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29.04.2007

Nicolas SARKOZY à Bercy - Dimanche 29 avril 2007

medium_NS_Bercy.jpgNicolas Sarkozy
Président de l'Union pour un Mouvement Populaire

Bercy - Dimanche 29 avril 2007

Mes chers amis,


En prenant la parole devant vous cet après-midi, à quelques jours du second tour de l’élection présidentielle, je ne peux pas m’empêcher de penser à ce grand rassemblement du 14 janvier à la Porte de Versailles par lequel j’ai commencé ma campagne. Je me souviens de l’émotion qui m’a submergé lorsque j’ai pris la parole. Je me souviens de ce sentiment qui était si fort que je ne trouvais aucun mot assez grand pour le dire. Cette émotion, à ceux qui étaient là, j’avais demandé simplement de la recevoir comme un témoignage de ma sincérité, de la vérité, de mon amitié.

Ce jour-là, ce ne fut pas une réunion publique comme j’en avais vécu beaucoup tout au long de ma vie politique, ce ne fut pas l’un de ces moments ordinaires de la vie politique où l’on vient puiser un supplément de force, de détermination, d’ardeur pour se persuader que la victoire est à portée de main. Ce ne fut pas l’un de ces moments d’excitation collective où la foule exaltée donne à l’orateur le sentiment d’une toute-puissance qui n’est qu’une ivresse passagère, une illusion sans lendemain, mais qui peut être si dangereuse quand on s’y laisse prendre.

Ce jour-là, nulle excitation dans la foule mais une attente qui se lisait sur les visages. Ce jour-là, nulle exaltation de la part de la foule. Ce qui me frappa ce furent l’écoute et l’attention, ce fut la communion, ce fut la gravité presque religieuse, ce fut l’espérance, ce fut non les applaudissements mais cette sorte de prière silencieuse que cent mille personnes m’adressèrent. Ce qui sortit de cette réunion ce ne fut pas pour la campagne à venir qu’un supplément de force, de détermination et d’ardeur. Ce fut un supplément d’âme. Ce jour-là, j’ai su que cette campagne ne serait pas comme les autres. J’ai su ce jour-là que désormais je porterais sur mes épaules la plus lourde des responsabilités, celle de ne pas décevoir ceux qui comptaient sur moi, de ne pas désespérer ceux qui espéraient en moi. J’ai su qu’à partir de ce moment-là le principal de mes devoirs était de ne jamais donner à ceux qui me faisaient confiance le sentiment que je les trahissais, eux qui avaient été tant de fois trahis, tant de fois trompés, tant de fois déçus.

A cet instant si grave, si solennel, si émouvant, si unique dans une vie d’homme où tant de gens plaçaient en moi tant d’espoir, j’ai su qu’au moment même où mes amis me choisissaient je cessais de leur appartenir et que désormais je devais me tourner vers tous les Français, vers ceux qui n’avaient jamais été mes amis, qui n’avaient jamais appartenu à ma famille politique, qui parfois m’avaient combattu. Parce que le Président de la République est l’homme de la nation et non celui d’un parti. Et tous ceux qui étaient là le comprenaient. Parce que le Président de la République parle pour tous les Français et pas seulement pour ses amis. Et tous ceux qui étaient là l’acceptaient.medium_NS_Bercy_1.jpg

[…] Près de quatre mois sont passés depuis ce jour que je n’oublierai jamais. Près de quatre mois durant lesquels j’ai tout donné. Près de quatre mois durant lesquels je me suis adressé aux Français avec toute ma sincérité, toute ma vérité. Près de quatre mois qui furent pour moi une épreuve de vérité : je ne sors pas de cette campagne comme j’y suis entré.

[…] Je suis allé à la rencontre de la France qui paye toujours pour tous les autres, qui paye toujours les conséquences de fautes qui ont été commises par d’autres, qui paye pour les fautes des politiques, des technocrates, des patrons, des syndicalistes, qui paye pour les fraudeurs, pour les voyous, pour ceux qui profitent du système, qui demandent toujours et qui ne veulent jamais rien donner. Je suis allé à la rencontre de la France qui souffre, de la France qui n’en peut plus, de la France exaspérée. Je suis allé à la rencontre du peuple, de ce peuple au nom duquel tout le monde prétend parler, auquel personne ne parle vraiment, et pour lequel personne ne veut jamais rien faire, comme si l’objectif était toujours de le tenir à l’écart, à la lisière du pouvoir, de la décision.

Ce peuple c’est vous, c’est nous tous, ce peuple, je l’ai rencontré dans les villes, dans les villages, dans les campagnes. Je l’ai rencontré dans les ateliers, dans les bureaux, dans les écoles. Mais aussi dans les hôpitaux, dans les centres de rééducation, dans les maisons de retraite, partout où il y a des gens qui vivent, qui vivent par leur travail, qui vivent par leur souffrance, qui vivent par leurs rêves, par leurs ambitions. Tous ces sans grade, tous ces anonymes, tous ces gens ordinaires auxquels on ne fait pas attention, que l’on ne veut pas écouter, que l’on ne veut pas entendre. C’est pour eux que je veux parler. Je veux être leur porte-parole. Je veux être celui qui leur redonnera la parole et qui leur redonnera le pouvoir. Je veux être leur candidat. Je veux être le candidat du peuple et non celui des médias, celui des appareils, celui de tel ou tel intérêt particulier.

