01.12.2007
La philosophie du général de Gaulle ou l’abolition du clivage droite/gauche, par Flamant Rose
Les lecteurs du blog de damocles savent que j’ai une vision gaullienne de la vie politique, c’est à dire que je considère les valeurs dites de droite ou dites de gauche comme obsolètes. Roland Nungesser a au milieu des années 80 (85 je crois) défini les valeurs du gaullisme où les notions de droite et de gauche n’ont pas leur place.
"Il n’y a qu’une querelle qui vaille, celle de l’homme."
Charles de Gaulle
C’est à partir de cette phrase que se définit le gaullisme. Sans doute a-t-on souvent dit que le général de Gaulle était avant tout un homme d’action, un pragmatique. Il est vrai que de Gaulle restait au contact des réalités, qu’il savait adapter sa politique aux circonstances, tenir compte de l’évaluation de la conjoncture.
Il n’en reste pas moins que ce réalisme n’excluait pas le respect - intransigeant - d’un certain nombre de principes fondamentaux. Personne ne peut nier que la politique gaulliste a toujours été déterminée par un certain nombre de lignes de force.
La cohésion du gaulliste et son unité se trouvent autour de principes fondamentaux. A partir de ces principes il peut y avoir des diversités au niveau de leur application, au niveau de l’action, avoir des démarches d’esprit différentes, certains peuvent souhaiter aller plus vite, d’autres moins vite, certains plus loin, d’autres moins loin.
Les priorités peuvent être différentes mais tous restent d’accord sur l’ensemble.
De même les principes fondamentaux du gaullisme sont inspirés par une certaine philosophie de l’homme et de la société. Toute l’œuvre de De Gaulle a tenu à mettre en application la pensée humaniste dans le monde moderne, à faire en sorte que celui-ci puisse résister à la puissante pression du matérialisme, que l’homme ne soit pas dominé par la machine, que l’individu ne se sente pas écrasé par les masses humaines au sein desquelles il est condamné à vivre. Aussi a-t-il parfaitement compris que le sens profond des événements qui, à l’instigation des jeunes, secouèrent la France en mai 1968 et atteignirent aussi bien les pays de l’Ouest que ceux de l’Est. De Gaulle eut conscience qu’il s’agissait d’une véritable crise de civilisation.
Il n’y avait ni droite ni gauche dans l’esprit des jeunes dont j’étais.
En condamnant la « société de consommation » les jeunes voulaient surtout en dénoncer les lacunes, l’influence du matérialisme laissant de moins en moins de place à cette part d’idéal que les adolescents recherchent dans toute entreprise humaine. Il convient donc que subsiste la référence aux valeurs morales et spirituelles qui assurent la dignité de l’homme. Le gaullisme se veut humaniste car toute sa philosophie repose sur la volonté de rétablir l’homme dans sa plénitude, de se donner pour objectif essentiel sa « désaliénation » dans la société moderne.
Ces valeurs ne sont ni de droite ni de gauche.
L’évolution sociologique, régie par les phénomènes d’industrialisation et d’urbanisation, conduit l’homme à se sentir de plus en plus oppressé, isolé, perdu au sein des immenses groupements humains que constituent les agglomérations modernes. Son désarroi s’exprime à travers les drames individuels ou collectif depuis la multiplication des névroses jusqu’au développement de la délinquance ou de l’usage de la drogue. La dégradation des mœurs tient aussi à certains courants d’esprit qui, par réaction contre les lacunes de la société moderne, tendent à prôner la libération totale de l’individu, par la négation de toute morale. Aussi nombreux sont ceux parmi les jeunes que l’absence à toute référence à une échelle de valeurs désempare. Pourquoi est-on qualifié de réactionnaire si on se réfère à des valeurs ?
Est ce être de droite que de réclamer que l’on fasse référence à des valeurs ?
Est ce être de gauche que de réclamer que l’on fasse référence à ces mêmes valeurs comme l’a fait Ségolène Royal ?
Lors des événement de 1968 de Gaulle a déclaré : "Comment trouver un équilibre humain pour la civilisation moderne, pour la société mécanique moderne ? Voilà la grande question !" Rien ne sauvera l’ordre du monde si ce qui est imposé aux sociétés par le progrès ne parvient pas à construire un ordre tel que la liberté, la sécurité, la dignité de chacun y soient exaltées et garanties. Ainsi le gaullisme c’est le combat pour l’homme.
Ce combat n’est ni de droite ni de gauche.
Au moment où les échecs des régimes socialistes s’avèrent évidents tant sur le plan économique que sur celui de la démocratie, au moment où le régime capitaliste aboutit aux abus d’un matérialisme humiliant pour l’homme, il est temps qu’une voie nouvelle soit tracée, qui permette à l’homme de bénéficier des avantages de l’expansion économique sans rien aliéner des ressources spirituelles et morales qui font sa spécificité face au reste de l’univers vivant.
Cette voie inspirée par le général de Gaulle ne doit être ni de droite ni de gauche.
Le général de Gaulle laissait de côté cette querelle du socialisme et du capitalisme, renvoyant dos à dos les régimes qu’ils ont inspiré. Il se plaçait sur un autre plan lorsqu’il écrivait : « sans doute, le malaise des âmes, qui résulte d’une civilisation dominée par la matière, ne saurait-il être guéri par quelque régime que ce soit. Tout au moins, pourrait-il être un jour adouci par un changement de condition morale, qui fasse de l’homme un responsable au lieu d’être un instrument ».
Il n’était ni de droite ni de gauche mais au dessus des partis.
Si le rappel des principes fondamentaux du gaullisme peut permettre de souligner la cohésion de ceux qui ont soutenu et de ceux qui soutiennent aujourd’hui l’action du général de Gaulle et qui ont la volonté de voir poursuivre son œuvre, si cette déclaration peut contribuer à soutenir l’enthousiasme de ceux qui sont engagés dans la lutte politique pour que le gaullisme maintienne ses possibilités d’agir, si les mouvement gaullistes y puisent les moyens de démontrer que leurs motivations dépassent la conjoncture électorale pour se situer au niveau de la philosophie politique et de la doctrine, s’ils peuvent ainsi faire la preuve aux françaises et aux français que le soutien qu’ils leur apporteront ainsi qu’au Président de la République, est de nature à permettre la construction d’une France plus juste et plus humaine, pouvant servir de modèle à d’autres nations, alors ceux qui ont voulu réaffirmer solennellement les principes du gaullisme auront le sentiment d’avoir apporté, pour leur part, une contribution, sans doute modeste, mais non négligeable, à l’œuvre qui doit se poursuivre.
La France se doit de n’être ni de droite ni de gauche mais au service des français.
