente, m'a raconté qu'en examinant le prélèvement au microscope, les médecins se sont mis à pleurer, car j'avais une forme très rare de cancer du pancréas, guérissable par la chirurgie. On m'a opéré et je vais bien.

Ce fut mon seul contact avec la mort, et j'espère qu'il le restera pendant encore quelques dizaines d'années. Après cette expérience, je peux vous le dire avec plus de certitude que lorsque la mort n'était pour moi qu'un concept purement intellectuel : personne ne désire mourir. Même ceux qui veulent aller au ciel n'ont pas envie de mourir pour y parvenir. Pourtant, la mort est un destin que nous partageons tous. Personne n'y a jamais échappé. Et c'est bien ainsi, car la mort est probablement ce que la vie a inventé de mieux. C'est le facteur de changement de la vie. Elle nous débarrasse de l'ancien pour faire place au neuf. En ce moment, vous représentez ce qui est neuf, mais un jour vous deviendrez progressivement l'ancien, et vous laisserez la place aux autres. Désolé d'être aussi dramatique, mais c'est la vérité.

Votre temps est limité, ne le gâchez pas en menant une existence qui n'est pas la vôtre. Ne soyez pas prisonnier des dogmes qui obligent à vivre en obéissant à la pensée d'autrui. Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. Ayez le courage de suivre votre cœur et votre intuition. L'un et l'autre savent ce que vous voulez réellement devenir. Le reste est secondaire.

Dans ma jeunesse, il existait une extraordinaire publication The Whole Earth Catalog, l'une des bibles de ma génération. Elle avait été fondée par un certain Stewart Brand, non loin d'ici, à Menlo Park, et il l'avait marquée de sa veine poétique. C'était à la fin des années 1960, avant les ordinateurs et l'édition électronique, et elle était réalisée entièrement avec des machines à écrire, des paires de ciseaux et des appareils Polaroid. C'était une sorte de Google en livre de poche, trente-cinq ans avant la création de Google. Un ouvrage idéaliste, débordant de recettes formidables et d'idées épatantes.

Stewart et son équipe ont publié plusieurs fascicules de The Whole Earth Catalog. Quand ils eurent épuisé la formule, ils sortirent un dernier numéro. C'était au milieu des années 1970, et j'avais votre âge. La quatrième de couverture montrait la photo d'une route de campagne prise au petit matin, le genre de route sur laquelle vous pourriez faire de l'auto-stop si vous avez l'esprit d'aventure. Dessous, on lisait : « Soyez insatiables. Soyez fous. » C'était leur message d'adieu. Soyez insatiables. Soyez fous. C'est le vœu que j'ai toujours formé pour moi. Et aujourd'hui, au moment où vous recevez votre diplôme qui marque le début d'une nouvelle vie, c'est ce que je vous souhaite. Soyez insatiables. Soyez fous.

Merci à tous.»

15.11.2007

La France peut être réformée, par Nicolas Beytout

Lu sur lefigaro.fr

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Rappelons-nous : c’était il y a un an seulement. La France plongeait dans la campagne électorale. À l’époque, deux sentiments dominaient largement l’opinion : à gauche, Ségolène Royal, triomphalement désignée par les militants socialistes, serait imbattable ; à droite, Nicolas Sarkozy, encombré de son image de ministre de l’Intérieur, devait exploser en vol tant il était réputé faire peur. Incapable de rassembler, il défendait un dogme libéral qui lui assurerait un cuisant échec. Pis, il voulait réformer au pas de charge un pays qui avait constamment montré sa résistance au changement. Il allait donc diviser les Français, faire la politique de la minorité la plus riche, pourchasser les jeunes et se retrouver interdit de séjour sur une partie du territoire, en banlieue.

Aujourd’hui, six mois après les élections, le paysage est tout autre. Élu avec la plus forte majorité de droite depuis le général de Gaulle, le chef de l’État, qui a bouclé ses « cent jours » avec un taux de popularité plus élevé que celui de tous ses prédécesseurs, reste apprécié de la majorité des Français pour son action. Là où ses adversaires le disaient clanique, il s’est montré ouvert au-delà des frontières de sa majorité. Il va au contact de foules de grévistes hostiles. Et il réforme. Vite, en s’attaquant aux dossiers réputés le plus explosifs.

Là encore, la méthode avait été dénoncée à l’avance par la gauche. À la veille du second tour, la candidate socialiste avait même parlé de… « menace de guerre civile » s’il était élu ! Quel contraste avec les faits. Certes, le conflit social majeur dans lequel la France est engagée depuis hier n’est pas terminé. Mais les signes d’apaisement sont si nombreux qu’ils laissent désormais présager un dénouement prochain. Voilà qui devrait permettre au président de la République de remporter son premier vrai test social : jamais, en effet, Nicolas Sarkozy n’avait affronté de grand conflit social ; toujours il avait déminé les dossiers avant que les acteurs ne se crispent.

Cette victoire, si elle se concrétise, sera donc la sienne, celle de l’audace face à l’ampleur du risque, et celle de la maîtrise dans une exécution jusqu’ici impeccable, en prise directe avec ceux qu’il faut convaincre, en prenant garde de rester toujours ouvert au dialogue, et sans donner l’impression de suivre le moindre canevas idéologique. Ce serait une étape importante dans l’évolution de notre « modèle social », une date dans l’histoire des rapports sociaux de notre pays, un recul de la gréviculture syndicale, du pouvoir systématique de dire non et du recours mécanique au blocage. Ce serait la preuve qu’avec de la volonté et autant de méthode on peut réformer la France.

