05.07.2008

NIRVANESQUE

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« A ma Melelinga, mon soleil de printemps, ma princesse de la constellation du cygne, à elle que j'adore tant, je veux te dire que je suis la maman la plus fière de cette terre […]. Et si je devais mourir aujourd'hui, je m'en irais satisfaite de la vie, remerciant Dieu pour mes enfants.

A mon Lorenzo, mon Loli Pop, mon ange de lumière, mon roi des eaux bleues, mon musicien en chef qui me chante et m'enchante, au propriétaire de mon coeur, je veux lui dire que depuis le jour où il est né jusqu'aujourd'hui il a été ma source de joies. »

Ingrid Bétancourt, novembre 2007

 

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« Je veux vous dire, chère Ingrid, mon admiration pour votre dignité, pour votre courage dans une situation où des êtres plus faibles auraient perdu jusqu'à leur humanité ; je veux vous dire l'affection des vôtres, avec lesquels j'entretiens une relation confiante et régulière ; je veux vous apporter le témoignage du refus de la France d'accepter l'inacceptable. Ingrid, nous ne vous laisserons jamais tomber. Je vous supplie d'avoir confiance. Nous y arriverons. Il faut que vous teniez parce que votre famille vous attend. »

Nicolas Sarkozy, décembre 2007

06.12.2007

RIDEAU

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Vous l'avez sans doute remarqué, je cite de plus en plus les analyses de tiers. C'est à la fois le signe de mon manque de temps pour affiner ma propre réflexion... mais c'est aussi celui du fait que mes idées sont très bien représentées dans le paysage bloguo-politico-journalistique contemporain, par des gens dont c'est parfois le métier que de les formuler. C'est donc sans regret que je leur cède l'espace de mon modeste lopin de web.

Vous allez me dire que j'ai déjà fait le coup une fois... et c'est pas faux. Je pense toutefois avoir moins de mal à rester dans la peau d'un lecteur désormais, les circonstances de la vie m'y aidant aussi.

Un petit mot pour Flamant Rose, qui m'a beaucoup aidé à faire vivre ce blog... et que j'encourage à nouveau à créer le sien. Enfin, un grand merci à tous ceux qui sont passés et qui ont partagé avec moi/nous leurs enthousiasmes, leurs désaccords, leurs indignations, ou leurs assentiments.

Bonne continuation à chacun !

"Un Club, un Autiste"

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Je souhaiterais relayer et me réjouir d'une initiative rapportée par Julien Schramm sur son blog Nice Rugby, initiative consistant à se servir du rugby comme d'un facteur d'intégration. Voici quelques extraits de son billet :

En 2002, lorsque Baptiste effectue des premiers pas à l’école de rugby de Nice, au milieu d’une douzaine d’enfants en pleine santé, le défi est immense. A la hauteur de sa différence. Car Baptiste est autiste. Il a 7 ans. Il n’est plus scolarisé depuis quelques mois. L’école de la performance n’est pas préparée à ce type de handicap. L’école où l’on inculque la connaissance, mais pas le savoir être. Baptiste a donc quitté ses copains de l’école primaire et il est parti en institution rejoindre d’autres enfants autistes.

[...] Grâce à la volonté d’un éducateur, voilà donc Baptiste intégré aux poussins du club de Nice. Pas pour se donner bonne conscience, mais parce que nous sommes persuadés de l’intérêt d’une telle expérience. Elle est menée avec intelligence avec un éducateur supplémentaire sur la séance pour encadrer Baptiste.

[...] Les premiers pas sont difficiles, car Baptiste part de très loin. Mais cela dépasse rapidement la simple expérience, c’est bientôt un magnifique succès. Baptiste ne sera jamais un joueur de rugby, mais ses progrès sont incroyables. Son regard se fixe, il peut attraper un ballon, le renvoyer, suivre un parcours… partager la vie du groupe.

Ses jeunes partenaires ne seront probablement pas tous des champions, mais ils auront appris une valeur essentielle: la différence. A un âge où les enfants sont capables d’une grande violence entre eux, les voilà confrontés au partage et à la tolérance. Une leçon de vie dans ce pays qui entretient une relation si complexe avec le handicap.

[...] Cinq ans ont passé et le projet a pris une ampleur inespérée. Grâce à la Fédération Française de Rugby d’abord qui a tout de suite cru à cette dynamique. Grâce à quelques parrains de poids comme Fabien Galthié, l’entraîneur du Stade Français. Grâce enfin au relais déterminant de l’UNAPEI (Union Nationale des Associations de Parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis) et de la FFSA (Fédération Française des Sports Adaptés) qui ont su, par leurs moyens, faire prendre une ampleur nationale à l’opération. En trouvant les financements indispensables qui permettent la présence d’un éducateur supplémentaire sur chaque intégration. Sachant que le budget annuel d’une intégration est d’environ 2 000 €, soit le financement de l’éducateur principalement.

[...] Dimanche à Jean-Bouin, à l’occasion du match de Coupe d’Europe Stade Français – Cardiff, Max Guazzini va remettre un chèque de 58 000 € au bénéfice de ce projet, somme prélevée sur la vente des fameux calendriers des Dieux du Stade. Cela permettra de financer une trentaine d’intégrations sur un an.

J.S

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Contacts :

JE FORME UN RÊVE

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Il y a quelques jours, le monde découvrait, entre soulagement et angoisse, le visage émacié d'Ingrid Bétancourt, prisonnière éternelle de la jungle colombienne.

Dans le même temps un journal colombien publiait des extraits d'une lettre qu'Ingrid avait écrit à l'intention de sa mère. La vidéo et la lettre étaient censés représenter les preuves de sa vie que Hugo Chavez s'était engagé à apporter en mains propres à Nicolas Sarkozy. Cette lettre est un concentré de courage et d'humanité blessée. Et je ne peux que rejoindre Eponymus lorsqu'il écrit, dans un billet remarquable : "Il est presque impossible de la lire sans sentir les larmes vous monter aux yeux." A vous de juger. Pour ma part, j'ai souligné les passages politiques... mais ce sont ses allusions à ses enfants qui me bouleversent.

« Ce moment est très dur pour moi. Ils demandent des preuves de survie à brûle-pourpoint et me voici en train de t'écrire, mon âme étendue sur ce papier. Je n'ai pas mangé à nouveau, l'appétit m'est bloqué, les cheveux me tombent en grandes quantités.

Je n'ai envie de rien. Je crois que seul cela est bien, je n'ai envie de rien, car ici dans cette forêt l'unique réponse à tout est « non ». C'est donc mieux de ne rien vouloir pour être libre au moins de désirs. Il y a 3 ans que je demande un dictionnaire encyclopédique pour lire quelque chose, apprendre quelque chose, maintenir la curiosité intellectuelle vivante. Je continue à attendre qu'au moins par compassion ils m'en fournissent un, mais mieux vaut ne pas y penser. Désormais, tout est miracle, y compris t'entendre le matin, car ma radio est vieille et endommagée.