Flamant Rose
17:54 Publié dans De Gaulle, Profession de foi | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : flamant rose, de gaulle, clivage, droite, gauche
12.11.2007
BLOQUONS LES BLOCAGES
Devant la perspective de troubles sociaux annoncés, qui n'ont d'autre but que de renverser le gouvernement et le président actuel en refusant l'application du programme sur lequel il a été élu, et ce afin de pérenniser le "pouvoir de la rue" qui depuis 30 ans empêche toute réforme d'être menée jusqu'à son terme, je salue et relaie ces deux initiatives : l'une concerne Gérard Mermet, sociologue, et a été publiée dans Métro ; l'autre est un appel à manifester le 18 novembre, lancé par Liberté Chérie.
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Appel aux citoyens inquiets, en colère... et silencieux
Grève, régimes, spéciaux, réformes... Gérard Mermet, sociologue (auteur de Francoscopie), prend position.
Sous divers prétextes, les bénéficiaires des régimes spéciaux défendent le maintien de ce que l'on doit appeler, en toute objectivité, des privilèges. A tous ceux qui s'efforcent de regarder la société sans prisme idéologique ou politique , mais en se réclamant du bon sens, de l'équité, de la solidarité, de la responsabilité, leur attitude paraît irresponsable, voire indécente. Rappels :
- Les bénéficiaires des 128 régimes concernés partent à la retraite bien avant ceux du régime général. Exemples : 50 ans pour les agents de conduite SNCF ou RATP; 53 ans pour les sénateurs, 55 pour les députés qui auraient dû montrer l'exemple...;
- La durée moyenne de leur retraite est pour beaucoup supérieure à celle de leur vie active et ils percevront ainsi plus de pensions qu'ils n'ont reçu de salaires !
- Le montant de leur retraite est calculé sur les 6 derniers mois de salaire (comme pour les fonctionnaires, qui bénéficient encore à ce titre d'un régime spécial), soit un écart considérable par rapport aux 25 années du régime général. Leur taux de cotisation est en outre souvent inférieur (7,8% contre 10 à 11%);
- La plupart bénéficient par ailleurs d'un autre privilège important : la garantie de l'emploi ;
- Dans l'immense majorité des cas, l'existence de ces "exceptions" n'est plus justifiée par une pénibilité particulière du travail;
- Le coût de ces régimes (qui concernent 1,2 million de retraités pour seulement 560 000 actifs) représente 15 milliards d'euros pour 2007, dont la moitié payée par la collectivité.
- La France est le seul pays développé au monde où demeurent de telles inégalités;
- La réforme de ces régimes est souhaitée par 82% des Français (sondage Metro/Ifop, 11 octobre 2007), y compris par une majorité des agents de la Fonction publique;
- On estime à 300 milliards d'euros les engagements de retraite des sept principaux régimes spéciaux au cours des six prochaines décennies : une charge injuste et insupportable pour les générations futures.
Un constat semblable peut être fait pour les autres réformes jugées nécessaires par la grande majorité des experts : université; recherche; fonction publique; système de santé; droit du travail; justice; dialogue social... Réalisées dans les autres pays depuis des années, elles sont chez nous sans cesse bloquées par des minorités fortement politisées, incapables d'appréhender la réalité du monde et la nécessité de s'y adapter (ce qui n'interdit pas de chercher à l'améliorer).
La réforme des régimes spéciaux était a priori la plus " facile " et consensuelle, d'autant qu'elle a été comme d'habitude proposée aux intéressés avec des aménagements et un étalement dans le temps. Un recul du gouvernement rendrait donc quasiment impossible la mise en œuvre des réformes plus "difficiles". Il démontrerait une fois encore que des individus et organisations se réclamant des principes d'égalité et de solidarité défendent en réalité des corporatismes, des égoïsmes, des privilèges injustifiables ou un statu quo insupportable. Comme en 1995, ils peuvent (souhaitent peut-être, pour certains) paralyser le pays et l'enfoncer un peu plus dans la crise économique et morale.
Cette attitude est irresponsable et dangereuse. De plus, la conjoncture économique actuelle ne permet pas de différer plus longtemps les réformes, sous peine d'un nouveau décrochage national, avec de graves conséquences sur le pouvoir d'achat, la cohésion sociale, la place de la France dans le monde. Rappelons enfin que les grèves occasionnent une gêne considérable pour les particuliers, coûtent très cher à la collectivité (150 millions d'euros pour celle du 18 octobre dans les transports pour la seule région Ile-de-France), affectent la compétitivité déjà réduite de la France, son attractivité et son image à l'extérieur, donc son avenir.
Face à cette situation, les citoyens inquiets et en colère ne peuvent rester silencieux. Pour leur propre dignité, pour l'avenir de leurs enfants et du pays, ils ne doivent pas laisser le monopole de l'expression à ceux qui refusent l'adaptation. C'est pourquoi je vous propose de :
- Relayer cet appel aux personnes figurant dans votre carnet d'adresse (avec ou sans mention de l'auteur, qui ne signe ce texte que par souci de transparence);
- L'envoyer aux médias pour qu'ils rendent davantage compte de votre avis;
- Le mentionner (en tout ou partie) sur les forums , blogs et sites internet que vous animez ou fréquentez;
- Imaginer et proposer des " manifestations virtuelles " (ou réelles) originales, aussi visibles et efficaces que les grèves;
- Me faire part de vos commentaires et suggestions à l'adresse ci-dessous.
Nous ne pouvons accepter que le pouvoir de nuisance de quelques-uns mette en péril notre avenir commun.
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Cher adhérent,
Cher sympathisant,
Au vu du nombre extraordinairement élevé de témoignages de soutien que nous avons reçus ces dernières semaines, nous vous annonçons une
GRANDE
MANIFESTATION
CONTRE TOUS LES BLOCAGES
ECOLE,
JUSTICE,
UNIVERSITES,
TRANSPORTS,
SERVICES PUBLICS...
le dimanche 18 novembre
15h00
à PARIS
Le point de départ de la manifestation vous sera précisé très prochainement
Dans les jours qui viennent, les syndicats vont bloquer une nouvelle fois l'ensemble du pays : La SNCF, La RATP, EDF, GDF, La Poste, les universités, la Justice, l'Opéra de Paris, les écoles, la fonction publique... seront en grève entre le 14 et le 20 novembre.
Ce chantage est inacceptable. C'est pourquoi Liberté Chérie, avec l'aide d'autres associations de la société civile et de très nombreux anonymes, vous invite à une grande manifestation contre les blocages. Nous devons montrer aux syndicats qu'une majorité silencieuse ne souhaite pas se résigner à subir sans réagir.
Pour rappel, en juin 2003, nous avions réuni en l'espace de 15 jours 2000 personnes puis 80000 personnes contre les blocages. Ces événements avaient été très largement relayés dans les médias. Nous pouvons donc avoir un poids réel et faire entendre notre voix !
Nous attendons l'accord de la Préfecture pour vous préciser le lieu de départ de la manifestation. Notez déjà la date et l'heure dans votre agenda.
