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31.10.2007
DEFINITION BOVINE DE L'EVENTAIL POLITIQUE
Le cours d'éducation civique par Claudius à partir d'une assiette d'épinards m'a remis en tête celui, lu et relu sur le web, relatif aux plus fameuses vaches du monde... celles qui servent de prétexte à une pédagogie politique aussi efficace qu'hilarante. J'ai donc eu envie de sacrifier au rituel si souvent répété, celui de la publication du sus-dit cours.
Au passage... notons la proximité complice qu'entretiennent les vaches et la politique, en France. Déjà, il y a la fameuse phrase de De Gaulle, "les français sont des veaux", dont j'avais succinctement abordé l'exégèse lors d'un billet il y a quelques mois. Ensuite, il y a Koz, et son admiratrice cornue qui nous contemple du coin gauche en haut de son blog quand nous plongeons dans une lecture aussi assidue qu'épiée, du coup. Enfin, il reste le succès de l'énoncé ci-dessous dont je suis la victime consentante. Nostalgie du passé paysan de la France? Allez savoir...
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SOCIALISME : Vous avez 2 vaches. Vos voisins vous aident à vous en occuper et vous partagez le lait.
COMMUNISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous prend les deux et vous fournit en lait.
FASCISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous prend les deux et vous vend le lait.
NAZISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous prend la vache blonde et abat la brune.
DICTATURE : Vous avez 2 vaches. Les miliciens les confisquent et vous fusillent.
FEODALITE : Vous avez 2 vaches. Le seigneur s’arroge la moitié du lait.
DEMOCRATIE : Vous avez 2 vaches. Un vote décide à qui appartient le lait.
DEMOCRATIE REPRESENTATIVE : Vous avez 2 vaches. Une élection désigne celui qui décidera à qui appartient le lait.
DEMOCRATIE DE SINGAPOUR : Vous avez 2 vaches. Vous écopez d’une amende pour détention de bétail en appartement.
ANARCHIE : Vous avez 2 vaches. Vous les laissez se traire en autogestion.
CAPITALISME : Vous avez 2 vaches. Vous en vendez une, et vous achetez un taureau pour faire des petits.
CAPITALISME DE HONG KONG : Vous avez 2 vaches. Vous en vendez 3 à votre société cotée en bourse en utilisant des lettres de créance ouvertes par votre beau-frère auprès de votre banque. Puis vous faites un " échange de lettres contre participation ", assorti d’une offre publique, et vous récupérez 4 vaches dans l’opération tout en bénéficiant d’un abattement fiscal pour l’entretien de 5 vaches. Les droits sur le lait de 6 vaches sont alors transférés par un intermédiaire panaméen sur le compte d’une société des îles Caïman, détenues clandestinement par un actionnaire qui revend à votre société cotée les droits sur le lait de 7 vaches. Au rapport de ladite société figurent 8 ruminants, avec option d’achat sur une bête supplémentaire. Entre-temps vous abattez les 2 vaches parce que leur horoscope est défavorable.
CAPITALISME SAUVAGE : Vous avez 2 vaches. Vous vendez l’une, vous forcez l’autre à produire comme quatre, et vous licenciez l’ouvrier qui s’en occupait en l’accusant d’être inutile.
BUREAUCRATIE : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement publie des règles d’hygiène qui vous invitent à en abattre une. Après quoi il vous fait déclarer la quantité de lait que vous avez pu traire de l’autre, il vous achète le lait et il le jette. Enfin, il vous fait remplir des formulaires pour déclarer la vache manquante.
ECOLOGIE : Vous avez 2 vaches. Vous gardez le lait et le gouvernement vous achète la bouse.
FEMINISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement vous inflige une amende pour discrimination. Vous échangez une de vos vaches pour un taureau que vous trayez aussi.
SURREALISME : Vous avez 2 vaches. Le gouvernement exige que vous leur donniez des leçons d’harmonica.
CAPITALISME EUROPEEN : On vous subventionne la première année pour acheter une 3ème vache. On fixe les quotas la deuxième année et vous payez une amende pour surproduction. On vous donne une prime la troisième année pour abattre la 3ème vache.
MONARCHIE CONSTITUTIONNELLE BRITANNIQUE : Vous tuez une des vaches pour la donner à manger à l’autre. La vache vivante devient folle. L’Europe vous subventionne pour l’abattre. Vous la donnez à manger à vos moutons.
CAPITALISME A LA FRANCAISE : Pour financer la retraite de vos vaches, le gouvernement décide de lever un nouvel impôt : la CSSANAB (cotisation sociale de solidarité avec nos amies les bêtes). Deux ans après, comme la France a récupéré une partie du cheptel britannique, le système est déficitaire. Pour financer le déficit on lève un nouvel impôt sur la production de lait : le RAB (remboursement de l’ardoise bovine). Les vaches se mettent en grève. Il n’y a plus de lait. Les Français sont dans la rue : "DU LAIT, ON VEUT DU LAIT". La France construit un lactoduc sous la manche pour S’approvisionner auprès des Anglais. L’Europe déclare le lait anglais impropre à la consommation. On lève un nouvel impôt pour l’entretien du lactoduc devenu inutile.
CORSE : Vous avez deux cochons qui courent dans la forêt. Vous déclarez 200 vaches et vous touchez les subventions européennes.
13:02 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : deux vaches, politique
QUI EST JOSEPH ZIMET ?
Vous le croirez ou non, 60% au bas mot des internautes qui arrivent sur mon blog via google ou tout autre moteur de recherche y échouent pour avoir tapé "Joseph Zimet". Et ce du fait d'un innocent billet, au second degré bien sûr (qui a dit "menteur"?), que je commis il y a quelques mois relatif à la beauté incontestable de son épouse, Mme Rama Yade Zimet. Si, si, incontestable, je persiste et je signe. Je peux me renier, mais pas à ce point. Non mais.
Le souci, c'est que ces internautes respectables ont peu de chances de trouver leur compte dans ce fragment indécent d'admiration chaste. C'est donc par égard envers eux, et leur attente ciblée, que j'ai fait quelques recherches afin de synthétiser ce qu'il est possible de savoir sur l'homme l'Homme qui a su conquérir le coeur de Rama Yade. Mais non, je ne fulmine pas.
Ah, je vous vois venir : " - Comment ? Tu n'as donc pas lu le billet de Rose Noire à propos de ceux qui colportent les rumeurs et qui entretiennent une malsaine curiosité sur la vie privée de nos hommes politiques qui comme nous ont une âme et le droit conséquent d'en préserver les états du commun des mortels que nous respectons si peu en les encourageant dans leur démarche impudique ? "
Alors là, vous faites bien d'aborder le sujet. Tout d'abord, si, j'ai lu Rose Noire. Et c'est peu dire que je suis d'accord avec elle. C'est pourquoi je n'aborderai aucune rumeur, ni n'énoncerai dans le présent billet aucun point relatif à la vie conjugale de M. Zimet. D'une part parce que cela ne nous... regarde pas, d'autre part parce que je suis jaloux respectueux. C'est donc de Joseph Zimet, l'homme public, membre du gouvernement de la République, que je souhaiterais parler ce matin.
Car Joseph Zimet est en fait un membre du cabinet de Jean-Marie Bockel : son titre exact est en fait "chargé de mission de 1re catégorie (J.O. du 25/07/07), conseiller aide publique au développement". A l'instar de son secrétaire d'état de tutelle, il est l'un des représentants de l'ouverture sarkozyste : Joseph Zimet est lui aussi socialiste, à l'origine, de sensibilité strauss-kahnienne.
