21.11.2007

REPRISE DES NEGOCIATIONS

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Et voilà, c'est le Grand Soir Jour... les négociations tant attendues ont enfin débuté.

eb9dd257fb8026aecdcda701cfbf7a43.jpgSauf que... il se murmure que ce matin, entre café et croissant, Bernard Thibault aurait sussuré à l'oreille de François Chérèque :

J'veux pas y'aller à ce dîner, j'ai pas l'moral, j'suis fatigué, ils nous en voudront pas, allez on n'y va pas.

En plus faut que je fasse un régime ma chemise me boudine, j'ai l'air d'une chipolata, je peux pas sortir comme ça.

Ça n'a rien à voir je les aime bien tes amis, mais je veux pas les voir parce que j'ai pas envie.

On s'en fout, on n'y va pas, on n'a qu'à se cacher sous les draps, on commandera des pizzas, toi la télé et moi,

On appelle, on s'excuse, on improvise, on trouve quelque chose, on n'a qu'à dire à tes amis qu'on les aime pas et puis tant pis.

15a37b9390efbeedfa86bd0e13ae74c6.jpgAinsi fut dit, ainsi fut fait. Le coup de fil fatidique est passé. Branle-bas de combat au Ministère du Travail, où Xavier Bertrand s'étrangle d'indignation, et surtout, de déception. La mort dans l'âme, déprimé, il se résoud quand même à appeler Bernard Thibault, lui-même en train de ramasser les miettes de pains au chocolat que Chérèque a dispersé dans le lit en s'esclaffant devant les bourdes d'un Louis de Funès aux prises avec des extraterrestres. Mais devant les appels au secours répétés du Ministre du Travail, Bernard Thibault comprend qu'il ne peut pas se défiler ouvertement, et entreprend de lui remonter le moral :

Si t'as besoin de moi, peu importe le problème, pour te tendre la main si les autres portes se referment, la mienne est ouverte sans question, sans conditions, faut juste s'entendre sur la date, j'ai des obligations.

Tu peux compter sur moi, quand tu veux et où que ce soit, je serai toujours là pour toi, tu peux compter sur moi, mais surtout n'oublie pas...

Faut pas que ce soit trop loin, j'prends pas l'avion j'ai trop peur, j'prends pas non plus le bateau parce que j'ai le mal de mer. Je peux venir en train mais je voyage en première, comme j'conduis pas, pour la voiture il me faut un chauffeur.

Sinon, à part ça, tu peux compter sur moi.

Si tu as perdu le goût et perdu le chemin, si tu tiens à peine debout, si c'est la peine qui te tient, si tu te sens seul, si t'as besoin d'une épaule, si tu te sens mal, t'hésites pas, tu m'appelles.

Tu peux compter sur moi, quand tu veux et où que ce soit, je serai toujours là pour toi, tu peux compter sur moi, mais surtout n'oublie pas...

Le week-end ça m'arrange pas, la semaine j'suis pas trop joignable. Les vacances pourquoi pas, sauf que je coupe mon portable. Je peux je crois en juin, mais vaut mieux que je vérifie. Dimanche en huit je fais rien, ah non ! Je serai pas à Paris.

Sinon, à part ça, tu peux compter sur moi.

6eb9ccaf3ab8a312fc708ddcdd7a7fe3.jpgXavier Bertrand est rassuré. Ce n'est que partie remise. Les négociations auront bien lieu. Désormais détendu, il prend même le temps de s'enquérir auprès d'un Bernard Thibault pressé de retourner sous la couette (Chérèque n'a même pas mis le film sur "pause" quand le téléphone a sonné) de l'état d'esprit de ses collègues syndicalistes, et notamment de celui de Christian Mahieux, secrétaire fédéral de Sud Rail.

" - Christian ? répond alors Bernard Thibault, ça va pas fort. La dernière fois que j'ai dîné avec lui, il m'a dit qu'

Il voudrait être un méchant de James Bond pour menacer la planète et soumettre le monde, armé jusqu'aux dents dans un repère qu'il imagine à l'intérieur d'un volcan ou dans une base sous-marine.

Tous à mettre dans le même sac, qu'on lui parle pas de politique, c'est magouille et compagnie et qui c'est qui paye... c'est bibi ! C'est pas la vie qu'il mérite, il veut que ça change et vite, même l'amour c'est du pipo les femmes aussi c'est des salauds.

Il voudrait être un méchant de James Bond pour menacer la planète et soumettre le monde, il aurait un rire sardonique qui inspire la terreur, pas trop sardonique quand même, parce qu'il sait pas ce que ça veut dire... quand c'est mal fait ça fait pas peur !