Par ailleurs, nous vous invitons à participer à nos tractages partout en France afin de dénoncer les grèves de ce mercredi 14 novembre. N'hésitez pas à joindre vos responsables locaux. Retrouvez ici la liste des tractages.
A Paris, les tractages auront lieu à :
Gare Saint-Lazare
mercredi 14 novembre
de 7h00 à 9h00
(RDV : entrée Cour de Rome)
Enfin, vous êtes très nombreux à nous écrire. Nous lisons vos messages avec attention mais nous ne pouvons répondre à tout le monde faute de temps. En effet, nous préférons donner la priorité à l'organisation des tractages et de la contre-manifestation.
Commencez dès aujourd'hui à faire le maximum de publicité autour de vous pour cette contre-manifestation. Diffusez cet e-mail et les suivants à toute votre famille, à tous vos amis et collègues. Parlez de ce rassemblement exceptionnel sur les forums, sur vos sites internet, sur vos blogs, ou sur des sites comme Facebook. Imprimez et diffusez nos tracts. Nous vous serons extrêmement reconnaissants de tout ce que vous pourrez faire pour nous aider à réussir cette manifestation.
Nous espérons vous retrouver massivement dimanche prochain et nous comptons sur l'aide que vous pourrez nous apporter.
Librement,
Le Comité de Direction de Liberté Chérie
12:45 Publié dans Profession de foi, Société, Syndicats | Lien permanent | Commentaires (21) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gerard mermet, manifestation, anti blocage, greves, syndicats, liberte cherie
05.07.2007
L'avis de Flamant Rose
Voici l'avis personnel de Flamant Rose, fidèle commentateur du blog d'Eric Dupin notamment, sur les derniers mois politiques, au regard de sa propre expérience de vie. Merci à lui.
Mon intérêt pour la politique mais surtout pour l’histoire en général date de mes 20 ans (je viens d’en avoir 58). A la maison nous ne parlions pas de politique, mais c’est ma vie professionnelle qui est à l’origine de ma façon d’aborder cette politique. Salarié d’une entreprise publique très politisée avec un syndicat CGT très puissant, j’ai pu mesurer les méthodes employées par ses militants, parfois même ses nervis. Dans les années 60/70 la CGT était un satellite très puissant du parti communiste, pour avoir la moindre responsabilité dans une section syndicale il fallait être adhérent au parti. J’ai connu les brimades pour n’avoir pas pris part à un mouvement de grève, j’ai été retenu dans mon bureau à cause de négociations non abouties, j’ai participé à de nombreuses négociations CHSCT, CE, mise en place des 35 h, mise en place de personnel etc… bref je connais les méthodes. Je ne suis pas devenu « de droite » mais anti communiste. Dans les années 80 et à la suite du programme commun de gouvernement les socialistes sont devenus durs, sectaires si bien que je suis devenu contre tous les partis de gauche. Les méthodes employées vis à vis de ceux qui ne pensaient pas bien ne me plaisaient pas. J’ai vécu à travers leurs militants toute l’évolution du PC et du PS durant près de 4 décennies.
En 1981 je ne pouvais plus supporter cet état de fait aussi ai-je décidé d’adhérer au RPR dont je me sentais proche depuis plusieurs années, et j’ai voulu franchir le pas. Mon engagement m’a permis de côtoyer des personnalités, y compris Jacques Chirac lui même dont je garde précieusement la dédicace précédée de quelques mots d’amitié. J’ai alors participé à diverses campagnes électorales (présidentielles, législatives, régionales, municipales et cantonales). J’ai aimé l’ambiance. Pour faire face au PC et au PS j’ai été l’un des fondateurs des sections d’entreprises du RPR animées alors par Jacques Toubon. Nous n’avons pas réussi à nous implanter car à l’époque dans les entreprises publiques il fallait oser s’engager dans un parti de droite. Pour des raisons personnelles mais tout en gardant mes convictions et en les défendant j’ai arrêté le militantisme en 1989.
J’ai aimé Jacques Chirac, l’homme qui s’est opposé à G. Bush sur la guerre en Irak, celui qui en Bosnie a participé à mettre fin à un véritable massacre ethnique. celui qui a su parler des rafles du Vel d’hiv, du gouvernement de Vichy, qui a reconnu les fautes de la France durant cette période, qui aura su rendre hommage à ceux qui, dans nos colonies et dans les DOM-TOM ont versé leur sang pour la France. Celui qui a su faire entendre la voix de la France.
En politique intérieure j’ai aimé celui qui n’a jamais fait la moindre concession au Front National alors que ses adversaires s’évertuaient à lui laisser un large espace politique dans l’unique but de le gêner. Avec force et conviction il a défendu la laïcité et a mis en marche 3 mesures phares : faire baisser le nombre de tués sur nos routes, mettre en œuvre le plan « cancer », et améliorer l’intégration des handicapés. Sur le plan constitutionnel il nous aura laissé la décentralisation, l'interdiction de la peine de mort, et le quinquennat.
Sur le plan environnemental personne n’a oublié ce lundi 22 septembre 2002, le discours de Johannesburg et la fameuse phrase : « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».
Bien sûr au cours des dix ans de présidence il y a eu des échecs, ils ont leurs origines et leurs explications, mais ce serait long à développer.
Nicolas Sarkozy est différent. Depuis son élection je considère qu’il a commis un sans faute. Où est le dictateur que l’on nous promettait en mettant des liens qui menaient à des sites fascistes et hitlériens, où est la droite dure mise en avant par ses détracteurs, lui qui a pratiqué l’ouverture et la négociation ? En panne d’arguments ses détracteurs en sont encore au Fouquet's… On traite de mégalomane celui qui veut réussir, c’est à dire remettre la France au niveau qui doit être le sien. Oui, pour cela il faut une grosse force de caractère, de la volonté, il faudra faire sauter non seulement des verrous, mais également franchir les obstacles que la gauche est en train de mettre en place avec ses relais, il nous faudra dialoguer, argumenter, comparer.
Pour contrecarrer Sarkozy la gauche est prête à tout avec sa propre sémantique. Le président tranche sur une décision et c’est un couac, il négocie avec les étudiants, parvient à un accord et c’est un recul, il à l’œil sur tout donc il est dirigiste, omniprésent, ses premières mesures sont acceptées et voulues par les francais donc il est populiste. La gauche transforme les qualités du président en défauts et en cela perd de sa crédibilité déjà bien faible. En fait, et c’est ce que je crois, Nicolas Sarkozy fait entrer la fonction présidentielle dans le 21 éme siècle, y compris dans la communication, c’est ainsi qu’ il s’adresse directement aux français et cela déplait souverainement non seulement à la gauche mais à une grande partie des journalistes.
