03.11.2007

THANK YOU FOR SMOKING

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Souvenez-vous, c'était il y a quelques jours : dans un élan philanthrope et autobiographique, je vous livrai dans sa nudité originelle mon expérience de l'arrêt du tabac.

Aujourd'hui je souhaiterais vous dire deux mots d'un film plus tout à fait récent (septembre 2006), à savoir Thank You For Smoking de Jason Reitman, que la plupart d'entre vous ont certainement déjà vu... pour les autres, si vous aimez l'humour un rien grinçant et cynique, les sujets de société, et les bons acteurs, ce film garde ses chances de vous plaire.

L'histoire est très simple, et j'aime assez la façon qu'a Marvin Flynn de la présenter. Vous allez donc y avoir droit :

Voilà donc un film drôle, frais, pimpant, pas moraliste du tout, ce que l’on aurait pu craindre d’un film américain sur la cigarette. Nick Nailor - le héros - est chargé de la défense de Big Tobacco, une entreprise de production et de distribution de tabac aux Etats-Unis. Nick est le Roi du bagou, et il vole pendant tout le film d’interview en show télévisés, de visites d’écoles en congrès anti-tabacs, parvenant toujours à contrer voire ridiculiser ses adversaires, fervents détracteurs de la liberté d’absorber cette drogue. Reste le titre du film « Merci de fumer », qui rappelle que l’humour des dialogues est aussi noir que les poumons de Marlboro Man : finalement, on y trouverait presque des raisons militantes d’arrêter de fumer.

Car c’est bien le sel de ce film ; on rit souvent à gorge déployée (quand on peut) mais on finit toujours par ravaler son rire ; ce gentil héros (Aaron Eckhart), dont les meilleurs amis, et pour tout dire les seuls, sont ses homologues de l’industrie de l’alcool et de la vente d’armes, aime son métier. C’est le seul qu’il sache faire d’ailleurs, et tout comme l’avocat se doit de défendre même les pires criminels, lui s’est fixé pour but de redorer le blason de cette industrie, quitte à la faire passer pour une organisation caritative s’il le faut ! Mais il est difficile d’exercer un tel métier et de ne pas le voir influer sur sa propre vie : Nick passera le temps du film à nous convaincre, sinon de la justesse de ses arguments, tout du moins de l’illusion des notres...

Et « Thank you for smoking » de nous laisser un goût amer dans la bouche, pas celui de la cigarette, plutôt celui de la trouille, de celle qu’on ressent devant les méfaits du marketing fou qui ne se gêne pas pour graisser la patte des cinéastes hollywoodiens afin que les acteurs se remettent à fumer sur les tournages ; devant le petit jeu des trois compères aussi, qui comparent leurs nombres de morts respectifs autour d’un bon repas...

Mais - et c'est une leçon du film - rien ne vaut l'image pour parler au commun des mortels. Pour vous donc, la bande annonce, en VOSTFR (version originale sous-titrée en français), version dans laquelle je vous conseille de regarder tous vos films étrangers, soit dit en passant...

A propos d'image, vous avez pu contempler en tête de ce billet la version USA de l'affiche du film. En voici la version française,
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en voici une version en portugais :
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et une autre en suédois :

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Il est assez plaisant, je trouve, d'y isoler les points d'impact spécifiques à chaque culture nationale relevés par les marketeurs des affiches concernés... A noter qu'en France, c'est l'auréole, qui dans un pays où la laïcité est un dogme, et où l'athéisme bat tous les records, ne peut qu'être un argument sulfureux ! D'autant que l'on tombe alors automatiquement dans la dichotomie auréole/sainteté vs flamme du briquet/enfer... ce qui marche à tous les coups, dans un pays imprégné de culture judéo-chrétienne en manque de repères.