Mais il n’y a pas que cela : car cette issue espérée devra aussi beaucoup à l’évolution de la société française. Cela fait maintenant des années que les différents gouvernements affirment qu’il faudra réformer les régimes spéciaux de retraite, des années que la pédagogie du changement s’exprime sur le sujet. Même le Parti socialiste, pourtant bien peu courageux et clairvoyant dans l’actuel conflit, avait admis dans son principe la nécessité de la réforme. Avec le temps, ce dossier a fini par perdre sa charge idéologique. Et, dès lors que le gouvernement avait l’habileté d’éviter tout discours politique pour rester obstinément sur le terrain du pragmatisme et du bon sens comptable, les chances de succès étaient décuplées. Car les Français ont changé : on voit naître chez eux un réel sens des responsabilités en lieu et place du simple maniement de slogans datés. Modèle social français, droit à la retraite immuable, droit de grève illimité, santé gratuite pour tout et pour tous, droit inaltérable à l’emploi : ils savent qu’on n’échappe pas à une réalité que tous nos voisins ont déjà affrontée. Ils savent qu’il faut bouger, et ils veulent de l’équité.

On savait Nicolas Sarkozy capable de réformer ; ce que dit la façon dont évolue la grève, ce que montrent les réactions de l’opinion, c’est que, désormais, la France est prête à être réformée.

GREVE ET HUMOUR

C'est - encore - de la grève que je veux vous parler, sous l'angle du second degré cette fois. J'ai relevé deux traitements de l'événement qui m'ont fait sourire.

Tout d'abord, il y a cette lettre, qui en rappelle vaguement une autre. Souvenez-vous : la lecture "obligatoire" de la lettre de Guy Môquet a fait polémique il y a peu. Cette parodie grinçante, dont j'ai eu connaissance par Timothée (merci à lui), met en relief plusieurs points : tout d'abord, l'absence totale de lucidité - ou le masochisme social? - de certains étudiants, acteurs délibérés de leur propre déchéance administrative, que pointait de son noble doigt Alain Finkielkraut le 11 novembre ; ensuite, la faillite des idéaux, qui se traduit par une frilosité tragique face à toute réforme susceptible d'injecter un tant soit peu de modernité dans le quotidien... ce qui supposerait en effet de s'y adapter. Effort insupportable.

Puis il y a cette vidéo sans prétention, parodie d'une célèbre chanson des Village People, YMCA, réalisée par Mister Olive 

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Ma petite maman chérie, et vous Joseph, Léon, Ernesto, Hugo et Mao, mes tout petits poissons – rouges évidemment ! – adorés.

Croyez-moi, j’ai essayé de suivre la voie que vous m’aviez tracée. Quand j’ai entendu le mot réforme, comme vous l’aviez déjà fait, mes camarades, en 2006 contre le CPE, en 2005 contre la réforme du bac, en 2004 contre la réforme LMD, en 2003 contre celle de Ferry – enfin comme vous l’aviez toujours fait – j’ai bloqué ma fac.

Avec un peu de retard, je vous l’accorde, la loi ayant été adoptée au mois de juillet, mais que voulez-vous l’arrière saison étant tellement plus agréable sur la côte, j’ai prolongé mes vacances.

Aujourd’hui, je sais que je vais mourir. Oh non ! Ce n’est pas des CRS que j’ai peur. Cela fait bien longtemps que j’ai appris à aimer l’odeur des gaz lacrymogènes.

[...] C’est la loi LRU qui va me tuer !

Avec cette loi, les présidents d’universités auront la responsabilité de l’entretien des bâtiments. Certains n’hésiteront pas à les repeindre. Tu sais, toi ma petite maman chérie, comme l’air me manque à chaque fois que j’entre dans une pièce propre.

Si les facs sont rénovées et nettoyées, où vais-je pouvoir me cacher ? C’est sûr, je vais mourir !

Plus dangereux encore. La loi va permettre aux universités de créer des bureaux, des stages et une aide à l’insertion professionnelle.

C’est sûr, ils veulent que l’on trouve du boulot …

Mon petit papa adoré, tu sais, toi, comme mes camarades et moi sommes réfractaires à toute forme de travail. Il est trop tard, je vais mourir.

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14.11.2007

SENILES

"Séniles", c'est le mot qu'a employé Alain Finkielkraut pour qualifier le mouvement étudiant de blocage des universités. Il a aussi prononcé le mot "gâteux", que je savoure, ainsi que l'expression "militantisme pour la clochardisation des universités". Ah, que ces mots sont doux après une journée à écouter le ronronnement poisseux du politiquement correct médiatique...

J'aime beaucoup Finkielkraut, sa pensée, ses analyses, mais aussi la finesse de leur forme, quand bien même ce sont souvent de lourdes charges. Et en écrivant ces mots, je me rends compte que je ne le publie pas assez.

Sur ce, place aux images et au son :

13.11.2007

FACS BLOQUEES : UN COMPORTEMENT TERRORISTE

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Pas plus tard qu'hier, j'évoquais grâce à la confrontation entre Zapatero et Chavez cette lutte qui finira par devenir éternelle entre le respect lié à l'idéal démocratique et le totalitarisme rhétorique. Je ne pensais pas en reparler si vite, qui plus est dans le cadre d'une problématique franco-française cette fois.