Je veux être le candidat du peuple parce que pendant des mois j’ai vu ce que le peuple vivait, ce qu’il ressentait, ce qu’il souffrait. J’ai vu les ravages du discours sur l’impuissance publique. J’ai compris ce qu’il pouvait y avoir de désespérant pour ceux qui n’ont pas d’autre recours, d’autre espoir que dans la politique d’entendre les responsables politiques leur dire : « Je n’y peux rien ! » J’ai mesuré l’attente vis-à-vis de la politique de la part de ceux qui se sentent prisonniers d’une multitude de contraintes dont ils n’arrivent pas à desserrer le carcan. J’ai pris conscience du besoin que la politique représentait pour redonner une espérance à ceux qui l’ont perdue, pour qu’ils aient le sentiment de pouvoir redevenir les acteurs de leur propre histoire. J’ai pris conscience de la nécessité pour la politique de redevenir l’expression d’une volonté aux yeux de ceux qui ne se sentent plus eux-mêmes la force de vouloir.

[…] De tous ces malheureux que la vie a brisés, que la vie a usés, je veux être le porte-parole. Je veux être celui qui leur rendra une place dans la République, qui leur rendra leur dignité, qui leur redonnera un peu de cette considération et de cet espoir sans lesquels il n’y a plus d’humanité.

[…] Je voudrais remercier tous les Français qui dimanche dernier m’ont témoigné leur confiance pour conduire le changement dont la France a besoin. Cette confiance je ne la trahirai pas. Si je suis élu je tiendrai mes engagements. C’est l’idée que je me fais de la morale en politique. Si j’ai voulu tout dire avant l’élection, c’est pour pouvoir tout faire après. C’est pour que les français n’aient pas le sentiment, au lendemain des élections, qu’une fois de plus on les a trompés et que la politique qui est mise en œuvre n’est pas celle pour laquelle ils ont voté. A ceux qui m’ont fait confiance le 22 avril et à tous ceux qui me feront confiance le 6 mai, je veux dire que je mettrai un point d’honneur à ce qu’ils ne se sentent ni trompés, ni déçus.

medium_NS_Bercy_2.jpgMais je voudrais m’adresser tout particulièrement aujourd’hui à ceux qui n’ont pas encore fait leur choix, à ceux qui ont voté au premier tour pour un autre candidat et qui hésitent encore sur leur vote du second tour. Je voudrais leur dire que je comprends leur déception et que je sais combien ce nouveau choix peut être difficile pour eux. Mais ce choix sera celui qui engagera l’avenir du pays. Je veux leur dire : vous allez avoir à vous demander lequel des deux candidats correspond le mieux avec ses qualités et ses défauts, à l’idée que vous vous faites de la fonction présidentielle. Vous allez avoir à vous demander lequel des deux projets est le plus à même de permettre que la France reprenne confiance dans l’avenir. Vous allez avoir à vous demander dans quelle mesure les valeurs qui sont celles des candidats sont compatibles avec celles auxquelles vous croyez. Puis il vous faudra choisir, faire cet effort sur vous-mêmes qui consiste à choisir entre deux candidats que vous n’avez pas désignés. Vous le ferez parce que c’est votre devoir de citoyens, parce qu’à la fin il faut que la France soit gouvernée, parce que c’est la responsabilité de chacun de faire vivre la démocratie. Ce choix vous le ferez en votre âme et conscience. Ce choix, quel qu’il soit, je le respecterai.

Je ne vous dirai pas : « C’est moi ou le chaos ! » Quel démocrate serais-je si j’exprimais autant de mépris pour les convictions de tous ceux qui ne pensent pas comme moi ? Mais à tous ceux d’entre vous qui croient aux valeurs de tolérance, de liberté, d’humanisme, je veux dire que ce sont les valeurs sur lesquelles j’ai bâti mon projet, que ce sont les valeurs qui fondent mon engagement politique et ma candidature à l’élection présidentielle.

Je veux m’adresser aux électeurs du Centre, dont les valeurs sont si proches des miennes. Je veux leur dire que leur sensibilité a toute sa place dans la majorité présidentielle que je veux construire et autour de laquelle je veux rassembler les Français. Je veux leur dire que j’ai besoin d’eux, de ce qu’ils représentent, de ce à quoi ils croient.

[…] Mes chers amis, nous voici arrivés au terme de cette campagne. J’ai voulu la conduire conformément à l’idée que je me faisais de la fonction présidentielle. Des responsabilités qu’elle implique. Des devoir qu’elle impose. De la dignité qu’elle exige.

Je n’ai pas été épargné par les attaques personnelles. On a mis en cause ma probité. Mon intégrité. Mon honneur. Ma sincérité. Mon caractère. On a insinué que j’étais dangereux pour les libertés. On m’a soupçonné de vouloir mettre en place un Etat policier. On m’a accusé d’avoir exercé des pressions. On n’a jamais produit la moindre preuve ni le moindre indice, ni quoi que ce soit qui puisse étayer les accusations portées contre moi.