Son parcours ? Joseph Zimet fut notamment chargé de mission auprès de l'Agence Française de Développement. C'est à ce titre qu'il anima des cours et séminaires aux étudiants de mastères en carrière internationale à Science-Po, en tant que spécialiste des affaires internationales, notamment de l'humanitaire. L'un de ses cours s'intitulait « Les fondations internationales, nouveaux acteurs de la coopération Nord-Sud », et annonçait le livre qu'il publia en 2006 sur les ONG, Les ONG : De nouveaux acteurs pour changer le monde. Vous en trouverez un compte-rendu très bien fait sur clionaute.org, dont voici un extrait :
L’auteur replace les ONG dans le contexte nouveau de la fin d’un monde bipolaire et de la mondialisation (chapitre 1) : le monde a changé mais la pauvreté demeure et les ONG sont devenues des acteurs incontournables du développement. Bien que très diverses dans leur forme et leurs missions, leurs modes d’intervention (chapitre 3), elles ont tendance à converger dans des campagnes de plaidoyer international visant à modifier les opinions et influencer les décideurs, s’affirmant comme des contre-pouvoirs au-delà des actions de terrain qui suppléent souvent aux carences des Etats. La mondialisation est un facteur de mutation des ONG qui, dans un souci d’efficacité mais aussi du fait de la concurrence, tendent à se professionnaliser et se spécialiser et donc à jouer le jeu de la compétition pour capter les fonds publics et privés (chapitre 4).
Ainsi, après avoir contesté les mauvaises pratiques sociales ou environnementales des entreprises privées, les ONG ont tendance à se rapprocher de grands groupes en établissant des partenariats (WWF France avec le groupe Lafarge par exemple). Une stratégie financière mais une autre façon de peser sur les choix des grands acteurs économiques. L’ouvrage valorise largement le rôle des ONG, sans dénier toutefois de relever le faible poids des ONG françaises : la France est le pays européen qui appuie le moins ses ONG avec seulement 1 % du budget total de l’aide publique au développement (ADP) contre 5 % en moyenne dans les pays de l’UE (plus de 10 % dans certains pays du nord de l’Europe).
Par ailleurs, si les ONG sont devenues des acteurs du développement, elles sont aussi questionnées sur leurs actions, parfois remises en cause (chapitre 5) : les scandales ont pointé le manque de transparence de certaines d’entre-elles, ou leur fonctionnement peu démocratique (les MYONGO ou « My Own personal NGO » désigne ainsi les ONG unipersonnelles et échappant à tout contrôle). C’est surtout leur déficit de légitimité, leur représentativité insuffisante et surtout leur neutralité perdue qui sont remises en question, et qui s’opposent à leur objectif de défense de l’intérêt général : l’argument fort pour les ONG reste celui des donateurs et des adhérents mais elles défendent aussi et de plus en plus un mandat de l’opinion publique qui les plébisciterait pour agir, et défendre un intérêt général « global », qui dépasserait l’intérêt des Etats. De ce fait, beaucoup sont présentes dans le cadre du Forum social mondial, ONG du Nord et du Sud et appuient l’altermondialisme.
Autant dire que par les temps qui courent, cela doit être au moins aussi précieux de l'avoir au sein d'un gouvernement qu'au sein d'un couple cabinet...
Quel regard portait-il sur l'engagement de son épouse auprès de Nicolas Sarkozy ? Plutôt bienveillant, en fait : "Je ne suis pas inquiet. [...] Elle n'est pas impressionnée, elle garde son indépendance et sa liberté de ton. Elle est de droite, mais révolutionnaire", disait-il au Monde.
Le Monde qui à cette occasion rappelait un détail qui me paraissait, dans ma grande naïveté républicaine, insignifiant : Rama Yade est noire et musulmane, d'origine sénégalaise ; Joseph Zimet est juif ashkénaze, fils du chanteur yiddish Ben Zimet. Au-delà de leurs engagements politiques respectifs, ils sont donc - bien malgré eux - les symboles d'un métissage à la fois ethnique et religieux qui ne laisse pas indifférent le commun des observateurs étrangers, notamment en Afrique du Nord et au Sénégal. Car si certains s'en réjouissent, les débats et commentaires parcourus ici, ici ou encore là montrent à ceux qui voudraient l'ignorer qu'en termes de racisme et d'antisémitisme, l'Europe ne bénéficie d'aucun monopole.
Alors, pour ne pas finir sur une note attristante, je vais citer une nouvelle fois Rama Yade. C'était le 14 janvier 2007, et c'était un discours qui, selon le Monde toujours (article cité plus haut), fit dire à un cadre du PS resté anonyme (perso je soupçonne Malek Boutih) :
Son discours au congrès de l'UMP, j'en ai tremblé. Rama fait l'unanimité à gauche. Le paradoxe, c'est qu'elle n'existerait pas au Parti socialiste. Les gens de talent et d'expérience appartenant aux minorités sont nombreux au PS, mais ils ne sont pas mis en avant. Sous prétexte de ne pas vouloir la discrimination positive, on ne sait pas représenter la diversité du pays. La droite, si.
Voici un extrait du discours en question :
Nation n’est pas un gros mot. On peut aimer la France, sans être réactionnaire. On peut aimer la France tout en ayant ses racines ailleurs. De cette passion tranquille pour un pays qui a accueilli ma famille, même lorsque, plus tard, elle s’est retrouvée au fond du trou. Car la France, je l’imagine regarder l’avenir dans sa diversité, défendre sa vision à l’extérieur par une francophonie moins ringarde, se voir telle qu’elle est, fière d’elle-même. Je rêve de voir cette nation se rassurer enfin sur ce qu’elle est. Se rassembler. Les jeunes, les femmes, les exclus, les anciens. Il faut en finir avec la fracture générationnelle, la fracture du genre, la fracture culturelle, la fracture sociale au profit de la solidarité, de la fraternité, et du patriotisme républicain.
En espérant que désormais les jaloux de Joseph Zimet trouveront ici matière à nourrir leur curiosité... On monte un club?
Oh, ça va, je plaisante...
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A noter que Rama Yade est aussi membre du Club du XXIème siècle, dont je vous recommande l'édito... même si je ne partage pas toutes les convictions de son auteur.
11:40 Publié dans Gouvernement | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : joseph zimet, rama yade
29.10.2007
C'était De Gaulle, par Flamant Rose
Le 9 novembre 1970, une voix s’est éteinte.
Une voix s’est levée dans un désert immense,
Appelant à l’espoir, à la foi, à l’honneur,
Insufflant au pays et son âme et son cœur,
Ce fut le dix-huit juin, ce fut la résistance.
Une voix s’est levée, ruminant la confiance,
Apaisant le courroux, les affres de la peur,
Et conjurant la chute au gouffre du malheur,
Le soleil des nations revit briller la France.
La voix s’est éloignée, mais son écho sonore,
Sur le monde étonné, retentissait encore,
Dans un soudain silence empreint de nostalgie,
La grande voix s’est tue au bout de son effort,
Mais son âme survit : De Gaulle n’est pas mort,
Et son cœur bat toujours au cœur de la patrie.
Flamant Rose
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1. De Gaulle : L’Essor
Charles de Gaulle est né le 22 novembre 1890 au 9 rue Princesse à Lille dans la maison de ses grands parents. Ses parents Henri de Gaulle et Jeanne Maillot étaient cousins issus germains. A cette époque, il était d’usage de baptiser les enfants le jour même de leur naissance. Il en fut ainsi pour Charles alors âgé de 12 heures à l’église Saint André. Mais c’est à Paris qu’il grandit et fit ses études, à l’école Saint Thomas-d’Aquin, jusqu’à 10 ans, puis dès la sixième chez les Jésuites. Sa pensée était-elle déjà prémonitoire lorsque en 1908, lors d’une retraite à Mouvaux, il prononça ces mots :
« On reproche aux élèves des jésuites de manquer de personnalité : nous saurons prouver qu’il n’en est rien. L’avenir sera grand car il sera pétri de nos œuvres ».
Sa vocation militaire l’amènera à faire Saint-Cyr. Reçu au concours, il sera obligé par la loi du 21 mars 1905 de servir pendant un an dans un corps de troupe. Il choisira le 33ème régiment d’infanterie basé à Arras. Il sortira de l’école 13ème sur 121. Au mois d’août 1914, l’Allemagne déclare la guerre. Le 33e RI est mobilisé sur la frontière Belge où il est chargé de défendre la Meuse. Le 15 août au matin, face aux allemands le 33e RI ne tient pas. Une pluie de balles et d’obus s’abattent sur la ville et sa population. Les renforts arrivent vers 11 h et la ville est reprise à 18 h. Au cours de la journée, il y aura 1000 morts, dont 12 officiers. Le lieutenant Charles de Gaulle figure parmi les blessés et il sera hospitalisé à Charleroi. Soigné et guéri, le lieutenant de Gaulle sera en décembre 1914 sur le front de Champagne. Il y sera fait capitaine. C’est le 2 mars 1916 à Douaumont que de Gaulle est fait prisonnier. Il sera interné dans plusieurs camps d’officiers jusqu’à la fin de la guerre.