C'est Marc Gontard, président de l'Université Rennes II, qui aborde le sujet, à propos de l'attitude des étudiants grévistes :

"Ce matin, nous avons trouvé devant les portes des bâtiments de l'université des groupes déterminés ayant sous le manteau des battes de base-ball. Ce sont des groupes qui ont un comportement terroriste. Je pèse mes mots."

Le Nouvel Obs, qui rapporte ses propos, précise alors que "la direction a annulé les cours mardi à l'université de Rennes 2 (lettres et sciences humaines) en raison de ce blocage qui crée un risque de tensions sur le campus."

Blocage ? Mais alors il y eut vote, bien sûr, de la part d'étudiants tellement soucieux du caractère républicain de leur éducation ?

Effectivement, il y eut vote, affirme toujours le Nouvel Obs. Mais pas vraiment celui attendu, apparemment :

Près de 62% des 3.290 étudiants votants se sont prononcés lundi contre le blocage, à bulletins secrets, une première à Rennes 2 qui compte près de 18.000 étudiants.

Un vote effectif, qu'il n'est pas possible de respecter du fait de la violence des parties en présence : ce constat arrache à Marc Gontard un soupir de résignation et de colère contenue qu'il est difficile de ne pas partager :

"On a voulu éviter l'affrontement pour la journée. Face à une centaine d'étudiants violents, nous sommes démunis. C'est l'impuissance des démocraties face aux régimes totalitaires."

Démunis? Pas complètement. A Nanterre, fac bloquée jusqu'à ce matin, le président d'université Olivier Audéoud a demandé l'intervention des forces républicaines : "On use de la force nécessaire et suffisante", a-t-il estimé, lorsque les étudiants désireux d'étudier ont pu entrer suivre leurs cours.

Le comportement des étudiants dans cette affaire est doublement irresponsable :

1. Tout d'abord, parce que la loi est unanimement reconnue comme étant justifiée. Je citerai à ce sujet Jacques Julliard, qui s'en expliquait très clairement en juillet dans le Nouvel Obs, en dénonçant au passage les incohérences nouvelles de la gauche et des mouvements étudiants :

"Encore un domaine, hélas, où la gauche n'a pas volé sa défaite. Sa crispation sur l'université napoléonienne, son refus de l'autonomie, qui aurait dû être son cheval de bataille, sont consternants ; nous n'avons pas ici attendu la conjoncture actuelle pour dénoncer cet immobilisme.

[...] Sarkozy a donc raison d'agir et d'agir vite. Cette remarque sera ma seule réponse à ceux de mes correspondants qui me reprochent une opposition systématique. Ils se trompent. Je maintiens que la politique économique et sociale de Sarkozy manque d'ambition et de courage. [...] En revanche, ce qu'il a entrepris en matière européenne et universitaire mérite d'être encouragé.

[...] En un mot, les syndicats et les partis de gauche, plutôt que de freiner la réforme, devraient courir devant, afin de la mieux orienter."

2. Ensuite parce comme le dit très bien Le Monde dans son édito, prendre l'Université en otage est certainement la dernière chose à faire pour la sortir de l'ornière où elle est depuis si longtemps, au vu et au su de tous :

"En cherchant à bloquer les "facs" et en demandant l'abrogation de la loi sur l'enseignement supérieur adoptée le 11 août, les étudiants les plus radicaux ne sont-ils pas en train de se tirer une balle dans le pied ?

[...] l'avenir de l'université n'est, en l'occurrence, qu'un prétexte commode saisi notamment par l'extrême gauche pour tenter d'élargir et de fédérer un premier front anti-Sarkozy. Comme souvent par le passé, il était probablement inévitable que l'université soit prise en otage dans cette affaire. Mais c'est, pour les jeunes, le plus mauvais terrain pour manifester leur impatience ou leur révolte."

Enfin, le mot est lâché. On se sent presque soulagé de le lire. Foin des régimes spéciaux, de l'université, du pouvoir d'achat : c'est la tête de Sarkozy qui est en jeu. Finalement, c'est ce syndicaliste lui confiant droit dans les yeux qu'ils l'obtiendraient au nom d'une tradition séculaire qui fut le plus sincère. Au TSS, Tout Sauf Sarkozy, voudrait bien succéder le TCS, Tous Contre Sarkozy.

Sauf que... la passation de pouvoir traîne en longueur. La France de 2007 a mûri. Elle y croit à nouveau. Elle que tous dépeignent comme dépressive et pessimiste, parce que résignée face à la fatalité immobiliste, se reprend à rêver d'un avenir audacieux, d'un bras d'honneur magistral aux corporatismes archaïsants. Passer directement du XIXème au XXIème siècle : voilà le défi.

Est-ce bien réaliste? N'est-ce pas la rue qui, une fois de plus, aura le dernier mot? Je n'ai pas de boule de cristal... mais si je devais me risquer à un pronostic, je dirais que si certains doutent du caractère indiscutable de la rupture, il y a de grandes chances que ce soit lors des semaines qui viennent qu'ils en perçoivent toute la réalité.

Mais n'anticipons pas.