Je veux te demander, jolie petite maman, de dire aux enfants que je veux qu'ils m'envoient trois messages par semaine (…) Je n'ai besoin de rien de plus, mais j'ai besoin d'être en contact avec eux. C'est la seule information vitale, transcendantale, indispensable, le reste ne m'importe déjà plus (…).

Comme je te le disais, la vie ici n'est pas la vie, c'est un gaspillage lugubre de temps. Je vis ou survis dans un hamac tendu entre deux pieux, couvert d'un moustiquaire, avec au-dessus une tente comme toit, ce qui me permet de penser que j'ai une maison.

J'ai une étagère où je mets mon équipement, c'est-à-dire le sac avec les vêtements et la Bible qui est mon seul luxe. Tout est prêt pour sortir en courant (…) A n'importe quel moment ils donnent l'ordre d'empaqueter et on dort dans n'importe quelle cavité, étendue où que ce soit, comme un quelconque animal (…). Les marches sont un calvaire, car je n'en peux plus avec mon équipement très lourd (…). Tout est stressant, mes affaires se perdent où ils me les enlèvent, comme le blue-jean, avec lequel ils m'ont capturée, que Mela m'avait offert à Noël. Je n'ai pu sauver que la veste, une bénédiction, car les nuits sont gelées et je n'ai rien eu d'autre pour me couvrir (…).

J'ai en mémoire l'âge de chacun des enfants. A chaque anniversaire, je leur chante le Happy Birthday. Je sollicite qu'ils me permettent de faire une tarte. Mais depuis trois ans, chaque fois que je demande, la réponse est non. C'est égal, s'ils apportent une galette ou une soupe quelconque au riz et aux haricots, ce qui est habituel, je me figure que c'est une tarte et je célèbre leur anniversaire dans mon coeur.

A ma Melelinga, mon soleil de printemps, ma princesse de la constellation du cygne, à elle que j'adore tant, je veux te dire que je suis la maman la plus fière de cette terre (…). Et si je devais mourir aujourd'hui, je m'en irais satisfaite de la vie, remerciant Dieu pour mes enfants (…).

A mon Lorenzo, mon Loli Pop, mon ange de lumière, mon roi des eaux bleues, mon musicien en chef qui me chante et m'enchante, au propriétaire de mon coeur, je veux lui dire que depuis le jour où il est né jusqu'aujourd'hui il a été ma source de joies (…).

Petite maman, il y a tant de personnes que je veux remercier de se rappeler de nous, de ne pas nous avoir abandonnés. Longtemps, nous avons été comme les lépreux qui enlaidissent le bal, nous ne sommes pas, les séquestrés, un sujet « politiquement correct », cela sonne mieux de dire qu'il faut être fort face à la guérilla même sans sacrifier quelques vies humaines. Devant cela, le silence. Seul le temps peut ouvrir les consciences et élever les esprits. Je pense à la grandeur des Etats-Unis, par exemple. Cette grandeur n'est pas le fruit de la richesse en terres, en matières premières, etc., mais le fruit de la grandeur d'âme des leaders qui ont modelé la nation. Quand Lincoln défendit le droit à la vie et à la liberté des esclaves noirs de l'Amérique, il affronta aussi de nombreux Floridas et Praderas (1). De multiples intérêts économiques et politiques étaient considérés comme supérieurs à la vie et à la liberté d'une poignée de noirs. Mais Lincoln gagna et dans le collectif de cette nation la priorité de la vie humaine resta imprimée par-dessus tout autre intérêt.

En Colombie nous devons encore penser d'où nous venons, qui nous sommes et où nous voulons aller. J'aspire à ce qu'un jour nous ayions cette soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant vers le soleil. Quand nous serons des inconditionnels de la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c'est-à-dire quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants, alors ce jour-là nous serons la grande nation que nous voudrions tous être (…).

A Piedad et à Chavez tout, toute mon affection et mon admiration. Nos vies sont là, dans leur coeur, dont je sais qu'il est grand et courageux (2)

Mon coeur aussi appartient à la France (…) Quand la nuit était la plus obscure, la France fut le phare. Lorsqu'il était mal vu de demander notre liberté, la France ne s'est pas tue. Quand ils ont accusé nos familles de faire du tort à la Colombie, la France leur donna appui et réconfort.

Je ne pourrais pas croire qu'il soit possible d'être un jour libre si je ne connaissais pas l'histoire de la France et de son peuple. J'ai demandé à Dieu de me couvrir de la même force que celle avec laquelle la France a pu supporter l'adversité pour me sentir plus digne d'être comptée parmi ses fils. J'aime la France avec l'âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, cherchant à se guider selon des principes et non des intérêts. J'aime la France avec mon coeur, car j'admire la capacité de mobilisation d'un peuple qui, comme Camus, entend que vivre c'est s'engager (…). Toutes ces années ont été terribles, mais je ne crois pas que je pourrais être encore en vie sans l'engagement qu'on nous a offert, en faveur de tous ceux qui vivons ici comme des morts (…) ».

Une telle lettre ne pouvait rester sans réponse. C'est ce qu'a compris Nicolas Sarkozy, comme le prouve sa double initiative, qui consiste à répondre personnellement à Ingid Bétancourt, mais aussi à apostropher directement Manuel Marulanda, chef des FARC.

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Son message aux otages des FARC et à Ingrid Bétancourt est un message fort, d'une humanité qui me semble à la hauteur de la situation, quand la diplomatie officielle piétine depuis des années :

"Bonjour, je suis Nicolas Sarkozy, le président de la République française.

Je m'adresse à vous qui êtes retenus en otages, je m'adresse à vous en mon nom personnel, mais surtout au nom des 62 millions de Français et, je crois pouvoir le dire, au nom de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté qui, partout dans le monde, à l'unisson, réclament votre liberté.

Avec eux, je refuse l'idée de vous laisser en perdition. Je me suis engagé pour vous. Je me suis engagé à vous arracher à un destin inhumain. Ceux qui vous détiennent font une erreur tragique. Ils s'égarent. Ils s'isolent. La communauté internationale est unanime à condamner leurs méthodes. Il est temps pour eux de le comprendre et de faire preuve d'initiative.

Les documents qui viennent d'être publiés nous ont bouleversés. Ils montrent le visage de la souffrance. Ils révèlent l'âme du désespoir. 

C'est pourquoi, je veux m'adresser à vous tous pour vous apporter le message de solidarité de la France. Solidarité avec la Colombie, qui vit une tragédie quotidienne dont plus personne ne perçoit le sens ; solidarité avec vous, retenus injustement, cruellement, en otages ; solidarité avec vos familles, avec vos amis, qui mesurent le temps perdu sur le calendrier des souvenirs.