Je n’ai pas répondu aux attaques. Sauf pour dire, quand ces attaques sont devenues insupportables, que ceux qui les portaient n’avaient pas fait la preuve de tellement de vertus qu’ils puissent se permettre un tel mépris à mon égard. Je ne les ai pas rejoints dans la boue où ils auraient voulu m’entraîner. Ils n’ont pas changé. Ce sont les mêmes que ceux qui en 1958 défilaient contre le Général de Gaulle en hurlant que le fascisme ne passerait pas. En 1965, comme aujourd’hui, ils avaient fait au second tour une « coalition des républicains » contre celui qui n’avait jamais mis la République en danger et qui au contraire l’avait sauvée deux fois.

Je suis allé à Colombey, dans le silence et le calme, loin de ces agitations médiocres. Sur le livre d’or du Mémorial de la Croix de Lorraine j’ai écrit : « Je suis venu ici pour la première fois il y a 30 ans. Rien n’a changé : ni la grande croix de medium_NS_Tombe_De_Gaulle.2.jpgLorraine, ni l’austère grandeur du paysage ; ni le silence et le recueillement ; ni le sentiment éprouvé devant l’humble tombe du Général de Gaulle, dans le petit cimetière, qu’une grande vie c’est une vie mise au service de quelque chose de plus grand que soi ; ni la conviction qui m’est venue ici pour la première fois et ne m’a plus quitté que la France ne pourra pas disparaître tant que nous serons décidés à la maintenir comme un idéal pour les hommes et prêts à nous battre pour qu’elle vive. »

http://www.u-m-p.org/ 

La réaction de JULIEN au discours de Nicolas SARKOZY

medium_elysee-1.4.jpgDans une semaine, une nouvelle personne sera élue à la Présidence de la République Française. Ce qui est par nature un événement politique est cette fois empreint d’une solennité particulière, eût égard aux attentes, aux espoirs mais aussi aux angoisses des français. En 2002 déjà un message fort avait été délivré à la classe politique. Le référendum de 2005, qui a permis aux français de se prononcer contre le TCE, en a délivré un autre. Non, cette élection n’a pas la même portée que les précédentes. La passion qui l’habite de part en part en est un autre témoignage. 

Cette campagne, je la vis pleinement, et en partie sur internet. L’espoir nouveau qui m’habite, après des années de résignation, cet espoir qu’a su réveiller Nicolas SARKOZY, j’en ai retrouvé l’intensité chez d’autres blogueurs. Côte à côte, sans nous connaître, unis seulement par la force de nos convictions et la volonté de croire encore une fois, nous avons pris le parti de parler librement de nos idées, sans craindre les anathèmes de la Pensée Unique, qui fusèrent et fuseront, à chaque artifice démasqué. 

Aujourd’hui, dimanche 29 avril 2007, Nicolas SARKOZY a prononcé un discours historique dans l’enceinte de Bercy. C’est la réaction spontanée de JULIEN, l’un des fidèles et courageux compagnons de cette campagne, rencontré sur le blog de Christophe BARBIER, que je voudrais laisser comme souvenir de ce discours. Merci à JULIEN pour son autorisation.  

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medium_nicolas-_sarkozy.2.jpg"Mon dieu, quel discours ! Je l'ai suivi sur la chaîne parlementaire. C'était magnifique. Ce type à un talent d'orateur exceptionnel. Son discours est en phase avec le XXIème siècle, il est moderne et je crois qu'il se veut sincère. C'est l'homme de la situation même si je respecte les partisans de Ségolène ROYAL. A propos de cette dernière, Nicolas SARKOZY n'a pas cité son nom une seule fois. Il ne l'a pas dénigrée et c'est très bien comme ça. Nicolas SARKOZY a même pleuré à la fin. Preuve qu'il est beaucoup plus sensible qu'on ne le dit.

Il a rassemblé une foule impressionnante et cosmopolite, une foule de personnalités allant de Gilbert Montagné en passant par Faudel, Véronique Genest et beaucoup d'autres. Je sais que par la même occasion, ces personnalités seront caricaturées et moquées mais je m'en fous tout comme elles s'en foutent. Ce qui compte, ce sont nos convictions, nos engagements et nos espoirs.

Après tout, peut être que je me trompe, peut être que Nicolas SARKOZY n'est pas celui dont la France a besoin, après tout, je ne prétends pas avoir raison sur tout, mais je suis malgré tout fier de lui donner ma voix.

medium_Sarkozy.16.jpgCar dans vingt ou trente ans, si je suis encore de ce monde, lorsque je regarderai dans le rétroviseur de ma vie, je pourrai me dire que j'ai fait confiance à un homme, que j'ai voté pour lui et non contre lui, que j'ai apprécié sa sincérité et son courage, que j'ai adhéré à ses idées. Au fond, dans vingt ou trente ans, je pourrai me dire qu'au moins une fois dans ma vie, j'ai choisi mon avenir plutôt que de choisir un passé pire que celui que nous avons déjà connu. Oui, j'aurais choisi l'avenir de mon pays, son réveil et son idéal, j'aurais tout simplement choisi la France."

JULIEN

"Du flou et de la confusion", par Nicolas SARKOZY

medium_NS12.jpgNicolas Sarkozy commente pour le JDD le débat Bayrou-Royal. Selon le candidat de l'UMP, ce débat est contraire à l'esprit de nos institutions. Il a apporté du flou et de la confusion là où les Français attendent de la clarté. Car le 22 avril, ils ont clairement désigné les deux candidats du deuxième tour. Dont François Bayrou n'est pas. Extraits d'une interview à lire dimanche dans le JDD.