Ah, avant de vous quitter, un dernier tableau, pour occuper les méditations matinales de ceux qui se lèveront (très) tôt demain pour aller... travailler.

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12.11.2007

BLOQUONS LES BLOCAGES

Devant la perspective de troubles sociaux annoncés, qui n'ont d'autre but que de renverser le gouvernement et le président actuel en refusant l'application du programme sur lequel il a été élu, et ce afin de pérenniser le "pouvoir de la rue" qui depuis 30 ans empêche toute réforme d'être menée jusqu'à son terme, je salue et relaie ces deux initiatives : l'une concerne Gérard Mermet, sociologue, et a été publiée dans Métro ; l'autre est un appel à manifester le 18 novembre, lancé par Liberté Chérie

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Appel aux citoyens inquiets, en colère... et silencieux

Grève, régimes, spéciaux, réformes... Gérard Mermet, sociologue (auteur de Francoscopie), prend position.

Sous divers prétextes, les bénéficiaires des régimes spéciaux défendent le maintien de ce que l'on doit appeler, en toute objectivité, des privilèges. A tous ceux qui s'efforcent de regarder la société sans prisme idéologique ou politique , mais en se réclamant du bon sens, de l'équité, de la solidarité, de la responsabilité, leur attitude paraît irresponsable, voire indécente. Rappels :

  • Les bénéficiaires des 128 régimes concernés partent à la retraite bien avant ceux du régime général. Exemples : 50 ans pour les agents de conduite SNCF ou RATP; 53 ans pour les sénateurs, 55 pour les députés qui auraient dû montrer l'exemple...;
  • La durée moyenne de leur retraite est pour beaucoup supérieure à celle de leur vie active et ils percevront ainsi plus de pensions qu'ils n'ont reçu de salaires !
  • Le montant de leur retraite est calculé sur les 6 derniers mois de salaire (comme pour les fonctionnaires, qui bénéficient encore à ce titre d'un régime spécial), soit un écart considérable par rapport aux 25 années du régime général. Leur taux de cotisation est en outre souvent inférieur (7,8% contre 10 à 11%);
  • La plupart bénéficient par ailleurs d'un autre privilège important : la garantie de l'emploi ;
  • Dans l'immense majorité des cas, l'existence de ces "exceptions" n'est plus justifiée par une pénibilité particulière du travail;
  • Le coût de ces régimes (qui concernent 1,2 million de retraités pour seulement 560 000 actifs) représente 15 milliards d'euros pour 2007, dont la moitié payée par la collectivité.
  • La France est le seul pays développé au monde où demeurent de telles inégalités;
  • La réforme de ces régimes est souhaitée par 82% des Français (sondage Metro/Ifop, 11 octobre 2007), y compris par une majorité des agents de la Fonction publique;
  • On estime à 300 milliards d'euros les engagements de retraite des sept principaux régimes spéciaux au cours des six prochaines décennies : une charge injuste et insupportable pour les générations futures.

Un constat semblable peut être fait pour les autres réformes jugées nécessaires par la grande majorité des experts : université; recherche; fonction publique; système de santé; droit du travail; justice; dialogue social... Réalisées dans les autres pays depuis des années, elles sont chez nous sans cesse bloquées par des minorités fortement politisées, incapables d'appréhender la réalité du monde et la nécessité de s'y adapter (ce qui n'interdit pas de chercher à l'améliorer).

La réforme des régimes spéciaux était a priori la plus " facile " et consensuelle, d'autant qu'elle a été comme d'habitude proposée aux intéressés avec des aménagements et un étalement dans le temps. Un recul du gouvernement rendrait donc quasiment impossible la mise en œuvre des réformes plus "difficiles". Il démontrerait une fois encore que des individus et organisations se réclamant des principes d'égalité et de solidarité défendent en réalité des corporatismes, des égoïsmes, des privilèges injustifiables ou un statu quo insupportable. Comme en 1995, ils peuvent (souhaitent peut-être, pour certains) paralyser le pays et l'enfoncer un peu plus dans la crise économique et morale.

Cette attitude est irresponsable et dangereuse. De plus, la conjoncture économique actuelle ne permet pas de différer plus longtemps les réformes, sous peine d'un nouveau décrochage national, avec de graves conséquences sur le pouvoir d'achat, la cohésion sociale, la place de la France dans le monde. Rappelons enfin que les grèves occasionnent une gêne considérable pour les particuliers, coûtent très cher à la collectivité (150 millions d'euros pour celle du 18 octobre dans les transports pour la seule région Ile-de-France), affectent la compétitivité déjà réduite de la France, son attractivité et son image à l'extérieur, donc son avenir.

Face à cette situation, les citoyens inquiets et en colère ne peuvent rester silencieux. Pour leur propre dignité, pour l'avenir de leurs enfants et du pays, ils ne doivent pas laisser le monopole de l'expression à ceux qui refusent l'adaptation. C'est pourquoi je vous propose de :

  • Relayer cet appel aux personnes figurant dans votre carnet d'adresse (avec ou sans mention de l'auteur, qui ne signe ce texte que par souci de transparence);
  • L'envoyer aux médias pour qu'ils rendent davantage compte de votre avis;
  • Le mentionner (en tout ou partie) sur les forums , blogs et sites internet que vous animez ou fréquentez;
  • Imaginer et proposer des " manifestations virtuelles " (ou réelles) originales, aussi visibles et efficaces que les grèves;
  • Me faire part de vos commentaires et suggestions à l'adresse ci-dessous.