A tous, je veux le dire : la France ne vous oubliera pas. Elle ne vous oubliera jamais. En ce moment même la France recherche de nouveaux moyens pour vous rendre à la liberté, pour vous rendre aux vôtres et à la vie. L'urgence d'une solution est devenue encore plus évidente aux yeux de tous. J'aurai, avec la discrétion qui s'impose, tous les contacts nécessaires pour atteindre le seul objectif qui m'intéresse : votre liberté.

J'ai déjà eu de nombreux échanges personnels avec des dirigeants qui, à un titre ou à un autre, peuvent nous aider à avancer : en premier lieu, le président Alvaro Uribe, avec lequel j'entretiens un dialogue suivi ; le président Chavez, que j'ai reçu à Paris ; le président des Etats Unis, dont trois compatriotes figurent parmi vous. Je poursuivrai sans relâche cette action en m'assignant une obligation de résultat.

Pour terminer ce court message d'amitié, de solidarité et d'espoir, je veux m'adresser plus particulièrement à Ingrid Betancourt, ma compatriote. Je veux vous dire, chère Ingrid, mon admiration pour votre dignité, pour votre courage dans une situation où des êtres plus faibles auraient perdu jusqu'à leur humanité ; je veux vous dire l'affection des vôtres, avec lesquels j'entretiens une relation confiante et régulière ; je veux vous apporter le témoignage du refus de la France d'accepter l'inacceptable. Ingrid, nous ne vous laisserons jamais tomber. Je vous supplie d'avoir confiance. Nous y arriverons. Il faut que vous teniez parce que votre famille vous attend."

Ce message est salué avec émotion par la famille d'Ingrid, qui depuis la découverte de l'état de santé de leur parente (mère, fille, soeur, ex-épouse) ne pouvaient que nourrir une angoisse supplémentaire, celle de voir leur combat aboutir trop tard. Trop tard... deux mots effroyables lorsque c'est la vie d'une mère qui est en jeu.

Le message de Nicolas Sarkozy adressé au chef des FARC vise à accélérer cette lutte contre le temps. Il est d'une fermeté exemplaire, qui pour autant est tout sauf un refus du dialogue.

"Je veux m'adresser à Manuel Marulanda, le chef des FARC.

Les images des otages, les lettres à leurs familles ont bouleversé le monde. La vidéo d'Ingrid Betancourt, en particulier, la lettre si profondément émouvante et désespérée qu'elle a adressée à sa mère ne peuvent laisser personne indifférent. La flamme est en train de s'éteindre dans cette femme dont l'énergie, dont l'audace, dont le courage forcent l'admiration de ceux qui la connaissent. Où est donc passé son sourire ?

Cette femme est à bout de résistance.

Monsieur Marulanda, vous le savez, je ne partage pas vos idées et je condamne vos méthodes, notamment les enlèvements qui plongent tant de familles dans le malheur. Aucune lutte n'a de sens sans le respect de la dignité de l'être humain, qui est la seule fin possible de toute action politique.

Monsieur Marulanda, je vous demande solennellement de relâcher Ingrid Betancourt et de ne pas porter sur votre conscience le risque que ferait peser sa disparition. C'est aujourd'hui une femme à bout de force.

Je m'engage de mon côté à continuer à m'impliquer personnellement dans la recherche d'une solution humanitaire, pour la libération de tous les autres séquestrés. Au-delà, je m'engage à redoubler d'efforts, si cela est souhaité, pour contribuer à trouver une issue au conflit colombien.

Mais pour l'heure, Monsieur Marulanda, il faut sauver une femme en danger de mort.

Je forme un rêve : celui de voir Ingrid au milieu des siens pour Noël.

Monsieur Manuel Marulanda, vous pouvez réaliser ce rêve, vous pouvez sauver cette femme, vous pouvez montrer au monde que les FARC comprennent les impératifs humanitaires. Monsieur Marulanda, vous portez une lourde responsabilité.

Je vous demande de l'assumer."

Ces mots sont ceux de la France. Et je connais peu de français qui ne partagent avec le Président cette volonté de voir la famille Bétancourt unie pour les fêtes de Noël - si l'on excepte les nombrilistes pour qui Bétancourt ne serait pas assez française pour que l'on s'intéresse à elle, quand eux-mêmes auraient tant besoin d'un frigo neuf.

Mais au-delà du discours officiel, des drapeaux français et européens qui donnent à cette allocution une solennité et une puissance particulières, j'apprécie énormément l'empathie humaine qui s'en dégage. Nicolas Sarkozy, tout en assumant son statut de chef d'Etat, continue à placer l'enjeu humain et la personne d'Ingrid Bétancourt bien avant tout autre considération. Plus que des relations diplomatiques entre les deux pays concernés, c'est la vie de sa compatriote, celle de ses enfants, qui le préoccupent. Or la politique est belle quand elle sert la dignité humaine, ainsi qu'il le rapelle à M. Marulanda. Et quand c'est la France qui porte ce message, et le rêve qui l'accompagne, la France se grandit jusqu'à devenir universelle.

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(1) Florida et Pradera sont deux municipalités colombiennes dont les FARC exigent la démilitarisation unilatérale, les guérilleros prétendant s'y maintenir, pour y négocier un échange humanitaire d'otages, dont Ingrid Betancourt, contre des rebelles emprisonnés. Le président colombien Alvaro Uribe estime que pareille démilitarisation porterait atteinte à la souveraineté et à l'honneur de la nation.

(2) Le jour où Ingrid Betancourt écrivait cette lettre, la sénatrice libérale colombienne Piedad Cordoba et le président Hugo Chavez du Venezuela n'avaient pas encore été déchargés par le président colombien Uribe de leur médiation avec la guérilla des Farc pour trouver la voie d'un échange humanitaire de prisonniers.

05.12.2007

Veuillez pardonner cette interruption momentanée des programmes...

... dûe à une défection cruelle de la science en matière d'ubiquité.

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04.12.2007

Coup d'Etat ? par Flamant Rose

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Un meeting a été organisé à la Maison de la Chimie à Paris. Il avait pour objet de contrecarrer Nicolas Sarkozy qui a décidé - et il l’avait martelé pendant la campagne électorale - de faire valider le projet de traité simplifié non par la voie référendaire, mais par le congrès. Certains font même valoir leur appartenance au RPR pour donner plus de vérité à leurs positions. Personne ne détient la vérité. J’ai moi même été au RPR une décennie, j’ai soutenu Jacques Chirac, j’ai milité et travaillé pour le rassemblement, j’ai côtoyé des personnalités de la politique - surtout gaullistes - mais jamais je n’aurais la prétention de représenter le gaullisme. Les gaullistes sont éparpillés dans diverses familles politiques, y compris même à l’extrême gauche.

Je savais en votant Nicolas Sarkozy au premier et au deuxième tour quelle serait la procédure choisie, et tout le monde le savait. On parle de coup d’état, de trahison, de forfaiture, c’est n’importe quoi. Tout d’abord il n’est pas exact de dire que le traité simplifié est rigoureusement identique à celui qui a été rejeté en 2005 par les français mais quand bien même ce serait le cas, il n’y aurait pas de coup d’état. Aucun des opposants à la ratification par le congrès n’a jusqu’ici pu démontrer que la constitution de la Vème république hiérarchisait les différents types de lois ou modifications constitutionnelles. S’ils ne le démontrent pas, c’est tout simplement parce qu’ils ne le peuvent pas.