Charles de Gaulle se marie le 7 avril 1921 avec Yvonne Vendroux, née le 22 mai 1900 et issue d’une vieille famille bourgeoise de Calais. Ils iront en voyage de noces sur le Lac Majeur en Italie.
Au cours des années 1930, Charles de Gaulle est un officier contestataire, mais il n’est pas isolé. Chaque semaine plusieurs hommes, dont de Gaulle, se réunissent autour du lieutenant colonel Mayer. Parmi ceux-ci, l’un d’eux aura une influence énorme sur la vie du futur général : il s’agit de l’ariégeois Etienne Repessé. Les années 30 sont d’une importance capitale quant à la formation de la pensée politique gaullienne. On estime que de Gaulle a pu élaborer une ébauche de doctrine politique qui va dans le même sens que celle des personnalistes, notamment dans la volonté de dépasser la droite et la gauche et d’intégrer dans la démocratie même la critique de la démocratie, celle de la fin du XIXème siècle et du début du XXème. En cela, il a su dépasser un patriotisme traditionnel et a permis plus tard, sous la Vème République, d’opérer l’entrée de la France dans le monde moderne.
Le 21 mars 1940 Paul Reynaud succède à Daladier. Il nomme de Gaulle général à titre temporaire et fait appel à lui comme sous-secrétaire d’état à la guerre. Il ne le sera que 15 jours, car les allemands occupent Paris et le 14 juin de Gaulle est envoyé à Londres. De Gaulle a t-il douté de la volonté de Paul Reynaud de rester dans le camp des partisans ?
Reynaud est mis en minorité par son gouvernement et par un état major qui flanchent. Il fait alors appel à Pétain, cette initiative va se révéler désastreuse. Le maréchal vieillissant se prononce pour le dépôt des armes. Reynaud l’ignorait, de Gaulle lui le savait. Minoritaire Reynaud démissionne, Pétain prend sa place et demande aussitôt l’armistice : nous sommes le 16 juin 1940. Jamais de Gaulle ne pardonnera à Reynaud d’avoir baissé les bras face au défaitisme. 2 jours plus tard, le 18 juin, ce sera le fameux appel.
Toutefois l’entrée du général de Gaulle dans le gouvernement de Paul Reynaud le 5 juin 1940 aura été un événement important car sa fonction ministérielle donnera plus de poids à sa présence à Londres et à ses appels à la résistance. En 1958 lorsque le général sera de retour aux affaires, Paul Reynaud le soutiendra et de Gaulle le nommera président du conseil consultatif. Il sera ainsi avec Michel Debré l’un des pères de la constitution de la Vème République. Plusieurs sujets d’opposition vont s’accumuler entre les 2 hommes. La brouille est consommée en 1962. Lorsqu’il mourra en 1966 De Gaulle n’assistera pas à ses obsèques.
2. De Gaulle : Le libérateur
De 1940 à 1944 et après l’appel de de Gaulle, un homme fut la voix de la France : C’était Maurice Schumann. C’est lui qui à la radio de Londres parla au nom de la France libre. Plus tard il confiera que bien que porte parole de de Gaulle, il n’a jamais reçu de directives concernant les messages à faire passer. Jamais il n’a trahi la pensée gaulienne et le général dira de lui : "il fut l'un des premiers, l'un des meilleurs, l'un des plus efficaces". Bien que Churchill ait signé un accord le 7 août la situation se compliqua car pour les anglais la priorité étaient leurs relations avec les Etats Unis. Or comme les EU avaient un ambassadeur à Vichy, les anglais refusaient de reconnaître en de Gaulle l’expression de la souveraineté française. La situation s’est encore plus compliquée après le débarquement en Afrique du nord pour finalement s’arranger grâce à un homme mené par le général et qui s’installa à la préfecture. Cet homme peu connu s’appelait François Coulet.
C’est le 25 juillet 1940 que en provenance d’Espagne arriva à Londres un certain « capitaine Leclerc ». Entre De Gaulle et lui il y aura des désaccords, mais Leclerc restera toujours fidèle à De Gaulle. Lorsque les 2 hommes se rencontrent pour la première fois Leclerc a 37 ans, mais ce nom de Leclerc est un pseudonyme utilisé pour la clandestinité : en fait l’homme s’appelle Philippe de Hauteclocque. Après l’enfer du Nord Leclerc est arrêté par les allemands ; il réussira à leur faire croire qu’il est père de 6 enfants et réformé militaire. Les allemands le laisseront repartir et Leclerc retourne au combat. Il sera blessé à la tête par les éclats d’une bombe. Après avoir passé quelques jours avec son épouse réfugiée à Libourne en Gironde il retrouvera De Gaulle. Il se rendra ensuite au Nigéria préparer le ralliement du Cameroun à la France Libre. Il est nommé colonel. De Gaulle en fera un compagnon de la Libération. L’Indochine séparera les 2 hommes sur le plan de la stratégie - mais c’est une autre histoire.
Le 28 novembre 1947 au matin, Leclerc doit quitter Oran pour Colomb-Béchar. Il fait mauvais, le vent est violent, il n’y a pas de visibilité mais le voyage n’est pas reporté. L’avion va s’écraser et on retrouvera un morceau de la canne de Leclerc, son insigne, sa chevalière et son stylo. En 1952 il sera fait Maréchal de France à titre posthume. A sa mort il avait 45 ans. Quel aurait été son destin ? Aurait-il rivalisé avec de Gaulle ?
L’un des très proches collaborateurs de de Gaulle à Londres est André Dewavrin plus connu sous le nom du Colonel Passy. Il est resté au côté du général de 1940 à 1944 .Ce fut l’homme des renseignements. Il est partie prenante de toutes les opérations parties de Londres ainsi que des décisions qui y sont prises. Plus tard il participera à la fondation du RPF et au comité de soutien pour le retour du général en 1958.
L’un des cas les plus épineux qu’eut à traiter le général de Gaulle fut le cas Thorez. Ce n’est pas n’importe qui, le sapeur Thorez, il est le secrétaire général du parti communiste français. Il est mobilisé le 3 septembre 1939. Au lendemain du pacte germano-soviétique le PC lui donne l’ordre de déserter. Il quitte alors son unité et avec l’aide de 2 militantes ; il gagne la Belgique puis l’URSS via la Suède. Il est condamné à 6 ans d’emprisonnement par le tribunal d’Amiens. A l’automne 1944, le PC demande son retour. Staline lui même intervient auprès de de Gaulle en disant « A votre place je ne le ferai pas fusiller, c’est un bon français » ce à quoi le général répond: "Le gouvernement français traite les français en fonction de ce qu’il attend d’eux". A son retour Thorez reprendra sa place à la tête du parti et de Gaulle lui accorde la grâce amnistiante le 6 novembre 1944. Le PC se montre conciliant en approuvant la dissolution des milices patriotiques et la bataille pour la production en particulier dans les Houillères. A cet égard le discours de Waziers le 21 juillet 1945 est resté célèbre. Dans ses Mémoires, De Gaulle dit avoir eu alors ces paroles : "je considère que le retour de Maurice Thorez à la tête du parti communiste peut comporter, actuellement, plus d’avantages que d’inconvénients". Quand au colonel Passy il dit : "j’aime mieux voir à la tête du parti communiste, un homme qui gardera toujours, accroché aux fesses, la casquette de déserteur, plutôt qu’un authentique résistant comme Tillon par exemple". Pour autant, cette mansuétude envers Thorez fut très critiqué dans certain milieux y compris parmi les gaullistes.
