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27.06.2007

Les bonnes affaires de la famille Chavez, par Paulo A. Paranagua (pour le Monde)

Quelques nouvelles de l'ami si cher au coeur de Jean-Luc Mélenchon... et l'occasion pour moi de saluer amicalement Daniel Duquenal.

LE MONDE | 27.06.07 | 15h02  •  Mis à jour le 27.06.07 | 15h02

CARACAS ENVOYÉ SPÉCIAL

50ce29d4b3de19eba3e6a78056df1e59.jpgLe Père José Palmar a l'impression de prêcher dans le désert. Admirateur inconditionnel du président vénézuélien, le lieutenant-colonel Hugo Chavez, il ne comprend pas pourquoi ses prières ne sont pas exaucées. Du haut de sa chaire, au micro ou dans les colonnes d'un petit quotidien, Reporte, il dénonce sans relâche un péché capital : la corruption.

A force de demander audience sans succès, le Père Palmar perd patience : "Président Chavez, je vous défie de dire devant l'ensemble des chaînes de télévision que les dénonciations présentées depuis plus d'un an dans la presse et remises au ministère public sont un mensonge", écrit-il. Et de gronder M. Chavez : "Vous êtes entouré de voleurs, lance-t-il. Vous entendez ? Des voleurs !"

Ce curé catholique et "chaviste" a mal encaissé les nominations à la tête de l'entreprise publique Petroleos de Venezuela (PDVSA), alors qu'il ne cesse de pointer du doigt la corruption qui sévit dans l'industrie pétrolière. Fin mai, un cousin du chef de l'Etat, Asdrubal Chavez, a été promu vice-président de PDVSA. Depuis que son cousin Hugo préside aux destinées du Venezuela, Asdrubal Chavez s'occupe, à PDVSA, de la commercialisation et de l'approvisionnement, ainsi que de la filiale PDV Marina, la flotte pétrolière.

La commercialisation, l'exportation et le transport du pétrole donnent lieu à des affaires juteuses, grâce aux intermédiaires et aux manipulations financières favorisées par un dollar échangé au marché noir au double de sa cotation officielle. C'est là qu'a fait fortune Wilmer Ruperti, capitaine de la marine marchande il y a vingt ans à peine, devenu le principal transporteur naval du Venezuela.

"BOLI-BOURGEOISIE"

Fin 2002, il est parvenu à briser la grève de PDV Marina et de PDVSA avec ses cargos, ce qui lui a valu une médaille et la reconnaissance du président Chavez, qui n'a cessé depuis lors d'encourager ses projets. Pour démontrer son attachement à la "révolution bolivarienne" lancée par M. Chavez, Wilmer Ruperti a payé 1,6 million de dollars une paire de pistolets ayant appartenu à Simon Bolivar, lors d'enchères chez Christie's, pour que ces armes reviennent au Venezuela.

Figure emblématique de la nouvelle bourgeoisie émergente, la "boli-bourgeoisie", M. Ruperti n'est pas le seul à s'être enrichi grâce à la rente pétrolière. Depuis que M. Chavez est au pouvoir (1999), le prix du baril a été multiplié par six. Outre l'industrie pétrolière, aucun secteur n'engrange autant de bénéfices que les banques. La Bourse de Caracas bat des records et les banques connaissent une croissance de 43 %, tandis que les manufactures plafonnent en dessous de 10 %, selon le ministère des finances.

"Le contrôle des changes et la vente discrétionnaire de devises, alors que le dollar vaut le double au marché noir, ajoutés à 20 % d'inflation et à une administration publique chaotique, suscitent un schéma de corruption permettant de réaliser des bénéfices à court terme à la portée des banquiers, des commerçants, des hauts fonctionnaires et des militaires situés aux postes-clés", souligne Orlando Ochoa, économiste à l'Université catholique.

Parmi les hommes d'affaires de la City vénézuélienne, les scandales des années 1990 qui ont touché la banque Progreso et la banque Latino semblent oubliés. En 2002, l'effondrement de la Banque industrielle du Venezuela et les irrégularités de la Banque du peuple souverain n'ont pas entamé l'euphorie provoquée par l'envol du baril et par les largesses de l'Etat.

Ainsi, les bons de la dette argentine, achetés par le gouvernement Chavez au nom de la solidarité "bolivarienne", ont été immédiatement remis entre les mains de banques privées, qui en ont tiré sur le marché international un profit maximal dans un temps record.

Des banquiers traditionnels, comme Victor Vargas Irausquin (Banque occidentale de décompte) et Victor Augusto Gill Ramirez (Banque fonds commun), ont vite trouvé leur compte et leurs entrées en haut lieu, à côté de nouveaux venus comme Danilo Diaz Granados et le lieutenant Arne Chacon, frère de Jesse Chacon, proche de M. Chavez depuis qu'ils complotaient ensemble dans l'armée, ancien ministre de l'intérieur passé aux télécoms. Le lieutenant Chacon a acheté la moitié de la banque Baninvest à crédit, avec sa solde d'officier pour tout pécule. Décidément novice, il a avoué aux médias qu'il avait l'intention de rembourser sa "dette"... grâce au trafic d'influence !