Article 3 de la constitution : La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. 

Cet article 3 ne hiérarchise pas un choix plutôt qu’un autre. 

Article 11 de la constitution : Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique ou sociale de la Nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions.

Avec l’expression « peut soumettre » on peut penser qu’à défaut du vote par ses représentants on aurait recours au référendum et donc qu’une légère priorité soit donnée à la voie parlementaire. C’est mon avis. 

Article 89 de la constitution : L'initiative de la révision de la Constitution appartient concurremment au Président de la République sur proposition du Premier Ministre et aux membres du Parlement. Le projet ou la proposition de révision doit être voté par les deux assemblées en termes identiques. La révision est définitive après avoir été approuvée par référendum. Toutefois, le projet de révision n'est pas présenté au référendum lorsque le Président de la République décide de le soumettre au Parlement convoqué en Congrès ; dans ce cas, le projet de révision n'est approuvé que s'il réunit la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés. Le bureau du Congrès est celui de l'Assemblée Nationale. Aucune procédure de révision ne peut être engagée ou poursuivie lorsqu'il est porté atteinte à l'intégrité du territoire. La forme républicaine du Gouvernement ne peut faire l'objet d'une révision.  

Permettez moi deux remarques personnelles :

Il me semble, et c’est l’avis de certains juristes, que l’article 11 organise un référendum du type législatif et que le texte de la Constitution semble exclure que l'article 11 puisse être utilisé pour une révision constitutionnelle. Dans cas, il faut recourir à l'art. 89.

Le mode de ratification voulu par Nicolas Sarkozy, n’est en rien un coup d’état et il est juridiquement inattaquable. En relisant les textes de la constitution il me paraît même normal qu’il soit fait application de l’article 89. 

Si on veut se référer au général de Gaulle pour dénigrer la voie parlementaire, alors il faut aller au bout de son raisonnement afin de ne pas tromper les français. Le général a faire usage du référendum à 4 reprises. Ce mode de procédure lui permettait de contourner les partis politiques, même ceux qui le soutenaient. En 1961 période perturbée de notre histoire, de nombreux représentants de l’UDR étaient favorables à l’Algérie française. Pourtant l’UDR était le parti gaulliste. Par crainte d’être mis en minorité par son propre camp le général a préféré la voie référendaire sur la question de l’autodétermination. Et lorsqu’en 1962 de Gaulle a choisi l’application de l’article 11 de la constitution pour modifier le mode d’élection du président de la république c’est parce que s’il avait choisi l’article 89 il n’était pas certain d’obtenir la majorité parlementaire. Personne ne le lui a reproché et pourtant il semble que c’est bien le 89 qui aurait du être appliqué. 

En dehors du fait de contourner les partis le général de Gaulle a eu recours au référendum afin d’être certain d’avoir toujours la confiance des français. Ses adversaires disaient qu’il voulait un « plébiscite ». En 1969, il ne l’a pas obtenu, il a démissionné. 

Alors chaque président est en droit d’appliquer l’article de la constitution qui lui convient . Si elle donne la possibilité d’utiliser un article plutôt qu’un autre ce n’est pas pour rien. Cela a été voulu par le législateur et largement approuvé par les français. 

Où est le coup d’état, où est la trahison, où est la forfaiture ? Que les détracteurs de Sarkozy aillent devant le Conseil Constitutionnel en faisant valoir un détournement de procédure.

Enfin, moi qui ai toujours soutenu Jacques Chirac et qui le tiens encore en haute estime je n’oublie pas que lorsqu’il a choisi la voie référendaire, les sondages donnaient le oui gagnant à plus de 60% : aurait-il choisi la même procédure si cela avait été du 50/50 ? Lui seul le sait, ne le faisons pas parler. Sarkozy a fait un autre choix en application de la même Constitution, il l’avait dit, il le fait et il semble qu’il ait raison.

Flamant Rose

03.12.2007

La dompteuse d'éléphants, par Jean d'Ormesson

Beaucoup de copiés/collés sur mon blog ces derniers temps, si l'on exclut les remarquables contributions de Flamant Rose. Cela est dû d'une part à mon manque de disponibilité, mais aussi au réel plaisir que j'ai à lire - et à conserver - les synthèses et analyses pertinentes et talentueuses que je rencontre au gré de mes lectures.

Voici l'une d'elles, et non des moindres, puisqu'il s'agit d'un article écrit par Jean d'Ormesson pour lefigaro.fr après la lecture du livre de Ségolène Royal, "Ma plus belle histoire, c'est vous", à paraître demain aux éditions Grasset. L'article est un peu long, mais pour ceux qui goûtent le style ciselé et la prose envolée... ça devrait passer tout seul.

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Il était temps. On commençait à l’oublier. Pendant des mois et des mois, elle avait été partout avec un succès triomphal. À l’émission de PPDA, elle avait mis sa main sur l’épaule du paralytique et François Hollande aurait murmuré en coulisses : «S’il se lève, elle est élue». À Villepinte, à Charléty, dans tous les recoins de la France profonde, un agneau dans les bras, elle se sentait habitée, elle gravissait la montagne, elle se montait le bourrichon, elle invitait les gens à s’aimer les uns les autres. Dans sa veste blanche qui était devenue une légende au même titre que la minijupe, la robe Vichy de Bardot ou la soutane de l’abbé Pierre, c’était un mélange de Jeanne d’Arc, de la Sainte Vierge, de Bécassine au pays des mufles et d’Evita Peron. «Elle ressemble parfois, écrivait naguère Marc Lambron, à une Fée bleue se posant avec sa baguette magique dans l’atelier où des mannequins de bois attendent de prendre vie.» Quand elle paraissait en public, tout le monde se levait, comme pour Danette, et laissait éclater sa joie. Touche-moi, Ségo, touche-moi ! C’était la Danette de la démocratie participative, c’était la version féminine de ce Khalil Gibran qui avait écrit Le Prophète et Larmes et Sourires. Et puis, le 6 mai, le second tour, la défaite, le silence. Et peut-être, au loin, l’oubli.

Avec Ma plus belle histoire, c’est vous, voilà Ségo de retour. Et semblable à elle-même. Hip ! Hip ! Hip ! Plus Mme Royal que jamais. Hourrah ! C’en est un bonheur pour chacun d’entre nous qui se sentira, en la lisant, rajeuni de six mois, ou peut-être même d’un an ou deux, comme s’il ne s’était rien passé. N’allez pas croire surtout que Ma plus belle histoire, c’est vous soit un de ces livres rasants où est exposé tout au long, avec une foule de détails inutiles, un de ces programmes politiques devenus tout à fait démodés à l’époque des images. Pfuitt ! C’est un livre très gai, et parfois même comique. Je lui prédis avec confiance le plus vif succès auprès des admirateurs de Barbara (dont je suis) et des malheureux électeurs socialistes à qui il fera tourner encore un peu plus leur pauvre tête égarée par la défaite et par les querelles intestines.