Les libéraux disent du président qu’il est protectionniste, la gauche qu’il est libéral. En fait il est pragmatique. Ses prises de position connues avant son élection sont parfois critiquées par nos voisins européens (telle sa position sur la Turquie). Ses adversaires ne veulent pas lui reconnaître le moindre succès, c’est ainsi que la réussite du traité simplifié voulu, et initié par lui devrait être attribué à la seule Angela Merkel. Pour la gauche Sarkozy ne doit pas réussir et pour la gauche de la gauche le président a en quelque sorte réussi à mettre en place un plan B que eux n’ont pas réussi à proposer. Dans ce domaine également la sémantique employée par la gauche tendrait à faire croire que la France de Sarkozy est vouée à l’échec.
J’aime chez Sarkozy son franc parler. Oui, il nous faut admettre que les individus ne sont pas et ne seront jamais égaux pour aborder la connaissance, oui on négocie le paiement des jours de grève avant la reprise du travail (Thibault le sait très bien), oui il faut supprimer les droits de successions n’en déplaise aux partisans de la redistribution des biens d’autrui, oui il faut un service minimum, oui il faut l’égalité pour tous dans les régimes de retraite. Mais développer chacun de ses sujets est impossible. Au fur et à mesure qu’ils viendront dans l’actualité peut être.
Je me suis engagé sur le terrain pour les campagnes électorales présidentielles et législatives. Je vais maintenant à nouveau prendre du recul et reprendre mon appareil photo voir mes amis les animaux.
Daté du 29 octobre 1970 soit moins d’un mois avant sa disparition.
17:00 Publié dans Nicolas Sarkozy, Profession de foi | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : flamant rose, nicolas sarkozy, jacques chirac
20.05.2007
Pourquoi j'ai accepté, par Bernard KOUCHNER
Conflits sociaux en France ou engagements extérieurs : j'ai toujours été et je demeure un militant de tous ces combats qui souvent ont fait la grandeur de notre pays. Depuis 1968, au Biafra comme à l'ONU et au Kosovo, en passant par Médecins sans frontières, Médecins du monde et de nombreuses autres expressions de la société civile, j'ai agi pour la défense des mêmes idéaux de solidarité et de progrès. Ministre, je porterai haut ces valeurs de la diplomatie française.
En près de quarante ans d'action humanitaire et de batailles politiques pour les droits de l'homme, nous avons fait bouger le monde dans les domaines de la diplomatie, de la santé ou de la protection des minorités. Nous poursuivrons demain nos efforts en construisant une mondialisation plus juste, une Europe plus forte, et en retrouvant pour la France l'ambition que lui assigne son histoire.
J'ai toujours été et je demeure un homme libre, militant d'une gauche ouverte, audacieuse, moderne, en un mot social-démocrate. En acceptant aujourd'hui de travailler avec des gens qui sur bien des sujets ne pensent pas comme moi, je ne renie pas mes engagements socialistes. J'ai participé à la campagne de Ségolène Royal et j'ai voté pour elle aux deux tours de l'élection présidentielle parce qu'elle me semblait représenter une chance pour la gauche. La France a tranché : cette étape est maintenant derrière nous. Je continuerai à réfléchir et à me battre, avec tous les esprits ouverts, pour qu'existe enfin une social-démocratie française.
La politique extérieure de notre pays n'est ni de droite ni de gauche. Elle défend les intérêts de la France dans un monde qui se réinvente chaque jour. Elle doit être déterminée et novatrice. En me faisant l'honneur de me proposer de diriger la diplomatie de la France, le président de la République n'a pas imaginé que je devienne sarkozyste. Certaines de mes convictions ne sont pas les siennes et réciproquement. Voilà qui annonce, j'espère, d'heureux changements de style, d'analyse et d'époque. Cela porte un beau nom : l'ouverture.
Je sais que certains de mes amis me reprochent ce nouvel engagement. A ceux-là, je réclame crédit : mes idées et ma volonté restent les mêmes. S'ils me prennent un jour en flagrant délit de renoncement, je leur demande de me réveiller. Je garantis que ce temps n'est pas venu.
N'ayons pas peur de l'avenir ; regardons au-delà des cloisons partisanes. Je fais partie d'un gouvernement réuni pour agir et être utile à la France, à l'Europe et au monde. On me jugera sur mes résultats.
00:50 Publié dans Gouvernement, Profession de foi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bernard kouchner
25.04.2007
"Je choisis Sarkozy, pour l'avenir de la France", par Michel HUNAULT
Député UDF de Loire-Atlantique, avocat de profession, Michel HUNAULT est l'auteur d'une vingtaine de propositions de loi, rapporteur de plusieurs projets, à l'Assemblée Nationale et au Conseil de l'Europe, où il siège à la Commission Juridique et des Droits de l'Homme et à la commission économique.
Le 6 mai prochain, les Français auront entre leurs mains le choix entre deux conceptions de l'avenir de la France. À lui seul, le soutien à Ségolène Royal de la gauche extrême la plus archaïque du monde, celle qu'ont incarnée avant le premier tour Olivier Besancenot, Arlette Laguiller et José Bové, suffit à convaincre les derniers hésitants.
Engagé auprès de François Bayrou, dès son premier meeting à Lille, au début décembre 2006, j'ai pu mesurer l'extraordinaire élan et l'espoir suscité par sa campagne électorale et les thèmes centraux qu'ont été l'exigence de l'éthique, de la bonne gouvernance, l'ardente nécessité de la maîtrise de l'endettement et de la dépense publique, l'exigence européenne et la construction d'une société française faisant toute sa place à chacun. J'ai mesuré l'écho de cet appel à dépasser les clivages stériles et dérisoires au regard des maux dont souffre notre société. Son souhait d'associer les institutions représentatives, sociales et économiques du pays en amont de la prise de décisions est le socle pour une France apaisée. Seule une participation sans précédent des électeurs l'a empêché, malgré près de 7 millions de suffrages, d'accéder au second tour.
C'est sans hésitation que je me suis prononcé, dès le lendemain du premier tour, en faveur de Nicolas Sarkozy. Je connais l'homme, sa détermination, son extraordinaire volonté. Je ne suis pas pour autant sourd aux interrogations et aux craintes exprimées quand il s'est agi d'appliquer la loi de la République sur l'immigration et la sécurité. Nicolas Sarkozy doit concilier exigence et humanité.
Je sais aussi que son élection est attendue par ces millions de Français qui veulent que les valeurs de la famille, du travail, du mérite, de l'éducation pour tous, de l'accès à la propriété, d'un meilleur fonctionnement des services publics, soient favorisées, pour contribuer à l'épanouissement de l'individu. Il n'y a pas de redistribution, sans création de richesse.
Lorsque l'on voit ces centaines de milliers de jeunes quitter notre pays, pour trouver à l'étranger les sources de l'épanouissement personnel, nous mesurons combien il est temps d'apporter des réponses qui obligeront le candidat, une fois élu, à des résultats rapides.
