05.12.2007

Veuillez pardonner cette interruption momentanée des programmes...

... dûe à une défection cruelle de la science en matière d'ubiquité.

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29.11.2007

CANDIDE... ?

Très peu de temps pour bloguer ces derniers jours. Au moins, cela laisse à chacun le temps de réviser ses classiques... Comme par exemple les dernières lignes du Candide de Voltaire. Toujours aussi instructif.

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Il y avait dans le voisinage un derviche très fameux, qui passait pour le meilleur philosophe de la Turquie ; ils allèrent le consulter ; Pangloss porta la parole, et lui dit : « Maître, nous venons vous prier de nous dire pourquoi un aussi étrange animal que l'homme a été formé.

-- De quoi te mêles-tu ? dit le derviche, est-ce là ton affaire ?

-- Mais, mon Révérend Père, dit Candide, il y a horriblement de mal sur la terre.

-- Qu'importe, dit le derviche, qu'il y ait du mal ou du bien ? Quand Sa Hautesse envoie un vaisseau en Égypte, s'embarrasse-t-elle si les souris qui sont dans le vaisseau sont à leur aise ou non ?

-- Que faut-il donc faire ? dit Pangloss.

-- Te taire, dit le derviche.

-- Je me flattais, dit Pangloss, de raisonner un peu avec vous des effets et des causes, du meilleur des mondes possibles, de l'origine du mal, de la nature de l'âme et de l'harmonie préétablie. »

Le derviche, à ces mots, leur ferma la porte au nez.

Pendant cette conversation, la nouvelle s'était répandue qu'on venait d'étrangler à Constantinople deux vizirs du banc et le muphti, et qu'on avait empalé plusieurs de leurs amis. Cette catastrophe faisait partout un grand bruit pendant quelques heures. Pangloss, Candide et Martin, en retournant à la petite métairie, rencontrèrent un bon vieillard qui prenait le frais à sa porte sous un berceau d'orangers. Pangloss, qui était aussi curieux que raisonneur, lui demanda comment se nommait le muphti qu'on venait d'étrangler.

« Je n'en sais rien, répondit le bonhomme, et je n'ai jamais su le nom d'aucun muphti ni d'aucun vizir. J'ignore absolument l'aventure dont vous me parlez ; je présume qu'en général ceux qui se mêlent des affaires publiques périssent quelquefois misérablement, et qu'ils le méritent ; mais je ne m'informe jamais de ce qu'on fait à Constantinople ; je me contente d'y envoyer vendre les fruits du jardin que je cultive. »

Ayant dit ces mots, il fit entrer les étrangers dans sa maison : ses deux filles et ses deux fils leur présentèrent plusieurs sortes de sorbets qu'ils faisaient eux-mêmes, du kaïmac piqué d'écorces de cédrat confit, des oranges, des citrons, des limons, des ananas, des pistaches, du café de Moka qui n'était point mêlé avec le mauvais café de Batavia et des îles. Après quoi les deux filles de ce bon musulman parfumèrent les barbes de Candide, de Pangloss et de Martin.

« Vous devez avoir, dit Candide au Turc, une vaste et magnifique terre ?

-- Je n'ai que vingt arpents, répondit le Turc ; je les cultive avec mes enfants ; le travail éloigne de nous trois grands maux : l'ennui, le vice, et le besoin. »

Candide, en retournant dans sa métairie, fit de profondes réflexions sur le discours du Turc. Il dit à Pangloss et à Martin :

« Ce bon vieillard me paraît s'être fait un sort bien préférable à celui des six rois avec qui nous avons eu l'honneur de souper.

-- Les grandeurs, dit Pangloss, sont fort dangereuses, selon le rapport de tous les philosophes : car enfin Églon, roi des Moabites, fut assassiné par Aod ; Absalon fut pendu par les cheveux et percé de trois dards ; le roi Nadab, fils de Jéroboam, fut tué par Baaza ; le roi Éla, par Zambri ; Ochosias, par Jéhu ; Athalia, par Joïada ; les rois Joachim, Jéchonias, Sédécias, furent esclaves. Vous savez comment périrent Crésus, Astyage, Darius, Denys de Syracuse, Pyrrhus, Persée, Annibal, Jugurtha, Arioviste, César, Pompée, Néron, Othon, Vitellius, Domitien, Richard II d'Angleterre, Édouard II, Henri VI, Richard III, Marie Stuart, Charles Ier, les trois Henri de France, l'empereur Henri IV ? Vous savez...

-- Je sais aussi, dit Candide, qu'il faut cultiver notre jardin.

-- Vous avez raison, dit Pangloss : car, quand l'homme fut mis dans le jardin d'Éden, il y fut mis ut operaretur eum, pour qu'il travaillât, ce qui prouve que l'homme n'est pas né pour le repos.