Nous ne pouvons accepter que le pouvoir de nuisance de quelques-uns mette en péril notre avenir commun.

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Cher adhérent,

Cher sympathisant,

Au vu du nombre extraordinairement élevé de témoignages de soutien que nous avons reçus ces dernières semaines, nous vous annonçons une

GRANDE

MANIFESTATION

CONTRE TOUS LES BLOCAGES

ECOLE,

JUSTICE,

UNIVERSITES,

TRANSPORTS,

SERVICES PUBLICS...

le dimanche 18 novembre

15h00

à PARIS

Le point de départ de la manifestation vous sera précisé très prochainement

Dans les jours qui viennent, les syndicats vont bloquer une nouvelle fois l'ensemble du pays : La SNCF, La RATP, EDF, GDF, La Poste, les universités, la Justice, l'Opéra de Paris, les écoles, la fonction publique... seront en grève entre le 14 et le 20 novembre.

Ce chantage est inacceptable. C'est pourquoi Liberté Chérie, avec l'aide d'autres associations de la société civile et de très nombreux anonymes, vous invite à une grande manifestation contre les blocages. Nous devons montrer aux syndicats qu'une majorité silencieuse ne souhaite pas se résigner à subir sans réagir.

Pour rappel, en juin 2003, nous avions réuni en l'espace de 15 jours 2000 personnes puis 80000 personnes contre les blocages. Ces événements avaient été très largement relayés dans les médias. Nous pouvons donc avoir un poids réel et faire entendre notre voix !

Nous attendons l'accord de la Préfecture pour vous préciser le lieu de départ de la manifestation. Notez déjà la date et l'heure dans votre agenda.

Par ailleurs, nous vous invitons à participer à nos tractages partout en France afin de dénoncer les grèves de ce mercredi 14 novembre. N'hésitez pas à joindre vos responsables locaux. Retrouvez ici la liste des tractages.

A Paris, les tractages auront lieu à :

Gare Saint-Lazare
mercredi 14 novembre
de 7h00 à 9h00
(RDV : entrée Cour de Rome)

Enfin, vous êtes très nombreux à nous écrire. Nous lisons vos messages avec attention mais nous ne pouvons répondre à tout le monde faute de temps. En effet, nous préférons donner la priorité à l'organisation des tractages et de la contre-manifestation.

Commencez dès aujourd'hui à faire le maximum de publicité autour de vous pour cette contre-manifestation. Diffusez cet e-mail et les suivants à toute votre famille, à tous vos amis et collègues. Parlez de ce rassemblement exceptionnel sur les forums, sur vos sites internet, sur vos blogs, ou sur des sites comme Facebook. Imprimez et diffusez nos tracts. Nous vous serons extrêmement reconnaissants de tout ce que vous pourrez faire pour nous aider à réussir cette manifestation.

Nous espérons vous retrouver massivement dimanche prochain et nous comptons sur l'aide que vous pourrez nous apporter.

Librement,

Le Comité de Direction de Liberté Chérie

07.11.2007

PESSIMISME D'AUTOMNE

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Est-ce le temps? La saison? Le récent Grenelle de l'environnement, et son cortège de prévisions catastrophistes? Je ne sais. Toujours est-il qu'ils se sont tous donnés le mot : les français vont mal. C'est Eric Dupin qui ouvre la danse, sur son blog :

Trois millions de Français souffriraient de dépression. Notre pays est champion du monde pour la consommation de tranquillisants, antidépresseurs et autres psychotropes. On se gardera de ramener cette somme de mal-être individuels aux conditions sociales qu’endurent nos concitoyens. Des souffrances psychiques aussi répandues ne peuvent néanmoins être sans aucun rapport avec un moral national structurellement en berne.

Bon. Gloups. A la lecture de ces mots me revient en mémoire, je ne sais pas vraiment pourquoi, une phrase de Woody Allen : « Dieu est mort, Marx est mort, et moi-même je ne me sens pas très bien ».

Si les français vont mal, dit Eric Dupin, c'est - entre autres - du fait de "l’état dégradé des relations sociales dans un pays où chacun se méfie de l’autre. Une société de défiance généralisée est rarement heureuse." Théorie intéressante, que je comprends ainsi : à force de vouloir adapter la société à chacun, les intérêts en jeu dans chaque situation se bousculent jusqu'à se neutraliser en presque totalité. De fait, chacun regarde l'autre en chien de faïence, et dépense son énergie à veiller sur son petit univers plutôt qu'à l'accroître, à l'épanouir.

D'ailleurs, comment garder une once d'enthousiasme dans un pays où la récompense de l'effort et de l'implication individuelle fait moins partie de l'inconscient collectif que l'assistanat égalitariste - vous savez, le "c'est pas juste, il a plus que moi, moi je veux aussi, mais sans rien faire" - qui s'il n'intervient pas assez tôt donne lieu à de violentes revendications? Comment valoriser la course à pied quand le sponsor est un marchand de béquilles?