Avant le débat Royal-Bayrou, vous parliez de "petites combines dans un hôtel parisien", dites-vous la même chose maintenant ?

Ce débat a incarné, à mes yeux, le summum de ce que la IVe République avait de plus caricatural. Il est contraire à l'esprit de nos institutions. Le 1er tour existe pour sélectionner deux candidats et pour que deux projets se présentent aux Français. Ce débat a apporté du flou et de la confusion là où les Français attendent de la clarté. Les Français ont voté sans équivoque le 22 avril, ils ne doivent pas se laisser voler leur choix.

On vous a accusé d'avoir fait pression sur certains médias pour les empêcher d'organiser ce débat ?

La question n'est pas de savoir de quoi on m'accuse, mais de quoi on ne m'accuse pas dans cette campagne ! Le mensonge, l'insulte, la diffamation ne devraient pas être des éléments du débat démocratique. Je plains ceux qui se sont prêtés à ces bassesses. C'est insultant pour les journalistes et dégradant pour ceux qui se sont livrés à ces insinuations. Ce sont les mêmes, d'ailleurs, qui traitent les parlementaires qui m'ont rejoint de ralliés ou de débauchés. C'est une vision salissante de la vie politique.

François Bayrou est-il allé trop loin dans ses attaques ?

Je mets cela sur le compte de la déception et de l'amertume qui sont les siennes depuis dimanche dernier. Mais je ne lui en veux pas. Le François Bayrou que je connais depuis vingt ans ne ressemble pas à celui que j'entends aujourd'hui. Et les innombrables messages d'électeurs centristes que je reçois me montrent que le dialogue entre les Français et moi se poursuit. C'est le plus important.

Par Virginie LE GAY

Le Journal du Dimanche 

http://www.lejdd.fr/

28.04.2007

Le Centre Fou, par Alexis BREZET

medium_Alexis_Brezet.jpgIl était entré dans la campagne revêtu de probité candide et de lin blanc. Il allait « changer le système », « réconcilier les deux France », en finir avec cette « guerre civile froide » qui, selon lui, empêche le pays d'avancer. Et voici qu'aujourd'hui le desperado du Béarn canarde à tout-va. Voici qu'avec une brutalité confondante il lance contre Nicolas Sarkozy une pluie d'invectives puisées dans les eaux saumâtres du cynisme politicien. Comment l'apôtre du « et droite et gauche » s'est-il mué en huit jours, au mépris des convictions d'une bonne moitié de ses électeurs, en imprécateur du « ni Sarko ni Sarko » ? François Bayrou n'aurait-il rompu avec la longue tradition du centre mou que pour imaginer le centre fou ?

Donc, Nicolas Sarkozy est un apprenti dictateur. Le fils caché de Poutine et de Berlusconi. Encore un effort : Ceausescu et Pinochet ne sont pas loin ! Universelle aragne engraissée par le grand capital, le candidat UMP a tissé sa toile sur tous les médias. La presse régionale est aux ordres. Canal +, à la botte. TF1, Europe 1 et Le Figaro, cela va de soi. Contre le général de Gaulle, l'auteur du Coup d'État permanent n'en avait pas tant fait.

Question : comment expliquer que les principaux lieutenants de Bayrou - Maurice Leroy, son porte-parole ; Pierre Albertini, maire de Rouen et coauteur de son projet ; Charles de Courson, inspirateur de son programme économique, et dix autres encore - appellent tous à voter Sarkozy ? N'ont-ils pas d'yeux pour voir la terrible vérité ? Sont-ils cyniques à ce point que, pour un siège de député, ils seraient prêts à laisser la France s'enfoncer dans la nuit des libertés et le brouillard de la morale publique ? Vraiment, l'UDF ne mérite pas François Bayrou.

Trêve de plaisanterie. Si le prophète de l'extrême centre semble avoir un peu de mal à se faire à l'idée qu'il n'est pas au second tour, il est loin, très loin, d'être insensé. Son calcul, qui s'alimente à son obsession de revanche, est d'une biblique simplicité : persuadé que Ségolène Royal ne peut en aucun cas être élue, il préempte, pour la suite, tout l'espace de l'opposition. Et la dame, qui ne voit rien, offre son cou à ce baiser qui tue. medium_MitterrandPresident.jpg

L'ennui avec ces fines stratégies est que l'on sait où elles commencent, pas où elles finissent. Avant de trahir Giscard en 1981, Jacques Chirac était persuadé d'emporter la mise aux législatives qui suivraient la présidentielle. Résultat : quatorze années de Mitterrand. Est-ce vraiment cela que veut François Bayrou ?

Nous n'en sommes pas là. La manoeuvre de diabolisation tentée par les socialistes contre Nicolas Sarkozy s'est brisée sur le premier tour du scrutin : difficile de peindre en croquemitaine un candidat qui rassemble onze millions et demi de voix ! La vendetta du centriste ne réussira probablement pas davantage : on imagine mal ses électeurs « antisystème » se laisser prendre à cette caricature de combinaison partisane, le tendre ménage Bayrou-Royal. Il n'empêche : le risque existe, que François Bayrou prend sciemment pour ménager son intérêt politique. Quoi qu'il advienne, il portera une lourde responsabilité devant le pays.

http://www.lefigaro.fr/

27.04.2007

François Bayrou et Ségolène Royal doivent cesser de mentir

medium_Dati_Bertrand_1.jpgFrançois Bayrou et Ségolène Royal ont accusé Nicolas Sarkozy d’avoir exercé des pressions pour empêcher l’organisation de leur débat. Nous les accusons de mensonge. 