-- Travaillons sans raisonner, dit Martin ; c'est le seul moyen de rendre la vie supportable. »

Toute la petite société entra dans ce louable dessein ; chacun se mit à exercer ses talents. La petite terre rapporta beaucoup. Cunégonde était à la vérité bien laide ; mais elle devint une excellente pâtissière ; Paquette broda ; la vieille eut soin du linge. Il n'y eut pas jusqu'à frère Giroflée qui ne rendît service ; il fut un très bon menuisier, et même devint honnête homme ; et Pangloss disait quelquefois à Candide :

« Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin, si vous n'aviez pas été chassé d'un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l'amour de Mlle Cunégonde, si vous n'aviez pas été mis à l'Inquisition, si vous n'aviez pas couru l'Amérique à pied, si vous n'aviez pas donné un bon coup d'épée au baron, si vous n'aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d'Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches.

-- Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »

02.11.2007

AH, LES PROBLEMES DE TAILLE...

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Coluche avait eu du nez, qui il y a plus de 20 ans tenait déjà à rassurer nos compatriotes masculins avec ses mots à lui, lorsqu'il s'écriait : "Ce ne sont pas ceux qui ont les plus grandes oreilles qui entendent le mieux". La plupart des femmes vous le diront, Messieurs, la taille ne fait pas tout : un mauvais pilote au volant d'un semi-remorque est souvent bien moins apprécié par les automobilistes qu'un conducteur attentionné au volant d'une berline très traditionnelle... mais ne vous inquiétez pas, je ne filerai pas la métaphore jusqu'à parler de formule 1. Indécent.

Pourquoi ce naufrage vers de telles considérations? Simplement pour introduire le récit d'une méprise tellement caractérisque des anti-sarkozystes qu'elle en devient pathétique. La campagne présidentielle avait montré cet attachement viscéral des partisans du TSS aux problèmes de physique : encore maintenant, Sarkozy est régulièrement désigné sous les termes de "nabot", "nain", etc., un peu comme si - nous y voilà - l'homme se définissait avant tout par une question... de taille. Benoit Hamon, porte-parole du PS, avait même tenté de relancer les attaques il y a peu en accusant Sarkozy d'être atteint du syndrôme du petit homme. Affligeant.

Ces personnes tendraient donc à faire émerger une nouvelle théorie politique dont l'aboutissement logique serait, selon leur degré de refoulement, l'arrivée au pouvoir après naturalisation - au choix - de Rocco Siffredi ou bien Leonid Stadnyk. D'où mon interrogation : comment ont-elles pu maintenir tant d'années à la tête du PS un homme de la stature de François Mitterrand, dont la taille, même lorsqu'elle était relativisée par son entourage, ne m'a jamais choquée ?

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Ce qui m'amène à ces considérations, c'est la découverte successive de plusieurs photos sur la blogosphère. La première figure Nicolas Sarkozy et Georges Bush, le premier se trouvant debout sur une mallette, tentant d'arriver à la hauteur du second. Elle fut publiée chez Serge Faubert, puis reprise entre autres par Sébastien Fontenelle, avant d'être allègrement relayée par Luc Mandret. PS, LCR et MoDem, même combat ! No Pasaran camarades !

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Et pourtant... à y regarder de plus près, on remarque quand même que ces messieurs ont un certain embonpoint, qui dépasse malgré tout la réalité. D'ailleurs, Luc Mandret, après s'être copieusement moqué de Sarkozy, annonce un peu piteusement qu'en fait la photo est un fake, un montage, une ineptie enfin, puisque la trace de l'originale a été retrouvée.

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Et voilà comment s'écroule le scoop du siècle, pour mieux mettre au grand jour les aléas de la vie sexuelle des protagonistes commentateurs dont, honnêtement, nous n'avions rien à savoir. Complexé à 15 ans, agressif à 25, viagra à 35... C'est toute une vie qui se raconte derrière cette jubilation centimétrique. Ah là là, et je ne vous parle même pas de ce qui se cache derrière la volonté de "mettre tout le monde au même niveau" dont se targue si souvent la gauche...

Si le nez de Cléopâtre avait été plus court, disait Pascal, la face de la Terre en aurait été changée. Soyez certains qu'à quelques centimètres près, celle de la vie politique française - et de ses commentateurs - pourrait l'être aussi...

29.10.2007

TIME FAILURE

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Eh oui, la mire... J'ai un peu de mal à faire face sur tous les fronts en ce moment. Et pourtant l'actualité reste riche, et les sujets de billets ne manquent pas.

L'un de ces sujets possibles concerne Charles de Gaulle, le Général devenu premier Président de la Vème RF - dont il fut aussi fondateur - et ce à deux titres : d'une part, le projet de réforme de la Constitution que propose la Commission Balladur n'a pas fini de susciter la polémique, y compris au sein de la majorité ; d'autre part, le 9 novembre cela fera 37 ans que De Gaulle s'est discrètement éclipsé de la scène terrestre.

Ces deux événements conjoints ont amené Flamant Rose, féru d'histoire et grand admirateur de De Gaulle, à en proposer une biographie, documents originaux à l'appui. Merci à lui d'avoir su mettre en relief ainsi, en quelques lignes, la vie et l'action de l'homme qui a porté à bout de bras la France tout au long du XXème siècle.

17.10.2007

IDEES DE LECTURE

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Je n'ai malheureusement pas le temps de faire de billet sur tous les sujets qui m'intéressent... alors je vous livre des idées de lecture - avec extraits, s'il vous plaît - que je trouve éclairantes quant à l'actualité et aux débats qui l'accompagnent. A vous de faire votre marché.