Alors personne serait assez fou pour le prendre de haut, les yeux il les baisserait plus, il aurait le dernier mot. On le respecterait enfin, lui ne nous détesterait plus, lui qui n'aimait que son chien, son chien d'ailleurs qu'il a perdu. Son chef de service sûrement reviendrait sur sa décision, plutôt qu'un licenciement ce serait une augmentation. Peut-être même que sa femme annulerait le divorce, et aucun juge n'aurait l'audace de le priver de ses gosses.

Il voudrait être un méchant de James Bond pour menacer la planète et soumettre le monde, armé jusqu'aux dents dans un repère qu'il imagine à l'intérieur d'un volcan ou dans une base sous-marine. "

 " - Oups, soupire alors Xavier Bertrand, c'est pas gagné alors... Bonne journée, Bernard, et fais la bise à François de ma part... "

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Pour en savoir plus sur la vie tumultueuse de Bernard, François, Xavier, Christian et les autres, n'hésitez pas à écouter la totalité de l'opus Bénabaresque.

Cette page de fiction syndicaliste vous était offerte par moi. Toute ressemblance avec des personnages existants, etc., etc.

15.11.2007

GREVE ET HUMOUR

C'est - encore - de la grève que je veux vous parler, sous l'angle du second degré cette fois. J'ai relevé deux traitements de l'événement qui m'ont fait sourire.

Tout d'abord, il y a cette lettre, qui en rappelle vaguement une autre. Souvenez-vous : la lecture "obligatoire" de la lettre de Guy Môquet a fait polémique il y a peu. Cette parodie grinçante, dont j'ai eu connaissance par Timothée (merci à lui), met en relief plusieurs points : tout d'abord, l'absence totale de lucidité - ou le masochisme social? - de certains étudiants, acteurs délibérés de leur propre déchéance administrative, que pointait de son noble doigt Alain Finkielkraut le 11 novembre ; ensuite, la faillite des idéaux, qui se traduit par une frilosité tragique face à toute réforme susceptible d'injecter un tant soit peu de modernité dans le quotidien... ce qui supposerait en effet de s'y adapter. Effort insupportable.

Puis il y a cette vidéo sans prétention, parodie d'une célèbre chanson des Village People, YMCA, réalisée par Mister Olive 

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Ma petite maman chérie, et vous Joseph, Léon, Ernesto, Hugo et Mao, mes tout petits poissons – rouges évidemment ! – adorés.

Croyez-moi, j’ai essayé de suivre la voie que vous m’aviez tracée. Quand j’ai entendu le mot réforme, comme vous l’aviez déjà fait, mes camarades, en 2006 contre le CPE, en 2005 contre la réforme du bac, en 2004 contre la réforme LMD, en 2003 contre celle de Ferry – enfin comme vous l’aviez toujours fait – j’ai bloqué ma fac.

Avec un peu de retard, je vous l’accorde, la loi ayant été adoptée au mois de juillet, mais que voulez-vous l’arrière saison étant tellement plus agréable sur la côte, j’ai prolongé mes vacances.

Aujourd’hui, je sais que je vais mourir. Oh non ! Ce n’est pas des CRS que j’ai peur. Cela fait bien longtemps que j’ai appris à aimer l’odeur des gaz lacrymogènes.

[...] C’est la loi LRU qui va me tuer !

Avec cette loi, les présidents d’universités auront la responsabilité de l’entretien des bâtiments. Certains n’hésiteront pas à les repeindre. Tu sais, toi ma petite maman chérie, comme l’air me manque à chaque fois que j’entre dans une pièce propre.

Si les facs sont rénovées et nettoyées, où vais-je pouvoir me cacher ? C’est sûr, je vais mourir !

Plus dangereux encore. La loi va permettre aux universités de créer des bureaux, des stages et une aide à l’insertion professionnelle.

C’est sûr, ils veulent que l’on trouve du boulot …

Mon petit papa adoré, tu sais, toi, comme mes camarades et moi sommes réfractaires à toute forme de travail. Il est trop tard, je vais mourir.

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31.10.2007

DEFINITION BOVINE DE L'EVENTAIL POLITIQUE

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Le cours d'éducation civique par Claudius à partir d'une assiette d'épinards m'a remis en tête celui, lu et relu sur le web, relatif aux plus fameuses vaches du monde... celles qui servent de prétexte à une pédagogie politique aussi efficace qu'hilarante. J'ai donc eu envie de sacrifier au rituel si souvent répété, celui de la publication du sus-dit cours.