Les hommes d'affaires "émergents" ne font pas toujours bon ménage, au Country Club et dans les soirées huppées de Caracas, avec la bourgeoisie traditionnelle que M. Chavez traite invariablement d'"oligarchie". Dans le secteur de l'alimentation, le programme social Mercal - un circuit de marchés qui vendent des produits à bas prix - a déstabilisé les supermarchés Polar, premier groupe privé du pays, au profit de deux jeunes loups acquis au "chavisme", Ricardo Fernandez Barruecos et Sarkis Arslanian Beyloune. Les fournisseurs de Mercal ne payent ni droits de douane ni taxes et n'hésitent pas à importer au détriment de la production vénézuélienne. Le frère aîné du chef de l'Etat, Adrian Chavez, s'est occupé d'importations d'aliments, du temps où il était ambassadeur à La Havane, avant d'être promu secrétaire de la présidence de la République, puis ministre de l'éducation.

"ACCUMULATION PRIMITIVE"

L'accusation de népotisme ne semble pas déranger le chef de l'Etat, dont la famille occupe de solides positions dans son Etat natal de Barinas. Le gouverneur est son père, Hugo de los Reyes Chavez, un ancien instituteur devenu propriétaire de terres. Le secrétaire d'Etat de Barinas est un frère d'Hugo, Argenis Chavez, l'homme fort de la région.

La fratrie semble avoir senti l'appel du service de l'Etat, puisque Anibal Chavez est maire de Sabaneta de Barinas et que Narciso Chavez brigue la mairie de Bolivar. Selon l'ancien président de la commission des comptes de l'Assemblée nationale, le social-démocrate Conrado Perez Briceno, Barinas arrive en tête des plaintes pour malversations.

"L'accumulation primitive de la nouvelle bourgeoisie trouve son origine dans la corruption administrative", accuse Teodoro Petkoff, directeur du quotidien d'opposition Tal Cual. D'où l'importance pour le gouvernement Chavez de l'avocate Esther Bigott de Loaiza, une pénaliste qui a opéré une reconversion fulgurante dans le droit des affaires. Elle veille sur les intérêts des ministres et des hauts fonctionnaires, qui n'hésitent pas à poursuivre la presse en diffamation alors que l'enrichissement des uns et des autres est aisément perceptible. L'immobilier et les voitures de luxe connaissent un boom.

Personne ne semble pressé de suivre l'appel du chef de l'Etat, du 10 juin, lorsqu'il a pris des accents de télévangéliste et incité ses partisans à se débarrasser du "superflu", au nom du socialisme. De quoi désespérer le Père Palmar, qui en arrive à écrire que, "malheureusement, ce processus est tellement infesté de corruption qu'il perd son caractère de révolution et ternit les idéaux bolivariens".

"Le président gouverne, tant mieux" par Serge JULY

220021f9d9fd8a01e785083177fe21e1.jpgCette simple phrase : "Le président gouverne", illustre l'ampleur de la révolution Sarkozy. Depuis l'institution de l'élection du Président au suffrage universel en 1962, la République avait deux têtes. En quelques semaines, la fonction du Premier ministre est en train de se réduire comme peau de chagrin à la vitesse de la lumière.

Sous de Gaulle, le Président était en charge de l'essentiel, et il laissait  l'intendance à son  Premier ministre qui, selon le texte de l'article 20 de la Constitution, "détermine et conduit la politique de la Nation". Le risque de cohabitation est contenu dans cette définition du Premier ministre, par ailleurs responsable devant l'Assemblée nationale. Bref,deux légitimités qui peuvent s'affronter.

Ce conflit entre les deux têtes de l'exécutif n'est pratiquement plus possible depuis la réforme constitutionnelle de Jacques Chirac et de Lionel Jospin, en 2000, avec le passage au quinquennat et l'alignement des deux mandats présidentiel et législatif.

Ségolène Royal aurait été élue, elle aurait fait du scrutin législatif, un vote intégré  à l'élection présidentielle,et elle aurait pareillement concentré l'exécutif entre les mains de celui qui est élu au suffrage universel, le seul qui doit rendre des comptes.

C'est un progrès réel. Le régime fonctionnait sur une hypocrisie absolue : le président était en retrait comme le Roi aux échecs, et le Premier ministre s'agitait comme la Reine, à ceci près que le chef de l'Etat passait une partie de son temps à contrôler l'ensemble de l'activité gouvernementale. Le système fonctionnait comme les voitures d'auto-école : à double commande. Flicage à tous les étages pendant que le Président installé dans la longue durée du septennat, courait le monde, et réfléchissait sur les stratégies.