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Sur la politique économique et financière du gouvernement :

  • Cet article des Echos, datant du 04/10/07, intitulé "l'hyperréalisme budgétaire de Sarkozy" :

" [...] comme chaque automne depuis trente ans, dans le pays de la « relance keynésienne permanente », le budget présenté la semaine dernière est prévu en lourd déficit. Ce budget est d'autant plus déconcertant que peu d'économistes semblent croire que les 9 à 15 milliards du paquet fiscal puissent réellement donner à la France le fameux « point de croissance » qui lui manque. Alors, comment comprendre, dans un Etat déjà surendetté, le geste du gouvernement?"

  •  Un billet de Xerbias sur le même sujet, intitulé "Restaurer les finances publiques françaises" :

" Le trou de la sécurité sociale reste toujours aussi béant, et le déficit de la SNCF vient d'être intégré aux déficits publics comptés par la Commission Européenne. Face aux réformes à venir ou en cours, les corporatismes sont déjà à l'œuvre, comme le montre la grève des transports en commun décidée pour le 18 octobre. C'est pourtant de l'intérêt général dont il s'agit. En 1995, la France a raté la possibilité d'un changement profond, et elle en paye le prix depuis. Le 5 décembre 1995, le Premier ministre de l'époque, Alain Juppé, déclarait "les yeux dans les yeux" aux Français à propos de sa réforme : "Je ne retirerai pas le plan de sauvegarde de la Sécurité Sociale parce que ce serait une erreur, et je dirais même une faute que de le faire. Cela irait contre l'intérêt de chacun et chacune d'entre vous, et contre l'intérêt de la France." Il avait raison. Mais il a fini par le retirer, ce qui fut bien une faute, et on en mesure les lourdes conséquences aujourd'hui. "

 Plusieurs portraits de personnalités politiques :

La défaite sévère de Ségolène Royal ne l'empêche pas de vouloir devenir Présidente de la République française un jour. A l'instar de François Bayrou, son discours de concession constitua sa première rampe de lancement pour la prochaine présidentielle. Pour qu'elle puisse y arriver, il faudra d'abord qu'elle comprenne les raisons qui l'ont fait perdre cette année, alors que l'insatisfaction envers le gouvernement était forte, et le jeu de l'alternance était devenu une habitude. Déjà, il faut reconnaître qu'elle a eu la sincérité d'admettre que son programme économique n'était pas crédible. C'était en effet l'une des principales raisons de son échec. Le mieux aurait pourtant d'en tirer les conséquences dès le départ, en présentant un programme économique qui aurait été crédible, surtout qu'avec la phase des débats participatifs, elle en aurait eu largement le temps.

  • Un portrait de Jacques Attali par Anne Fulda, datant du 29/09/07, intitulé "Attali, le 'Dr Croissance de Sarkozy'", et publié sur lefigaro.fr :

Lorsque l'on voit Jacques Attali présider « sa » commission, on imagine sans peine l'enfant qu'il a été. Premier de la classe, évidemment. Brillant, intelligent, obligatoirement. Mais on devine aussi qu'il a dû être agaçant. À la fois irritant et fascinant. Comme ces enfants surdoués, couvés par leur mère - il appelle la sienne tous les jours - et élevés dans la certitude de leur supériorité. Comme ces gamins qui ont réussi à capter l'attention de leur maîtresse d'école, non pas grâce à leur jolie frimousse, mais grâce à leur agilité intellectuelle.

À presque 64 ans, Jacques Attali n'a probablement pas beaucoup changé. Il peine à cacher son impatience face aux gens moins rapides que lui. Il ne cultive guère l'humilité, lui qui réfute avoir monté les échelons de la société française poussé par une quelconque soif de reconnaissance sociale. « Des jolies femmes jusqu'au bon tailleur, Jacques a pourtant tous les syndromes de celui qui veut montrer qu'il a réussi », s'amuse l'un de ses anciens amis. Lors de l'entretien qu'il accorde dans son bureau, avenue de Ségur, à Paris, il ne peut d'ailleurs s'empêcher de glisser, tout en refusant de parler de sa vie privée, qu'il est sorti « avec plusieurs femmes célèbres et que cela ne s'est jamais su ».

" Il a suffi qu'en début de campagne il provoque le candidat pour entrer de plain-pied dans sa vie politique. "Dans l'intimité intellectuelle de Nicolas", précise un proche. Conseiller à la Cour des comptes en mal d'influence, Guaino se souvient qu'en 1995 il a été, avec Philippe Séguin, l'artisan de la victoire de Jacques Chirac en lui offrant le thème de la "fracture sociale". Il se verrait bien, douze ans plus tard, en maître d'oeuvre de celle de Nicolas Sarkozy. Convaincu que le ministre de l'Intérieur est dans l'erreur : "Le candidat du communautarisme, du libéralisme et de l'atlantisme ne peut pas être élu", lui assène-t-il sans détour. "Tu as raison, il faut que nous fassions la synthèse de la France du oui et de la France du non", lui répond "Sarko". Ainsi, le pacte est signé.