De quoi s’agit-il ? D’une défense et illustration, par Ségolène Royal, de la candidate malheureuse à l’élection présidentielle. Sous le titre générique (je cite) d’Histoire véridique des bourdes qui n’en étaient pas, tout y passe : La Marseillaise et le drapeau, les jurys citoyens, l’encadrement militaire, les talons aiguille dans les bidonvilles du Chili, le nucléaire iranien, Israël qualifié, au Liban, par le Hezbollah d’entité proche du nazisme, la «bravitude» et la justice expéditive en Chine, le charmant gazouillis de «Nous Kayé Karsé ça» à la Guadeloupe, les pièges des journalistes – «Il n’y a pas de journalistes amis» et «Entre les journalistes et moi existe un mur de verre incassable» – et des perfides imitateurs qui vous font dire n’importe quoi. Conclusion : le monde est méchant, il est injuste envers les femmes, et surtout envers la meilleure d’entre elles, qui est l’auteur de ce livre. Et, entre Ségo et Sarko, il y a deux poids, deux mesures.

Une partie du livre, mais ce n’est ni la plus importante ni la plus intéressante, est consacrée à «l’adversaire», à sa machine, à son argent, à ses médias. Sarkozy, les sondages, LCI et Le Figaro en prennent évidemment, c’est de bonne guerre, pour leur grade. C’est un peu attendu, c’est un peu répétitif, et on s’ennuie un peu. Ce n’est pas le cas quand la candidate et son défenseur – qui ne font, comme vous l’avez compris, qu’une seule et même personne – s’occupent de régler leurs comptes, non plus avec leur adversaire, mais avec leurs amis. Là, ça chauffe franchement.

D’un bout à l’autre de l’ouvrage, et c’est assez émouvant, on sent une femme blessée par l’inactivité, la méfiance, l’hostilité des siens. «C’est dans les sphères dirigeantes de mon propre parti, je n’apprends là rien à personne, qu’on a commencé d’instruire le procès de mon incompétence et de mon illégitimité.» Ou : «Il fut ravageur de mettre à ce point en scène, si près de la bataille décisive, le spectacle des rivalités internes avec leur cortège de coups bas et de petites phrases assassines.» Ou encore, dans un meeting socialiste à Arras : «Commence alors un concours de goujaterie dont on ne sait qui l’a gagné ce soir-là, tant le niveau était élevé.» Quoi ! dépeint par un des siens, c’était donc cela, le Parti socialiste ! Adversaires déclarés et amis présumés finissent par devenir indiscernables : «Quand je me suis trouvée prise en tenaille aussi bien par une partie des gens de l’appareil du parti que par la droite, ce procès en incompétence et illégitimité a été redoutable.» Disons les choses sans fard : «Comment se fait-il que les attaques soient plus venues de la gauche que de la droite ?» Le pire est peut-être que la fin de l’aventure ne marque pas la fin des attaques : «C’est la première fois que l’on constate des règlements de comptes aussi violents après une échéance électorale de cette importance

Dans ce cimetière des éléphants et dans le rôle de la dompteuse, Ségolène est imbattable et accablée de douleur. Elle finit par être victime d’une sorte de délire de la persécution qui lui brouille un peu l’esprit : «Les électeurs voulaient que mes anciens rivaux m’aident et m’épaulent comme à droite les rivaux de Nicolas Sarkozy se sont rangés derrière lui.» Euh..., ma chère Ségolène, êtes-vous vraiment sûre que les rivaux de Nicolas se soient tous rangés derrière lui ? Je crains, qui l’aurait cru, que vous n’ayez de la droite une vision idyllique.

Dans cette atmosphère délétère où la détermination du PS de mettre hors jeu sa candidate est le grand ressort de l’intrigue, il y a, grâce à Dieu, de bons moments qui constituent comme des sommets de la comédie politique. L’un d’entre eux, d’après Ségolène, a pour héros Michel Rocard. À quarante-huit heures de la clôture du dépôt des candidatures au Conseil constitutionnel, l’ancien premier ministre se pointe à l’antenne de campagne du 282, boulevard Saint-Germain. Il ne s’embarrasse pas de circonlocutions oiseuses : «Bonjour, Ségolène. Je suis venu te dire, primo, que tu n’y arriveras pas. Secundo, qu’il ne te reste que quelques heures pour te retirer.» Stupeur de Ségolène. Elle murmure que, si elle se retirait, le parti convoquerait de nouveau les militants pour désigner un candidat. «Impossible, réplique Rocard. Les délais sont trop courts. Je dépose ma candidature au Conseil constitutionnel avant la clôture, et le tour est joué. C’est ta chance. Si tu ne la saisis pas, tu vas être balayée. Tu ne seras même pas au second tour.» La transparence du PS a failli, ce soir-là, en prendre un sacré coup.

L’affaire Bayrou est peut-être plus réjouissante encore. Vers la fin avril, les négociations vont bon train entre Royal et Bayrou. La première a proposé au second le poste de premier ministre. Un soir, à 23 heures passées, Ségolène déboule devant l’immeuble de la rue Clerc, dans le VIIe, où habite François Bayrou. Elle l’appelle sur son portable. Elle veut monter : «C’est vous qui me l’avez proposé. Il faut bien se parler puisque le téléphone n’est pas sûr.» Bayrou, selon Ségolène, fait cette réponse magnifique : «Non, non, ne montez pas, il y a du monde dans la rue

«Il y a du monde dans la rue !» Tout le destin tragique d’un centre qui a longtemps été soumis à la droite et qui vient de changer de camp et de se rallier à la gauche – mais en catimini, en secret, il en a un peu honte et il ne faut pas que ça se sache – est éclairé d’un seul coup. On dirait une comédie de Feydeau où un adultère chafouin se mêlerait à l’ambition politique.

Comique avec Rocard et Bayrou, sinistre avec Strauss-Kahn qui lève les yeux au ciel, avec Fabius qui regarde avec ostentation sa montre ou ses chaussures et qui applaudit «du bout des ongles», avec Jospin, l’auteur de L’Impasse, qui devient, dans un style quasi dantesque, «l’homme du déni majeur», le livre est aussi porté, de bout en bout, par une formidable confiance en soi. «J’avais, après tout, au moins lavé l’affront de l’élimination de la gauche au premier tour.» L’auteur n’est pas abattue par la défaite : elle voit dans son aventure «un rendez-vous manqué et une promesse de victoire».