Désormais, c'est le Président qui "détermine et conduit la politique de la Nation" tout en  continuant à surveiller l'ensemble de l'activité gouvernementale, tout en assurant la direction de l'UMP, de telle sorte qu'il n'y ait pas de rival possible à la tête du parti majoritaire. La mission de Patrick Devedjian consiste à garder la maison.

Nicolas Sarkozy a le tempérament de cette révolution. Il est un formidable leader européen : il est taillé sur le modèle d'Angela Merkel ou de Tony Blair, c'est-à-dire des leaders issus de régimes parlementaires, mais disposant de toutes les manettes de l'exécutif, c'est un Premier ministre qui en plus aurait été élu Président. Il faudra bientôt changer la définition du Premier ministre : vice-président, co-pilote, secrétaire général du gouvernement, ou intendant général... C'est ce qu'on appelle la présidentialisation du régime.

Donc le super Premier ministre - Président entend réformer la Constitution, et il souhaite en particulier avoir le droit de s'exprimer une fois par an devant la représentation nationale. C'est évidemment logique. Non seulement, le chef de l'Etat a déjà fait une déclaration de la politique générale devant les députés de la majorité, mais il aimerait faire comme le Président américain, chaque année, un discours sur l'état de la Nation.

Cette transformation de nos institutions vient compléter la réforme de 2000, elle met fin à une hypocrisie, et tous les successeurs de Nicolas Sarkozy feront évidemment la même chose. Et heureusement, comme on le vérifie sur la réforme des Universités, où non seulement Nicolas Sarkozy dirige la concertation, pilote l'ensemble, fait des concessions, ouvre des portes et repousse le calendrier. Il a été élu pour agir : le président agit, c'est tant mieux. Autre  chose sera de savoir s'il le fait bien ou pas.

A ceci près que désormais, il faut impérativement rééquilibrer le système institutionnel : quel rôle pour le Parlement dans cette évolution ? Une fonction représentative, que seule une dose de proportionnelle peut apporter, une fonction de contrôle de l'exécutif non seulement sur les nominations, mais sur l'ensemble du fonctionnement de l'Etat, une multiplication des commissions pour suivre l'ensemble de l'activité du pouvoir, et pour assurer l'ensemble de cette activité parlementaire, il faudra en venir au mandat unique et donc par voie de conséquence faire de la fonction parlementaire, une fonction prestigieuse.

Les Français sont conscients de la nécessité de ces équilibres : le vote du 17 juin a été motivé certes par la menace que pouvait constituer la "TVA sociale", mais aussi par un dérèglement possible de nos institutions, dès lors que le chef de l'Etat occupait tout l'espace de l'exécutif, dès lors qu'il entendait gouverner.

http://www.rtl2007.fr/

26.06.2007

"Ségolène, c'est comme la fièvre"

bc62fa8b6216c8f3d1422314dcac5bb2.jpgSégolène, c'est comme la fièvre. Elle révèle la maladie socialiste sans pouvoir, à elle seule, la guérir.

Tant que le PS n'aura pas défini un nouveau projet, la tentation démagogique du kitsch marketing subsistera.

Eric DUPIN

25.06.2007

Chez nous, c'est "Good Bye Lénine" ! par Malek BOUTIH

LE MONDE | 25.06.07 |

7eb556d494199031c8c0dd42588362c6.jpgAucune personnalité issue de la diversité n'a émergé au PS à la faveur des élections. Comment expliquez-vous cet échec ?

Il existe un consensus de façade alors que cette question n'est pas pensée au PS - comme beaucoup d'autres d'ailleurs. Ma conclusion, à travers mon expérience d'ancien président de SOS-Racisme et à la direction du PS, c'est que tout ce qui a trait à la société dans laquelle nous vivons, la violence, le travail, le droit à l'émancipation sociale, l'identité, le parti n'a pas voulu les regarder en face. Il n'y a jamais eu de débat politique sur la diversité. Il s'agit à chaque fois de passer entre les gouttes, d'avoir quelques candidats sans déséquilibrer les enjeux de courants.

Vous étiez chargé des questions de société au PS. Pourquoi n'avez-vous pas porté ce débat ?

A la demande du bureau national, j'ai proposé un rapport sur l'immigration. Je l'ai remis à François Hollande. La première chose qu'il a faite c'est de le cacher et de prier pour qu'on n'en parle pas. Quand il a quand même émergé, il s'est empressé d'éteindre tout débat de fond en obtenant, il faut bien le dire, un certain consensus. La diversité ne se réduit pas à l'immigration, certes. Mais j'ai compris que des dirigeants du PS forment un cénacle qui n'aime pas la société telle qu'elle est, qui ne s'y projette pas et qui garde la mélancolie des années 1970. Chez nous, c'est Good Bye Lénine !

N'êtes-vous pas en colère parce vous avez été candidat en Charente mais devancé par une dissidente socialiste qui a été élue ?

