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01.12.2007

Besoin de temps, par Paul-Henri du Limbert

Lu sur lefigaro.fr

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Les mesures en faveur du pouvoir d’achat ? Les Français ne demandent qu’à y croire, et c’est déjà bien. Le «vieux pays» en a tant vu qu’on aurait pu l’imaginer indifférent, voire ironique, face aux mesures que lui a proposées jeudi Nicolas Sarkozy. Dans le registre du «demain sera plus beau qu’aujourd’hui», les Français ont déjà donné, et, pour les convaincre, il n’est pas conseillé de faire dans la facilité. «Changer la vie», c’est de l’histoire très ancienne.

Il reste que si, selon l’institut OpinionWay, l’opinion approuve chacune des mesures présentées, elle balance lorsqu’on lui demande si toutes réunies permettront d’améliorer le pouvoir d’achat. Un Français sur deux n’en est pas convaincu. En clair, l’opinion publique a un a priori positif, mais elle attend des résultats concrets. Qui, chacun en est conscient, ne se manifesteront pas avant plusieurs mois.

Cela dit, que l’opinion approuve, par exemple, l’idée d’une suppression négociée des 35 heures est en soi une petite révolution copernicienne. C’est comme si les Français refermaient définitivement la page des années Jospin, époque étrange et sans imagination où l’on se disait qu’il fallait partager le travail puisque, paraît-il, il n’y en avait plus.

Avec dix années de recul, les Français ont compris que la fameuse RTT a fait le bonheur de quelques-uns, souvent les plus aisés, et le malheur de beaucoup, toujours les plus pauvres. L’«acquis social» n’était pas social, il n’y a pas de honte à s’en débarrasser.

L’autre fait marquant, c’est que si le chef de l’État promet une relance du pouvoir d’achat, il s’interdit d’ouvrir grandes les vannes de la dépense publique. C’est aussi nouveau. La tentation du déficit, la ­quasi-indifférence des pouvoirs publics face à la dette galopante n’est plus de mise.

La rupture ne se fait pas en un jour

Certes, contrairement à François Fillon, on ne fera pas dire à Nicolas Sarkozy que «l’État est en faillite». Mais ce n’est pas parce qu’on ne nomme pas une réalité qu’elle n’existe pas. Depuis le temps que l’on serine qu’un peu de politique keynésienne ne fait pas de mal, on a fini par s’apercevoir qu’elle ne fait jamais de bien. Au contraire. On a fait le tour de cet euphorisant qui distille son poison lentement, mais sûrement. C’est le remboursement de la dette qui entraîne tout vers le bas et rogne chaque jour un peu plus les marges de manœuvre du pays. C’est avec cette politique-là que la France a réussi l’exploit d’être tout à la fois en Europe l’un des pays les plus endettés et l’un de ceux où les prélèvements sont les plus lourds.

Le président a besoin de temps. La rupture ne se fait pas en un jour, mais plutôt en cinq ans. Avec le danger qu’une conjoncture économique morose ne vienne compliquer un peu plus son pari. Mais au moins, les Français sont désormais parfaitement conscients des règles du jeu.

Ce n’est pas «de la sueur, du sang et des larmes», ce ne sont pas non plus les délices de Capoue. C’est une voie médiane, qui a le mérite de la cohérence et dont la vocation est de changer les mentalités. Si l’on en juge par l’approbation de l’opinion aux mesures Sarkozy, on peut se dire que les mentalités ont déjà commencé à changer. Les Français ne croient plus aux vieilles recettes et semblent disposés à croire aux nouvelles.

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Commentaires

Je trouve cet article (écrit par qui ?) très intéressant tellement il est caricatural de l’absence de fond et d’arguments des défenseurs des mesures annoncées récemment par N.Sarkozy.
Pour pallier à l’absence de démonstration (supposerait-on les français trop bêtes pour comprendre ?) sur les supposés bienfaits à venir, on déplace le débat dans le domaine de la foi : "les français ne demandent qu’à y croire …. disposés à croire aux nouvelles").Et là effectivement tout devient beaucoup plus simple puisque l’on exclut tout débat rationnel. Affaire classée. Croyez braves gens, il n’ y a rien à voir, revenez dans 5 ans !
On n’oublie pas bien sûr de faire appel aux sondages qui comme chacun sait sont le moyen moderne le plus efficace pour juger d’une politique économique. On balance 2 ou 3 contre-verités flagrantes pour faire sérieux (sur les RTT, le problème de la dette qui visiblement n’empêche pas le gouvernement de dormir lorsqu’il met en place le bouclier fiscal et les mesures associées, …) et le tour est joué.
On a bien sûr pris soin de préciser que la conjoncture économique pourrait être morose (sic) ce qui devrait permettre si nécessaire de se raccrocher aux branches et de justifier les prochains échecs.
Tout cela serait risible si ce n’était pas tragique.

Ecrit par : RST | 01.12.2007

On dit que l' évolution du pouvoir d' achat est une des choses les moins également partagées qui soient. Sans doute. Et je veux bien qu' on s' alarme des prix du pain, des fruits et légumes, de l' essence, des loyers et bientôt du gaz.
Mais, même si les statistiques gomment les écarts, je ne peux m' empêcher de m' interroger sur la réalité du problème. Par exemple :

- depuis le début de l' année, 1,3% d' augmentation du nombre de voitures vendues (pourcentage similaire à celui qu' on nous dit être celui de l' augmentation du pouvoir d' achat),

- en 5 jours, 30.000 iPhones vendus,

- 55% des ménages équipés en PC fin 2006 contre 43% fin 2003,

- environ 50 millions de clients auprés des opérateurs de téléphonie mobile (combien d' abonnements dans un même foyer ?).

Il y a une évolution certaine de la comsommation des ménages mais quelle est la part de "psychologie" dans la crise du pouvoir d' achat ?

Ecrit par : Erick | 05.12.2007

Le remboursement de la dette se fait automatiquement avec la croissance.

Ecrit par : alain | 15.02.2008

Le remboursement de la dette se fait automatiquement avec la croissance.

Ecrit par : alain | 15.02.2008

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