C’est le jeudi 11 octobre 1945 que de Gaulle au cours d’une allocution à Bruxelles jettera pour la première fois l’idée d’une union européenne. A partir de là les historiens divergent. Certains d’entre eux considèrent que la traversée du désert dans la vie du général couvre la période de janvier 1946 (démission du chef du gouvernement) à juin 1958 (retour au pouvoir). Pour d’autres elle ne commence qu’en 1954 à la mise en sommeil du RPF.
3. De Gaulle : le chef d’état
Je livre ici l’analyse que faisait Pierre Lefranc le 16 octobre dans Nord Eclair. Bien que de nombreux livres aient été écrits sur le général De Gaulle et que je possède les ouvrages écrits par lui même, le journal Nord Eclair a fait il y a un peu plus de 20 ans et en 3 volumes une remarquable reconstitution de la vie du Général. Je possède ces documents exceptionnels et rares.
La situation de la France
Au printemps de 1958 la IVe république se trouve en grande difficulté. L’instabilité des gouvernements a ruiné la confiance, la situation financière est critique et la crise algérienne apparaît sans issue. Une manifestation au cours de laquelle le gouvernement général d’Algérie se trouve investi va porter le coup de grâce à un régime qui a perdu son autorité. L’opinion se tourne vers le seul recours possible, le général de Gaulle, enfermé dans sa retraite de Colombey et dont la dernière intervention remonte à prés de trois années (conférence de presse du 30 juin 1955, suivi du 13 septembre d’une mise en sommeil du RPF).
Mais les partis n’ignorent pas que le grand dessein du général demeure la réforme des institutions par la mise en place de structures de nature à assurer leur stabilité et la séparation des pouvoirs, deux éventualités qui ramèneraient à un rôle secondaire leurs instances, lesquelles s’étaient pendant une décennie, approprié le privilège de faire et défaire les gouvernements de la France. Les partis vont donc s’efforcer de barrer la route à celui vers lequel les regards sont tournés : il faudra la noble intervention du président de la république, René Coty, pour que se mette en marche la procédure constitutionnelle d’appel au général.
Combien grand est le risque que celui-ci accepte. L’autorité du premier résistant de France est intacte et il va jeter son immense crédit dans une entreprise qui paraît sur les plans politiques et économiques des plus difficiles.
Le drame algérien
Les données du drame algérien qui obscurcit tout l’horizon sont complexes : engagement de l’armée, angoisse des français d’Algérie, divisions et méfiance des dirigeants de la rébellion, émotivité de l’opinion métropolitaine. Dès le début, De Gaulle est convaincu de l’impossibilité de l’intégration comme citoyen français de neuf millions de musulmans. Interrogé dans sa dernière conférence de presse de 1955 sur le destin des pays d’Afrique du nord dont l’Algérie, il avait répondu qu’il ne voyait pas d’autre solution que la substitution de l’association à la domination. Il va donc manœuvrer pour faire évoluer les esprits dans le sens de l’autodétermination, long travail de persuasion qui se heurtera à toutes les incompréhensions et à tous les sectarismes.
Les choix du général et son bilan
Ayant choisi et fait respecter l’évolution conforme à la vocation de la France, championne du droit des peuples à disposer d’eux mêmes, libéré de ce poids, de Gaulle s’emploiera à restaurer la position de son pays dans le monde en manifestant son indépendance vis à vis des grands blocs. Durant cette période de renouveau, l’activité industrielle se développera, provoquant une hausse spectaculaire du niveau de vie, et les bases d’une participation des salariés aux fruits des entreprises seront jetées. De nombreuses réformes verront le jour dans des domaines aussi divers que l’enseignement, la justice, la recherche scientifique, la régionalisation, et la grande tâche de la décolonisation sera menée à bien dans l’amitié et l’harmonie.
La France sera dotée de l’arme nucléaire, garantie de sa sauvegarde. De même interviendra, décidé par référendum, la profonde novation que constitue l’élection du président de la république au suffrage universel.
Le malaise qui secoue la jeunesse de la plupart des grands pays libres n’épargne pas la France et après la montée d’une fièvre révolutionnaire, De Gaulle rétablira l’autorité de l’état.
Le général se retire définitivement
Souhaitant ajouter une pierre supplémentaire à l’édifice, cherchant également une nouvelle manifestation pour poursuivre son œuvre, il engage une fois de plus son crédit dans un référendum. Cette fois, la majorité lui manque et alors que rien ne l’y oblige il donne sa démission et regagne sa retraite.
C’est le terme d’une période durant laquelle la France est apparue stable, forte et rayonnante, compréhensive et généreuse, partenaire pour les grands, soutien pour les petits.
De Gaulle reprend sa plume de mémorialiste et frappe du sceau de l’espoir le récit de ses derniers combats. Hélas la vie lui sera brutalement retirée avant qu’il parvienne à délivrer l’ensemble de son message.
4. Que reste t-il du gaullisme ?
Le général a écrit : « Puisque tout recommence toujours, ce que j’ai fait sera tôt ou tard, une nouvelle source d’ardeurs nouvelles dès que j’aurai disparu ». Que peut-on penser aujourd’hui ?
C’est un fait que l’homme et ses choix sont toujours présents dans notre vie publique. Souvent encore son nom paraît dans les journaux. La constitution qu’il a proposé aux français démontre sa solidité, la volonté d’indépendance qu’il a affirmé, son souci de coopération, l’intérêt porté aux pays en vois de développement inspirent toujours notre politique étrangère.
Dans le domaine de la défense, notre stratégie nationale repose toujours sur le principe de la dissuasion, enfin, dans le secteur social, quels que soient les gouvernements, ceux-ci s’efforcent de mettre en œuvre des méthodes d’information, de concertation et de participation qui se substituent aux slogans stériles de la lutte des classes. Ainsi la marque laissée par Charles de Gaulle dans l’histoire se révèle-t-elle chaque jour plus profonde.
Dans son troisième tome, Nord Eclair fait état de ce que rapporte André Malraux dans son ouvrage Les chênes qu’on abat, une boutade qui en dit long peut être sur l’image que de Gaulle avait de lui même :
« Au fond vous savez, mon seul rival international, c’est Tintin ! Nous sommes les petits qui ne se laissent pas avoir par les grands. On ne s’en aperçoit pas à cause de ma taille. »
5. De Gaulle le rassembleur et sa dernière victoire
René Rémond commentant un sondage disait que les différences entre générations, les écarts entre familles politiques, pour être significatifs, ne sont pas considérables. Ses admirateurs sont beaucoup plus nombreux que la famille politique qui se réclame de son nom et revendique son héritage. Si bien que de Gaulle appartient à la France entière et fait partie du patrimoine commun, c’est un bien de famille de tous les français.
Jean Mauriac écrivait en 1980 que de Gaulle était plus présent que jamais dans la vie politique du pays. Les hommes politiques, aujourd’hui, font sans cesse référence à lui. Beaucoup se situent par rapport à lui et à ses grandes options nationales. Sa politique qui, de son vivant, aura soulevé tant d’incompréhension de la part de certains, tant d’hostilité de la part d’autres, a de moins en moins d’adversaires. Il est parvenu à réunir, à rassembler sur son nom, donc sur une certaine idée de la France, ces français qu’il n’avait pas pu réunir de son vivant. C’est sa dernière victoire.
Lors de l’inauguration du musée de la rue Princesse le 20 novembre 1983, Pierre Mauroy alors premier ministre eut ces paroles :
"Charles de Gaulle appartient à l’ensemble des français, même s’il est vrai qu’il eut à chaque étape des compagnons et des adversaires. Chacun de nous porte en lui aujourd’hui une part de son message. Qu’aurait pu espérer de plus Charles de Gaulle que d’être ainsi, au-delà de sa vie d’homme, un élément de cohésion et de rassemblement des français."
Flamant Rose
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L'acte de naissance de Charles de Gaulle

Charles De Gaulle et ses frères et soeurs en 1900 (Charles est le 2ème en partant de la droite).