Peut alors commencer, souvent à quatre mains, au terme de combats d'idées et de nuits sans fin, l'écriture des longs discours qui ont imprimé la marque du candidat. Premier du genre, celui de Nîmes en mai 2006 dans lequel Sarkozy exalte la France et son histoire, et non plus seulement les Français : "Ce soir-là, il s'est passé quelque chose. Un lien s'est tissé entre lui et les gens", s'enflamme l'auteur des mots de Sarkozy dont il suit le prononcé du bout des lèvres, toujours assis au premier rang des meetings. "Il vibre par procuration", observe un homme de l'Elysée. Et quelle jubilation quand un parterre de droite applaudit à tout rompre Jaurès, Clemenceau ou Blum, autant de noms qu'il a semés dans ses discours pour casser les clivages, mais plus encore pour déstabiliser l'adversaire. "Il a un mérite, consent Claude Goasguen, député UMP de Paris, celui d'avoir fait souffler un peu d'Histoire dans les discours d'un libéral." Et d'avoir infléchi la doctrine habituelle de la droite : Guaino le souverainiste a gagné contre les européistes, l'étatiste contre les libéraux, le pourfendeur du traité de Maastricht contre les tenants de l'euro fort, de la réduction de la dette et des déficits."

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Dernière minute : le Nouvel Observateur annonce la séparation officielle du couple Sarkozy.

05.10.2007

APRES LES 12 TRAVAUX D'HERCULE, LES 6 QUESTIONS DE LOMIG

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Bon, ben voilà, c'est à moi. Après Crise dans les médias, Diner's Room, Toréador, Ma vie en narcisse, CaRéagit, Plume de Presse, Chez Nico, Pensées d'outre-politique, Criticus, Pierre Catalan, What's Next, et enfin (ouf!) Incandescences, c'est à mon tour de répondre aux désormais légendaires 6 questions de Lomig, valeureux rédacteur du blog Expression Libre.

Le principe est simple : Lomig pose 6 questions (toujours les mêmes) à un blogueur, et le blogueur en question doit y répondre le plus sincèrement possible. Les 6 questions concernées sont les suivantes :

  1. Peux-tu faire un historique rapide de ton blog ?
  2. Pourquoi blogues-tu ?
  3. Comment te positionnerais-tu sur l’échiquier politique ?
  4. Quel est ton avis sur les réformes mises en oeuvre par Sarkozy et le gouvernement Fillon ?
  5. Quel est ton avis sur les pistes à suivre pour réformer le PS ?
  6. Quel est ton point de vue sur l’Islam ? Penses-tu qu’il représente un danger pour la démocratie ?

Pour ceux qui ont envie de savoir comment je m'en suis sorti, voire d'en discuter sur place autour d'un café chaud clavier glacial, c'est ici que ça se passe.

01.10.2007

LET'S SHARE PRIDE

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- C'est avec une grande joie...

Non, ça ne va pas. Je recommence.

- C'est avec un plaisir non dissimulé...

Trop solennel. Try again.

- C'est un honneur pour moi de...

Pfff, trop ampoulé, on se croirait sur France 3 à une remise de Molière...

Oh, et puis mince. Voilà, mon blog vient de faire son entrée dans le top 100 au classement Wikio, et ça fait plaisir !

Ajoutez à cela une présence récente dans les 30 premiers blogs politiques dans le classement quotidien de bonvote, et tous les ingrédients sont là pour une petite fierté passagère manquant singulièrement de retenue et de pudeur. Heureusement que Koz est là pour rappeler les principes ayant fait leurs preuves en la matière...

14.09.2007

ROSE NOIRE ET AUTRES INCANDESCENCES

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Chers amis, je me juppéise. Non, mon crâne n'est pas encore aussi lisse que celui de l'illustre bordelais, et le QI qu'il abrite parvient difficilement à atteindre le quart de celui de l'ex Ministre au Développement durable. Ce que je veux dire par là... c'est que je commence à avoir des coups de coeur.

J'ai encaissé le dernier en parcourant le blog de Rose Noire, répondant au nom lumineux d'Incandescences. J'avoue que le "parcours" en question s'est dangereusement éternisé, chaque billet en appelant un autre. Et voilà comment on plombe deux heures de sa journée à se faire plaisir. Mais que fait la police des moeurs...

Qui donc est Rose Noire, vous demandez-vous déjà?  Réponse officielle de l'intéressée :

Blogueuse cosmopolite, israélo-belgo-française, je m'intéresse de près aux techniques de communication et marketing politique. Encartée au Mouvement Réformateur belge, parti frère de l'UMP, je suis de très près la vie politique française. Mon blog n'est pas un blog politique...mais j'y parle de politique plus souvent qu'à mon tour.

Je confirme, elle en parle. Et pas n'importe comment... car Rose Noire, c'est avant tout un style, une plume, que dis-je une plume, mieux que ça : UN CLAVIER (pas Christian, l'autre). L'écriture version Rose Noire, c'est la rencontre de l'allégorie poétique et de la frappe chirurgicale. C'est la caresse dangereuse du bistouri sur la peau nue de l'actualité :

Pour qu'un sujet me motive suffisament pour écrire, il faut qu'il s'accompagne de l'adrénaline, de la fureur, du bruit des lances brisées qui accompagne la conquête du pouvoir.