Sans aller aussi loin que cette dernière hypothèse, j'ai l'impression que Jean-Michel Aphatie ne la démentait pas pour autant dans son billet du jour, consacré lui aussi - en partie - au pessimisme ambiant :

Ce vieux pays arrive au bout du chemin. Il ne sait plus comment financer son double système de solidarité, devant la maladie et devant le vieillissement. Les ponctions qu'opère l'Etat et l'espace public sur la richesse nationale, environ 45% du PIB, asphyxie la créativité et rend caduc tout espoir de redistribution collective de la productivité économique. Parce qu'il a été financé à crédit, tout l'appareil de solidarité, qui comprend les institutions comme la sécurité sociale ou les services publics qui maillent le territoire, nous coûte aujourd'hui le double de ce qu'il devrait : une fois pour, le fonctionnement, une fois pour le remboursement. Des boulets, chaque jour plus lourd, ralentissent et entravent la démarche de la communauté. D'autres, nos voisins, qui sont aussi nos concurrents, courent plus vite que nous, ce qui accentue encore notre faiblesse. Sans cesse différé depuis trente ans, le travail à faire désormais impressionne, effarouche, brouille les consciences et perturbe les intelligences.

Voilà la raison profonde de la forme de médiocrité que l'on peut constater, actuellement, en France, sur la scène politique. Ses acteurs ne sont pas forcément directement responsables de cette médiocrité. Ils en ont hérité, mais ils la perpétuent aussi, là est leur responsabilité. Comment changer cet état d'esprit? Comment quitter la vieille culture? Comment décrire la nouvelle et la faire partager? Cette tâche, qui appartient à ceux qui nous dirigent, est-elle appréhendée, envisagée, en gestation? Il serait si agréable de répondre oui, ce serait un tel soulagement, qu'il vaut mieux, à cet instant, laisser ouverte la question posée.

Super. Et vous, sinon, ça va ?

23.10.2007

GUY MÔQUET... ET LES AUTRES

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Je vais vous épargner. Je vais vous taire mon agacement face à la polémique que provoque la lecture d'un texte de 25 lignes, contestée parce que - j'ose à peine le mot - "instituée". C'est-à-dire - quelle audace - "obligatoire". 25 lignes sur une année, cela représente environ 0,12 ligne par jour, en moyenne, sur une année scolaire, 0,12 ligne pour se souvenir, 0,12 ligne de trop, selon certains. Oui, c'est absurde comme argument. Mais c'est eux qui ont commencé.

D'ailleurs, j'ai une bonne excuse : Koz a fait le job. Je n'ai pas grand chose à ajouter, lorsqu'il dit :

Affirmer de but en blanc “je dégueule Sarkozy et ses initiatives” serait à l’évidence d’une sincérité hors norme mais assez faible en terme de pouvoir de conviction. Pourtant, l’incroyable imagination que certains déploient pour habiller leur refus primaire et viscéral de tout ce qui touche au personnage du manteau de l’analyse ne peut que forcer l’admiration. L’effort est louable et, certainement, parfois fatiguant.

Je n'ai surtout pas envie de reprendre les arguments de ceux pour qui Guy Môquet n'est pas assez résistant, trop communiste, pas assez tragique, trop jeune, etc. Bref, oublions-le. La prochaine fois, il mourra autrement, il fera un effort, celui d'avoir la bonne étiquette au bon endroit. Et puis on dira au Président de la République, garant des institutions et représentant officiel de la Nation, de ne pas s'en mêler. Comme s'il avait une légitimité à le faire, franchement... Qui est-il pour parler au nom de la France, et en défendre l'histoire?

Dans cette histoire, une chose me console : une phrase d'Albert Einstein. Parce que lorsque Einstein s'exclame :

"Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue",

et bien cela me rassure. Je me dis que ce n'est pas un problème franco-français, et qu'ailleurs dans le monde de telles concentrations de connerie sont aussi possibles. Tenez, d'ailleurs, pas plus tard qu'hier... mais c'est un autre sujet.

Alors, puisque autant de personnes - en France - sont incapables de comprendre quel sens a le souvenir, j'ai eu envie d'en partager un exemple concret. C'était Max Gallo, le 16 mai 2007, et cela s'intitulait "La France ne passera pas". Et qu'après cela, qu'on me dise que ce n'est pas le moment, ou que c'est de la récupération.  

J'ai souligné beaucoup de phrases dans la transcription du discours ci-dessous. Parce que chacune est à la fois un hommage indispensable à ceux qui sont tombés... mais aussi une cinglante réplique aux polémiqueurs indignes.

 


DISCOURS DE MAX GALLO A LA CASCADE DU BOIS DE BOULOGNE LE 16 MAI 2007,

Hommage aux jeunes patriotes massacrés dans la nuit du 16 au 17 août 1944.

Monsieur le Président de la République,

Mesdames, Messieurs,

Ici, dans ce bois de Boulogne, ce lieu de quiétude, 35 jeunes français ont été abattus, assassinés est le mot juste, dans la nuit du 16 au 17 août 1944, une semaine avant la Libération de Paris. Les troupes d’occupation, leurs polices, et les traîtres français à leur solde, après avoir tendu un guet-apens, les ont mitraillés ici, et achevés ici, à coups de grenades.

L’agonie de ces héros fut longue. Au matin certains corps étaient encore chauds.