10:30 Publié dans De Gaulle, Rétrospective | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : flamant rose, de gaulle, commemoration, gaullisme, biographie
TIME FAILURE
Eh oui, la mire... J'ai un peu de mal à faire face sur tous les fronts en ce moment. Et pourtant l'actualité reste riche, et les sujets de billets ne manquent pas.
L'un de ces sujets possibles concerne Charles de Gaulle, le Général devenu premier Président de la Vème RF - dont il fut aussi fondateur - et ce à deux titres : d'une part, le projet de réforme de la Constitution que propose la Commission Balladur n'a pas fini de susciter la polémique, y compris au sein de la majorité ; d'autre part, le 9 novembre cela fera 37 ans que De Gaulle s'est discrètement éclipsé de la scène terrestre.
Ces deux événements conjoints ont amené Flamant Rose, féru d'histoire et grand admirateur de De Gaulle, à en proposer une biographie, documents originaux à l'appui. Merci à lui d'avoir su mettre en relief ainsi, en quelques lignes, la vie et l'action de l'homme qui a porté à bout de bras la France tout au long du XXème siècle.
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25.10.2007
ARRÊTER DE FUMER
Permettez-moi de détourner le temps d'une respiration le caractère politique de ce blog pour en faire un espace de santé. A l'instar du Capitaine, à qui l'on parlait souvent des kilos qu'il avait perdus, il m'arrive que l'on me parle de mon passé de fumeur, et de la façon dont s'est terminée cette période de ma vie. Mon blog est l'occasion d'en faire une petite synthèse.
Avant de commencer, je précise que je ne suis ni médecin, ni psychologue, encore moins tabacologue. Les conseils que je donne sont donc tirés de mon expérience personnelle, et n'ont pas vocation à être érigés en vérité scientifique. Si vous voulez de "l'officiel", vous en trouverez sur le site de Tabac Info Service.
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FUMER OU NE PAS FUMER...
Pour moi, l'arrêt du tabac a représenté un combat titanesque. Je comprends donc parfaitement la difficulté de ceux qui passent par là... et qui rencontrent parfois une certaine incompréhension de la part d'un entourage non-fumeur peu enclin à réaliser ce qui est à l'oeuvre au travers de ce bout de papier cylindrique. Un peu de pédagogie ne fait pas de mal, donc.
J'ai commencé à fumer à 15 ans. J'étais (très) amoureux, donc (très) malheureux, incompris que j'étais par quelques 5 milliards d'êtres humains (à l'époque) qui n'avaient jamais, au grand jamais, pensais-je, pu ressentir quelque chose de cette ampleur et retrouver un jour le sourire. Un de mes amis fumait déjà, à l'époque : un beau matin d'été, au bord de la rivière où je méditai sur ma condition implacable enchaînée aux yeux de ma dulcinée inaccessible, je lui pris dans un moment de rage une cigarette. Une Marlboro. 10,40 F le paquet, à l'époque - 1992 - si mes souvenirs sont bons. Dans l'été, elles allaient passer à 11,60 F, et nous criions au scandale.
Au début, je ne savais pas fumer, je "crapautais", m'a-t-on expliqué. C'est à dire que la fumée n'allait pas dans mes poumons. Un ami s'est chargé de m'expliquer la technique respiratoire indispensable à l'absorption de nicotine... et j'ai connu la première sensation d'étourdissement passager que procure cette substance. C'était, trouvais-je, très agréable : cela me détournait momentanément de mon narcissisme sentimental forcé. Cela m'apaisait.
Contrairement à d'autres, je n'avais pas la fibre "socialo-conviviale" du fumeur : comme j'étais très sportif (à l'époque), j'avais même plutôt honte de fumer. A mon retour au lycée, et durant les premiers mois, je m'éclipsais pour fumer, afin que mes amis ne le voient pas. Puis peu à peu, j'ai assumé. Jusqu'au moment où ma cigarette est devenu le prolongement indispensable de ma main droite.
Pourtant, très tôt - dès la première année - j'ai voulu renoncer à fumer, tant du fait des avertissements d'aînés que du coût du vice en question, sans parler des premiers effets (presque immédiats) sur mes performances sportives. Seulement, même s'il est relativement facile de se débarrasser d'une mauvaise habitude récemment acquise, ce n'est que lorsque son danger devient palpable qu'elle suscite une véritable fermeté. Chaque moment de blues ou de fête était prétexte à la reprise, provisoire bien sûr... qui pour finir durait bien plus que prévu. Que voulez-vous, il fallait bien finir le paquet, puis le suivant, etc. Je suis très vite devenu vraiment accro : je fumais ma première cigarette de la journée vers 6h30, après mon premier café et avant de prendre mon bus pour aller au lycée. Je savourais la dernière juste avant de m’endormir, le soir.
Je parvenais pourtant parfois à m’arrêter quelques temps : j’ai un souvenir assez précis de l’été de mes 22 ans, que j’avais attaqué en tant qu’ex-fumeur depuis plusieurs mois, au prix d'un combat acharné. Je travaillais cet été-là, un job d’étudiant. Un soir, juste avant de partir du boulot, ma collègue devant exécuter une manœuvre un peu délicate m'a confié sa cigarette allumée. Par défi ou par nostalgie, sans trop réfléchir, j’ai aspiré une bouffée. En 2 secondes, j’ai vu défiler 6 ans de ma vie sous mes yeux. Le soir-même, je rachetais un paquet, « un seul », pensai-je. En fait, j’étais reparti pour plusieurs années.
Quelques temps plus tard pourtant, je réussis l’exploit de m’arrêter durant 2 ans ½. J’étais alors persuadé d’être vacciné à vie. J’ai repris sous le prétexte d’un moment de stress intense, pendant mes études. Après 30 mois d’abstinence nicotinique totale, en 2 semaines, j’étais déjà à 2 paquets de Camel par jour. Le choc pour l’organisme dût être monstrueux.
Enfin, j’ai arrêté de fumer – définitivement, j’espère – il y a plus de 3 ans, en août 2004. Aujourd’hui, je n’ai plus du tout envie de fumer. Je le précise, pour avoir souvent entendu les craintes de fumeurs craignant, en arrêtant, d’être voués à la torture d'une tentation éternelle. Il est vrai que plusieurs ex-fumeurs m’ont avoué y être sujets… mais ceux-là se permettaient souvent une cigarette par-ci par-là, lors d’une « occasion » ou le jour de l’an. Cela ne pardonne pas. Ce genre de concession se paie comptant.
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QUELQUES CONSEILS
Chacune de mes tentatives d’arrêt du tabac – il y en a eu des dizaines – s’est soldée par un échec apparent, à une exception près, à ce jour. Pourtant chacune m’a aussi appris à prendre en compte lors d’une tentative ultérieure un paramètre supplémentaire, celui-là même qui avait occasionné ma rechute. Voici en vrac ce que je peux vous dire sur la question :
La motivation. C’est évidemment la clé. Certains disent vouloir s’arrêter « pour voir », sans prendre de décision définitive, ni jamais rien s’interdire : je comprends cette hésitation, mais elle débouche rarement sur un arrêt effectif. Il vaut mieux prendre la décision de ralentir, comme une première étape légitime, puis ensuite, éventuellement, basculer vers l’arrêt, en sachant alors que pour avoir une chance d’aboutir, il faut qu’il soit définitif et sans compromis, si ce n’est celui de substituts dans un premier temps. Jouer sur les mots ne marche jamais face à la cigarette.
Choisir le bon moment. J’ai compris lors de ma première tentative d’arrêt sérieuse que celle-ci avait un certain nombre de conséquences physiologiques. Chez moi, c’était toujours la même chose : les deux premiers jours, une sensation d’étourdissement cotonneux. Puis une irritabilité violente, pouvant tourner à l’angoisse, sans raison apparente. Enfin un manque obsessionnel de cigarette, accompagné de toux et d’insomnies (je parle là d’un arrêt sans aide ni substitut). Au bout de deux ou trois semaines, cependant, cela s’estompait progresivement, même s'il y avait des "retours de flamme" par vagues. Cela étant, il vaut mieux choisir un moment où vous ne serez pas trop sous pression pour arrêter. Un week-end prolongé me paraît être le plus indiqué.