Oui, j'ai une certaine amertume d'avoir été victime de mon propre parti et non pas d'avoir subi une défaite par rapport à l'adversaire. Je ne suis pas le seul. Fawaz Karimet (candidat dans l'Ain) n'a pas été parachuté, il a été désigné par les militants, et pourtant nous avons été traités de la même manière. Le summum, c'est que nos deux dissidents, qui ont gagné, vont être intégrés dans le groupe PS comme si de rien n'était. Tous les candidats de la diversité ont été envoyés à l'abattoir. Des défaites électorales, on s'en relève. Des défaites morales, c'est beaucoup plus difficile. Comme des milliers de militants de gauche, ça me fait tout drôle de voir la droite nous donner des leçons sur ce terrain.

Mais la droite n'a pas d'élus de la diversité non plus... 

C'est vrai, mais son principal leader, Nicolas Sarkozy, ne subit pas le conservatisme de son camp et le pousse à évoluer. C'est l'inverse du PS. Après les émeutes de novembre 2005, on a lancé des appels pour arrêter la violence, on a dit aux jeunes "inscrivez-vous sur les listes électorales, faites-vous entendre dans le champ démocratique", et il n'y a aucun député de la diversité. 

Vous avez salué l'entrée de Fadela Amara dans le gouvernement. Est-ce compatible avec un engagement à gauche ?

J'ai appelé Fadela pour la féliciter et l'encourager. Il y a des enjeux qui dépassent les clivages : lutter contre le racisme, la montée des intégrismes et du communautarisme. J'ai trouvé petit les accusations de trahison. La gauche est prise la main dans le sac avec un discours à l'opposé de ses actes. Deux exemples. Quand Bariza Khiari, dirigeante du PS, envoie une lettre de soutien à Fawaz Karimet et que le premier secrétaire de la fédération de l'Ain la traite de "gauche tajine", qu'elle va devant la commission des conflits du PS et qu'il ne se passe rien, c'est insupportable. Quand Michèle Sabban, au bureau national, propose que les collectivités socialistes suppriment les subventions à l'association Ni putes ni soumises parce que Fadela Amara est entrée dans le gouvernement, je remarque que cette idée n'a traversé la tête de personne pour Emmaüs quand son président, Martin Hirsch, l'a précédée. Ceci révèle que, pour toute une génération de dirigeants socialistes, le mouvement des associations de banlieue doit rester avant tout une courroie de transmission et qu'ils aiment Fadela quand elle colle des affiches, pas quand elle prend ses responsabilités.

La gauche a souvent accusé Nicolas Sarkozy de favoriser le communautarisme...

Il remporte une victoire nette dans les symboles et dans les actes, et cela va réduire sa diabolisation, mais la bataille sur le fond reste ouverte. Le PS n'imagine pas à quel point quand on est au bas de l'échelle, on a besoin de repères et de valeurs, de pouvoir choisir sa vie, et non pas qu'on la choisisse à sa place simplement en parlant des allocations. Ségolène Royal avait compris l'enjeu des quartiers. Elle leur a délivré un message presque affectif qui a permis une mobilisation exceptionnelle. Mais cela ne suffit pas. En 2008, le PS devrait présenter un candidat de la diversité comme tête de liste aux élections municipales, dans une grande ville. Nicolas Sarkozy a pris les devants. Pour le dépasser, il faut faire plus sur le fond, et plus sur la forme.

REVUE DE BLOGS

5b492d7b7e43e13316e81a3365765a92.jpgIvan RIOUFOL : Vaincus mais contents

L'opposition ne tourne plus rond, quand les perdants sont contents. Battu au premier tour de la présidentielle, François Bayrou s'autocongratulait pour sa victoire. Dans la nuit du 6 mai, Ségolène Royal éliminée exultait pareillement, marchant avec ses troupes vers la rue de Solferino, le siège du PS. Dimanche soir, sur les plateaux des télévisions, la gauche n'en pouvait plus de bonheur à la confirmation de sa défaite. Ainsi font ceux qui ne regardent pas les choses en face.

Le choix des électeurs de freiner la vague bleue annoncée ne doit rien aux vertus du PS. François Hollande a d'ailleurs admis, dès l'annonce des résultats, « l'indulgence » des Français pour un parti étalant toutes ses déchirures. En réalité, la gauche la plus bête du monde - celle qui a dit : « Il faut effrayer les capitalistes » (Royal) et « Je n'aime pas les riches » (Hollande) - a été repêchée pour qu'elle assume, malgré tout, son rôle de contradicteur.

Voir, dans ce souci d'équilibre, la fin de l'état de grâce pour Nicolas Sarkozy est une erreur. La naufragée a été secourue, notamment, par l'abstention d'une droite peu portée à cautionner l'hégémonie d'un parti. Il n'est pas dit que la gauche aurait eu cette réserve. Le PS s'estime, depuis lundi, en meilleure position pour les municipales de 2008. Mais les jeux ne sont pas faits. Les causes de ses échecs successifs - son autocontentement, son déni des évidences - sont toujours là.