Il faut dire les noms de ces 35 martyres, dont la plupart avait moins de 25 ans. Cela ne prendra qu’un instant alors qu’il s’agit – il faut s’en souvenir – de l’éternité de souffrance et d’espoir que représente chaque vie et d’une éternité de douleurs pour ceux qui aimaient ces jeunes patriotes. Ils se nommaient donc :

  • François BELLANGER
  • Jacques BERNARD et son frère
  • Roger BERNARD, 24 et 20 ans.
  • Charles BIRETTE
  • Pierre BEZET
  • Henri BLANCHET
  • Paul BOUCHAILLOT
  • Claude BOUVELLE
  • Robert CHALARD
  • Raymond COUNIL
  • Jacques DELPORTE
  • Jean DESFARGES
  • Marcel DOURET
  • Jean-Pierre DUDRAISIL-ELIE
  • René FAUGERAS
  • Bernard GANTE
  • John GAY
  • Maurice GUILBERT
  • Guy HEMERY
  • Franck HEMON
  • Michel-Henri HUCHARD
  • Georges LORIOZ
  • Robert MAGISSON
  • Jacques RESTIGNAT
  • Pierre ROUILLON
  • Pierre SARRABEYROUSSE
  • Jacques SCHKOSSER
  • Arthur de SMET
  • Maurice THIBAIRENCQ
  • Georges TRAPLETTI
  • Luigi VANNINI
  • Roland VERDEAUX
  • Gabriel VERDIER
  • Jean VERON
  • Pierre WECZERKA

Nommer ainsi ces patriotes ce n’est pas seulement un devoir de reconnaissance. Il est de droit. « Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie / Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie / Entre les plus beaux noms leurs noms sont les plus beaux » a dit Victor Hugo. Mais en vérité ces noms ne sont pas enfouis dans l’Histoire et nous ne les rappelons pas ici dans un rituel conventionnel de commémoration. Ces trente cinq héros sont notre présent.

Ils nous disent le courage et l’esprit de sacrifice de la jeunesse quand l’idéal et l’élan, l’amour de la nation la soulèvent.

Ils nous disent la diversité française capable de se rassembler dans l’unité nationale quand la nécessité fait loi.

Ces 35 héros ne sont pas les représentants de telle ou telle classe sociale, de telle ou telle formation de la Résistance, rattachée à telle ou telle sensibilité politique. Il y a parmi eux des étudiants, un boulanger, un boucher, un mécanicien, des cheminots, un manœuvre, un médecin, un employé, des gardiens de la paix, un instituteur. Ils viennent de la banlieue, de Chelles et de Draveil, et du XIIIème arrondissement de Paris.

Ils appartiennent aux Forces Françaises de l’Intérieur, aux Francs-Tireurs et Partisans Français, à l’Organisation Civile et Militaire, aux Jeunes Chrétiens Combattants. Ils ont des origines sociales et des sensibilités politiques différentes. Mais leur but est commun : faire que la France soit libre et souveraine, que son peuple soit maître de son destin. Ils sont tombés ici pour cela.

Et si nous sommes ici, au terme d’une confrontation républicaine et démocratique, c’est aussi à eux que nous le devons. Ils sont l’incarnation de l’âme de la nation qui construit son unité à partir de la diversité. Le patriotisme français naît de l’amalgame des différences.

C’est pour affirmer ces valeurs, cette histoire, que ces 35 jeunes français voulaient des armes pour se battre. Les combats pour la libération de Paris s’annonçaient. Les cheminots, les gendarmes, les policiers étaient en grève. La 2ème DB du général Leclerc était à Orléans et à Chartres. Ces 35 patriotes étaient résolus, impatients, peut-être imprudents. Un traître leur a proposé les armes qu’ils désiraient. Et ils sont tombés dans le piège tendu par les agents français de la Gestapo.

Il faut rappeler ces faits. Il y a eu en effet des Français prêts à dénoncer, à torturer, à massacrer. Il faut le dire parce que c’est la réalité. Mais une fois qu’elle est dite, il faut la mettre à sa place, toute sa place, rien que sa place. Car elle n’est que l’ombre inéluctable qui n’existe que parce qu’il y a la lumière. Voilà la vérité.

Alors, aujourd’hui, l’Histoire qui ne dissimule rien doit d’abord expliquer et faire partager l’engagement héroïque de ces 35 jeunes français assassinés ici. Ils sont morts dans la nuit, sans connaître la joie de la liberté reconquise, sans entendre le général de Gaulle s’écrier la voix traversée par l’émotion : « Paris, Paris outragé, Paris brisé, mais Paris libéré par lui-même, par son peuple… »

Ils étaient ce peuple. Ils sont ce peuple.

Monsieur le Président de la République,

Vous avez choisi ce lieu à l’orée de votre présidence. Je crois que nous devons vous en être reconnaissant. Car ce lieu sacré vaut engagement. Ces martyrs et votre présence ici, témoignent que, comme le proclamait le général de Gaulle : 

"Dans le mouvement incessant du monde, toutes les doctrines, toutes les écoles, toutes les révoltes n’ont qu’un temps… Mais la France ne passera pas."

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A lire, sur Guy Môquet :

12.10.2007

DEUX REACTIONS AU DUEL SOPO / ZEMMOUR

Deux extraits de réactions - parmi tant d'autres - à la polémique idéologique opposant Dominique Sopo, président d'SOS Racisme, à Eric Zemmour, journaliste.