Au moment précis où la dernière marche est franchie, à l'instant même ou le fracas des épées se dilue dans les ors de la République, il n'y a plus de feu au bout de mes doigts ni dans mes mots. (1)

Et le feu, Rose Noire l'aime, vous l'aurez compris. D'où un peu le nom de son blog.

Pour ma part, je suis tout d'abord (logiquement) tombé directement sur son dernier billet (il l'était au moment où j'écris ceci), dont je n'ai pas compris instantanément la perspective. Test acide, qu'il s'intitulait. D'abord j'ai cru à la réminiscence pédagogique d'une enseignante chimiste en mal de public :

Bienvenue au laboratoire de chimie analytique. La leçon du jour portera sur une des méthodes d'analyse classiques servant à déterminer le degré de pureté et de résistance de l'or.

Comme nous l'avons vu lors du cours précédent, l'or pur présente deux caractéristiques physico-chimiques intéressantes, à savoir: 

  1. Sa malléabilité, qui lui permet de compenser les effets de traction importants et lui évite de se briser rapidement; 
  2. Son inaltérabilité face aux attaques par les acides minéraux forts.

Et puis, peu à peu, le spectre d'un second degré subtil comme une brise d'automne a insensiblement enserré mes neurones dans son étreinte vaporeuse, pour finir dans la violence d'un mistral hivernal :

Voici un exemple d'étalon-or, classés en fonction de leur degré de pureté. Tout à fait à votre droite, le 24 carats thatchéro-reaganoïde, complètement inaltérable par toutes les formes connues d'acide socialo-revendicatif. A l'opposé, vous trouverez les alliages moins nobles contenant des fractions variables de dépantalonnade juppienne, raffarinesque et villepéniste chiraco-tolérée. Avec, évidemment, toutes les variantes intermédiaires entre l'or mou à 8 carats et le super-dur in your face à 24 carats.

L'expérience débutera le 18 septembre. Je reste ouverte à vos suggestions quant à la composition possible de l'échantillon analysé. Pour ma part, je ne pense même pas qu'il réponde aux définitions connues et supposées. À mon humble avis, il n'y aura pas de réaction chimique directe et prévisible, mais bien réactions composites subtiles, graduelles et détournées avec moultes distribution d'hallucinogènes médiatiques assorties d'applications massives d'assistants de pénétration (Vaseline, pour les incultes).

Moi, j'aime le in your face. C'est comme le Rhââvoui ou le Prix Pandan Lagueul', ça me met en joie. 

Mais le mieux, c'est quand même encore quand Rose Noire s'énerve. Comme lors de son coup de gueule mémorable contre les mâles blogueurs en quête effrénée de statistiques. Ca s'appelait Bac à sable 2.0 :

Ahh, la blogosphère politique...

Si vous y traînez suffisamment, vous n'avez sûrement pas pu échapper au spectacle à haute valeur sociologique ajoutée des petites guéguerres entre blogueurs.

Ho ho ho, mais qu'y sont fils à papa snobinards, Brise Maritime, Juristes Ltd et toute leur bande. Ah mais taisez-vous donc, foutriquets, comment osez-vous, d'ailleurs regardez, vous n'êtes que des microbloggueurs insignifiants, mes statistiques sont plus grosses que les vôtres! Et j'ai mon rang Technocrati qui fait pipi le plus loin !

Wouin, y a Machin qu'a dit du mal, bobo mon ego, mais pas grave je m'en fiche, même pas mal, na na nèreeuh, c'est qu'une bande de gôchiss, ou d'anarchiss, ou d'orangiss, ou de sarkozyss, qui savent même pas écrire sans fôtes, en plus !

Et que je te balance des piques par blogs interposés. Et que je te trolle dans les commentaires. Et que je règle mes comptes à coups de billets rageurs. C'est le royaume de l'attaque ad hominem, de la mise au pilori virtuel.

Allez allez, on range sa pelle et son seau, on va se laver les mains, et on vient dîner.

Baoum. Il faudrait juste fournir la pelle et la balayette qui vont avec, pour ceux qui ont besoin après lecture de ramasser leurs dents.

Voilà. Je continuerais volontiers ma visite guidée, mais à un moment c'est aussi à vous de plonger.

Comment? Quelques pistes pendant que vous réajustez votre tuba? D'accord, mais les dernières... Citons peut être la déclaration de Rose Noire à son héros préféré, inattendue, ou encore (sans transition) l'after au QG de campagne de Sarkozy... Sans oublier, dans la catégorie Café du commerce, une analyse remarquable en 5 épisodes (cherchez les billets intitulés Genèse d'une quasi certitude) du parallèle possible entre la campagne française de 2007 et celle israëlienne qui aboutit à l'élection de Netanyaou il y a plus de 10 ans...

...sauf que j'attends toujours l'épisode 6. Et alors Rose Noire? On chôme?

;-)

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(1) Temps de réflexion

01.07.2007

A PROPOS DE BLOG...

... deux infos, d'égale importance, et pourtant porteuses de dynamiques contradictoires (du style "un volcan s'éteint, un être s'éveille").