Forte de ses dix-sept millions de voix, elle ne doute pas de l’avenir : «Je ne connais encore ni le lieu ni la date, mais je sais que nous nous retrouverons... L’autre nom de l’échec, c’est la victoire.» Avec, à l’extrême fin de l’ouvrage, une touche de sensibilité romantique que chacun interprétera comme il voudra : «Oui, pour gagner une prochaine fois, il faudra le soutien de tout un parti et d’un compagnon amoureux, à fond avec la candidate.» Ah ! Bien sûr, nous sommes loin du Général, de Pompidou, et même de François Mitterrand.

Le lecteur referme le livre avec une pensée émue pour le Parti socialiste. Car il est douteux que ses dirigeants se mettent soudain à croire au destin politique de l’ex-candidate. Et il est peu probable que ses militants – et, en tout cas, l’auteur de l’ouvrage – renoncent jamais, entre larmes et sourires, à en être convaincus.

01.12.2007

La philosophie du général de Gaulle ou l’abolition du clivage droite/gauche, par Flamant Rose

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Les lecteurs du blog de damocles savent que j’ai une vision gaullienne de la vie politique, c’est à dire que je considère les valeurs dites de droite ou dites de gauche comme obsolètes. Roland Nungesser a au milieu des années 80 (85 je crois) défini les valeurs du gaullisme où les notions de droite et de gauche n’ont pas leur place.

"Il n’y a qu’une querelle qui vaille, celle de l’homme."

Charles de Gaulle 

C’est à partir de cette phrase que se définit le gaullisme. Sans doute a-t-on souvent dit que le général de Gaulle était avant tout un homme d’action, un pragmatique. Il est vrai que de Gaulle restait au contact des réalités, qu’il savait adapter sa politique aux circonstances, tenir compte de l’évaluation de la conjoncture.

Il n’en reste pas moins que ce réalisme n’excluait pas le respect - intransigeant - d’un certain nombre de principes fondamentaux. Personne ne peut nier que la politique gaulliste a toujours été déterminée par un certain nombre de lignes de force.

La cohésion du gaulliste et son unité se trouvent autour de principes fondamentaux. A partir de ces principes il peut y avoir des diversités au niveau de leur application, au niveau de l’action, avoir des démarches d’esprit différentes, certains peuvent souhaiter aller plus vite, d’autres moins vite, certains plus loin, d’autres moins loin.

Les priorités peuvent être différentes mais tous restent d’accord sur l’ensemble.

De même les principes fondamentaux du gaullisme sont inspirés par une certaine philosophie de l’homme et de la société. Toute l’œuvre de De Gaulle a tenu à mettre en application la pensée humaniste dans le monde moderne, à faire en sorte que celui-ci puisse résister à la puissante pression du matérialisme, que l’homme ne soit pas dominé par la machine, que l’individu ne se sente pas écrasé par les masses humaines au sein desquelles il est condamné à vivre. Aussi a-t-il parfaitement compris que le sens profond des événements qui, à l’instigation des jeunes, secouèrent la France en mai 1968 et atteignirent aussi bien les pays de l’Ouest que ceux de l’Est. De Gaulle eut conscience qu’il s’agissait d’une véritable crise de civilisation.

Il n’y avait ni droite ni gauche dans l’esprit des jeunes dont j’étais. 

En condamnant la « société de consommation » les jeunes voulaient surtout en dénoncer les lacunes, l’influence du matérialisme laissant de moins en moins de place à cette part d’idéal que les adolescents recherchent dans toute entreprise humaine. Il convient donc que subsiste la référence aux valeurs morales et spirituelles qui assurent la dignité de l’homme. Le gaullisme se veut humaniste car toute sa philosophie repose sur la volonté de rétablir l’homme dans sa plénitude, de se donner pour objectif essentiel sa « désaliénation » dans la société moderne.

Ces valeurs ne sont ni de droite ni de gauche. 

L’évolution sociologique, régie par les phénomènes d’industrialisation et d’urbanisation, conduit l’homme à se sentir de plus en plus oppressé, isolé, perdu au sein des immenses groupements humains que constituent les agglomérations modernes. Son désarroi s’exprime à travers les drames individuels ou collectif depuis la multiplication des névroses jusqu’au développement de la délinquance ou de l’usage de la drogue. La dégradation des mœurs tient aussi à certains courants d’esprit qui, par réaction contre les lacunes de la société moderne, tendent à prôner la libération totale de l’individu, par la négation de toute morale. Aussi  nombreux sont ceux parmi les jeunes que l’absence à toute référence à une échelle de valeurs désempare. Pourquoi est-on qualifié de réactionnaire si on se réfère à des valeurs ?

Est ce être de droite que de réclamer que l’on fasse référence à des valeurs ?

Est ce être de gauche que de réclamer que l’on fasse référence à ces mêmes valeurs comme l’a fait Ségolène Royal ? 

Lors des événement de 1968 de Gaulle a déclaré : "Comment trouver un équilibre humain pour la civilisation moderne, pour la société mécanique moderne ? Voilà la grande question !" Rien ne sauvera l’ordre du monde si ce qui est imposé aux sociétés par le progrès ne parvient pas à construire un ordre tel que la liberté, la sécurité, la dignité de chacun y soient exaltées et garanties. Ainsi le gaullisme c’est le combat pour l’homme. 

Ce combat n’est ni de droite ni de gauche. 

Au moment où les échecs des régimes socialistes s’avèrent évidents tant sur le plan économique que sur celui de la démocratie, au moment où le régime capitaliste aboutit aux abus d’un matérialisme humiliant pour l’homme, il est temps qu’une voie nouvelle soit tracée, qui permette à l’homme de bénéficier des avantages de l’expansion économique sans rien aliéner des ressources spirituelles et morales qui font sa spécificité face au reste de l’univers vivant. 

Cette voie inspirée par le général de Gaulle ne doit être ni de droite ni de gauche. 

Le général de Gaulle laissait de côté cette querelle du socialisme et du capitalisme, renvoyant dos à dos les régimes qu’ils ont inspiré. Il se plaçait sur un autre plan lorsqu’il écrivait : « sans doute, le malaise des âmes, qui résulte d’une civilisation dominée par la matière, ne saurait-il être guéri par quelque régime que ce soit. Tout au moins, pourrait-il être un jour adouci par un changement de condition morale, qui fasse de l’homme un responsable au lieu d’être un instrument ». 

Il n’était ni de droite ni de gauche mais au dessus des partis. 

64db85a87a61cccc6470ef1638537010.jpgSi le rappel des principes fondamentaux du gaullisme peut permettre de souligner la cohésion de ceux qui ont soutenu et de ceux qui soutiennent aujourd’hui l’action du général de Gaulle et qui ont la volonté de voir poursuivre son œuvre, si cette déclaration peut contribuer à soutenir l’enthousiasme de ceux qui sont engagés dans la lutte politique pour que le gaullisme maintienne ses possibilités d’agir, si les mouvement gaullistes y puisent les moyens de démontrer que leurs motivations dépassent la conjoncture électorale pour se situer au niveau de la philosophie politique et de la doctrine, s’ils peuvent ainsi faire la preuve aux françaises et aux français que le soutien qu’ils leur apporteront ainsi qu’au Président de la République, est de nature à permettre la construction d’une France plus juste et plus humaine, pouvant servir de modèle à d’autres nations, alors ceux qui ont voulu réaffirmer solennellement les principes du gaullisme auront le sentiment d’avoir apporté, pour leur part, une contribution, sans doute modeste, mais non négligeable, à l’œuvre qui doit se poursuivre. 