L'opposition, qui dans la perspective de sa déroute invitait la rue à suppléer son absence, est désormais tenue par les règles d'une démocratie parlementaire qu'elle va pleinement réintégrer. Une obligation d'intelligence pèse sur elle, qui exigera davantage que la simple habileté avec laquelle elle a su exploiter la contestation du projet de TVA sociale. Le pouvoir de nuisance ne suffira pas à recueillir les suffrages de demain.

Et puisqu'il faut mettre les points sur les i : c'est une gauche sans programme ni vision qui jubile ces jours-ci, après avoir scellé, dans les faits, l'alliance avec le MoDem de François Bayrou. L'opposition se flatte d'avoir terrassé Alain Juppé, vaincu par 670 voix bordelaises, alors que l'ex-ministre de l'Écologie avait été choisi par un président élu par 19 millions de Français. Cependant, ces derniers lui font toujours confiance. Il serait bon que la gauche euphorique s'en souvienne.

Questions sur la droite

La droite regrette-t-elle son parler vrai, qui l'a fait gagner ? « La TVA sociale nous a fait perdre 60 députés », estime Jean-Pierre Raffarin, tandis que d'autres, à l'UMP, accablent Jean-Louis Borloo ou François Fillon pour avoir admis, à une question de Laurent Fabius, que le projet était à l'étude. Mais ces nostalgiques de la langue de bois renvoient à une époque insupportable. Il y a du mépris à croire les électeurs incapables de comprendre des explications. Rien ne permet d'affirmer que ce dossier technique a eu un tel effet de rejet.

La force morale du gouvernement tient à ce qu'il assure ne rien vouloir cacher de ses intentions. « Dire la vérité, voilà la vraie rupture », disait le premier ministre, vendredi dans Le Figaro. Sa position sur la TVA a été conforme à cette éthique, encore rappelée mercredi soir sur TF1 par Nicolas Sarkozy. Le chef de l'État mettrait d'ailleurs en cause sa crédibilité, s'il devait faire passer sous le terme de « traité simplifié » - ce document discuté actuellement à Bruxelles - la constitution européenne refusée par le peuple.

Pour autant, le sursaut du PS n'interdit pas de s'interroger sur le bien-fondé de l'ouverture en sa direction. Avec l'arrivée de Jean-Marie Bockel et de Fadela Amara, mardi, un membre du gouvernement sur cinq vient de la gauche : une politique qui déboussole des électeurs de droite et qui ne convainc apparemment pas ceux d'en face. Trop longtemps, la droite honteuse a singé la gauche. À peine débarrassée de son complexe, il ne faudrait pas qu'elle se perde à nouveau, en cherchant encore à se faire aimer d'elle.

Image idyllique

Rachida Dati, Rama Yade, Fadela Amara : en nommant au gouvernement ces trois femmes, respectivement d'origines marocaine, sénégalaise et algérienne, François Fillon reconnaît que la France n'est plus seulement ce « peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne », dont parlait Charles de Gaulle en 1959. Sous l'effet d'une immigration de peuplement, longtemps occultée, le pays est devenu multiethnique et cette réalité s'impose politiquement. Les trois ministres illustrent les capacités d'intégration de la nation.

Mais l'image donnée est évidemment idyllique. Entendre les commentateurs se réjouir que la catholique Christine Boutin travaillera, au ministère de la Ville, avec la musulmane Fadela Amara, rappelle qu'il existe deux France. Il est devenu vain de nier qu'une partie de l'immigration maghrébine et africaine n'adhère pas aux règles et aux modes de vie du pays d'accueil, encouragée en cela par une abusive idéologie antiraciste, qui enjoint aux nouveaux venus de revendiquer leurs propres cultures. Ces ministres sauront-elles se démarquer du communautarisme victimaire et défendre les vertus du mérite et de la responsabilité ? Leur bilan se lira à cette aune. Fadela Amara, fondatrice du mouvement Ni putes ni soumises, a fait preuve de ses convictions laïques, en critiquant le port du voile et la condition des femmes. C'est en agissant simplement comme Françaises, héritières d'une histoire commune, qu'elles défendront le mieux l'identité nationale, chère à Sarkozy.

Vrais conservateurs

Les vrais conservateurs sont à gauche. Illustration ces jours-ci avec les syndicats étudiants, qui contestent déjà l'autonomie des universités, attendue depuis quarante ans.

fbac47859b6771bc04eb0807b6071978.jpgJean-Luc MELENCHON : Un samedi tranquille

Aujourd’hui nous sommes sommés d’avoir un avis sur le fait que Ségolène Royal ne viendra pas au Conseil National. Le diable l’emporte ! On ne va donc faire que de parler d’elle, une nouvelle fois, de ses humeurs, de ses caprices, de ses transgressions. Mais pourquoi pas. De toute façon cela n’a aucune espèce d’importance. Tout est joué ailleurs. Ici c’est la vitrine. Il faudra donc subir sans trop broncher des flots phrases débités sur ce ton impayable d’autorité farcie de modestie ostensible qui est le style de cette maison. Tout cela est débité avec componction par des gens qui se sont moqués comme d’une guigne des idées et des textes qui ont défilés sous leurs yeux au cours des dix dernières années et même de ceux qu’ils signaient. Maintenant ils se la jouent en prenant des pauses inspirées : importance du débat d’idées, bataille culturelle, hégémonie et tutti quanti. Du Bla Bla.