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Tout d'abord, koztoujours.fr a deux ans. C'est Koz en personne qui le rappelle, dans un billet qui permet d'en savoir un peu plus sur la genèse de sa vocation internaute, qui s'est affirmée (apprend-on) durant la campagne du référendum européen de 2005. Depuis (ça ce n'est plus Koz qui le dit), le blog a abordé sans jamais rougir ni reculer l'ensemble des problèmes qu'une vie citoyenne responsable pose, dans un esprit d'argumentation sincère et dans un souci constant du respect de l'interlocuteur. Même si parfois le clavier démange. Chapeau l'artiste.

Le premier billet de Koz dont je me souvienne précisément (c'est dire mon caractère novice), c'est "Reviens Lionel", en janvier. Sarkozy remontait dans les sondages, après son discours historique (si, si) du 14 janvier, lors de son investiture en tant que candidat de l'UMP. C'est aussi ce jour là que se révéla au grand public (dont je suis modestement) Rama Yade (soupir).

Tout cela pour dire que l'ascension irrésistible de Sarkozy, les rumeurs infâmes dont il fut victime, les coups de maître dont il fut l'auteur durant la campagne, c'est aussi en pointillé sur le site de koztoujours.fr que je les ai connus. J'ai notamment mieux respiré (et je l'ai déjà dit plusieurs fois ici) grâce au libérateur "Mes fesses" quand la gauche tentait d'étouffer, à grands renforts de calomnie, la victoire prévisible de Sarkozy.

Bon, attention, hein? Ce n'est pas de la nostalgie, ni de l'admiration dégoulinante. Il s'agit simplement de reconnaître que sur son blog, à l'initiative de ses billets, ou de ceux de ses collaborateurs (Dang et Libéral) se déroulent des discussions d'une exigence et d'une sincérité telles que les inconditionnels du point de Godwin en sont pour leurs frais. La plupart de ses lecteurs, dont le spectre balaie l'ensemble des sensibilités politiques, en conviennent facilement. Je pense notamment à un récent débat sur l'avortement (toujours en cours), ou encore à une discussion serrée avec Polydamas sur la collaboration... Bref, disons-le tout haut : Koztoujours est le cauchemar des tabous engoncés, et plus encore, de la bêtise minimaliste.

Toujours à propos de Koz, deux choses encore. Tout d'abord, pour ceux (improbables) qui n'auraient jamais visité son blog, n'oubliez pas d'en parcourir le guide, qui répond au titre explicite de "Déclaration des droits de vous et surtout de moi", petit bijou d'autocratie assumée.

Enfin, une hypothèse : il semble que pour connaître l'âge d'un blog, il faille multiplier son âge réel par 9 (pour un chien c'est par 7, etc.) C'est ce qui parait ressortir du dernier billet de Koz, qui exhibe avec l'insolence unique d'une majorité récente les seins rêveurs d'Emmanuelle, sous le seul prétexte qu'il avait une camarade éponyme fut un temps. Quand je pense à ce que deviendrait mon blog si je saisissais le même prétexte, au vu du nombre de camarades que ma vie scolaire me fit rencontrer...

J'en rougis.

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Passons à la deuxième info, celle du volcan qui s'éteint. RTL2007 va fermer lundi 2 juillet. Là pour le coup un brin de nostalgie m'étreint, parce que légion sont les articles, chroniques et entretiens que j'y chapardai gaiement durant les dernières campagnes. J'ai ainsi beaucoup apprécié l'effort de pédagogie et de disponibilité dont firent preuve ses animateurs, en proposant notamment chaque jour, en plus de dossiers sur les grands sujets, une version écrite des entretiens d'Aphatie, et des chroniques de Duhamel, Artz, July, et autres Giesbert.

Bref, vivement 2012... avec un chômage à 2% bien sûr.

25.06.2007

REVUE DE BLOGS

5b492d7b7e43e13316e81a3365765a92.jpgIvan RIOUFOL : Vaincus mais contents

L'opposition ne tourne plus rond, quand les perdants sont contents. Battu au premier tour de la présidentielle, François Bayrou s'autocongratulait pour sa victoire. Dans la nuit du 6 mai, Ségolène Royal éliminée exultait pareillement, marchant avec ses troupes vers la rue de Solferino, le siège du PS. Dimanche soir, sur les plateaux des télévisions, la gauche n'en pouvait plus de bonheur à la confirmation de sa défaite. Ainsi font ceux qui ne regardent pas les choses en face.

Le choix des électeurs de freiner la vague bleue annoncée ne doit rien aux vertus du PS. François Hollande a d'ailleurs admis, dès l'annonce des résultats, « l'indulgence » des Français pour un parti étalant toutes ses déchirures. En réalité, la gauche la plus bête du monde - celle qui a dit : « Il faut effrayer les capitalistes » (Royal) et « Je n'aime pas les riches » (Hollande) - a été repêchée pour qu'elle assume, malgré tout, son rôle de contradicteur.