J'ai pu mesurer, à travers mes engagements au Conseil de l'Europe, la place prédominante et le rempart que constitue l'exigence du droit et de la légalité au service des plus faibles. Je connais aussi les défis de la lutte contre le terrorisme, contre les nouvelles formes de la criminalité organisée, contre les mafias et les trafics.
Cette élection du 6 mai prochain, c'est aussi l'avenir de l'Europe et du monde qui est en jeu car la France et les valeurs dont elle est l'héritière et dépositaire sont universelles. Oui, sans hésitation, c'est avec confiance que j'appelle à voter Nicolas Sarkozy en lui demandant de prendre en compte le vote de celles et ceux, qui à travers François Bayrou, ont souhaité que la France se décline sous son aspect le plus humaniste !
10:05 Publié dans Nicolas Sarkozy, Profession de foi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : udf, michel hunault, nicolas sarkozy
24.04.2007
Pourquoi je m'engage, par Eric BESSON
A présent que les deux candidats restant en lice sont connus, j'ai décidé de m'engager en faveur de Nicolas Sarkozy.
Depuis deux mois, je ne participe plus directement à la campagne présidentielle.Il m'a donc été possible de suivre avec intérêt l'évolution de la campagne de Ségolène Royal. J'y ai trouvé la confirmation de mes désaccords de fond et de mes craintes.
J'ai retrouvé, à propos du « contrat première chance », le cycle improvisation-dénigration-édulcoration-évacuation qui a scellé le sort de toutes les propositions plus ou moins « audacieuses » de la candidate et qui aboutit à ce que sur nombre de sujets (35 heures, impôt sur le revenu, financement de la protection sociale, énergie et nucléaire, jurys-citoyens) personne ne sache quelle est exactement sa position. J'ai constaté l'exacerbation d'une personnalisation du pouvoir drapée dans les atours de la « démocratie participative » dont l'affiche « la France présidente » aura été une caricature.
J'ai vérifié l'absence du plus élémentaire sens de la gestion des ressources humaines au travers du traitement choquant infligé à plusieurs des principaux dirigeants du parti socialiste. J'ai vu le détournement de la cause féministe à des fins personnelles doublé d'une prétention à la transformation de la politique par la grâce de l'élection d'une seule personne (« je suis une femme et avec moi la politique ne sera plus jamais comme avant »). J'ai eu confirmation d'une incapacité à proposer une stratégie économique et sociale réformatrice, les propositions parfois redondantes, parfois contradictoires, ne s'inscrivant pas dans une vision clairement définie. J'ai constaté une rupture avec l'alliance historique entre le progrès technique et le progrès social, la candidate du parti socialiste craignant plus les « dégâts du progrès » que les bienfaits d'un progrès maîtrisé.
Dans cette campagne, Ségolène Royal a fait montre de deux qualités incontestables : la combativité et le sens de la communication. Mais elle a renoncé à toute pédagogie de la réforme, jamais explicité les termes du « donnant-donnant » qu'elle revendique. Faute de ce courage pédagogique, le flou des propositions ne manquerait pas, confronté aux exigences de l'action, de se transformer en immobilisme fatal.
Dans ces conditions, je pouvais, comme je l'avais imaginé dans un premier temps, me contenter de voter « contre » Ségolène Royal. Mais j'ai évolué. Et j'ai notamment été sensible aux centaines de messages reçus après la publication de mon livre considérant qu'il n'était pas logique qu'un élu ne prenne pas position et me demandant d'expliciter mon choix.
J'ai donc décidé de m'engager et de voter pour Nicolas Sarkozy.
Des deux candidats, je crois qu'il est à la fois le mieux préparé et le plus qualifié. Je ne partage pas nécessairement toutes ses analyses et toutes ses propositions. Mais je partage son diagnostic sur la nécessité d'une action déterminée et de réformes vigoureuses afin de rétablir le rayonnement de la France, l'ordre républicain, la compétitivité de notre économie et les protections sociales qui lui sont liées.
Dans la lettre qu'il m'a adressée le 18 avril et que l'on trouvera en annexe, Nicolas Sarkozy évoque ainsi les points de convergence entre nous : « Au-delà de nos différences, légitimes et nécessaires en démocratie, je sais que nous partageons plusieurs valeurs essentielles et une analyse commune des outils nécessaires pour donner à notre pays un nouvel élan : une croissance dopée à la fois par un effort de recherche et d'innovation, une politique d'éducation et de formation ambitieuse, la sécurisation des parcours professionnels, une politique industrielle volontariste fondée sur une politique énergétique qui garantisse l'indépendance de notre pays et favorise la production de richesses » . Je me retrouve dans l'énoncé de ces priorités.
L'homme de gauche, le progressiste que je suis va donc voter pour un homme de droite. Je l'assume car je suis convaincu qu'il s'agit là de l'intérêt du pays. Mais je ne rejoins pas pour autant le parti dont il est issu, l'UMP.
En m'engageant à ses côtés, je dénoncerai la tentative pensée et délibérée de « diabolisation » du candidat Nicolas Sarkozy. Pour y avoir moi-même contribué, je connais les rouages et motivations de cette stratégie, d'abord dictée par la crainte de ne pouvoir lui disputer loyalement la crédibilité, l'expérience et le goût de l'action.
Ce soir, Nicolas Sarkozy a trouvé les mots pour appeler au rassemblement républicain.
J'essaierai d'y apporter ma contribution.
07:25 Publié dans Nicolas Sarkozy, Profession de foi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eric besson, nicolas sarkozy
20.04.2007
POURQUOI JE VOTE SARKOZY, par Guenièvre
Il y a quelques mois j'avais publié ici même ce témoignage d'une blogueuse que les fidèles du blog de Christophe BARBIER connaissent bien, Guenièvre. A deux jours du scrutin c'est sur cette "profession de vote" que je souhaiterais laisser d'éventuels indécis méditer.
J’ai décidé de suivre les conseils de mes amis socialistes et de voter utile au premier tour : je voterai N. Sarkozy.
Après 30 ans de vote à gauche, j’avoue que c’est une grande décision, mais je vois de moins en moins où Bayrou veut en venir. Ses attaques des médias sont puériles et il fait des appels du pied à gauche et ça je ne peux pas l’accepter.
Voilà qui va réjouir ici tous ceux qui m’avaient cataloguée Sarkozyste depuis le début. La violence de leurs attaques me confirme dans l’idée que la gauche a un gros travail à faire de réflexion sur ses dogmes et ses pratiques.
Un ami m’avait déclaré en 2002 quand j’essayais de suggérer que l’insécurité n’était peut-être pas qu’un « sentiment » : « tu n’as pas le droit de dire cela! Si tu es de gauche, tu n’as pas le droit de dire cela! » Il y a, depuis, tant de choses qu’on n’a pas le droit de dire si l’on est à gauche que je vais effectivement les laisser entre eux avec leurs convictions.