25.10.2007

ARRÊTER DE FUMER

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Permettez-moi de détourner le temps d'une respiration le caractère politique de ce blog pour en faire un espace de santé. A l'instar du Capitaine, à qui l'on parlait souvent des kilos qu'il avait perdus, il m'arrive que l'on me parle de mon passé de fumeur, et de la façon dont s'est terminée cette période de ma vie. Mon blog est l'occasion d'en faire une petite synthèse.

Avant de commencer, je précise que je ne suis ni médecin, ni psychologue, encore moins tabacologue. Les conseils que je donne sont donc tirés de mon expérience personnelle, et n'ont pas vocation à être érigés en vérité scientifique. Si vous voulez de "l'officiel", vous en trouverez sur le site de Tabac Info Service.

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FUMER OU NE PAS FUMER...

Pour moi, l'arrêt du tabac a représenté un combat titanesque. Je comprends donc parfaitement la difficulté de ceux qui passent par là... et qui rencontrent parfois une certaine incompréhension de la part d'un entourage non-fumeur peu enclin à réaliser ce qui est à l'oeuvre au travers de ce bout de papier cylindrique. Un peu de pédagogie ne fait pas de mal, donc. 

J'ai commencé à fumer à 15 ans. J'étais (très) amoureux, donc (très) malheureux, incompris que j'étais par quelques 5 milliards d'êtres humains (à l'époque) qui n'avaient jamais, au grand jamais, pensais-je, pu ressentir quelque chose de cette ampleur et retrouver un jour le sourire. Un de mes amis fumait déjà, à l'époque : un beau matin d'été, au bord de la rivière où je méditai sur ma condition implacable enchaînée aux yeux de ma dulcinée inaccessible, je lui pris dans un moment de rage une cigarette. Une Marlboro. 10,40 F le paquet, à l'époque - 1992 - si mes souvenirs sont bons. Dans l'été, elles allaient passer à 11,60 F, et nous criions au scandale.

Au début, je ne savais pas fumer, je "crapautais", m'a-t-on expliqué. C'est à dire que la fumée n'allait pas dans mes poumons. Un ami s'est chargé de m'expliquer la technique respiratoire indispensable à l'absorption de nicotine... et j'ai connu la première sensation d'étourdissement passager que procure cette substance. C'était, trouvais-je, très agréable : cela me détournait momentanément de mon narcissisme sentimental forcé. Cela m'apaisait.

Contrairement à d'autres, je n'avais pas la fibre "socialo-conviviale" du fumeur : comme j'étais très sportif (à l'époque), j'avais même plutôt honte de fumer. A mon retour au lycée, et durant les premiers mois, je m'éclipsais pour fumer, afin que mes amis ne le voient pas. Puis peu à peu, j'ai assumé. Jusqu'au moment où ma cigarette est devenu le prolongement indispensable de ma main droite.

Pourtant, très tôt - dès la première année - j'ai voulu renoncer à fumer, tant du fait des avertissements d'aînés que du coût du vice en question, sans parler des premiers effets (presque immédiats) sur mes performances sportives. Seulement, même s'il est relativement facile de se débarrasser d'une mauvaise habitude récemment acquise, ce n'est que lorsque son danger devient palpable qu'elle suscite une véritable fermeté. Chaque moment de blues ou de fête était prétexte à la reprise, provisoire bien sûr... qui pour finir durait bien plus que prévu. Que voulez-vous, il fallait bien finir le paquet, puis le suivant, etc. Je suis très vite devenu vraiment accro : je fumais ma première cigarette de la journée vers 6h30, après mon premier café et avant de prendre mon bus pour aller au lycée. Je savourais la dernière juste avant de m’endormir, le soir.