Voir, dans ce souci d'équilibre, la fin de l'état de grâce pour Nicolas Sarkozy est une erreur. La naufragée a été secourue, notamment, par l'abstention d'une droite peu portée à cautionner l'hégémonie d'un parti. Il n'est pas dit que la gauche aurait eu cette réserve. Le PS s'estime, depuis lundi, en meilleure position pour les municipales de 2008. Mais les jeux ne sont pas faits. Les causes de ses échecs successifs - son autocontentement, son déni des évidences - sont toujours là.

L'opposition, qui dans la perspective de sa déroute invitait la rue à suppléer son absence, est désormais tenue par les règles d'une démocratie parlementaire qu'elle va pleinement réintégrer. Une obligation d'intelligence pèse sur elle, qui exigera davantage que la simple habileté avec laquelle elle a su exploiter la contestation du projet de TVA sociale. Le pouvoir de nuisance ne suffira pas à recueillir les suffrages de demain.

Et puisqu'il faut mettre les points sur les i : c'est une gauche sans programme ni vision qui jubile ces jours-ci, après avoir scellé, dans les faits, l'alliance avec le MoDem de François Bayrou. L'opposition se flatte d'avoir terrassé Alain Juppé, vaincu par 670 voix bordelaises, alors que l'ex-ministre de l'Écologie avait été choisi par un président élu par 19 millions de Français. Cependant, ces derniers lui font toujours confiance. Il serait bon que la gauche euphorique s'en souvienne.

Questions sur la droite

La droite regrette-t-elle son parler vrai, qui l'a fait gagner ? « La TVA sociale nous a fait perdre 60 députés », estime Jean-Pierre Raffarin, tandis que d'autres, à l'UMP, accablent Jean-Louis Borloo ou François Fillon pour avoir admis, à une question de Laurent Fabius, que le projet était à l'étude. Mais ces nostalgiques de la langue de bois renvoient à une époque insupportable. Il y a du mépris à croire les électeurs incapables de comprendre des explications. Rien ne permet d'affirmer que ce dossier technique a eu un tel effet de rejet.

La force morale du gouvernement tient à ce qu'il assure ne rien vouloir cacher de ses intentions. « Dire la vérité, voilà la vraie rupture », disait le premier ministre, vendredi dans Le Figaro. Sa position sur la TVA a été conforme à cette éthique, encore rappelée mercredi soir sur TF1 par Nicolas Sarkozy. Le chef de l'État mettrait d'ailleurs en cause sa crédibilité, s'il devait faire passer sous le terme de « traité simplifié » - ce document discuté actuellement à Bruxelles - la constitution européenne refusée par le peuple.

Pour autant, le sursaut du PS n'interdit pas de s'interroger sur le bien-fondé de l'ouverture en sa direction. Avec l'arrivée de Jean-Marie Bockel et de Fadela Amara, mardi, un membre du gouvernement sur cinq vient de la gauche : une politique qui déboussole des électeurs de droite et qui ne convainc apparemment pas ceux d'en face. Trop longtemps, la droite honteuse a singé la gauche. À peine débarrassée de son complexe, il ne faudrait pas qu'elle se perde à nouveau, en cherchant encore à se faire aimer d'elle.

Image idyllique

Rachida Dati, Rama Yade, Fadela Amara : en nommant au gouvernement ces trois femmes, respectivement d'origines marocaine, sénégalaise et algérienne, François Fillon reconnaît que la France n'est plus seulement ce « peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne », dont parlait Charles de Gaulle en 1959. Sous l'effet d'une immigration de peuplement, longtemps occultée, le pays est devenu multiethnique et cette réalité s'impose politiquement. Les trois ministres illustrent les capacités d'intégration de la nation.

Mais l'image donnée est évidemment idyllique. Entendre les commentateurs se réjouir que la catholique Christine Boutin travaillera, au ministère de la Ville, avec la musulmane Fadela Amara, rappelle qu'il existe deux France. Il est devenu vain de nier qu'une partie de l'immigration maghrébine et africaine n'adhère pas aux règles et aux modes de vie du pays d'accueil, encouragée en cela par une abusive idéologie antiraciste, qui enjoint aux nouveaux venus de revendiquer leurs propres cultures. Ces ministres sauront-elles se démarquer du communautarisme victimaire et défendre les vertus du mérite et de la responsabilité ? Leur bilan se lira à cette aune. Fadela Amara, fondatrice du mouvement Ni putes ni soumises, a fait preuve de ses convictions laïques, en critiquant le port du voile et la condition des femmes. C'est en agissant simplement comme Françaises, héritières d'une histoire commune, qu'elles défendront le mieux l'identité nationale, chère à Sarkozy.

Vrais conservateurs

Les vrais conservateurs sont à gauche. Illustration ces jours-ci avec les syndicats étudiants, qui contestent déjà l'autonomie des universités, attendue depuis quarante ans.

fbac47859b6771bc04eb0807b6071978.jpgJean-Luc MELENCHON : Un samedi tranquille

Aujourd’hui nous sommes sommés d’avoir un avis sur le fait que Ségolène Royal ne viendra pas au Conseil National. Le diable l’emporte ! On ne va donc faire que de parler d’elle, une nouvelle fois, de ses humeurs, de ses caprices, de ses transgressions. Mais pourquoi pas. De toute façon cela n’a aucune espèce d’importance. Tout est joué ailleurs. Ici c’est la vitrine. Il faudra donc subir sans trop broncher des flots phrases débités sur ce ton impayable d’autorité farcie de modestie ostensible qui est le style de cette maison. Tout cela est débité avec componction par des gens qui se sont moqués comme d’une guigne des idées et des textes qui ont défilés sous leurs yeux au cours des dix dernières années et même de ceux qu’ils signaient. Maintenant ils se la jouent en prenant des pauses inspirées : importance du débat d’idées, bataille culturelle, hégémonie et tutti quanti. Du Bla Bla.