Je ne suis pas Sarkolâtre mais je sais très bien par contre ce dont je ne veux plus : je ne veux plus de cette politique d’assistanat tous azimut (voir le catalogue de Royal en faveur des jeunes) qui développe un état d’esprit déplorable et crée sans arrêt de nouvelles déceptions. Je ne veux plus de cette politique égalitariste (qui n’a rien à voir avec une politique égalitaire) qui considère que tout le monde est compétent pour tout et dont on a un exemple extraordinaire avec la candidate . Je ne veux plus d’un pays qui considère que le mot « élite » est presque une insulte .
Je ne veux plus d’une école qui soit « un lieu de vie » mais un endroit où l’on travaille et où l’on apprend. Je ne veux plus qu’on s’y rende seulement pour « s’épanouir » mais pour s’élever et pour « sortir » de sa condition. Tout ce que la gauche sait faire depuis 20 ans et qui n’a rien à voir avec des valeurs de gauche soit dit en passant. C’est un bricolage idéologique piqué dans le bric à brac de mai 68 et adopté par le PS après que celui-ci, en 83, se soit rendu compte que son programme économique allait dans le mur.
Le travail, l’effort, le mérite étaient des valeurs de gauche. Elles sont aujourd’hui portées par un candidat de droite. Il faut en tirer les conclusions. Nous sommes nombreux à gauche à faire cette démarche, beaucoup plus nombreux qu’on ne pourrait le croire.
Il y a par ailleurs un argument contre le vote Sarkozy qui est d‘une malhonnêteté patente et qui, finalement, comme tous les arguments malhonnêtes ne prend pas. C’est le : "Pourquoi Sarkozy n’a-t-il pas fait ce qu’il promet depuis 5 ans puisqu’il est déjà au pouvoir ?" Pourquoi ? Pour au moins trois raisons que les français qui ne sont pas plus bêtes que d’autres comprennent très bien :
1) l’état des banlieues était tel que la situation ne peut se rétablir en quelques années. Quand on a laissé s’installer depuis 20 ans les gangs et les trafics en tous genres on ne revient pas si facilement en arrière. Le mérite revient à Sarkozy d’avoir entrepris de regagner « ces territoires perdus de la République ». La gauche n’a vraiment aucune pudeur de critiquer son action alors qu’elle-même a laissé faire.
2) On ne réforme pas un pays sans le consentement de ses habitants. Le pays a bien évolué depuis 5 ans et ce qu’on ne pouvait faire en 2002 on pourra sans doute le faire en 2007 parce qu’il me semble que les français ont enfin compris que si nous voulions garder notre système de protection sociale il fallait faire des réformes.
3) Si la gauche se prend une deuxième claque, j’espère qu’elle comprendra qu’elle a autre chose à faire que de lancer les gens dans la rue de manière inconsidérée. Mais cela, ce n’est pas sûr!
09:40 Publié dans Profession de foi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : guenievre, nicolas sarkozy
18.04.2007
"Le temps d'un bilan, celui du choix", par KOZ (extraits)
"Je voterai pour Nicolas Sarkozy. Il apporte à mon sens une réponse cohérente aux attentes des français, à l’état de la France. Une réponse cohérente, la meilleure réponse, la plus fiable, la plus efficace. Une réponse sur le fond des idées, pas une réponse d’artifices.
J’ai retrouvé, à la lecture d’Ensemble, les premières raisons qui m’ont amené à m’intéresser à Nicolas Sarkozy. J’y ai trouvé, aussi, la finalisation et la formalisation, de convictions, d’aspirations, que j’ai pu formuler sur ce blog.
Nicolas Sarkozy n’est pas la synthèse de ce que je crois. La synthèse de ce que je crois, c’est moi. Mais il en est la meilleure synthèse disponible.
Je me souviens de ce meeting de mai 2005, au cours duquel il évoquait ce modèle social français, qui n’est pas un modèle puisque personne ne l’imite, et qui n’est pas social, vu le nombre de chômeurs qu’il produit. Il évoquait, aussi, la « République des droits réels ».
«Il nous faut passer des droits virtuels aux droits réels. De l’égalité formelle à l’égalité réelle» (p.54)
De fait, je perds patience devant les gargarismes de certains. « Parlant du cœur comme d’autres parlent du nez », ils évoquent depuis trop longtemps grandeur, égalité des chances, fraternité ou liberté sans que, dans les faits, les choses ne changent.
Nicolas Sarkozy fait référence à deux périodes charnières de notre Histoire : la Renaissance, et la Résistance, ou plutôt la Libération. Deux renaissances, donc, en somme.
«Aujourd’hui, tout reste à faire pour que survienne cette nouvelle Renaissance, pour retrouver cet état de grâce où dans l’art, la science, dans l’économie, dans la société, partout la vie explose, partout l’intelligence humaine se met à féconder l’avenir. Je me souviens de cet historien qui disait : «si je devais résumer en une phrase la mentalité de la Renaissance, je dirais : tout est possible». Tout est possible ! C’est exactement ce sentiment qui manque à notre époque, à la France en tout cas. Nous avons besoin d’une nouvelle Renaissance» (p. 71)
Evoquant la négociation avec les partenaires sociaux comme préalable nécessaire au débat parlementaire, Nicolas Sarkozy se prononce pour une refondation du dialogue social.
«Car nous vivons une période de changement comparable à celle de l’après-guerre, où nous devons tout reconstruire pour pouvoir relever des défis d’un type radicalement nouveau, où nous devons tout réinventer tant nos anciennes méthodes, nos anciennes manières de penser sont révolues» (p.155)
Je le cite parce que je le crois aussi. La France vit depuis trop longtemps dans un parfum de naphtaline. Dépourvue d’ambition collective, elle se croit arrivée, quand l’Histoire ne s’arrête pas. Alors, elle conserve, elle protège, elle produit des normes, bâtit des statuts, comme autant de forteresses. Où le temps s’arrêterait.
La France s’est forgée un nouveau principe. Principe de droit, principe de vie : principe de précaution. Comme si elle n’avait rien eu de plus pressé, rien eu de plus ambitieux, rien eu de plus noble à faire… que d’ériger la précaution en principe. Protégée, cadenassée, bordée, la France d’aujourd’hui, c’est ceinture et bretelles !![]()
Voilà le cœur de ce que j’attends de l’avenir, en commençant pas les cinq prochaines années : une nouvelle Renaissance. Oxygène, et ambition.
[…] J’ai trouvé, à la lecture d’Ensemble, certaines similitudes avec des propositions de François Bayrou. Parmi les différence que je note toutefois entre eux, on peut en citer deux : la première est que Nicolas Sarkozy aura les moyens de sa politique, la seconde est que l’on ignore quelle(s) mesure(s) de son programme, de droite, François Bayrou sacrifiera sur l’autel de l’alliance avec le PS, petit arrangement entre partis qui se dessine déjà. Et je ne comprends pas que l’on vote à l’aveugle.