La France se doit de n’être ni de droite ni de gauche mais au service des français.

Flamant Rose

Besoin de temps, par Paul-Henri du Limbert

Lu sur lefigaro.fr

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Les mesures en faveur du pouvoir d’achat ? Les Français ne demandent qu’à y croire, et c’est déjà bien. Le «vieux pays» en a tant vu qu’on aurait pu l’imaginer indifférent, voire ironique, face aux mesures que lui a proposées jeudi Nicolas Sarkozy. Dans le registre du «demain sera plus beau qu’aujourd’hui», les Français ont déjà donné, et, pour les convaincre, il n’est pas conseillé de faire dans la facilité. «Changer la vie», c’est de l’histoire très ancienne.

Il reste que si, selon l’institut OpinionWay, l’opinion approuve chacune des mesures présentées, elle balance lorsqu’on lui demande si toutes réunies permettront d’améliorer le pouvoir d’achat. Un Français sur deux n’en est pas convaincu. En clair, l’opinion publique a un a priori positif, mais elle attend des résultats concrets. Qui, chacun en est conscient, ne se manifesteront pas avant plusieurs mois.

Cela dit, que l’opinion approuve, par exemple, l’idée d’une suppression négociée des 35 heures est en soi une petite révolution copernicienne. C’est comme si les Français refermaient définitivement la page des années Jospin, époque étrange et sans imagination où l’on se disait qu’il fallait partager le travail puisque, paraît-il, il n’y en avait plus.

Avec dix années de recul, les Français ont compris que la fameuse RTT a fait le bonheur de quelques-uns, souvent les plus aisés, et le malheur de beaucoup, toujours les plus pauvres. L’«acquis social» n’était pas social, il n’y a pas de honte à s’en débarrasser.

L’autre fait marquant, c’est que si le chef de l’État promet une relance du pouvoir d’achat, il s’interdit d’ouvrir grandes les vannes de la dépense publique. C’est aussi nouveau. La tentation du déficit, la ­quasi-indifférence des pouvoirs publics face à la dette galopante n’est plus de mise.

La rupture ne se fait pas en un jour

Certes, contrairement à François Fillon, on ne fera pas dire à Nicolas Sarkozy que «l’État est en faillite». Mais ce n’est pas parce qu’on ne nomme pas une réalité qu’elle n’existe pas. Depuis le temps que l’on serine qu’un peu de politique keynésienne ne fait pas de mal, on a fini par s’apercevoir qu’elle ne fait jamais de bien. Au contraire. On a fait le tour de cet euphorisant qui distille son poison lentement, mais sûrement. C’est le remboursement de la dette qui entraîne tout vers le bas et rogne chaque jour un peu plus les marges de manœuvre du pays. C’est avec cette politique-là que la France a réussi l’exploit d’être tout à la fois en Europe l’un des pays les plus endettés et l’un de ceux où les prélèvements sont les plus lourds.

Le président a besoin de temps. La rupture ne se fait pas en un jour, mais plutôt en cinq ans. Avec le danger qu’une conjoncture économique morose ne vienne compliquer un peu plus son pari. Mais au moins, les Français sont désormais parfaitement conscients des règles du jeu.

Ce n’est pas «de la sueur, du sang et des larmes», ce ne sont pas non plus les délices de Capoue. C’est une voie médiane, qui a le mérite de la cohérence et dont la vocation est de changer les mentalités. Si l’on en juge par l’approbation de l’opinion aux mesures Sarkozy, on peut se dire que les mentalités ont déjà commencé à changer. Les Français ne croient plus aux vieilles recettes et semblent disposés à croire aux nouvelles.

30.11.2007

NICOLAS SARKOZY ET LE POUVOIR D'ACHAT

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Record d'audience hier soir pour l'intervention de Nicolas Sarkozy à propos du pouvoir d'achat : 19 millions de téléspectateurs, annonce lefigaro.fr. Un score à la hauteur de l'attente des français dans ce domaine.

Les propositions du Président peuvent être regroupées dans quatre ensembles distincts, ainsi que le font lesechos.fr, dont je trouve le compte-rendu à la fois succinct et clair :

- Déblocage exceptionnel de la participation :

Le chef de l'Etat a annoncé le déblocage exceptionnel de la participation dans la limite de 10.000 euros par salarié. La mesure sera temporaire et les montants ne seraient pas imposés. En 2004 déjà, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, avait autorisé un déblocage exceptionnel. Les partenaires sociaux ne devraient pas être favorables à cette mesure. Dans les entreprises de moins de 50 salariés, qui n'ont pas l'obligation de verser de la participation, les chefs d'entreprise pourront verser une prime, qui sera alors exonérée de charges sociales. 

- Paiement des jours de RTT non pris :

Nicolas Sarkozy a annoncé la possibilité, pour les salariés disposant de jours de RTT, de négocier directement avec leur employeur, probablement à compter du 1er janvier 2008, le paiement de ces journées. Cela constitue un changement majeur, de telles mesures étant en général soumises à un accord collectif d'entreprise. Le paiement par les employeurs des jours de congé ou de RTT stockés sur un compte épargne temps (CET), assorti d'une exonération totale de charges salariales et patronales, pourrait également être ouvert. Cette nouvelle « niche » inciterait les entreprises à un versement d'argent auquel elles rechignent souvent. Pour les fonctionnaires, les heures supplémentaires seraient payées, « comme dans le privé », 125 % des heures normales et la monétisation des RTT serait également possible. Nicolas Sarkozy souhaite aussi une négociation pour régler le stock d'heures supplémentaires.

 - Indexation des loyers sur l'inflation et suppression de la caution :

La révision annuelle du loyer en cours de bail dans le parc privé sera désormais indexée sur l'indice des prix à la consommation et non plus sur l'indice de référence des loyers (IRL), composé, lui, à 60 % de l'indice des prix à la consommation, à 20 % de l'indice du coût de la construction (ICC) et à 20 % de l'indice des prix des travaux d'entretien et d'amélioration du logement. C'est une deuxième étape après la mise en place, depuis le 1er janvier 2006, de l'IRL, dont la vocation était, déjà, d'amortir les hausses de loyer, jusqu'alors indexées sur le seul ICC. Au deuxième trimestre de cette année, l'IRL a révisé les loyers de + 2,76 %, contre + 5,05 % selon l'indice du coût de la construction. Pour les quelque 6,5 millions de locataires du parc privé, l'économie avoisinerait actuellement 150 euros par an pour un loyer mensuel de 1.000 euros. Les propriétaires, en revanche, pourraient protester contre la perte de rentabilité de leur investissement. Nicolas Sarkozy veut aussi limiter le dépôt de garantie, lors de la location d'un logement, à un mois de loyer, et supprimer la caution en créant un système de mutualisation public. Ces mesures entreraient en vigueur dès le début 2008. 