Je parvenais pourtant parfois à m’arrêter quelques temps : j’ai un souvenir assez précis de l’été de mes 22 ans, que j’avais attaqué en tant qu’ex-fumeur depuis plusieurs mois, au prix d'un combat acharné. Je travaillais cet été-là, un job d’étudiant. Un soir, juste avant de partir du boulot, ma collègue devant exécuter une manœuvre un peu délicate m'a confié sa cigarette allumée. Par défi ou par nostalgie, sans trop réfléchir, j’ai aspiré une bouffée. En 2 secondes, j’ai vu défiler 6 ans de ma vie sous mes yeux. Le soir-même, je rachetais un paquet, « un seul », pensai-je. En fait, j’étais reparti pour plusieurs années.

Quelques temps plus tard pourtant, je réussis l’exploit de m’arrêter durant 2 ans ½. J’étais alors persuadé d’être vacciné à vie. J’ai repris sous le prétexte d’un moment de stress intense, pendant mes études. Après 30 mois d’abstinence nicotinique totale, en 2 semaines, j’étais déjà à 2 paquets de Camel par jour. Le choc pour l’organisme dût être monstrueux. 

Enfin, j’ai arrêté de fumer – définitivement, j’espère – il y a plus de 3 ans, en août 2004. Aujourd’hui, je n’ai plus du tout envie de fumer. Je le précise, pour avoir souvent entendu les craintes de fumeurs craignant, en arrêtant, d’être voués à la torture d'une tentation éternelle. Il est vrai que plusieurs ex-fumeurs m’ont avoué y être sujets… mais ceux-là se permettaient souvent une cigarette par-ci par-là, lors d’une « occasion » ou le jour de l’an. Cela ne pardonne pas. Ce genre de concession se paie comptant. 

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QUELQUES CONSEILS

Chacune de mes tentatives d’arrêt du tabac – il y en a eu des dizaines – s’est soldée par un échec apparent, à une exception près, à ce jour. Pourtant chacune m’a aussi appris à prendre en compte lors d’une tentative ultérieure un paramètre supplémentaire, celui-là même qui avait occasionné ma rechute. Voici en vrac ce que je peux vous dire sur la question :

La motivation. C’est évidemment la clé. Certains disent vouloir s’arrêter « pour voir », sans prendre de décision définitive, ni jamais rien s’interdire : je comprends cette hésitation, mais elle débouche rarement sur un arrêt effectif. Il vaut mieux prendre la décision de ralentir, comme une première étape légitime, puis ensuite, éventuellement, basculer vers l’arrêt, en sachant alors que pour avoir une chance d’aboutir, il faut qu’il soit définitif et sans compromis, si ce n’est celui de substituts dans un premier temps. Jouer sur les mots ne marche jamais face à la cigarette. 

Choisir le bon moment. J’ai compris lors de ma première tentative d’arrêt sérieuse que celle-ci avait un certain nombre de conséquences physiologiques. Chez moi, c’était toujours la même chose : les deux premiers jours, une sensation d’étourdissement cotonneux. Puis une irritabilité violente, pouvant tourner à l’angoisse, sans raison apparente. Enfin un manque obsessionnel de cigarette, accompagné de toux et d’insomnies (je parle là d’un arrêt sans aide ni substitut). Au bout de deux ou trois semaines, cependant, cela s’estompait progresivement, même s'il y avait des "retours de flamme" par vagues. Cela étant, il vaut mieux choisir un moment où vous ne serez pas trop sous pression pour arrêter. Un week-end prolongé me paraît être le plus indiqué.

Arrêter les excitants. J’ai assez vite compris que l’ex-fumeur nouvellement promu que j’étais ne supporterait pas longtemps l’appel de la cigarette pour accompagner le café, ou le verre d’alcool, tant par le mariage obligatoire du goût que par l’appel insistant qu’engendre l’effet. Une semaine ou deux avant chaque tentative d'arrêt donc, j’arrêtais le café, pour y préférer le thé par exemple : le goût se prête moins à l’association. De même, j’attendais un mois ou deux pour me servir une boisson alcoolisée lors d’apéritifs ou de repas après avoir arrêté. C’est une mesure de précaution sévère, mais quand on a repris une fois après s'être surestimé à ce niveau… cela vaccine. 