La candidate du PS a prétendu que Michel Comboul, président du syndicat de la presse quotidienne régionale, avait été convoqué par Nicolas Sarkozy hier matin. C’est évidemment faux et cela vient d’être démenti par l’intéressé de la façon la plus formelle qui soit : au même moment, il intervenait devant un assemblée de 500 personnes. 

François Bayrou a déclaré ce matin sur RTL, portant des accusations graves proférées avec une rare violence, que Nicolas Sarkozy aurait exercé des pressions sur Canal + et le CSA. Incapable d’apporter la preuve de ce qu’il avançait, il a dit en avoir la conviction. Il l’avoue d’ailleurs lui-même « je n’en ai pas la preuve mais j’en ai la certitude ». Si l’on peut comprendre l’amertume et la déception du candidat de l’UDF de ne pas avoir été qualifié pour le second tour, elles ne sauraient en rien justifier les procès d’intention les plus gratuits et les plus outranciers contre la personne de Nicolas Sarkozy. 

Nous mettons solennellement au défi Mme Royal et M. Bayrou de faire la preuve de ce qu’ils prétendent. Nous dénonçons ce procédé qui consiste à salir une personne et à lui demander ensuite de prouver son innocence. Il s’agit d’un procédé indigne qui rappelle ceux employés précisément par des régimes liberticides. Il est donc paradoxal d’y avoir recours contre Nicolas Sarkozy   au nom de la défense des libertés. 

La vérité, c’est qu’en France, la presse et les médias sont libres et qu’ils n’ont été soumis à aucune pression. Il suffit d’ailleurs d’en prendre connaissance chaque jour au cours de cette campagne pour se convaincre de son caractère pluraliste. 

Nous rappelons que nous ne sommes en aucune façon opposés à la tenue d’un débat entre Ségolène Royal et François Bayrou si telle est leur volonté, dès lors que l’égalité des temps de parole entre les deux candidats restant en lice est respectée. 

Nous souhaitons qu’après ce premier tour qui s’est traduit par une mobilisation exceptionnelle du peuple français qui a fait honneur à notre démocratie, le débat présidentiel puisse quitter enfin le terrain des attaques personnelles et de la calomnie pour rejoindre celui de la confrontation entre les idées et les projets. Il y va de la dignité du débat politique à laquelle ont droit les Français dans ces circonstances décisives pour l’avenir du pays. 

Xavier Bertrand et Rachida Dati, Porte-Parole

L’ANTI SARKOZYSME, CE MACCARTHISME DE GAUCHE… ET DU CENTRE ?

medium_geremek.jpgLe terme de « maccarthisme » s’est invité dans la campagne présidentielle suite à la pression rendue publique dont est victime l'eurodéputé polonais Bronislaw GEREMEK : en effet, le gouvernement polonais des jumeaux KACZYNSKI  vient d’adopter une loi de « décommunisation » dont GEREMEK conteste la légalité et à laquelle il refuse de se soumettre. Cette loi exige des principaux responsables de la politique, de la justice, des médias et de l'éducation qu'ils déclarent sous peine de licenciement leurs collaborations passées avec les anciens services secrets communistes.

Cet événement a, à juste titre, ému la classe politique française et européenne dans sa grande majorité. Mais à y regarder de plus près, il semblerait que la plupart des dirigeants de gauche et du centre français n’ait aucune leçon à donner à qui que ce soit en la matière. Déplorons-le avec la plus grande force. 

Le débat ROYAL / BAYROU, qui alimentait les conversations (y compris ici même) hier toute la journée, a finalement été annulé (ou reporté ?) une nouvelle fois, Canal Plus ayant jugé son organisation trop fastidieuse. François BAYROU sur matin sur RTL en a imputé, sans preuve ni fondement, la responsabilité à Nicolas SARKOZY : 

medium_bayrou_aphatie.jpg« Lorsque j'ai tenu une conférence de presse mercredi, j'ai parlé de la part de Nicolas Sarkozy d'intimidation et de menace. C'est exactement là qu'on en est. […] Je n'en ai pas la preuve mais j'en ai la certitude. […] Par toute une série de réseaux, qui rapprochent de très grandes puissances financières et médiatiques autour de Nicolas Sarkozy, les interventions directes sont faites auprès des rédactions, auprès des chaînes de manière que l'information se trouve verrouillée. » 

Or, soyons précis : qu’est-ce que le Maccarthisme ? Selon Wikipédia

medium_Joseph_McCarthy.jpg« McCarthy et son équipe sont devenus célèbres pour leurs diatribes contre le gouvernement fédéral des États-Unis, et pour leur campagne hystérique contre tous ceux qu'ils soupçonnaient d'être ou de sympathiser avec les Communistes. Cette période comprise entre 1950 et 1956, connue sous le nom de « Terreur Rouge » (Red Scare), a aussi pris le nom de Maccarthisme. Pendant cette période, tous ceux qui étaient soupçonnés de sympathies communistes devinrent l'objet d'enquêtes, collectivement nommées la « Chasse aux Sorcières ». Des gens des médias, du cinéma, du gouvernement et de l'armée furent accusés d'être des espions à la solde des Soviétiques. » 