- Dérogation aux 35 heures contre des augmentations de salaires :

Les entreprises pourront déroger aux accords de branche sur les 35 heures à condition d'octroyer des augmentations de salaires et sous réserve d'accord majoritaire. Dans les branches où il n'y aurait pas de négociations salariales, les allégements de charges seraient remis en cause.

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Pour commenter ces mesures et la prestation télévisuelle de Nicolas Sarkozy, je vous renvoie à l'édito de Nicolas Barré ce jour dans lefigaro.fr intitulé "Réformes, Acte II", dont voici la retranscription intégrale :

Avec Nicolas Sarkozy, une réforme en cache toujours une autre. Après avoir mis celle des régimes spéciaux de retraite sur de bons rails, il s’est attaqué hier à un autre tabou français, et pas des moindres, en annonçant la fin des 35 heures.

Loin de marquer une pause dans le rythme de son action, le président de la République a ainsi choisi au contraire de traiter pratiquement de front les deux dossiers sociaux les plus symboliques d’un modèle social français à bout de souffle depuis une génération. Deux dossiers qui, en quelque sorte, conditionnent tous les autres tant ils concentrent de passion.

Ainsi, l’acte II des réformes économiques et sociales est lancé. Aux partenaires sociaux qu’il recevra à l’Élysée à la mi-décembre, il ne propose rien moins que de fixer l’agenda social de l’année prochaine. Il sature le calendrier de rendez-vous lourds pour parler d’allégements de charges, de travail le dimanche, de retraite, de formation professionnelle, de contrat de travail, de représentativité des syndicats et l’on en passe. Parler, mais surtout agir, c’est-à-dire fixer les principes des réformes, tracer les lignes rouges, négocier le reste et légiférer si les acteurs sociaux ne parviennent pas à se mettre d’accord.

Quand d’autres auraient choisi de donner du temps au temps, il répond en substance que les réformes ont déjà trop attendu. On attendait le président de la République sur les gestes qu’il aurait pu faire pour doper immédiatement le pouvoir d’achat, il n’en a rien été. La ligne Fillon, celle d’une gestion rigoureuse de nos finances publiques, l’a heureusement emporté : « Il n’y a pas d’argent dans les caisses. »

Il a résisté à la tentation classique « d’ouvrir les vannes », péché français récurrent qui a plongé notre pays dans la situation que l’on connaît : trop de déficit, trop de dette, trop de dépenses publiques. Et, au bout du compte, pas assez de croissance. Les Français ne sont pas dupes : ce n’est pas en procédant à plus de redistribution – la France est déjà championne en la matière – que l’on résoudra durablement quoi que ce soit. Il est donc clair qu’il faut aller chercher ailleurs que dans des marges de manœuvre inexistantes les leviers de l’accroissement du pouvoir d’achat. Ailleurs, c’est-à-dire dans la libération de l’économie, dans le renforcement de la concurrence et, surtout, dans la sortie des 35 heures.

En parlant de revalorisation du travail plus que de pouvoir d’achat, piège dans lequel il s’était laissé enfermer, le chef de l’État a renoué avec la rhétorique qui lui avait réussi pendant la campagne électorale. Certes, il reconnaît qu’il y a « un problème de pouvoir d’achat ». Certes, il verse facilement dans le volontarisme – c’est sa tendance naturelle – en se faisant fort d’obtenir des baisses de prix dans les grands magasins.

Mais le cœur du message est ailleurs : sans croissance, c’est-à-dire sans quantité de travail supplémentaire dans l’économie, il est illusoire de prétendre augmenter le pouvoir d’achat. Les 35 heures avaient bridé l’évolution des salaires dans notre pays depuis la fin des années 1990, leur remise en question doit permettre de sortir d’une logique malthusienne du travail et des revenus. C’est un pari sur le travail et la croissance.

Nicolas Barré

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Et puisqu'il est ici question à la fois de finances et de Nicolas Sarkozy et que j'ai l'esprit mutin, au risque de mettre à mal la réputation de ce blog, je ne peux m'empêcher de vous livrer la dernière blague anti-sarkozyste rencontrée au détour d'un commentaire du blog de Christophe Barbier. J'avoue sans peine qu'elle m'a fait bien rire - d'autant que je ne crois pas une seconde au caractère plausible de la chute. Mais pour une fois, les détracteurs du Président se sont donnés du mal, et franchement, cela change.

La scène se passe dans une école française, aux Etats-Unis. L'institutrice présente à la classe un nouvel élève : Sakiro Suzuki. Le cours commence. L'institutrice :

- Bon, voyons qui maîtrise l'histoire de la culture franco-américaine. Qui a dit : "donnez moi la liberté ou la mort" ?

Pas un murmure dans la salle. Suzuki lève la main :

- Patrick Henry, 1775, à Philadelphie.

L'institutrice :

- Très bien Suzuki ! Et qui a dit : "l'état est le peuple, le peuple ne peut pas sombrer" ?

Suzuki lève la main :

- Abraham Lincoln, 1863, à Washington.

L'institutrice :

Excellent Suzuki ! Maintenant, qui a dit "Je vous ai compris" ?

Suzuki lève la main et dit :

- Charles de Gaulle !

L'institutrice regarde les élèves et dit :

- Honte à vous ! Suzuki est japonais et il connaît l'histoire française et américaine mieux que vous !

On entend alors une petite voix au fond de la classe :

- Allez tous vous faire f ..., connards de japonais !

- Qui a dit ça ? s'insurge l'institutrice.

Suzuki lève la main et sans attendre dit :

- Général Mc Arthur 1942 au canal de Panama, et Lee Iacocca en 1982 lors de l'assemblée générale de Général Motors.

Dans la classe plongée dans le silence, on entend un discret :

- Y'm'fait vomir ...

L'institutrice hurle :

- Qui a dit ça ?

Et Suzuki répond :

- Dominique de Villepin au Ministre de l'Intérieur pendant un dîner officiel à Paris en 2006.

Un des élèves se lève alors et crie :

- Pomp'moi l'gland !!!

Et Suzuki, sans sourciller :

- Bill Clinton à Monica Lewinsky en 1997 dans le bureau ovale de la Maison Blanche à Washington.

Un autre élève lui hurle alors :

- Suzuki, espèce de merde !

Et Suzuki :

- Valentino Rossi, 2002 lors du Grand Prix moto en Afrique du Sud.

La salle tombe littéralement dans l'hystérie, l'institutrice perd connaissance, la porte s'ouvre et le directeur de l'école apparaît :

- Merde, je n'ai encore jamais vu un bordel pareil !

Et Suzuki :

- Jean-Claude Junker à Bruxelles en examinant les finances de la France sous Sarkozy.