Eviter les soirées. Cela rejoint mon point précédent. Un moment d’euphorie passager peut très vite être à l’origine d’un vieux réflexe… et vous vous réveillez le matin imbibé d’odeur de cigarette, avec la sensation d’avoir trimé des mois pour rien, et donc d’être le dernier des c…, ce qui n’est pas complètement faux, en l’occurrence. Il faut ensuite attendre des semaines pour digérer l’échec et retrouver la force de tenter à nouveau l’arrêt, en reprenant tout depuis la première étape. 

Faire du sport. Le sport est le meilleur atout de l’ex-fumeur. C’est une redécouverte du corps, pour ceux qui avaient oublié qu’ils en avaient un. Cela permet aussi de sécréter des litres de dopamine, et donc de combler, les premiers temps, cette sensation de manque presque affectif. Bref, le sport permet d’avoir un aperçu par anticipation de l’état de non-fumeur… mais ne faites pas comme moi, allez-y cool au début.  

Les substituts. Perso je ne suis pas patch, ni zyban. J’ai essayé, sans succès, même si pour certains de mes amis c’était très efficace. J’appréciais par contre les gommes à mâcher à la nicotine, parce qu’elles me permettaient de soulager mon besoin de nicotine au moment où je le voulais tout en le contrôlant – ce qui n’est pas possible avec les patches. Mon but était alors d’arriver le plus vite possible à 3 gommes par jour, une après chaque repas, avant de stopper complètement. Prévoyez aussi des bonbons à sucer durant les premiers mois : ceux à la menthe, qui "arrachent" la bouche, sont les plus efficaces pour faire passer l’envie de fumer. Je prenais des Ricola pour ce qui me concerne, ils sont plus longs à sucer. Se laver les dents immédiatement après avoir mangé est aussi très recommandé. 

Expliquer à l’entourage. Quand on n’a jamais fumé, il est peut être difficile d’imaginer la réalité d’une telle dépendance. Après plusieurs analogies infructueuses, j’ai réussi à en trouver une qui parlait à mes amis non-fumeurs : celle de la relation amoureuse destructrice. La cigarette, c’est comme un conjoint avec qui l’on entretient une relation aussi passionnée que destructrice, que l’on sait irrémédiablement vouée à l’échec. Quand il est là, on le voudrait loin ; dès qu’il n’est pas là, il manque cruellement. S’arrêter de fumer, c’est comme débuter une relation avec quelqu’un d’autre,  quelque chose de plus équilibré, de plus apaisé, de plus constructif. Pour autant, la nostalgie de la passion surgit par moments, au début surtout, prête à reprendre ses droits si l’on cède d’un seul centimètre. 

Ne jamais retoucher une cigarette. C’est pour moi, au vu de mon passé de fumeur accro, la condition sine qua none de mon succès. Une seule bouffée, et je replonge, même si cela ne me tente plus a priori. On m’a expliqué que dès la première bouffée, lors d’une reprise, tous les capteurs de nicotine présents autour du neurone lors du passé de fumeur se rouvrent en même temps. C’est à dire qu’un ex-fumeur ne repart jamais à zéro, lorsqu’il reprend une cigarette : il repart au point où il en était resté lors de son arrêt. Le prétexte de l’ex-fumeur qui reprend « pour rester à 3 cigarettes par jour » est donc un mythe, à démonter au plus vite.

Voilà, bonne chance à chacun. Et franchement... même si c'est dur au départ, cela en vaut vraiment la peine.

P.S : Si vous avez en tête des sites remarquables sur le sujet, n'hésitez pas à m'en faire parvenir les liens : ce pourrait être le début d'une blogroll utile sur le sujet.