Cette suspicion que Joseph MacCarthy avait instauré aux USA à propos du communisme, François BAYROU s’essaie à l’installer en France à l’endroit de Nicolas SARKOZY. Sur le terreau fertile d’un TSS dont Eric BESSON a avoué qu’il était la base de la stratégie ségoléniste, BAYROU sème sa « Terreur Bleue », visant à faire de chaque ami ou relation de Nicolas SARKOZY un comploteur médiatique potentiel. Cette stratégie, fondée sur la calomnie et la médisance, doit être rejetée avec la plus grande force par les français. 

medium_maurice_leroy.jpgIronie du calendrier, et sans doute explication plausible de ce qui précède, Maurice LEROY, porte-parole de François BAYROU pendant cette campagne, avouait moins d’une demi heure après François BAYROU, toujours sur l’antenne de RTL, qu’il rejoignait Nicolas SARKOZY au second tour. Et ce comme plus de la moitié des députés UDF. Que chacun juge en son âme et conscience.

L'éclairage de Jean-Michel APHATIE

medium_JMA.10.jpgFrançois Bayrou a dit, ce matin, sa pensée sans détours. Pour lui, seules des pressions ou des menaces ont pu conduire Canal Plus à la décision que l'on connaît. "Je n'en ai pas la preuve, a-t-il dit, j'en ai la certitude." Évidemment, quand le débat public se fait accusatoire, quand on assure que tel ou tel attente aux règles ou à l'esprit de la démocratie, n'avoir que des certitudes, ne pas amener des preuves explicites en soutien de ses propos, revient à se mettre dans une situation d'une faiblesse certaine puisque, contrairement à l'équilibre et à la tempérance que réclame la démocratie, on demande à ceux qui écoutent un acte d'adhésion qui repose sur la foi et non pas sur la raison.

Faible dans l'exposé, François Bayrou l'a été aussi dans la conclusion qu'il a tiré, ou plutôt qu'il n'a pas tiré, de ses propres paroles. Il pense, il dit, il l'a fait ce matin avec clarté, que Nicolas Sarkozy est dangereux pour les libertés publiques. Il pense, et il l'a dit ce matin, que sa conception du pouvoir peut, à terme, faire ressembler la France d'aujourd'hui à la Pologne d'aujourd'hui, ou s'étend un esprit inquisitorial, revanchard, dangereux pour la liberté de chacun à penser ce qu'il veut penser. Ceci est fort, et grave. Mais celui qui pense cela doit dire alors que le plus important dans le débat démocratique français est d'empêcher celui qui porte de telles menaces d'accéder au pouvoir. Pour parler clairement, François Bayrou qui décrit Nicolas Sarkozy comme un péril pour la démocratie française doit dire clairement que l'expression populaire du dimanche 6 mai doit barrer la route au danger qu'il représente.

Interrogé clairement sur ce point précis, François Bayrou a fourni une réponse dilatoire. Il en est revenu à la présentation d'un équilibre un peu spécieux entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy qui auraient tous les deux des défauts. La première serait dangereuse sur le plan économique et le deuxième serait un Brutus pour les libertés. Mais enfin, il n'y a pas d'équivalence entre ces deux dangers. Mal géré est une chose, cadenasser en est une autre. Faire du déficit, ce n'est pas bien, mais intimider, menacer, donc contraindre, donc répandre du malheur, c'est infiniment moins bien, c'est pire, c'est insupportable.

Tout ceci s'aggrave encore de cette incohérence propre à l'UDF. Alors même que le président de ce parti tient un discours à la dureté d'acier vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, les députés qui sont ses fidèles et qui l'ont soutenu durant sa campagne présidentielle rallient un à un Nicolas Sarkozy. François Sauvadet, Charles-Amédée de Courson, Maurice Leroy, soutiennent Bayrou qui dénoncent et appellent à voter Sarkozy qui est l'objet de la dénonciation. S'il y a une cohérence à tout ceci, elle m'échappe. Si quelqu'un la trouve, qu'il la communique. Il rendra service à tout le monde.

Un dernier point, complexe, peut-être polémique, mais important, je crois. Pour que le débat entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy puisse avoir lieu, il faut que le candidat de l'UMP ou l'un de ses soutiens bénéficient sur le même média, dans des conditions d'exposition médiatiques identiques, d'un temps égal de parole à celui de la candidate socialiste. Telle est la règle du CSA. Concrètement, ceci veut dire que si Ségolène Royal parle durant une demi-heure lors du débat, une demi-heure doit être accordée à l'UMP. Ces règles, rappelons-le, sont celles qui ont été utilisées tout au long des cinq semaines durant le premier tour de l'élection présidentielle. Elles s'appliquent donc aussi durant le second tour.medium_ump.2.jpg

L'UMP bloque la situation en ne déléguant pas l'un des siens pour occuper le temps de parole que leur propose les médias organisateurs du face-à-face Bayrou-Royal, et il est courant, jusque chez les journalistes, de dénoncer l'attitude de l'UMP. La réflexion conduit à nuancer cette position.