Par pure amitié (en général cette antienne à la tribune annonce un assassinat en règle) je ne cite aucune des absurdités auxquelles cet exercice a lâché la bonde. Commun dénominateur : « nous sommes tous collectivement responsables ». Cela signifie deux choses. Premièrement que personne n’a de responsabilité particulière et que les même sont légitimes à continuer comme avant. Deuxièmement que celui qui ne se sent pas collectivement responsable n’est pas de la famille. Imparable. A bon entendeur, salut ! 

Commencé à dix heures et quart, le rite est accompli à quatorze heure quinze. C’est cependant un record de durée depuis deux ans. Cela aura duré quatre heures. A quoi bon faire davantage. Une fois que l’essentiel a été bouclé la veille, tout était dit. Quel essentiel ? Il tient en peu de mots. La candidate ne sera pas autorisée à faire son putsch. Point. Hollande restera. Point final. Le plus excitant est de voir comment, une fois sauvé, il reprend pied. Je lui suis reconnaissant de l’humiliation qu’il inflige à ses commensaux en leur rappelant que des textes et des votes, il y a eu des dizaines depuis 2002 sur tous les sujets. Ils regardaient tous leurs chaussures. Et moi je me souviens aussi des textes que nous avons adoptés du temps où Lionel Jospin tenait le cycle des Conventions refondatrices de la fin des années 90. Qu’en ont-ils fait ? Tout ce qu’ils en ont retenu c’est l’idée de confier une présidence de groupe de travail à quelqu’un qui animera chaque convention. « Comme avec Lionel ». Ces présidences permettront de « montrer le renouvellement générationnel », « la diversité », « la féminisation » et ainsi de suite. On va beaucoup jouer le faciès et le genre. Du contenu des thèses en présence depuis des années, des têtes qui portent ces thèses : rien. Tout pour l’image.

L’image encore. Celle de Ségolène sur Canal Plus. Il est question de l’annonce de sa séparation avec François Hollande. Réplique indignée, long tunnel brodé de leçons d’éthique journalistique. Bien sur ce n’est pas elle mais les journalistes qui ont annoncé la nouvelle de sa séparation. Lourde tartine sur ce bobard. On l’a déjà entendu depuis le début de la semaine. Peu importe on n’en saura pas davantage. Pour une fois la journaliste ne défends pas les confrères. Elle ne lui demande pas pourquoi elle parle de « date choisie pour plus tard » avec François Hollande alors qu’elle donnait une interview le lendemain à sept heures sur France Inter. On passe. Arrive l’affaire de son reniement des trente cinq heures et du Smic à 1500 euros. Même complaisance. Elle débite ce que l’on savait. L’autre ne lui demande pas pourquoi elle ne l’a jamais dit au cours des réunions sur le projet auxquelles elle participait alors qu’elle s’y était mouillée sur le temps de travail des enseignants et que ses amis étaient montés au créneau sur la suppression des allocations aux familles dès le premier acte d’incivilité des enfants. Passons.

Quand elle dit qu’elle n’attaque jamais personne pas de question sur ses accusations de trahison contre «les éléphants ». Quand elle affirme qu’elle était absente du Conseil National du PS parce qu’elle « se devait à sa région » pas de question sur le miracle qui la rend libre et transportée jusque sur le plateau de télévision où elle se trouve. Le plus stupéfiant est de l’entendre mettre sur le compte de la partialité des médias au service de Sarkozy l’échec de l’élection présidentielle sans un mot de réplique de quelqu’un qui anime une émission sur la campagne depuis le début de celle-ci ! Dans ses conditions à quoi bon faire des interviews ? Pourquoi ne pas lire des communiqués à l’antenne ?

Je jette un oeil navré sur tout cet épisode. Quel cauchemard. De la pure novlangue, comme dans Orwell. Transparence: mentir pendant la campagne sur les principaux mots d'ordre proposés. Nouvelle façon de faire de la politique: élire le candidat avant d'avoir écrit le programme et lui donner tous les pouvoirs. Et ainsi de suite. Les mots ne veulent plus rien dire de ce qu'ils énoncent et bien heureux quand ils se contentent d'annoncer seulement le contraire de ce qu'ils disent.

Et avec tout ça ? Pas un mot sur la réunion européenne et le mini traité pendant toute la réunion du CN. Une question à Ségolène Royal qui attribue à Angela Merkel plutôt qu’à Sarkozy le résultat enregistré….Incroyable ! Mais même cela ne tirera pas un mot de commentaire ni une question de plus à la journaliste. Ainsi va l’actualité médiatique.