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Pour finir, voici quelques réponses aux questions que je me posais personnellement en tant que fumeur avant ou lors de mes tentatives d'arrêt. Je les ai trouvées sur un excellent site canadien, celui-ci, dont je synthétise certains exposés ci-dessous. J'ai eu envie de souligner 3 points importants :

  • Comment le tabagisme et la nicotine créent la dépendance
  • Symptômes de sevrage
  • Cesser de fumer et bénéfices pour la santé

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COMMENT LE TABAGISME ET LA NICOTINE CRÉENT LA DÉPENDANCE

Tabagisme et nicotine

  • La nicotine est une substance qui se retrouve NATURELLEMENT dans la plante appelée tabac.
  • Le tabac est la seule plante au monde contenant de la nicotine.
  • La nicotine est une drogue redoutable parce qu'elle resserre son emprise sur le corps et l'esprit d'une façon très subtile.
  • Elle produit un effet agréable au cerveau (par la production de dopamine) sans perturber le comportement (vous n'êtes pas euphorique, dépressif ou somnolent, et vous n'avez pas d'hallucination; vous restez normal).

Comme les drogues dures, la nicotine entraîne :

  • L'accoutumance : elle crée l'habitude d'en prendre régulièrement et toujours un peu plus pour ressentir le même effet.
  • La dépendance physique produit le manque de nicotine et des symptômes de sevrage se font sentir lorsque vous n'en prenez pas.

Même si ces symptômes de sevrage ne sont pas aussi dramatiques que ceux causés par la désintoxication à l'héroïne ou à la cocaïne, l'emprise de la nicotine entraîne une dépendance au moins aussi forte !

  • La dépendance psychologique est reliée au besoin de fumer par association à certaines situations : pression, solitude, nervosité, plaisir intense, insécurité, peur, etc.
  • La dépendance sociologique est liée au besoin de fumer par complicité avec des amis, en fonction de l'entourage.

Tabagisme et nicotine: la dépendance physique

  • Depuis des années, vous vous trouvez à introduire cette puissante drogue dans votre cerveau.
  • À chaque bouffée, la nicotine provoque une stimulation au cerveau en moins de 10 secondes !
  • C'est la façon la plus rapide d'envoyer une drogue au cerveau. Celui-ci réagit immédiatement en produisant des substances qui vous font sentir bien. On appelle ces substances des endorphines, et l'une d'elles se nomme dopamine.
  • Normalement votre cerveau produit et gère lui-même ces substances de bien-être quand :
    • vous faites des choses que vous aimez;
    • vous vivez des situations plaisantes.

Comme  :

  • quand vous pratiquez une activité physique (et surtout quand vous réussissez un bon coup) ;
  • quand vous jouez d'un instrument ou écoutez de la musique;
  • quand vous réalisez quelque chose dont vous êtes fier(e);
  • quand vous vous amusez;
  • quand vous recevez des compliments.
  • quand vous recevez une évaluation positive (promotion, félicitations au travail, etc.);
  • quand vous riez;
  • quand vous êtes amoureux.

Dans les deux derniers cas, votre cerveau produit beaucoup d'endorphines. C'est pour cela que vous cherchez à répéter ces expériences : elles vous font sentir bien parce que votre cerveau produit ces endorphines. 

Le problème avec la nicotine? Vous apprenez à votre cerveau à produire et à gérer ses endorphines principalement à l'aide de la nicotine dont vous allez dépendre pour vous sentir bien. 

La dépendance psychologique créée par le tabagisme et la nicotine

En plus de la dépendance physique, la nicotine et le tabagisme entraînent une dépendance psychologique très puissante. Pourquoi? Comment?