Arrêter les excitants. J’ai assez vite compris que l’ex-fumeur nouvellement promu que j’étais ne supporterait pas longtemps l’appel de la cigarette pour accompagner le café, ou le verre d’alcool, tant par le mariage obligatoire du goût que par l’appel insistant qu’engendre l’effet. Une semaine ou deux avant chaque tentative d'arrêt donc, j’arrêtais le café, pour y préférer le thé par exemple : le goût se prête moins à l’association. De même, j’attendais un mois ou deux pour me servir une boisson alcoolisée lors d’apéritifs ou de repas après avoir arrêté. C’est une mesure de précaution sévère, mais quand on a repris une fois après s'être surestimé à ce niveau… cela vaccine.
Eviter les soirées. Cela rejoint mon point précédent. Un moment d’euphorie passager peut très vite être à l’origine d’un vieux réflexe… et vous vous réveillez le matin imbibé d’odeur de cigarette, avec la sensation d’avoir trimé des mois pour rien, et donc d’être le dernier des c…, ce qui n’est pas complètement faux, en l’occurrence. Il faut ensuite attendre des semaines pour digérer l’échec et retrouver la force de tenter à nouveau l’arrêt, en reprenant tout depuis la première étape.
Faire du sport. Le sport est le meilleur atout de l’ex-fumeur. C’est une redécouverte du corps, pour ceux qui avaient oublié qu’ils en avaient un. Cela permet aussi de sécréter des litres de dopamine, et donc de combler, les premiers temps, cette sensation de manque presque affectif. Bref, le sport permet d’avoir un aperçu par anticipation de l’état de non-fumeur… mais ne faites pas comme moi, allez-y cool au début.
Les substituts. Perso je ne suis pas patch, ni zyban. J’ai essayé, sans succès, même si pour certains de mes amis c’était très efficace. J’appréciais par contre les gommes à mâcher à la nicotine, parce qu’elles me permettaient de soulager mon besoin de nicotine au moment où je le voulais tout en le contrôlant – ce qui n’est pas possible avec les patches. Mon but était alors d’arriver le plus vite possible à 3 gommes par jour, une après chaque repas, avant de stopper complètement. Prévoyez aussi des bonbons à sucer durant les premiers mois : ceux à la menthe, qui "arrachent" la bouche, sont les plus efficaces pour faire passer l’envie de fumer. Je prenais des Ricola pour ce qui me concerne, ils sont plus longs à sucer. Se laver les dents immédiatement après avoir mangé est aussi très recommandé.
Expliquer à l’entourage. Quand on n’a jamais fumé, il est peut être difficile d’imaginer la réalité d’une telle dépendance. Après plusieurs analogies infructueuses, j’ai réussi à en trouver une qui parlait à mes amis non-fumeurs : celle de la relation amoureuse destructrice. La cigarette, c’est comme un conjoint avec qui l’on entretient une relation aussi passionnée que destructrice, que l’on sait irrémédiablement vouée à l’échec. Quand il est là, on le voudrait loin ; dès qu’il n’est pas là, il manque cruellement. S’arrêter de fumer, c’est comme débuter une relation avec quelqu’un d’autre, quelque chose de plus équilibré, de plus apaisé, de plus constructif. Pour autant, la nostalgie de la passion surgit par moments, au début surtout, prête à reprendre ses droits si l’on cède d’un seul centimètre.
Ne jamais retoucher une cigarette. C’est pour moi, au vu de mon passé de fumeur accro, la condition sine qua none de mon succès. Une seule bouffée, et je replonge, même si cela ne me tente plus a priori. On m’a expliqué que dès la première bouffée, lors d’une reprise, tous les capteurs de nicotine présents autour du neurone lors du passé de fumeur se rouvrent en même temps. C’est à dire qu’un ex-fumeur ne repart jamais à zéro, lorsqu’il reprend une cigarette : il repart au point où il en était resté lors de son arrêt. Le prétexte de l’ex-fumeur qui reprend « pour rester à 3 cigarettes par jour » est donc un mythe, à démonter au plus vite.
Voilà, bonne chance à chacun. Et franchement... même si c'est dur au départ, cela en vaut vraiment la peine.
P.S : Si vous avez en tête des sites remarquables sur le sujet, n'hésitez pas à m'en faire parvenir les liens : ce pourrait être le début d'une blogroll utile sur le sujet.
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Pour finir, voici quelques réponses aux questions que je me posais personnellement en tant que fumeur avant ou lors de mes tentatives d'arrêt. Je les ai trouvées sur un excellent site canadien, celui-ci, dont je synthétise certains exposés ci-dessous. J'ai eu envie de souligner 3 points importants :
- Comment le tabagisme et la nicotine créent la dépendance
- Symptômes de sevrage
- Cesser de fumer et bénéfices pour la santé
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COMMENT LE TABAGISME ET LA NICOTINE CRÉENT LA DÉPENDANCE
Tabagisme et nicotine
- La nicotine est une substance qui se retrouve NATURELLEMENT dans la plante appelée tabac.
- Le tabac est la seule plante au monde contenant de la nicotine.
- La nicotine est une drogue redoutable parce qu'elle resserre son emprise sur le corps et l'esprit d'une façon très subtile.
- Elle produit un effet agréable au cerveau (par la production de dopamine) sans perturber le comportement (vous n'êtes pas euphorique, dépressif ou somnolent, et vous n'avez pas d'hallucination; vous restez normal).
Comme les drogues dures, la nicotine entraîne :
- L'accoutumance : elle crée l'habitude d'en prendre régulièrement et toujours un peu plus pour ressentir le même effet.
- La dépendance physique produit le manque de nicotine et des symptômes de sevrage se font sentir lorsque vous n'en prenez pas.
Même si ces symptômes de sevrage ne sont pas aussi dramatiques que ceux causés par la désintoxication à l'héroïne ou à la cocaïne, l'emprise de la nicotine entraîne une dépendance au moins aussi forte !
- La dépendance psychologique est reliée au besoin de fumer par association à certaines situations : pression, solitude, nervosité, plaisir intense, insécurité, peur, etc.
- La dépendance sociologique est liée au besoin de fumer par complicité avec des amis, en fonction de l'entourage.
Tabagisme et nicotine: la dépendance physique
- Depuis des années, vous vous trouvez à introduire cette puissante drogue dans votre cerveau.
- À chaque bouffée, la nicotine provoque une stimulation au cerveau en moins de 10 secondes !
- C'est la façon la plus rapide d'envoyer une drogue au cerveau. Celui-ci réagit immédiatement en produisant des substances qui vous font sentir bien. On appelle ces substances des endorphines, et l'une d'elles se nomme dopamine.
- Normalement votre cerveau produit et gère lui-même ces substances de bien-être quand :
- vous faites des choses que vous aimez;
- vous vivez des situations plaisantes.
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Comme :
- quand vous pratiquez une activité physique (et surtout quand vous réussissez un bon coup) ;
- quand vous jouez d'un instrument ou écoutez de la musique;
- quand vous réalisez quelque chose dont vous êtes fier(e);
- quand vous vous amusez;
- quand vous recevez des compliments.
- quand vous recevez une évaluation positive (promotion, félicitations au travail, etc.);
- quand vous riez;
- quand vous êtes amoureux.
Dans les deux derniers cas, votre cerveau produit beaucoup d'endorphines. C'est pour cela que vous cherchez à répéter ces expériences : elles vous font sentir bien parce que votre cerveau produit ces endorphines.
Le problème avec la nicotine? Vous apprenez à votre cerveau à produire et à gérer ses endorphines principalement à l'aide de la nicotine dont vous allez dépendre pour vous sentir bien.
La dépendance psychologique créée par le tabagisme et la nicotine
En plus de la dépendance physique, la nicotine et le tabagisme entraînent une dépendance psychologique très puissante. Pourquoi? Comment?
- À chaque cigarette que vous fumez, vous inhalez en moyenne 10 à 12 bouffées. Donc, à chaque cigarette, vous injectez une dizaine de fois une drogue qui contribue à votre bien-être.
- Chacune de ces bouffées sera associée positivement par votre cerveau à l'événement ou à la situation que vous vivrez à ce moment-là.