La première est celle de Sébastien Fontenelle, journaliste et animateur du blog Vive le Feu, classé à gauche ; enfin, quand je dis à gauche... pour ceux qui ne le connaissent pas, Sébastien Fontenelle est à la gauche ce que l'abysse océanique est à la flaque d'eau consécutive à la giboulée de mars, c'est à dire un vertige insondable. Oui, mais voilà, au-delà de certaines de ses positions et analyses qui me sont insupportables politiquement - presque toutes, en fait - il a du talent. Donc j'avoue, je le lis. Je ne m'en cache pas, le lien vers son blog figure depuis longtemps dans ma blogroll. J'aime d'ailleurs à penser quelle serait sa fureur de se savoir lu par un sarkozyste assumé, droite décomplexée et tout et tout, lui qui les vomit au nom de la tolérance de gauche.

L'autre, de droite, est tirée d'un billet de Philippe Bilger, avocat général à la Cour d'appel de Paris, publiée aussi sur marianne2.fr. Je connais peu Philippe Bilger, mais L'Express le qualifie du titre de "plus brillant des avocats généraux de cour d'assises de France et de Navarre" et Maitre Eolas en pense le plus grand bien. Rien que ça.

Bonne lecture.

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Eric Z. Contre Le Komintern (Dans Un Pays Ravagé Par Les Haines "Ethniques")

Sébastien Fontenelle

[...] Zemmour, dans "Le Monde", se fait d'abord statisticien, pour nous révéler que: "Selon le ministère des affaires étrangères, 30 % à 80 % des actes d'état civil sont frauduleux en Afrique".

(30 %, 80 %: du point de vue de notre comptable, c'est du pareil au même.)

En quoi ce pourcentage africain nous concerne-t-il?

Zemmour nous l'explique: "Les mariages entre Français et étrangers représentent désormais près de 30 % des mariages transcrits dans notre état-civil; la moitié de ces 90 700 mariages ont été célébrés à l'étranger en 2005; la progression en dix ans des mariages de Français au Maghreb et en Turquie a explosé de 731 %".

Est-ce tout?

Non.

Ce n'est pas tout.

Zemmour précise encore "En 1994, ils étaient 1 129 ressortissants algériens à épouser un Français".

Or: "En 2005, ils sont 12 457".

Soit: "Onze fois plus".

Mon Dieu.

C'est une invasion.

Les Algériens, comme les Turcs, ont une arme secrète, pour nous étouffer sous le(ur) nombre: ils nous marient, par milliers.

Ils sont très forts.

Zemmour, après avoir ainsi quantifié un péril (maghrébin) qui se multiplie quand même par onze tous les onze ans (quand on y réfléchit c'est hyper-flippant), ôte sa blouse de mathématicien amateur, et se lance dans une espèce d'imprécation hallucinée, d'où il ressort, notamment, je vous jure que je n'invente rien, que: "Dans les cours de récréation de nos écoles, les enfants se regroupent par clans ethniques qui s'ignorent ou se détestent: "Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs ou les çaifrans"".

Et de préciser: "L'insulte suprême est: "Sale Français!"".

(Avec un point d'exclamation!)

Et c'est vrai que, là encore, ça fout gravement les jetons.

Sauf que.

Si je vérifie près de chez moi.

Dans les cours de récré de mes enfants, pleines de "rebeus" et de "reunois" et de "feujs" et de "noichs", etc, on signale si peu de clanismes "ethniques", voyez-vous, qu'on n'en signale même pas du tout.

"Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs et les çaifrans" jouent ensemble - et, parfois, se foutent ensemble sur la gueule, ainsi qu'il arrive, hélas, dans les cours de récré.

"Les rebeus, les reunois, les feujs, les noichs", sont même, tenez-vous bien, des Français comme les autres.

De sorte que l'insulte suprême n'est pas (du tout): "Sale Français!"

(Avec un point d'exclamation.)

Mais je n'espère plus que Zemmour puisse même envisager d'envisager une réalité si emblématique d'un "multiculturalisme" qu'il exècre - car il tient, manifestement, à détecter partout des haines "ethniques".

Ainsi, posément, il énonce que: "Des bandes ethniques s'affrontent à la gare du Nord".

(S'il vous plaît, retenez-le: une baston entre noirs dans une gare parisienne est l'affrontement de "bandes ethniques", alors qu'une bagarre entre blancs dans une fête villageoise, non.)

Puis, Zemmour lâche, dans un ahurissant débondage, que: "Lors de la présidentielle, on a vu à l'oeuvre un terrifiant vote ethnique".

Ah ouais?

Ah ouais.

Vraiment?

Vraiment.

La preuve - selon notre journaliste: "94 % des électeurs qui se disent musulmans ont voté Ségolène Royal ; 77 % de ceux qui se disent catholiques pratiquants ont voté Nicolas Sarkozy".

Pof.

Pof.

Pof.

J'ai lu ça, je me suis d'abord dit, ah, tiens, c'est la première fois qu'on me suggère d'envisager comme une ethnie les "catholiques pratiquants", c'est marrant, ça change, ça met de la nouveauté dans ma vie.

Puis j'ai pensé, attends, sous la plume du gars qui vient de nous effrayer avec du Maghrébin épouseur?

Sous la plume du gars qui vient de fustiger les "bandes ethniques" de la gare du Nord - mais qui manifestement ne considère pas leurs affrontements comme des guerres de religions?