  • À chaque cigarette que vous fumez, vous inhalez en moyenne 10 à 12 bouffées. Donc, à chaque cigarette, vous injectez une dizaine de fois une drogue qui contribue à votre bien-être.
  • Chacune de ces bouffées sera associée positivement par votre cerveau à l'événement ou à la situation que vous vivrez à ce moment-là.
  • Peu importe que vous ayez du plaisir, que vous vous ennuyiez, que vous soyez stressé(e), que vous ayez de la peine ou que vous soyez en colère, vous comptez sur la cigarette pour vous aider à vous sentir mieux.
  • Donc, en plus d'avoir rendu votre cerveau dépendant physiquement d'une drogue extérieure, vous l'avez programmé à associer la cigarette à toutes les situations que vous vivez.
  • C'est pour cette raison que plusieurs fumeurs parlent de la cigarette comme d'une amie. Plutôt triste, non? Parler ainsi d'un rouleau de papier rempli de morceaux d'une plante...
  • Vous comprenez sûrement mieux maintenant pourquoi il est si difficile de se libérer de cette dépendance...

Peut-être connaissez-vous un fumeur qui a cessé d'un coup... La réponse :

  • Ce fumeur fait partie de la toute petite minorité de chanceux (moins de 10 %) qui réussissent à arrêter de fumer et sont encore non-fumeurs après un an.
  • Tous les autres fumeurs (plus de 90 %) qui ont essayé de cesser de fumer de la même manière ont recommencé en moins d'un an.
  • Plus vous attendez avant de vous décider d'arrêter de fumer, plus vous risquez que cela soit difficile et long avant de réussir. En moyenne, cinq à six tentatives pouvant s'échelonner sur une vingtaine d'années peuvent s'avérer nécessaires avant d'arrêter de fumer pour de bon. Plusieurs se découragent avec les conséquences que vous connaissez sans doute...

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SYMPTÔMES DE SEVRAGE

Étourdissement : 1 à 2 jours 

  • Compréhension : Le corps reçoit une quantité accrue d'oxygène dans le sang, ce qui provoque un état similaire à de l'hyper ventilation.
  • Action : Prenez quelques respirations lentes mais profondes (comme des bâillements) et étirez-vous.

Fatigue : 2 à 4 semaines

  • Compréhension : Le corps est en période de désintoxication et d'adaptation au manque de nicotine qui servait de stimulant.
  • Action : Dormez suffisamment pour récupérer, bougez, mangez des bonnes choses et buvez beaucoup d'eau.

Insomnie : Jusqu'à 3 semaines

  • Compréhension: Dans les premiers temps, certains ex-fumeurs connaissent un sommeil perturbé.
  • Action : Évitez de prendre des excitants. Allez vous promener dehors après le souper. Prenez un bain, regardez un film drôle ou lisez le bottin de téléphone... 

Toux : Moins de 7 jours

  • Compréhension : Le système respiratoire se purifie en rejetant le surplus de mucus produit pour retenir les particules de goudron et autres produits chimiques accumulés depuis que vous fumez.
  • Action : Buvez beaucoup d'eau pour faciliter l'expectoration du mucus. Faites de l'activité physique ou des exercices simples de respiration.

Constipation : 3 à 4 semaines 

  • Compréhension : Le corps est habitué à la stimulation intestinale causée par la nicotine. Il cherche à retrouver ses fonctions naturelles.
  • Action : Consommez de l'eau, des fruits, des légumes crus et des produits de grains entiers si vous le pouvez (à cause des fibres). L'activité physique aide beaucoup aussi. 

Faim : Quelques semaines 

  • Compréhension : La nicotine semble avoir pris le contrôle des contractions de l'estomac. L'appétit peut être aussi stimulé parce que vous goûtez mieux les aliments.
  • Action : Vérifiez si vous avez vraiment faim ou si c'est l'envie d'avoir quelque chose dans la bouche. Grignotez souvent, mais en petites quantités, des choses bonnes pour la santé. (Cette façon de faire ne fait pas grossir...) 

Goût pour des aliments sucrés : Quelques semaines 

  • Compréhension : Certaines études démontrent que la nicotine influe sur le niveau de sucre dans le sang.
  • Action : Si ça vous arrive, essayez de prendre une collation riche en protéines (noix, yogourt, fromage). 