Ségolène Royal a tendu la main à François Bayrou, et lui a proposé le débat qui nous agite, après avoir constaté qu'au premier tour, ses réserves de voix à gauche étaient si faibles que ses chances de succès au second étaient à peu près nulles. Jusque là infréquentable homme de droite, François Bayrou devenait tout à coup un interlocuteur crédible, surtout en raison des millions de voix qu'il est, peut-être, susceptible d'influencer. Voilà donc la candidate socialiste contrainte, pour sauver la suite de sa campagne, de mettre en scène le candidat centriste. Du coup, elle réclame implicitement à l'UMP de l'aider dans son entreprise en acceptant de compenser le temps de parole qu'elle utilisera dans son débat avec François Bayrou. On conviendra que, confrontée à cette demande, l'UMP ne l'honore pas en disant que toute cette histoire ne la concerne pas.

Prenons les choses à l'envers. Quel cadeau ferait Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal en faisant en sorte de permettre à son adversaire et à son ennemi d'exposer ensemble, devant les caméras de télévision, leurs points de désaccords et leurs points de convergence. Au rang de ces derniers, figurerait le péril que ferait courir le président de l'UMP à la France. Et cette expression là, ce serait lui qui la favoriserait. Franchement, du seul point de vue de ses intérêts, on peut comprendre que Nicolas Sarkozy ne se prête pas au jeu.

Scandale pour la démocratie. Voilà, au fond, le dernier argument, pas négligeable, de ceux qui souhaitent le débat Royal-Bayrou. Bien sûr, on peut toujours regretter l'absence d'échanges. Voir deux responsables politiques échanger des arguments ne peut que servir la démocratie.

Là encore, pourtant, un peu de réflexion amène à prendre un peu de distance avec l'argument brut, brutal, de l'atteinte démocratique. A la veille du grand choix, à la veille du deuxième tour, ce qui compte, c'est le débat entre les deux premiers du premier tour. Ce qui serait choquant, pas illégal car cela ne tient qu'à l'usage, choquant donc, ce serait que l'un des deux candidats se dérobe, refuse la confrontation. Le reste ensuite, la scène actuelle le montre suffisamment, obéit davantage à des considérations partisanes, conjoncturelles, qu'à une recherche sourcilleuse de la perfection démocratique.

"Ségolène ROYAL préfère le mensonge au débat", par Rachida DATI et Xavier BERTRAND

medium_dati_bertrand.jpgLors de sa participation ce soir sur TF1 à l’émission « Face à la Une », Ségolène Royal a choisi de réitérer le mensonge qu’elle avait déjà proféré hier sur France 2. Elle a de nouveau prétendu que contrairement à Nicolas Sarkozy , elle ne serait pas allée «  s’excuser auprès du président Bush de la position de la France par rapport au refus d’envoyer nos troupes en Irak ».

Nous condamnons fermement ce nouveau dérapage de la candidate socialiste qui confirme qu’elle semble préférer la calomnie au débat d’idées et à la confrontation des projets. Ce n’est pas digne des enjeux de l’élection présidentielle et des attentes des Français quant à l’éthique politique des candidats.

Nicolas Sarkozy a toujours soutenu la position de Jacques Chirac de ne pas participer à l’intervention militaire américaine en Irak. Et il a eu l’occasion de dire clairement à George Bush que cette intervention était à ses yeux une erreur. Il n’a jamais changé de posture à ce sujet. Nous mettons au défi la candidate du parti socialiste de démontrer le contraire.  

Rachida DATI et Xavier BERTRAND , porte-parole.

26.04.2007

ET SI BAYROU SIGNAIT LA MORT DU PS ?

medium_elysee-1.3.jpgDepuis le début de la campagne présidentielle 2007, les rebondissements se succèdent. Notons parmi ceux-là l’issue d’une violente primaire implicite à droite plaçant Nicolas SARKOZY à la tête d’une UMP étonnamment unifiée, ou encore une autre primaire à gauche, remportée contre toute attente par Ségolène ROYAL, pour un résultat toutefois moins probant quant à l’unité. Il est aussi possible de citer la remontée spectaculaire de François BAYROU dans les sondages (de 6 à 24% à son zénith), conclue par un score très honorable au premier tour, ou à l’inverse la déculottée brutale de Jean-Marie LE PEN, dépassant avec peine les 10%. Et puis il y eut les résultats des deux favoris, Nicolas SARKOZY totalisant 31,18% des suffrages exprimés, et Ségolène ROYAL 25,87% des sus-dits suffrages. Résultats reconnus par tous comme étant exceptionnels, car à peine égalés à des époques où le nombre de candidats était bien plus restreint. 

Mais ces événements, s’ils m’apparaissaient tour à tour étranges, émouvants ou regrettables, ne m’avaient jamais frappé par leur caractère « historique », bien que l’épithète leur soit allègrement décerné dans la presse quotidienne. Comme s’il était possible de percevoir le caractère historique de l’événement du jour au lendemain, ai-je pensé si souvent… et pourtant, aujourd’hui c’est cette sensation qui me saisit. Un bouleversement se crée, peut être. Ou peut être pas. Analysons au moins cette sensation et ses présupposés, « en toute humilité bien sûr… » comme disait Paco Rabane lors de ses prédictions funestes.  

medium_bayrou_royal.jpgCe matin, Ségolène ROYAL et François BAYROU ont annoncé leur prochain débat. Il aura lieu samedi matin à 11h, sur Canal Plus. Depuis plusieurs jours, Ségolène ROYAL, obligée de tenter le tout pour le tout pour revenir à la hauteur d’une droite dont le total théorique des voix est supérieur à celui de la gauche, faisait des appels des deux pieds en direction du Parti Démocrate sur le point de naître, et ce au grand dam d’une partie de son camp, de plus en plus critique. Hier donc, François BAYROU a donné une suite positive à la proposition de débat formulée par Ségolène ROYAL, à un détail près cependant : QU’IL Y AIT DES CAMERAS. Détail presque insignifiant, pour qui a dans l’idée qu’il s’agit de toute manière de donner un coup de pouce implicite à la candidate socialiste, dans le but de faire perdre Nicolas SARKOZY. Oui, mais… et si le scénario était tout autre ? 