Une certitude, enfin : depuis 2002, Nicolas Sarkozy a su s’imposer, ce qui laisse augurer qu’il aura l’habileté nécessaire à la mise en œuvre de sa politique. Il a aussi su imposer ses thèmes, imposer des idées nouvelles, hors de la pensée unique, sans craindre de bousculer, et s’est montré libre de carcans idéologiques. Si telle est sa nature, on peut espérer qu’il soit le plus à même de l’insuffler au pays, cette nouvelle Renaissance.
Près de deux ans d’attention, d’enthousiasmes, comme de lassitudes ou d’interrogations. Voilà un bilan, long et pourtant pas exhaustif.
Le temps du bilan passé, vient celui de l’action. A mon niveau et pour le moment, l’action passera par l’isoloir. Et « Ensemble », ce sera, notamment, avec moi."
09:30 Publié dans Nicolas Sarkozy, Profession de foi | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : koz, nicolas sarkozy
29.01.2007
"Pourquoi je choisis Nicolas Sarkozy", par André Glucksmann
La surprise de la présidentielle a eu lieu. Avant d'aller voter, les Français vivent une mutation mentale. Les sondages varient, le score reste imprévisible, mais partout perce le rejet d'une France figée en musée-hôpital et livrée aux infections nosocomiales : égoïsmes, discrimination, fureurs, dépression.
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy ont peu de chose en commun, sinon l'âge, mais furent tous deux plébiscités par une base réfractaire aux encadrements traditionnels et aux doctrines surannées. On ne vote plus socialiste ou gaulliste, on veut élire un sursaut. A Paris, les SDF gèlent en hiver depuis un quart de siècle. Soudain ils apparaissent, les tentes crèvent les yeux, l'opinion s'en mêle et le gouvernement s'y met. Pourquoi pas avant ? Comme en février 1954, les Français sentent qu'il n'est plus temps de donner du temps au temps. "Il a suffi qu'un homme agisse en dehors des chemins officiels pour que les Français marchent, mais il a fallu aussi le froid. Sans le froid, pas d'abbé Pierre !... Quand la France aura froid, je pourrai agir, moi aussi." (De Gaulle). Une France lucide a de nouveau "froid", moment gaullien où il convient d'oser penser, fût-ce contre ses propres certitudes, puis d'oser entreprendre.
La bataille des idées est un fait accompli... A droite étrangement. Le débat Sarkozy-Villepin, plus qu'une querelle d'ego,
illustre l'affrontement de deux visions de la France et du monde. Mouvement contre conservatisme. Sarkozy rompt clairement avec cette droite habituée à cacher son vide derrière de grands concepts pontifiants. Exemple : en prônant la discrimination positive, qui contrevient à l'égalité virtuelle pour éradiquer les réelles inégalités dues à la couleur de la peau, au domicile et au nom de famille. Ou encore : en théorisant l'aide publique à la construction de mosquées pour éviter aux fidèles de la deuxième religion de France de prier dans des caves ou des locaux offerts par de riches intégristes. Quitte à froisser une conception figée de la laïcité, rappelons qu'en 1905 la France aux dizaines de milliers de clochers ignorait les minarets. La demande a changé, l'offre est restée la même. La société évolue, les principes doivent évoluer avec elle.
La rupture à droite embrasse la politique internationale non moins que l'intérieure. Curieux avatar du "gaullisme", le fétichisme conservateur cultive le primat des Etats, quoi qu'ils fassent. Cette Realpolitik sacrifie notre histoire et notre rayonnement aux intérêts à courte vue de ventes d'armes et de contrats pétroliers. A la chute du mur de Berlin, nos dirigeants firent la moue, puis soutinrent leurs alliés génocidaires du Rwanda et décorèrent Vladimir Poutine de la grand-croix de la Légion d'honneur. Curieuse évolution qui fit de la patrie des droits de l'homme l'apôtre des ordres établis.
Une France généreuse pourtant n'oubliait pas les opprimés : boat people vietnamiens fuyant le communisme, syndicalistes embastillés de Solidarnosc, "folles de Mai" sous le fascisme argentin, Algériennes en butte au terrorisme, torturés chiliens, dissidents russes, Bosniaques, Kosovars, Tchétchènes... Dans nul autre pays, on ne parla autant de ces monstruosités et de ces résistances. La possibilité de s'ouvrir fraternellement au monde est inscrite dans notre patrimoine culturel, voyez Montaigne, voyez Hugo, voyez les French doctors et leurs émules. Aucune fatalité ne condamne nos compatriotes à bouder tous azimuts, à vitupérer le "plombier polonais", à se couper du monde.
Nicolas Sarkozy est le seul candidat aujourd'hui à s'être engagé dans le sillage de cette France du coeur. Il dénonce le martyre des infirmières bulgares condamnées à mort en Libye, les massacres au Darfour et l'assassinat des journalistes, puis énonce une règle de gouvernance fort éloignée de celle de Jacques Chirac. "Je ne crois pas à ce qu'on appelle la Realpolitik qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner un seul contrat. Je n'accepte pas ce qui se passe en Tchétchénie, parce que 250 000 Tchétchènes morts ou persécutés ce n'est pas un détail de l'histoire du monde. Parce que le général de Gaulle a voulu la liberté pour tous les peuples et la liberté, ça vaut aussi pour eux... Le silence est complice et je ne veux être complice d'aucune dictature", a déclaré le président de l'UMP le 14 janvier.
Que répond la gauche ? Peu de chose malheureusement. Où se niche le combat d'idées qui fut si longtemps son privilège ? Où s'est égaré l'étendard de la solidarité internationale, fierté autrefois du socialisme français ? Pas question d'incriminer une candidate que je respecte - même si je n'avale pas sa justice chinoise élevée en modèle de célérité. Elle se trouve aux prises avec un vide plus grand qu'elle, n'en déplaise aux commentateurs ou aux jaloux qui fustigent à bon compte sa démarche ou sa personne. La leçon d'avril 2002 n'a débouché sur aucun renouveau conceptuel au PS.
La gauche officielle se croit moralement infaillible et mentalement intouchable. Le Mouvement et la République, c'est elle. Voilà qui était relativement exact jusqu'en 1945. La gauche avait osé les remises en question et mené les combats d'où naquit notre démocratie laïque et sociale. Mais depuis 1945, Vichy ayant enterré la bien-pensance de droite, la gauche professionnelle s'est endormie sur ses lauriers. Elle méprisa les discussions allemandes (autour de Bad Godesberg) ou anglaises (à propos du New Labour), elle ignora l'explosion spirituelle de la dissidence à l'Est, elle se fiche des "révolutions de velours" de Prague à Kiev et Tbilissi.