Envie obsessionnelle de fumer : 2 semaines environ 

  • Compréhension : Plus vous laissez grandir l'envie de fumer, plus elle devient intense, voire obsessionnelle.
  • Action : Réagissez rapidement : ne restez pas dans votre tête, faites quelque chose que vous aimez, écartez vous de la situation qui cause cette envie. Autrement dit, mettez en pratique vos trucs. 

Irritabilité : variable

  • Compréhension : Privé de sa drogue, le corps réagit par un stress de privation qui peut provoquer l'impatience, l'irritabilité, la colère.
  • Action : Répétez-vous que c'est normal et que ça prouve que vous êtes en train de retrouver votre liberté. Faites des activités que vous aimez et riez le plus souvent possible. 

Pression au niveau des yeux et de la tête : variable

  • Compréhension : L'organisme est en manque de nicotine, ça crée de la tension.
  • Action : Détendez-vous. De grandes inspirations, des étirements ou des massages de tête font vraiment du bien. 

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CESSER DE FUMER ET BENEFICES POUR LA SANTE

Voici les changements qui se produisent dans le corps humain lorsqu'une personne arrête de fumer.

20 minutes

  • La tension artérielle baisse et redevient normale.
  • Le pouls ralentit et redevient normal.
  • La température des mains et des pieds augmente et redevient normale.

8 heures

  • La quantité de nicotine et de monoxyde de carbone présente dans le sang diminue de moitié.
  • L'oxygénation des cellules redevient normale.

24 heures

  • Le monoxyde de carbone est complètement éliminé de l'organisme.
  • Les poumons commencent à rejeter les résidus de fumée.

48 heures

  • La nicotine a été entièrement expulsée de l'organisme.
  • Les terminaisons nerveuses commencent à se régénérer.
  • L'odorat et le goût s'améliorent.

72 heures

  • Les bronches se relâchent, ce qui facilite la respiration.
  • La capacité pulmonaire s'accroît.
  • L'énergie augmente.

2 semaines à 3 mois

  • La circulation sanguine s'améliore.
  • La marche devient plus facile.
  • Le fonctionnement des poumons peut s'améliorer jusqu'à 30 %.
  • Pour la femme enceinte, le risque d'avoir un enfant de faible poids est comparable à celui d'une femme qui n'a jamais fumé si elle a cessé durant les trois premiers mois de sa grossesse.

1 à 9 mois

  • La toux, la congestion nasale, la fatigue et l'essoufflement diminuent.
  • La voix devient plus claire.
  • Les cils vibratiles dans les poumons se régénèrent et la capacité de l'organisme de retenir le mucus, de purifier les poumons et de combattre l'infection s'accroît.
  • Le corps reprend de l'énergie.

1 an

  • Le risque de maladies cardiovasculaires est réduit de moitié.
  • Dans les premières années après avoir cessé de fumer, le risque, pour la femme, de contracter un cancer du col de l'utérus devient comparable à celui d'une personne n'ayant jamais fumé.

5 ans

  • Le risque de cancers de la bouche, de la gorge et de l'œsophage diminue de moitié. Le taux de mortalité relié au cancer du poumon pour le fumeur moyen (un paquet par jour) diminue également de moitié.
  • De 5 à 15 ans après avoir cessé de fumer, le risque d'ACV diminue et se compare à celui d'un non-fumeur.

10 ans

  • Le taux de mortalité attribuable au cancer du poumon est semblable à celui d'un non-fumeur.
  • Les cellules précancéreuses sont remplacées par des cellules saines.
  • Le risque de cancer de la bouche, de la gorge, de l'œsophage, de la vessie et du pancréas diminue.

15 ans

  • Le risque d'accidents coronariens est semblable à celui d'un non-fumeur.

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Vous avez tout lu jusque là? Félicitations. Pour vous récompenser, ce bijou d'humour de Gad Elmaleh sur le sujet. Bon vent.