Regardons-y de plus près. François BAYROU n’est pas présent au second tour, il vient de créer son Parti Démocrate, et sa première ambition est de faire reconnaître son parti dans la perspective des législatives, où il repartira de zéro. Il n’a donc aucun intérêt à se prononcer, même implicitement, pour l’un ou pour l’autre. Il est, c’est vrai, plus dur envers SARKOZY. Mais n’est-ce pas avant tout, comme l’insinue le très autorisé KAHN (C dans l’Air, 25/04/07), parce qu’il le reconnaît comme le futur président de la République ? Quel serait à partir de ce moment-là son intérêt à accepter un débat télévisé avec Ségolène ROYAL, s’il veut garder son autonomie, et ne pas refaire avec le PS ce que l’UDF avait fait avec le RPR, puis l’UMP ? 

Et là, nous touchons du doigt le clash historique. Car François BAYROU n’a en fait d’intérêt que dans la désagrégation du PS actuel. Si ROYAL était élue, elle aurait trop empiété durant sa campagne du 2nd tour sur le centre pour pouvoir gouverner à gauche toute. BAYROU serait alors pris en étau entre un PS centriste, encombrant « allié », et une UMP étendue reconstituée autour de SARKOZY. Par contre, si SARKOZY était élu, il resterait un président affirmé et élu à droite, laissant un créneau inespéré au centre droit. Ségolène ROYAL subirait alors très vite une vague de putschs plus violents les uns que les autres, visant à dénoncer son incapacité à rendre à la gauche son identité fédératrice, et les partisans d’une gauche plus radicale (les nonistes) reprendraient le pouvoir. Le centre gauche deviendrait du coup à son tour un boulevard en friche… c’est plus que BAYROU n’en rêverait. 

medium_bayrou3.5.jpgCe qui nous amène au débat. Mon hypothèse est la suivante : BAYROU veut la peau de ROYAL, mais il veut l’avoir en douceur et en direct. Il s’agirait donc pour lui de ridiculiser sans malice apparente la candidate socialiste, en montrant à la fois les limites de son programme, de sa stratégie, mais aussi de sa personnalité. Pour qu’à l’avenir, tout rassemblement du centre gauche ne soit envisageable qu’autour de LUI. Cette confrontation, ce face à face, pourrait ainsi fort bien marquer la fin historique du PS de MITTERRAND et ROCARD. Et si BAYROU veut des caméras, c’est pour que chacun puisse constater en direct la mort d’un parti, et n’en plus douter. Qui plus est, personne n’accusera BAYROU : Ségolène ROYAL l’a prié presque à genoux de venir au rendez-vous. Il s’agit donc d’un suicide, pas de poursuites envisageables. Le PS est mort, vive le Parti Démocrate. 

Rendez-vous samedi 12h pour savoir si je mange mon épée (c’est moins comestible qu’un chapeau, mais je n’ai que cela au-dessus de ma tête).

"Il ne faut pas diaboliser Nicolas SARKOZY", Par Jean-Marie BOCKEL

medium_Bockel.jpgJean-Marie BOCKEL est sénateur-maire PS de Mulhouse et ancien ministre de Laurent FABIUS.

"Je ne m'inscris pas dans une démarche « tout sauf Sarkozy ». Il ne faut pas diaboliser Nicolas Sarkozy, pas plus qu'il ne faille discréditer Ségolène Royal.  Le Pen a constitué un danger pour notre pays, mais pas Ségolène Royal, pas François Bayrou et pas Nicolas Sarkozy. Que le vote en faveur de l'extrême droite ait baissé est une bonne chose, mais je rejette l'idée d'une lepénisation des esprits. Je me rends compte dans ma ville, où le recul de Le Pen est spectaculaire, que c'est le contraire. D'ailleurs, aussi bien Sarkozy que Royal et Bayrou ont progressé chez nous.

[...] Nous avons un face-à-face entre deux démocrates capables de gouverner la France. Lui n'est pas un autoritaire, elle n'est pas une incompétente. Avec ces deux candidats de haut niveau, toutes les conditions sont réunies pour qu'il y ait un débat de qualité entre les deux tours qui rendra possible, après le 6 mai, des convergences sur des questions essentielles pour le redressement de la France, comme la crise des banlieues, le modèle social, la croissance économique. Nous devons sortir d'un débat caricatural, d'un discours limité à la pêche aux voix, d'un climat de guerre civile larvée qui insulteraient l'avenir alors qu'il existe des sujets de vraie différenciation et d'éventuels points d'accord sur lesquels on peut débattre sans tabou. Le deuxième tour doit être celui du parler vrai."

http://www.lefigaro.fr/

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