- Peu importe que vous ayez du plaisir, que vous vous ennuyiez, que vous soyez stressé(e), que vous ayez de la peine ou que vous soyez en colère, vous comptez sur la cigarette pour vous aider à vous sentir mieux.
- Donc, en plus d'avoir rendu votre cerveau dépendant physiquement d'une drogue extérieure, vous l'avez programmé à associer la cigarette à toutes les situations que vous vivez.
- C'est pour cette raison que plusieurs fumeurs parlent de la cigarette comme d'une amie. Plutôt triste, non? Parler ainsi d'un rouleau de papier rempli de morceaux d'une plante...
- Vous comprenez sûrement mieux maintenant pourquoi il est si difficile de se libérer de cette dépendance...
Peut-être connaissez-vous un fumeur qui a cessé d'un coup... La réponse :
- Ce fumeur fait partie de la toute petite minorité de chanceux (moins de 10 %) qui réussissent à arrêter de fumer et sont encore non-fumeurs après un an.
- Tous les autres fumeurs (plus de 90 %) qui ont essayé de cesser de fumer de la même manière ont recommencé en moins d'un an.
- Plus vous attendez avant de vous décider d'arrêter de fumer, plus vous risquez que cela soit difficile et long avant de réussir. En moyenne, cinq à six tentatives pouvant s'échelonner sur une vingtaine d'années peuvent s'avérer nécessaires avant d'arrêter de fumer pour de bon. Plusieurs se découragent avec les conséquences que vous connaissez sans doute...
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SYMPTÔMES DE SEVRAGE
Étourdissement : 1 à 2 jours
- Compréhension : Le corps reçoit une quantité accrue d'oxygène dans le sang, ce qui provoque un état similaire à de l'hyper ventilation.
- Action : Prenez quelques respirations lentes mais profondes (comme des bâillements) et étirez-vous.
Fatigue : 2 à 4 semaines
- Compréhension : Le corps est en période de désintoxication et d'adaptation au manque de nicotine qui servait de stimulant.
- Action : Dormez suffisamment pour récupérer, bougez, mangez des bonnes choses et buvez beaucoup d'eau.
Insomnie : Jusqu'à 3 semaines
- Compréhension: Dans les premiers temps, certains ex-fumeurs connaissent un sommeil perturbé.
- Action : Évitez de prendre des excitants. Allez vous promener dehors après le souper. Prenez un bain, regardez un film drôle ou lisez le bottin de téléphone...
Toux : Moins de 7 jours
- Compréhension : Le système respiratoire se purifie en rejetant le surplus de mucus produit pour retenir les particules de goudron et autres produits chimiques accumulés depuis que vous fumez.
- Action : Buvez beaucoup d'eau pour faciliter l'expectoration du mucus. Faites de l'activité physique ou des exercices simples de respiration.
Constipation : 3 à 4 semaines
- Compréhension : Le corps est habitué à la stimulation intestinale causée par la nicotine. Il cherche à retrouver ses fonctions naturelles.
- Action : Consommez de l'eau, des fruits, des légumes crus et des produits de grains entiers si vous le pouvez (à cause des fibres). L'activité physique aide beaucoup aussi.
Faim : Quelques semaines
- Compréhension : La nicotine semble avoir pris le contrôle des contractions de l'estomac. L'appétit peut être aussi stimulé parce que vous goûtez mieux les aliments.
- Action : Vérifiez si vous avez vraiment faim ou si c'est l'envie d'avoir quelque chose dans la bouche. Grignotez souvent, mais en petites quantités, des choses bonnes pour la santé. (Cette façon de faire ne fait pas grossir...)
Goût pour des aliments sucrés : Quelques semaines
- Compréhension : Certaines études démontrent que la nicotine influe sur le niveau de sucre dans le sang.
- Action : Si ça vous arrive, essayez de prendre une collation riche en protéines (noix, yogourt, fromage).
Envie obsessionnelle de fumer : 2 semaines environ
- Compréhension : Plus vous laissez grandir l'envie de fumer, plus elle devient intense, voire obsessionnelle.
- Action : Réagissez rapidement : ne restez pas dans votre tête, faites quelque chose que vous aimez, écartez vous de la situation qui cause cette envie. Autrement dit, mettez en pratique vos trucs.
Irritabilité : variable
- Compréhension : Privé de sa drogue, le corps réagit par un stress de privation qui peut provoquer l'impatience, l'irritabilité, la colère.
- Action : Répétez-vous que c'est normal et que ça prouve que vous êtes en train de retrouver votre liberté. Faites des activités que vous aimez et riez le plus souvent possible.
Pression au niveau des yeux et de la tête : variable
- Compréhension : L'organisme est en manque de nicotine, ça crée de la tension.
- Action : Détendez-vous. De grandes inspirations, des étirements ou des massages de tête font vraiment du bien.
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CESSER DE FUMER ET BENEFICES POUR LA SANTE
Voici les changements qui se produisent dans le corps humain lorsqu'une personne arrête de fumer.
20 minutes
- La tension artérielle baisse et redevient normale.
- Le pouls ralentit et redevient normal.
- La température des mains et des pieds augmente et redevient normale.
8 heures
- La quantité de nicotine et de monoxyde de carbone présente dans le sang diminue de moitié.
- L'oxygénation des cellules redevient normale.
24 heures
- Le monoxyde de carbone est complètement éliminé de l'organisme.
- Les poumons commencent à rejeter les résidus de fumée.
48 heures
- La nicotine a été entièrement expulsée de l'organisme.
- Les terminaisons nerveuses commencent à se régénérer.
- L'odorat et le goût s'améliorent.
72 heures
- Les bronches se relâchent, ce qui facilite la respiration.
- La capacité pulmonaire s'accroît.
- L'énergie augmente.
2 semaines à 3 mois
- La circulation sanguine s'améliore.
- La marche devient plus facile.
- Le fonctionnement des poumons peut s'améliorer jusqu'à 30 %.
- Pour la femme enceinte, le risque d'avoir un enfant de faible poids est comparable à celui d'une femme qui n'a jamais fumé si elle a cessé durant les trois premiers mois de sa grossesse.
1 à 9 mois
- La toux, la congestion nasale, la fatigue et l'essoufflement diminuent.
- La voix devient plus claire.
- Les cils vibratiles dans les poumons se régénèrent et la capacité de l'organisme de retenir le mucus, de purifier les poumons et de combattre l'infection s'accroît.
- Le corps reprend de l'énergie.
1 an
- Le risque de maladies cardiovasculaires est réduit de moitié.
- Dans les premières années après avoir cessé de fumer, le risque, pour la femme, de contracter un cancer du col de l'utérus devient comparable à celui d'une personne n'ayant jamais fumé.
5 ans
- Le risque de cancers de la bouche, de la gorge et de l'œsophage diminue de moitié. Le taux de mortalité relié au cancer du poumon pour le fumeur moyen (un paquet par jour) diminue également de moitié.
- De 5 à 15 ans après avoir cessé de fumer, le risque d'ACV diminue et se compare à celui d'un non-fumeur.
10 ans
- Le taux de mortalité attribuable au cancer du poumon est semblable à celui d'un non-fumeur.
- Les cellules précancéreuses sont remplacées par des cellules saines.
- Le risque de cancer de la bouche, de la gorge, de l'œsophage, de la vessie et du pancréas diminue.
15 ans
- Le risque d'accidents coronariens est semblable à celui d'un non-fumeur.
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Vous avez tout lu jusque là? Félicitations. Pour vous récompenser, ce bijou d'humour de Gad Elmaleh sur le sujet. Bon vent.
20:35 Publié dans Santé | Lien permanent | Commentaires (18) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : arreter, fumer, cigarette, fumee, tabagisme, nicotine, dependance
La loi de l'offre et de la demande, par Flamant Rose
L'actualité, notamment celle qui concerne les premières propositions de la commission présidée par Jacques Attali (et leur lot de polémiques) donnent l'occasion de s'interroger plus précisément sur le cadre dans lequel elles sont censées s'inscrire positivement. C'est ce qu'a fait Flamant Rose, une nouvelle fois avec une clarté pour laquelle je le remercie.