Au passage... notons la proximité complice qu'entretiennent les vaches et la politique, en France. Déjà, il y a la fameuse phrase de De Gaulle, "les français sont des veaux", dont j'avais succinctement abordé l'exégèse lors d'un billet il y a quelques mois. Ensuite, il y a Koz, et son admiratrice cornue qui nous contemple du coin gauche en haut de son blog quand nous plongeons dans une lecture aussi assidue qu'épiée, du coup. Enfin, il reste le succès de l'énoncé ci-dessous dont je suis la victime consentante. Nostalgie du passé paysan de la France? Allez savoir...

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SOCIALISME : Vous avez 2 vaches. Vos voisins vous aident à vous en occuper et vous partagez le lait.

COMMUNISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous prend les deux et vous fournit en lait.

FASCISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous prend les deux et vous vend le lait.

NAZISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous prend la vache blonde et abat la brune.

DICTATURE : Vous avez 2 vaches. Les miliciens les confisquent et vous fusillent.

FEODALITE : Vous avez 2 vaches. Le seigneur s’arroge la moitié du lait.

DEMOCRATIE : Vous avez 2 vaches. Un vote décide à qui appartient le lait.

DEMOCRATIE REPRESENTATIVE : Vous avez 2 vaches. Une élection désigne celui qui décidera à qui appartient le lait.

DEMOCRATIE DE SINGAPOUR : Vous avez 2 vaches. Vous écopez d’une amende pour détention de bétail en appartement.

ANARCHIE : Vous avez 2 vaches. Vous les laissez se traire en autogestion.

CAPITALISME : Vous avez 2 vaches. Vous en vendez une, et vous achetez un taureau pour faire des petits.

CAPITALISME DE HONG KONG : Vous avez 2 vaches. Vous en vendez 3 à votre société cotée en bourse en utilisant des lettres de créance ouvertes par votre beau-frère auprès de votre banque. Puis vous faites un " échange de lettres contre participation ", assorti d’une offre publique, et vous récupérez 4 vaches dans l’opération tout en bénéficiant d’un abattement fiscal pour l’entretien de 5 vaches. Les droits sur le lait de 6 vaches sont alors transférés par un intermédiaire panaméen sur le compte d’une société des îles Caïman, détenues clandestinement par un actionnaire qui revend à votre société cotée les droits sur le lait de 7 vaches. Au rapport de ladite société figurent 8 ruminants, avec option d’achat sur une bête supplémentaire. Entre-temps vous abattez les 2 vaches parce que leur horoscope est défavorable.

CAPITALISME SAUVAGE : Vous avez 2 vaches. Vous vendez l’une, vous forcez l’autre à produire comme quatre, et vous licenciez l’ouvrier qui s’en occupait en l’accusant d’être inutile.

BUREAUCRATIE : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement publie des règles d’hygiène qui vous invitent à en abattre une. Après quoi il vous fait déclarer la quantité de lait que vous avez pu traire de l’autre, il vous achète le lait et il le jette. Enfin, il vous fait remplir des formulaires pour déclarer la vache manquante.

ECOLOGIE : Vous avez 2 vaches. Vous gardez le lait et le gouvernement vous achète la bouse.

FEMINISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous inflige une amende pour discrimination. Vous échangez une de vos vaches pour un taureau que vous trayez aussi.

SURREALISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement exige que vous leur donniez des leçons d’harmonica.

CAPITALISME EUROPEEN : On vous subventionne la première année pour acheter une 3ème vache. On fixe les quotas la deuxième année et vous payez une amende pour surproduction. On vous donne une prime la troisième année pour abattre la 3ème vache.

MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE BRITANNIQUE : Vous tuez une des vaches pour la donner à manger à l’autre. La vache vivante devient folle. L’Europe vous subventionne pour l’abattre. Vous la donnez à manger à vos moutons.

CAPITALISME A LA FRANCAISE : Pour financer la retraite de vos vaches, le gouvernement décide de lever un nouvel impôt : la CSSANAB (cotisation sociale de solidarité avec nos amies les bêtes). Deux ans après, comme la France a récupéré une partie du cheptel britannique, le système est déficitaire. Pour financer le déficit on lève un nouvel impôt sur la production de lait : le RAB (remboursement de l’ardoise bovine). Les vaches se mettent en grève. Il n’y a plus de lait. Les Français sont dans la rue : "DU LAIT, ON VEUT DU LAIT". La France construit un lactoduc sous la manche pour S’approvisionner auprès des Anglais. L’Europe déclare le lait anglais impropre à la consommation. On lève un nouvel impôt pour l’entretien du lactoduc devenu inutile.

CORSE : Vous avez deux cochons qui courent dans la forêt. Vous déclarez 200 vaches et vous touchez les subventions européennes.