Marinant dans son narcissisme, elle se trouve fort dépourvue, lorsque Nicolas Sarkozy, prenant à contre-pied son camp,
se réclame des révoltés et des opprimés, du jeune résistant communiste Guy Môquet, des femmes musulmanes martyrisées, de Simone Veil abolissant la souffrance des avortements clandestins, de Frère Christian à Tibéhirine comme des républicains espagnols. Au lieu de crier à la captation d'héritage, permettez que je me réjouisse. En retrouvant dans le discours du candidat Hugo, Jaurès, Mandel, Chaban, Camus, je me sens un peu chez moi.
Dans une campagne présidentielle, il est utile d'aligner les confrontations impitoyables. Normal aussi de rappeler les candidats à leurs limites. A condition de ne pas éliminer celui que l'on combat en le rayant de la nation. Comme le fait ce député PS qui vitupère le "néoconservateur américain à passeport français". L'ostracisme et la stigmatisation de l'anti-France furent longtemps l'apanage d'une droite qui n'avait guère d'arguments à opposer aux conquêtes de Blum ou de Salengro. La gauche mérite mieux que cela.
Jamais au cours d'une vie longue et pleine d'engagements, je n'ai pris publiquement parti pour quelque candidat, sauf au deuxième tour de mai 2002. Fils de juifs autrichiens qui combattirent les nazis en France, ce pays est mon choix et la gauche ma famille d'origine. C'est pour elle que, depuis quarante ans, je ferraille contre ses pétrifications idéologiques (soutien à Soljenitsyne, aux dissidents antitotalitaires de l'Est, critique des oeillères marxistes).
J'ai un temps rêvé d'une candidature de Bernard Kouchner, restituant à la gauche française une dimension internationale perdue. Veto d'un PS effrayé par l'audace de l'électron libre. J'aurais aimé un ticket Sarkozy-Kouchner. En prenant position pour le premier, je vais perdre des amis. Ma décision, faite de douleurs anciennes et de perspectives nouvelles, est réfléchie. Je ne partage pas toutes les options du candidat UMP. Exemple : les "sans-papiers", je souhaite une régularisation plus ample, fondée sur des critères d'humanité mieux respectés. Voter n'est pas entrer en religion, c'est opter pour le projet le plus proche de ses convictions.
L'humanisme du XXIe siècle s'abstient d'imposer une idée parfaite de l'homme. Garde-fou contre l'inhumain, en nous et autour de nous, il ne peut se satisfaire de déplorer les victimes et de recenser morts ou laissés-pour-compte. Récusant l'indifférence coupable et la manie doctrinaire, l'humaniste s'obstine - lutte sans cesse recommencée - à "faire barrage à la folie des hommes en refusant de se laisser emporter par elle" (discours du 14 janvier). Le "murmure des âmes innocentes" que Sarkozy entendit à Yad Vashem lui dicte cette définition de la politique. Depuis toujours, c'est ce murmure qui porte ma philosophie.
29/01/07, http://www.lemonde.fr/
14:00 Publié dans Profession de foi | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : andre glucksmann, nicolas sarkozy
27.01.2007
Christian BLANC : "Je choisis Sarkozy"
Le député apparenté UDF des Yvelines espère que François Bayrou « participera le moment venu au rassemblement »
autour du président de l'UMP.
LE FIGARO. - Quel est votre choix pour la présidentielle ?
Christian BLANC. - J'ai décidé de soutenir Nicolas Sarkozy. Il a compris que la France est restée trop longtemps figée dans un modèle qui a fait merveille pendant les trente glorieuses mais qui ne marche plus aujourd'hui.
Au cours des prochaines années, nous aurons besoin d'hommes et de femmes capables d'agir de façon résolue. J'apprécie sa capacité d'action. Avant la crise des banlieues, en 2005, j'étais le seul préfet de la Ve République à avoir mis en oeuvre l'état d'urgence - c'était en Nouvelle-Calédonie. À l'automne 2005, j'ai apprécié la grande sérénité avec laquelle Nicolas Sarkozy a géré cette situation périlleuse. Il me semble le mieux préparé et le plus tonique pour faire face aux défis que nous allons connaître : relancer la croissance, augmenter le pouvoir d'achat, pérenniser les retraites, retrouver l'efficacité du service public, moderniser le système politique et réussir une nouvelle étape dans la construction européenne.
Vous avez été élu avec le soutien de l'UDF. Pourquoi lâcher François Bayrou ?
Je ne quitte personne. J'ai toujours été un homme libre. François Bayrou m'a sollicité pour être candidat dans les Yvelines en 2002. J'ai été élu sans étiquette. Nos convergences sont fortes sur l'Europe, c'est pourquoi je me suis apparenté au groupe UDF à l'Assemblée, où j'apprécie la liberté de vote. J'ai de l'amitié pour François Bayrou et j'espère que le moment venu il participera au rassemblement autour de Nicolas Sarkozy pour gagner la présidentielle.
Rocardien d'origine, pourquoi n'êtes-vous pas tenté par le rassemblement gauche-droite que propose Bayrou ?
Mon parti, c'est la France. Je reste fidèle aux idéaux de solidarité et de progrès social. Mon problème depuis vingt ans avec le PS, c'est qu'il n'a pas réussi, au contraire des autres partis socialistes européens, sa mutation sociale-démocrate. Il n'a jamais répondu clairement à la question essentielle : comment produire les richesses qu'on veut redistribuer ? En effet, développement économique et développement social sont indissociables. Par ailleurs, mon action à la RATP témoigne de mon attachement au service public. Je crois avoir restauré l'efficacité du service public tout en redonnant leur fierté aux agents. À l'inverse, le PS refuse de s'attaquer aux corporatismes : comment peut-on défendre de façon pérenne le service public et s'opposer à l'instauration d'un service minimum garanti dans les transports ?
Vous avez participé à la commission Pébereau sur le désendettement de la France. De Bayrou, qui en parle tous les jours, ou de
Sarkozy, qui en parle moins, lequel est le plus crédible ?
Les deux, j'en suis sûr, ont conscience de l'importance de cette question. La dette de la France est abyssale. Tout confondu, elle avoisine les 2 000 milliards d'euros. Pendant vingt ans, la droite et la gauche ont gardé un silence écrasant sur ce sujet. C'est l'action conjuguée d'une reprise de la croissance et d'une réduction des dépenses publiques qui permettra, comme au Canada ou en Suède, de sortir de cette impasse.
Les adversaires de Sarkozy prédisent que l'application de son programme embraserait le pays. Croyez-vous à ce danger ?
Il importe que les candidats précisent ce qu'ils s'apprêtent à faire pour moderniser la France. C'est ce qui leur donnera la légitimité du peuple français pour réaliser, une fois élus, les réformes structurelles nécessaires. En ce qui me concerne, avec le mouvement Énergies 2007, que j'ai fondé, je contribuerai auprès de Nicolas Sarkozy à faire entrer la France dans le XXIe siècle avec optimisme.
17:00 Publié dans Profession de foi | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : interview, christian blanc, nicolas sarkozy