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Pour la plupart d’entre nous, le théorème de l’offre et de la demande paraît évident. Si un produit est en surabondance lors de sa pleine saison, le prix de ce produit aura tendance à baisser, si au contraire pour quelque raison que ce soit (à la suite d’intempéries, par exemple) ce produit vient à manquer, son prix sera en hausse. En clair on peut traduire ces phénomènes par le théorème suivant : si la quantité sur le marché d’un bien ou d’un produit est supérieure à la demande, le prix baisse. Si au contraire la quantité de ce bien ou de ce produit a une demande supérieure à l’offre, son prix augmentera. Cela paraît tellement évident que l’on est en droit de se demander pourquoi il y a des économistes et à quoi sert une analyse économique.
C’est je crois cette apparente simplicité qui fait dire à des internautes probablement géniaux tout et n’importe quoi. Cela vient du fait que ces économistes professionnels réputés et compétents ont un raisonnement qui peut dérouter les profanes que nous sommes. Effectivement lorsqu’on écoute Elie Cohen ou Jacques Marseille, qui font partie de nos brillants économistes, on a l’impression qu’ils s’adressent à des gens de métiers plutôt qu’à des téléspectateurs en attente de compréhension. En effet, lors des émissions auxquelles ils participent, ils nous expliquent comment fonctionne l’économie réelle du marché alors que, me semble t-il, ils devraient expliquer la façon dont devrait fonctionner une idéale économie de marché. Il faut entendre par économie réelle le marché tel qu’il existe en pratique et l’idéale économie telle qu‘il devrait être dans l’absolu.
- Loi de l’offre, loi de la demande
Aujourd’hui ce terme de « loi » a une consonance démodée, aussi les économistes préfèrent-ils le terme de « théorème ». Il y a une raison simple à cela, c’est qu’une « loi » est une relation universelle qui se doit d’être vérifiée par des événements dont la déduction provient de conditions initialement testées. On préfère donc le terme de théorème.
Il existe malgré tout des lois. Paul Anthony Samuelson, prix Nobel d’économie en 1970 a ainsi démontré après des années d’expérience que les lois économiques sont perfides dans la vie économique. Il est l’auteur de travaux importants sur l’inflation et la déflation.
Un exemple : un homme, une femme peuvent se rencontrer et par la suite former un couple. Ce couple connaîtra des hauts et des bas, des excès de fièvre, puis le ronronnement. En économie il y a l’offre, la demande et ce couple va par exemple se rencontrer le samedi matin sur le marché. Y aura t-il, plus tard, excès de fièvre (hausse des prix) ? Y aura t-il ronronnement ?
- La demande
En tant que provençal j’aime la bouillabaisse. Je me rends chez le poissonnier. Ma demande va être fonction de 3 critères : mes goûts (choix des poissons), mon revenu (salaire et allocations) et le prix du poisson. Si mes goûts (les poissons) et mes revenus ne varient pas, alors la quantité et la composition des poissons ne dépendront que de la variation de leurs prix. Selon la variation des prix à la hausse ou à la baisse, je mettrai plus ou moins de poissons en nombre et en qualité et ma bouillabaisse sera plus ou moins bonne. La relation entre ces 3 critères et ainsi appelée une « fonction de demande individuelle ».
Si je me nourris essentiellement de maïs parce que c’est le produit le moins cher et que l’utilisation de ce maïs dans la fabrication des bio-carburants rende ce produit plus cher, je vais m’appauvrir un peu plus. Non seulement mon pouvoir d’achat va baisser mais je vais être obligé d’ augmenter ma consommation de maïs au détriment d’autres aliments car ce produit de base dans mon alimentation sera toujours le moins cher.
- L’offre
Celui qui offre c‘est celui qui produit. Je suis producteur de tomates. Le prix de mes tomates sera fonction de mon coût unitaire de production et de mon prix de vente. Le coût unitaire de production sera composé de différentes variables : le prix des matières premières, le prix de la main d’œuvre, etc.Si le prix de ces variables est gelé, ne restera alors qu’un seul facteur susceptible de faire varier les coûts : le rendement. Si je veux augmenter ma production je dois procéder à ce que l’on appelle « une combinaison des variables » heures de travail, matières premières, modernisation par création d’une ou plusieurs serres, production intensive etc.
- La rencontre
Le couple offre et demande se rencontre sur le marché : distinguons 2 cas. Sur le marché on constate qu’il y a ce jour-là un excès de l’offre, c’est à dire que la quantité de poissons ou de tomates est supérieure à la quantité demandée par les consommateurs. Il y aura probablement une baisse des prix. Si au contraire il y a trop de demandes par rapport à l’offre, c’est la concurrence entre les acheteurs qui fera en sorte que les prix augmentent. Ce phénomène - pouvant se produire dans un sens ou dans l’autre - est appelé le phénomène du « yoyo ». Les économistes se référent alors à une image tirée de la physique.
Souvenons nous de nos cours, un ressort au bout duquel on attache un poids. Il se produit alors une oscillation qui se réduit jusqu’au moment ou le ressort ne bouge plus. On atteint l’équilibre, et en économie, toujours sur notre marché, on appellera cela le prix d’équilibre, c’est à dire que la quantité offerte est égale à la quantité demandée. On peut donc légitimement penser que pour quelqu’un qui croit à cette théorie de l’offre et de la demande le marché obtiendra de lui-même ce point d’équilibre car en fonction du prix, les excès, à la fois d’offre et de demande, se résorberont d’eux mêmes.
- Le marché
C’est donc le marché qui doit fixer les prix et par conséquent l’interventionnisme est une mauvaise solution car les prix deviennent alors artificiels et cela peut créer plus de mal que de bien. En voulant protéger on peut arriver à l’effet contraire de celui souhaité. Donc ce théorème ou cette loi de l’offre et de la demande devrait s’imposer à tous. C’est une des raisons pour lesquelles je suis un libéral. Le libéralisme contrairement à ce que certains laissent entendre n’est pas forcément la loi du plus fort.
- Libérons le marché
Les professeurs d’économie en faculté ou dans les écoles de commerce démontrent aux étudiants - et ils ont raison - que c’est l’état qui par son interventionnisme dérègle ce mécanisme.
L’exemple type est celui où l’état impose un loyer maximum (type loi du 1er septembre 1948). Cette loi extrêmement favorable aux locataires engendre une très forte demande de logements dont les victimes sont ceux qui ont le plus de difficulté à se loger. On obtient donc l’effet contraire de ce que l’on souhaitait. C’est la raison pour laquelle la loi Mehaignerie du 23 décembre 1986 interdit toute nouvelle location ou relocation soumise à la loi de 1948, elle permet même à des logements soumis à la loi de 48 d’en sortir.
- L'exemple allemand
L’autre exemple d’interventionnisme de l’état est le SMIC. Nos voisins allemands n’en ont pas. Pourquoi ?
Chez nous en France c’est l’état - encore lui - qui intervient, il impose sa conception des choses, il se substitue aux partenaires sociaux. Quant aux syndicats ils n’ont pendant des décennies - et c’est encore le cas aujourd’hui pour certains d’entre eux - vu dans l’entreprise que des rapaces.
Chez nos voisins allemands les mesures salariales se négocient branches par branches. Ces mesures sont par conséquent décentralisées. Contrairement à nous, les allemands ont compris depuis longtemps que ce sont les entreprises qui créent les richesses et que l’on ne peut redistribuer que ce que l’on a créé. Avant une légère dégradation due à la réunification, les salaires allemands avaient atteint des sommets.
A noter que d’autres pays souvent cités en exemple, la Suède et la Finlande, n’ont pas de SMIC. En économie toute intervention de l’état entraîne des difficultés, voire empêche d’atteindre le point d’équilibre. En France il me paraît pourtant difficile d’y échapper. Chez nous le vrai libéralisme n’est pas pour demain, l’interventionnisme d’état a encore de beaux jours devant lui. On ne pourra réformer notre pays qu'au compte gouttes, la preuve nous en est donnée chaque jour.
Flamant Rose
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