Par pure amitié (en général cette antienne à la tribune annonce un assassinat en règle) je ne cite aucune des absurdités auxquelles cet exercice a lâché la bonde. Commun dénominateur : « nous sommes tous collectivement responsables ». Cela signifie deux choses. Premièrement que personne n’a de responsabilité particulière et que les même sont légitimes à continuer comme avant. Deuxièmement que celui qui ne se sent pas collectivement responsable n’est pas de la famille. Imparable. A bon entendeur, salut ! 

Commencé à dix heures et quart, le rite est accompli à quatorze heure quinze. C’est cependant un record de durée depuis deux ans. Cela aura duré quatre heures. A quoi bon faire davantage. Une fois que l’essentiel a été bouclé la veille, tout était dit. Quel essentiel ? Il tient en peu de mots. La candidate ne sera pas autorisée à faire son putsch. Point. Hollande restera. Point final. Le plus excitant est de voir comment, une fois sauvé, il reprend pied. Je lui suis reconnaissant de l’humiliation qu’il inflige à ses commensaux en leur rappelant que des textes et des votes, il y a eu des dizaines depuis 2002 sur tous les sujets. Ils regardaient tous leurs chaussures. Et moi je me souviens aussi des textes que nous avons adoptés du temps où Lionel Jospin tenait le cycle des Conventions refondatrices de la fin des années 90. Qu’en ont-ils fait ? Tout ce qu’ils en ont retenu c’est l’idée de confier une présidence de groupe de travail à quelqu’un qui animera chaque convention. « Comme avec Lionel ». Ces présidences permettront de « montrer le renouvellement générationnel », « la diversité », « la féminisation » et ainsi de suite. On va beaucoup jouer le faciès et le genre. Du contenu des thèses en présence depuis des années, des têtes qui portent ces thèses : rien. Tout pour l’image.

L’image encore. Celle de Ségolène sur Canal Plus. Il est question de l’annonce de sa séparation avec François Hollande. Réplique indignée, long tunnel brodé de leçons d’éthique journalistique. Bien sur ce n’est pas elle mais les journalistes qui ont annoncé la nouvelle de sa séparation. Lourde tartine sur ce bobard. On l’a déjà entendu depuis le début de la semaine. Peu importe on n’en saura pas davantage. Pour une fois la journaliste ne défends pas les confrères. Elle ne lui demande pas pourquoi elle parle de « date choisie pour plus tard » avec François Hollande alors qu’elle donnait une interview le lendemain à sept heures sur France Inter. On passe. Arrive l’affaire de son reniement des trente cinq heures et du Smic à 1500 euros. Même complaisance. Elle débite ce que l’on savait. L’autre ne lui demande pas pourquoi elle ne l’a jamais dit au cours des réunions sur le projet auxquelles elle participait alors qu’elle s’y était mouillée sur le temps de travail des enseignants et que ses amis étaient montés au créneau sur la suppression des allocations aux familles dès le premier acte d’incivilité des enfants. Passons.

Quand elle dit qu’elle n’attaque jamais personne pas de question sur ses accusations de trahison contre «les éléphants ». Quand elle affirme qu’elle était absente du Conseil National du PS parce qu’elle « se devait à sa région » pas de question sur le miracle qui la rend libre et transportée jusque sur le plateau de télévision où elle se trouve. Le plus stupéfiant est de l’entendre mettre sur le compte de la partialité des médias au service de Sarkozy l’échec de l’élection présidentielle sans un mot de réplique de quelqu’un qui anime une émission sur la campagne depuis le début de celle-ci ! Dans ses conditions à quoi bon faire des interviews ? Pourquoi ne pas lire des communiqués à l’antenne ?

Je jette un oeil navré sur tout cet épisode. Quel cauchemard. De la pure novlangue, comme dans Orwell. Transparence: mentir pendant la campagne sur les principaux mots d'ordre proposés. Nouvelle façon de faire de la politique: élire le candidat avant d'avoir écrit le programme et lui donner tous les pouvoirs. Et ainsi de suite. Les mots ne veulent plus rien dire de ce qu'ils énoncent et bien heureux quand ils se contentent d'annoncer seulement le contraire de ce qu'ils disent.

Et avec tout ça ? Pas un mot sur la réunion européenne et le mini traité pendant toute la réunion du CN. Une question à Ségolène Royal qui attribue à Angela Merkel plutôt qu’à Sarkozy le résultat enregistré….Incroyable ! Mais même cela ne tirera pas un mot de commentaire ni une question de plus à la journaliste. Ainsi va l’actualité médiatique.

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