21.06.2007

NO COMMENT... OU PRESQUE

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Le premier qui dit que je suis amoureux... je lui parle plus.
D'abord, c'est même pas vrai.
Enfin, pas complètement.
Moins que ce que l'on pourrait croire.
Voilà, du coup, à cause de vous je suis obligé d'adresser mes respects à M. Joseph Zimet pour rattraper vos sous-entendus.
Heureux homme.
(Soupir)
Sinon il y a du son ici, et un autre interview très intéressant plus bas.

LES CHOIX, JE LES ASSUME

47a6944530101eb78fb6dfe50459bda4.jpgIl est parfois difficile de rester en retrait face à l'énormité incontournable de l'actualité politique. Nous savions que lors de la dernière élection présidentielle, le clivage droite-gauche avait été au coeur des débats : depuis hier, nous avons la confirmation que bien au-delà de l'idéologie proprement dite, ou d'une conception de la citoyenneté, c'est aussi un certain sens des responsabilités, voire de la loyauté, qui différencie les deux candidats présents au second tour.

Ségolène Royal est en effet revenue hier sur sa campagne présidentielle. Celle-la qui disait aux français, avec une gravité que l'on croyait sincère le 11 février dernier à Villepinte : "L'élection présidentielle est le moment clé où se refonde le pacte républicain et où l'on va décider de l'avenir d'au moins deux générations compte tenu de la lourdeur des défis à relever", celle-la même affirme désormais avoir en fait défendu un programme auquel elle ne croyait pas, qu'elle pensait même néfaste pour la France : "Le Smic à 1.500 euros brut dans cinq ans ou la généralisation des 35 heures sont deux idées qui étaient dans le projet des socialistes, que j'ai dû reprendre dans le pacte présidentiel, et qui n'ont pas été du tout crédibles. [...] Moi-même j'avais un doute là-dessus."

Mais la mascarade ne s'arrête pas là: à tout seigneur, tout honneur, et quelques jours après avoir érigé le féminisme en "goujaterie nauséabonde", s'il faut désigner un coupable, Ségolène Royal ne se fait pas prier : "Le Smic à 1.500 euros était une idée phare de Laurent Fabius".  

Cela resterait du domaine au mieux de la faute politique, au pire d'un manque de dignité effarant, si la comparaison avec le Président de la République ne venait cruellement trancher avec la posture en question. Prié hier soir sur TF1 de désigner un bouc émissaire à la victoire incontestée (sic) du 17 juin, Nicolas Sarkozy a eu cette phrase sans appel :

"Ce n'est pas au premier ministre qu'il faut en vouloir de telle ou telle ambition déçue.

C'est à moi, parce que les choix, je les assume."

Je crains que beaucoup en soient tombés sur "la partie la plus confortable de leur anatomie".

20.06.2007

« Sarkozy a mis 10 à 0 au PS », par Malek BOUTIH

e3627ad31489dacd8fa6c587e42dd76d.jpgMalek Boutih, secrétaire national au Parti socialiste chargé des questions de société, réagit à la compostion du gouvernement Fillon 2...

Après Rachida Dati, nommée garde des Sceaux, Rama Yade obtient le poste de secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’homme. Et Fadela Amara décroche un secrétariat d’Etat à la Politique de la Ville. Votre réaction?

C’est une très bonne chose. Il faut se féliciter de la place faite aux minorités dans ce gouvernement. Trois femmes à des postes importants, ce n’est pas rien... La seule chose qui soit dommage est que ce soit la droite qui donne l’exemple.

Nicolas Sarkozy est-il plus courageux que le PS sur cette question?

C’est certain, il vient de mettre 10 à 0 au Parti Socialiste. Il montre qu’il est, sur ce sujet, plus progressiste que le principal parti de gauche. Et il montre surtout qu’il y a un manque de courage sur la promotion des classes populaires françaises au sein du PS. 

Pourtant le PS a été en pointe sur les discriminations…

C’était une posture. Des associations de gauche n’ont fait qu’utiliser la lutte contre le racisme, sans conviction. Les partis de gauche en ont fait de même à des fins électoralistes. Dans le fond rien n’a vraiment bougé. Finalement, c’est la droite qui fait bouger les lignes et crédibilise la présence de femmes et d’hommes politiques issus des minorités à des hauts postes politiques. Paradoxalement, c’est une bonne nouvelle. On ne peut que s’en féliciter. On ne va pas cracher dessus.

Pourquoi le PS a-t-il du mal à trouver un Rachida Dati ou un Rama Yade?

Je pense que le Parti socialiste est un parti conservateur. Nous n’avons aucun député issu de l’immigration. Quand on a présenté des candidats, ça été fait n’importe comment, dans des circonscriptions difficiles, sans aucune aide. Il y a même des candidats qui ont été confrontés à des comportements et des propos racistes.

Cela a été votre cas lors de votre campagne en Charente?

Non, mais j’ai eu connaissance de comportements de ce genre.

Propos recueillis par Mohamed Najmi

20Minutes.fr, édition du 19/06/2007

Quand Cécilia découvre la vidéo du G 8... (Le Parisien)

0f6c420080e312577f013eacfdcc5512.jpgNicolas Sarkozy n'a vu que lundi soir en rentrant à son domicile - il n'habite pas encore à l'Elysée - la fameuse vidéo diffusée sur le Web montrant le début de sa conférence de presse au G 8, où il était arrivé après un entretien avec le président Poutine soi-disant ivre. Son épouse Cécilia et deux de ses enfants la regardaient et étaient hilares. Le président, lui, a été très étonné par toute cette polémique.

« J'étais en retard, j'ai donc monté les escaliers quatre à quatre, raconte-t-il. Je n'avais rien de particulier à dire. J'ai donc demandé s'il y avait des questions. Je ne bois pas une goutte d'alcool. Je n'ai pas de mérite : je n'aime pas cela.»

http://www.leparisien.fr/

19.06.2007

L'autre qui nous pourrit la soirée avec son histoire de couple, par Jean-Luc MELENCHON

74dcdf29bbad80a4e19d7fd58fd8b879.jpgJe fustigeais il y a peu ici même la prise de position pro-chaviste de Jean-Luc Mélenchon. Je déplore aujourd'hui qu'il n'y ait pas de vase communicant entre sa lucidité quant à Ségolène Royal et sa vision en matière de politique internationale. Voici son compte-rendu explosif de la dernière soirée électorale, celle du 2nd tour des législatives :

"Ensuite l'autre qui nous pourrit la soirée avec son histoire de couple. Terrible! On commence tous par penser que c'est une ruse de journaliste pour tirer la droite d'un mauvais pas et re peopoliser une situation qui tournait tragiquement à l'avantage du match droite gauche. On se défausse donc tous en rangs serrés: "affaire privée, respect etc...". Je me fends même d'un "il n'y a pas de divorce heureux même par consentement mutuel". Puis je réalise que je viens de me faire avoir et la moutarde me monte au nez. Car on nous dit: "ce soir Ségolène Royal annonce etc..." Donc ce n'est pas une affaire privée. C'est une affaire que Ségolène Royal rend publique et ça change tout. Je dis donc ce que je pense. Je le dis poliment, mais j'avoue que je le pense dans des termes plus rudes. Car je suis très faché de m'être senti obligé à l'élégance avec quelqu'un qui n'en a aucune et se contrefiche de celle des autres.

Son délire narcissique vise à subsituer à la politique, qui se passe d'elle ce soir là, le retour à la focalisation de l'attention sur elle. Typique du comportement de toute puissance enfantin. Les gosses font ça tout le temps, ils se signalent, ils s'imposent, ils focalisent sur eux par leurs cris, leurs larmes, leurs souffrances réelles ou supposées, la société des adultes qui discutent sérieusement de choses qui les dépassent. Là, sitôt sa souffrance étalée comme de la confiture collante sur la tartine médiatique de la soirée électorale, nous avons aussitôt l'air d'imbéciles, tous autant que nous sommes, sur tous les plateaux et ce matin dans toute la presse et surtout à la une du "Monde" ce midi, dans le titre et le dessin de Plantu. Bien sûr, juste après, devant le tollé, suivant un scénario devenu classique arrive le "non, non, ce n'est pas moi qui ai voulu ça, on a fait exprès de mal comprendre, j'avais décidé d'en parlé à sept heures du matin et pas le soir à 23 heures" et ainsi de suite sur le mode victimaire bien connu. La semaine dernière c'était le même cirque avec le coup de téléphone à Bayrou et ainsi de suite pendant toute la campagne présidentielle.

Questions: que devient la plainte contre les journalistes qui avaient soit disant "violé" sa vie privée en racontant déjà tout les tenants et aboutissants de cette histoire banale de couple? Et que faut-il penser de cette nouvelle forme de féminisme que l'on qualifierait de goujaterie nauséabonde si un homme la pratiquait à l'égard de sa compagne ? Que faut-il penser de cette façon de proclamer sans cesse vouloir "protéger "ma" famille" et "mes" enfants (l'homme étant là dedans l'accessoire que le pronom possessif exclut sans autre forme de respect) quand on étale sans cesse les avatars de sa vie privée la plus intime ? De toute façon les vedettes du Ségo-tour médiatique ont ausitôt re-déployé les moulins à prières qui fondent leur importance à proportion de l'espace médiatique que le cirque peut occuper. Attention, je risque le procès. Car pour avoir désigné ces personnes sans les nommer en les traitant de "groupies", Daniel Carton, un ancien journaliste du "Monde" a eu droit à une plainte en justice de la part des personnes concernées. Bref la pipolisation de la politique est toujours un naufrage pour les personnalités politiques, pour leurs idées comme pour les médias et les journalistes qui s'y abandonnent. "

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